Le Plug

photo phytolacca oct 2014 002Enfin une information amusante : le gigantesque plug anal gonflable que l’artiste Paul Mac Carthy (non pas Mac Cartney !) a été vandalisé par des crétins intégristes et retiré par l’artiste.
Ce qui est amusant, c’est que, visiblement, ces indignés rances avaient reconnu l’objet (caché sous le nom de « tree »).Il est étonnant que ces dévots de l’ordre ancien se soient intéressés à ce genre d’objet ; Et-ce pour en avoir utilisé un ?
Ils en savaient plus, en tout cas que nombre de français qui se sont rués sur Wikipédia pour savoir ce que c’était qu’un plug anal.
Personnellement l’installation d’un tel objet ne me choque pas, mais le lieu choisi est discutable car la place Vendôme possède déjà une colonne qui elle-même…oui enfin, bon…
Il m’aurait semblé plus judicieux de placer cette oeuvre en un lieu où elle ne fit pas double emploi . Devant Notre Dame de Paris, par exemple.plug_0
Un plug anal, donc… pour les profanes j’explique ce que c’est : C’est une objet d’une forme analogue à celle de la sculpture, généralement en métal, que l’on s’introduit dans l’anus, la partie resserrée permet de le maintenir en place.
On peut le porter toute la journée et le sentir bouger dans ses entrailles tout en vaquant tranquillement à ses occupations professionnelles que l’on soit boulanger, pompier, policier, juge d’instance ou même ministre de l’intérieur.
Cette pratique est surtout réservée aux hommes car ceux-ci ont un organe que les femmes n’ont pas : la prostate.
Caresser cette dernière à l’aide d’un objet d’un pénis ou d’un doigt ( oui, pas besoin d’être homosexuel votre copine peut vous le faire) provoque des sensations extrèmement agréables qui peuvent aller jusqu’à un orgasme anal accompagné ou non d’éjaculation.
Voilà, la notice technique est terminée, la balle, ou plutôt le plug est dans votre camp.
Et, en introduction c’était une jolie photo de la fleur d’un phytolacca que je dédie aux intégristes de tout poil.

PS : Pour ce qui est de savoir si cet objet constitue ou non une œuvre d’art … disons que je suis ouvert à la discussion.

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Hemerocalle d’automne

photo heme jaune aout 201 copieAlors que les tiges florales des autres variétés sont sèches depuis longtemps cette petite hémérocalle jaune fleurit jusqu’à l’orée de l’automne.
C’est une petite note de couleur pour accompagner les travaux d’octobre.
J’ai acheté de nouveaux bulbes et je prépare le terrain.
Je n’ai pas fait grand chose au jardin cet été et, comme il a beaucoup plu, les mauvaises herbes ont proliféré.
Certaines sont horripilantes comme les faux fraisiers que je n’arrive pas à éradiquer.
Ces saletés forment une petite touffe à l’air innocent mais juchée au sommet d’une racine cylindrique qui peut plonger jusqu’à trente centimètres dans le sol et qu’il faut dégager entièrement. Le moindre bout restant en terre produit une nouvelle plante.
De plus, la plante pousse de longs stolons qui s’enracinent rapidement jusqu’à couvrir tout un parterre.
Il y a aussi les liserons, eux aussi indestructibles les prunelles violettes, les euphorbes, diverses graminées, bref, tout un tas de racines qui s’entrecroisent et qu’il faut éliminer.
C’est éreintant.
Il m’est arrivé de comparer ce foisonnement au babillage que l’on doit supporter à la télé : mensonges, propagande, langue de bois, « éléments de langage », info-télé-réalité, storytelling, publicité, tout un tas de discours frelatés qui vous « prennent la tête », comme disent les jeunes et dont on désespère d’être, un jour, débarassé.
Je ne peux rien faire pour la télé, mais, pour ce qui est du jardin, je m’acharne pour que sa terre soit à nouveau propre.
L’hémérocalle jaune me regarde faire sans rien dire mais une de ses tiges porte un fruit dont je compte bien recueillir les graines noires pour les replanter un peu plus loin.

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Le Grand Remplacement

Photo-feuille-26-copieIl parait qu’il y a un concept à la mode en ce moment chez les ténors de la droite « forte », dans la bouche d’Eric Zemmour et des zemmouroïdes du Front National : c’est celui du Grand Remplacement. Il y aurait, donc une tendance, un volonté, un complot, visant à remplacer le Peuple Français par des populations venues du Magreb ou d’afrique Noire.
Ce concept a été théorisé par un écrivain que j’ai beaucoup lu, il fut un temps : Renaud Camus.
Celà m’a fait un choc.
Certes, j’avais arrêté de le lire, au beau milieu d’un bouquin où il se plaignait qu’un jeune fille métisse avait été élue miss « Isle de France »( ou « Pays de Loire », je ne sais plus).
J’avais pris celà pour du racisme et le racisme est un truc qui m’agace, moins par son côté moralement condamnable, que par sa bêtise.
Mais tout de même, le concept de Grand Remplacement est tellement idiot que j’avais du mal à croire que celà fût sorti de la tête d’un auteur que j’avais tellement apprécié.
Ou alors…photos lierre sec janvier 12 002
Ou alors l’auteur s’était laissé piéger par son propre inconscient.
Et je me suis souvenu des livres de R.Camus que j’avais lus. Il parle souvent de sa propre famille, surtout pour déplorer que cette famille de la bourgeoisie provinciale qui tenait jadis le haut du pavé à Chamalières ait été » rejetée vers le ruisseau à la suite de revers de fortune.
Aujourd’hui, d’autres l’ont remplacée dans cette position de notables.
Et je crois bien que c’est ce remplacement de sa famille que R. Camus a projeté sur le pays tout entier, tant il est vrai que la façon dont nous considérons la Société en général vient de la façon dont, dans notre jeunesse, nous avons considéré notre propre famille.
Pauvre Renaud Camus, le « Grand Remplacement » a déjà eu lieu et les magrébins n’y sont pour rien.

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Lumière de septembre

photo clem soleil aout 20 copieLes jours se sont rétrécis, les nuits se font plus fraîches et même si le soleil revient (alors que tout le monde est rentré de vacances, le salopard ! ) ses rayons sont plus obliques.
Et, parfois, il traverse les pétales des fleurs, le matin pour la clématite, en fin d’aprés-midi pour la rose, les transformant en éclats de vitrail.
Lumières presque d’automne.
C’est une demi-saison, voire un quart-de-saison, un métissage entre l’été et l’automne, un entre-deux comme je les aime bien.
Je me prépare un coin pour semer des roses trémières. La terre est lourde et les passiflores aiment plutôt les terres légères.
Alors je bêche assez profond ( avec toute la pluie qui est tombée l’eau n’a pas pénétré dans le sol de plus de cinquante centimètres ) la terre tassée et j’écrase les mottes entre mes mains, puis je rajoute du sable et un peu de compost, les roses trémières n’aiment pas les sols trop riches.photo rose orange aout 20 copie
J’ai aussi fait des boutures de rosiers.
Sylvère avait rendez-vous à l’hôpital pour une consultation et j’en ai profité pour prendre des boutures d’un joli rosier.
Toutes celles que j’avais faites l’an dernier ont été ratées alors il faut que je me rattrappe.
C’est curieux, alors que cetaines variétés se bouturent facilement, d’autres semblent impossibles à réussir. Celà fait plusieurs années que j’essaye de bouturer le rosier « Souvenir de Marcel Proust » de chez Delbart, en vain.
Mais je ne me décourage pas et j’ai refait un essai cette année.

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Retweet

photo mouche mai 2014 002 copieJ’aime bien le politologue Thomas Guénolé que je vois de temps en temps passer à la télévision.
Non seulement à cause de ce qu’il dit mais aussi parce qu’il porte un petit bouc rond exactement comme moi, sauf que le mien est blanc, evidemment.
Je l’ai, vu l’autre matin (oui, parce que le soir, l’extrait avait disparu), expliquer que la France allait probablement devenir ingouvernable pour le tandem président-premier ministre en raison du rétrécissement considérable de l’assise de confiance dont pouvait bénéficier la politique menée, dans la population.
Et il a eu cette phrase immortelle : « Vous ne pouvez pas gouverner avec un socle aussi étroit, ce n’est plus un socle, c’est un pal. »
Je pense que cette phrase méritait d’être « retwittée » même si je ne suis pas sur Twitter.

Et une petite guêpe comme illustration.

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l’Olivier

photo olivier aout 2014 0 copie 1Devant l’entrée de la mairie de l’Union, il y a un olivier.
Un olivier millénaire.
Splendide ! un magnifique feuillage, un tronc toumenté de façon pittoresque ( une partie est creuse, pas assez cependant pour qu’on puisse y loger un ermite d’ornement), le tout bordé par un petit muret sur lequel sont inscrits diverses mentions historiques
Il a reçu le label « arbre remarquable » de l’assosciation « Arbres Remarqables Bilan Recherche Etude et Sauvegarde. »
Il faut reconnaitre que la Mairie le soigne : l’hiver, il est recouvert d’une structure en plastique tranparent qui le protège du froid et dont les bords sont relevés chaque matin et abaissés chaque soir pour qu’il puisse prendre l’air.
Le tronc central est trés marqué par le grand’ âge mais sa base porte de nombreux rejets verts.
On en a laissé pousser quatre ou cinq qui étoffent l’ensemble de la ramure.photo olivier aout 2014 0 copie 2
La vue d’un arbre d’une telle ancienneté pousse aux méditations conventonnelles du genre : « Ah si cet arbre pouvait raconter tout ce qu’il a vu ! »
Pour nourrir ces méditations, justement, la mairie a inscrit sur deux côtés du parterre, la liste de tout ce que cet arbre est censé avoir vu.
Et celà commence avec le sacre de Hugues Capet en 987.
C’est là que la métaphore de ce que l’arbre est censé avoir « vu » commence à agacer : Hugues Capet a été sacré à Noyon et cet arbre a tout juste pu en entendre parler.
A supposer que pendant son plus que millénaire de vie cet olivier se soit intéressé à autre chose que ses olives.
Mais d’autre part, en me renseignant sur le Net, j’ai appris qu’en fait l’olivier avait été transplanté de la province espagnole de Huesca en 1985. Tout juste à temps pour assister au millénaire capétien en 1987.photo olivier aout 2014 0 copie 3
Les espagnols cultivateurs d’olives on trouvé moyen de recycler leurs oliviers centenaires, qui produisent moins, en les revendant à des paysagistes. La mairie de l’Union s’est payée une fantaisie qui, si je compte, bien a dû lui coûter dix fois plus cher qu’un olivier centenaire.

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suave mari magno…

EL CONFLICTO, DESDE PRIMERA FILA. Jóvenes israelíes observan los bombardeos aéreos sobre Gaza desde una colina de Sderot. / REUTERS / ATLAS

EL CONFLICTO, DESDE PRIMERA FILA. Jóvenes israelíes observan los bombardeos aéreos sobre Gaza desde una colina de Sderot. / REUTERS / ATLAS

J’ai trouvé la première photo sur le blog de Philalèthe, accompagné de la citation suivante :
 » Suave, quand les vents troublent la surface, sur la mer immense,
de contempler depuis la terre l’effort immense d’autrui ;
non que la souffrance de quiconque soit doux plaisir ;
mais apprécier la distance des maux, dont on est soi-même à l’écart, est suave.
Suave aussi de regarder les combats immenses de la guerre,
à travers les champs de bataille, sans qu’on ait part au danger. »

Lucrèce : « De natura rerum »
Le passage est célèbre et je m’en veux d’autant plus de l’avoir complètement oublié aprés mes cours de latin.
Dans le temps (oh, il y a si longtemps !) il suffisait à un écrivain de citer les trois premiers mots du texte (ceux qui donnent son titre à cette note) pour que le lecteur se souvienne, en gros du passage de Lucrèce.
Aujourd’hui on se dit que les Epicuriens n’étaient pas méchants mais que, pour l’empathie, ils faisaient le service minimum et qu’il n’aurait certainement pas fallu compter sur eux pour tenter d’ organiser des secours.photo capucine juil 2014  copie 1
En fait le passage est une métaphore, celle de l’épicurien en pleine ataraxie regardant autour de lui les gens se débattre dans les emmerdements qu’ils se sont eux-même créés.
Mais la métaphore a fait des petits.
Je me souviens d’avoir trouvé dans le Coran (ne me demandez pas la sourate !) une scène que j’avais trouvée assez antipathique montrant les Elus, en Paradis, se réjouissant de contempler les souffraces des damnés.
(Je les imaginais assez bien aux balcons du Paradis, sirotant un rafraichissement tout en observant l’Enfer, là bas en bas, avec de petites jumelles de théâtre.)photo capucine juin 2014  copie
Je croyais que c’était une invention de l’Islam avant de me rendre compte que la scène existait déjà dans des textes chrétiens bien antérieurs.
Et c’est en lisant cette note que j’ai fait le lien, c’était ce passage de Lucrèce qui avait donné naissance à cette image des élus, plus tordue vers le pharisaïsme et la schadenfreude que vers le manque d’empathie.
Mais ça, c’est une spécialité des monothéismes, en ce moment les églises de France disent des messes pour le salut des chrétiens d’Irak, mais pas pour celui des Yazidis.

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