Un coup de gel furtif a grillé les dhalias, me fournissant l’occasion de les déterrer, de les laver et de les faire sécher en attendant de les ranger dans le garage.
Du coup, je me suis lancé dans une grande réorganisation du jardin, déplaçant graminées, rosiers et menues fleurettes, avant que la pluie ne me renvoie à la maison.
Pour les rosiers, je ne me souvenais plus de la couleur de certains, quand je les ai replantés l’année dernière, ce qui a provoqué des associations de coueurs trop criardes et pour les graminées, je ne connaissais pas encore la grande fertilité de la terre et j’ai été surpris par le developpement de certaines.
Tout en jouant de la fourche et de la bèche, je ruminais de sombres pensées sur le “grand débat national” à propos de l’Identité Française.
Ce que j’ai pu entendre comme balivernes, depuis que le gouvernement a lancé sa campagne suffirait à remplir un volume de bonne taille, peut être même deux.
Franchement, je croyais qu’on en avait treminé avec ce genre de “débat” depuis la fin du Pétainisme.
Eh bien non, “Maréchal nous revoilà !”si j’ose dire.
Etre Français, je sais ce que c’est : c’est avoir sur sa carte d’dentité, à la ligne “nationalité” marqué la mention “francaise”.
Et c’est tout ! La république n’en demande pas plus.
Il s’agit d’un statut juridique (C’est à dire d’une fiction) disant que l’on est soumis à la Loi Française avec les devoirs et les avantages attenant.
L’identité c’est autre chose, c’est un sentiment, une chose qu’il n’est jamais bon de manipuler.
Et suis-je fier d’ëtre Français ?
Ma foi, je n’ai jamais pu faire de comparaisons mais je suis plutôt content de ma nationalité, au point que je pense qu’elle devait faire partie des Droits de l’Homme et que tout le Monde devrait l’avoir.
En la matière mon modèle est l’empereur Caracalla.
Identité
Le Nil (egypte 04)
Nous sommes rentrés en autocar d’Abou Simbel à Assouan.
280 Km de Sahara !
Aprés le repas, je vais fumer une cigarette sur le balcon.
Le soir tombe (une heure plus tôt qu’en France)
C’est encore le ramadan. Le Jeune est terminé mais les muezzins chantent encore la prière.
Chaque mosquée a, apparemment son thème propre, tous ces chants montent et descendent, s’étirent et se taisent pour reprendre aussitôt. Celà donne une sorte de tapisserie sonore dont les divers motifs tantôt se contrarient et tantôt s’harmonisent qui flotte sur la ville dans le crépuscule finissant.
L’effet produit est d’une surprenante beauté et, pour une fois, je regrette de n’avoir pas un magnétophone sur moi
Assouan est la Première cataracte, en fait une zone de rapides, d’énormes blocs de granit, sculptés par les anciennes crues, encombrent le lit du fleuve à cet endroit.
On y voit aussi des felouques qui font passer les gens d’une rive à l’autre.
Le lendemain, aprés avoir visité l’ile de Philae, elle aussi sauvée des eaux du lac Nasser, nous prenons le bateau pour aller jusqu’à Louxor
Le Nil, c’est la vie de l’Egypte, la seule source d’eau, vu qu’il ne pleut pratiquement pas.
Plus que l’or des tombeaux, c’est la richesse du pays
Le bateau longe lentement des rives portant une verdure luxuriante, des palmiers dattiers, des champs cultivés, surveillés de loin par les sommets pelés des collines désertiques…
C’est le moment le plus paisible du voyage.
Nous arrivons à Louxor à la tombée du jour.
Des travaux pharaoniques (Egypte 03)
De nos jours, on qualifie de l’adjectif “Pharaoniques” des travaux gigantesques, d’un coût exhorbitant et d’une utilité discutable.
Celà traduit bien l’incompréhension que nous, modernes, ressentons devant certaines oeuvres de l’Egypte.
Au cours du voyage, j’ai plusieurs fois entendu des interrogations du genre : “Comment ont-ils pu construire des choses aussi démesurées ?”
Le sens de la question n’est pas “Comment ont-ils fait pour….” mais “Comment ont-ils eu l’audace, la folie voire le mauvais goût de construire….”
La question n’est pas pertinente.
Ce que nous considérons comme le sens de la “Mesure”, à savoir : faire des choses ni trop grandes ni trop petites, ne fut inventé par les grecs que prés de deux mille ans aprés les pyramides de Guizeh et sept cents ans aprés les colosses de Ramses II .
Les égyptiens ne connaissaient pas le concept.
Ceci étant, le roi Ramsès II avait un goût particulier pour les colosses,transposant en trois dimensions la façon qu’avaient les egyptiens de représenter le Pharaon sur les bas-reliefs : beaucoup plus grand que les hommes ordinaires.
Le temple d’Abou Simbel est un bon exemple de ce goût du colossal. Il fut creusé dans la montagne aux limites sud de la Nubie, petit pays qui se serait bien passé de l’intérêt que lui portait son puissant voisin, mais qui possédait trop de mines d’or pour que ce dernier lui fiche la paix.
Abou Simbel gardait donc la frontière de Nubie.
Le temple est, bien sûr, impressionnant, pour peu qu’on arrive à le voir avant que la sueur ne vous coule dans les yeux.
Et il est aussi impressionnant pour avoir donné lieu, à l’époque moderne à des travaux tout aussi pharaoniques que sa construction.
Menacé par la montée des eaux du Lac Nasser, créé par le barrage d’Assouan, le temple a été déménagé.
Et, puisqu’il est creusé dans une montagne, La montagne a été découpée en blocs, démontée et remontée 64 mètres plus haut.
J’avais suivi le feuilleton, à l’époque dans le journal de l’UNESCO.
Malgré tout,avec son habitude de s’appopier les oeuvres des autres, de faire marteler leurs cartouches pour mettre le sien à la place et son goût immodéré des colosses, je trouve le roi Ramsès II, comment dire…, un peu lourd.
Poussières (egypte 02)
Bien sûr, les Pyramides… On est là pour ça.
La première d’abord, celle de saqquarah, le sextuple mastaba du roi Djôser construit par son architecte Imothep.
Six degrés formidables pour accéder au Ciel (le septième).
Une statue en or du double du roi surveillait l’esplanade où se déroulaient des sortes de corridas ordaliques.
Au bout de trente ans de règne le Pharaon devait tuer un taureau pour obtenir trente nouvelles années.
On suppose qu’il se fasait remplacer et le rite est vite devenu symbolique.
Ayant trouvé tout ce qu’il y avait à trouver concernant le roi, les archéologues recherchent maintenant la tombe de l’architecte.
Et puis Guizeh. Les trois grandes Pyramides de Khéops, de son fils Képhren et de Mykérinos.
La seule des septs merveilles du monde encore debout.
Un bâtiment moderne assez laid, contient l’une des deux barques funéraires offertes par Kèphren à son père.
On les a retrouvées au pied de la grande Pyramide et reconstituées avec amour. Le résultat est splendide.
Képhren a aussi fait sculpter le sphinxs dans un unique bloc de calcaire qui restait au milieu du chantier.
L’effet produit est grandiose.Ces princes voulaient l’immortalité et tout le site est une gigantesque machine à les envoyer au Ciel.
On suppose aussi qu’il y avait des trésors et, à voir celui de Toutankamon, pharaon de seconde zone, exposé
au Musée du Caire, on se prend à rèver à ce que pouvait être celui de Khéops.
C’est ce qui rend ces édifices aussi pathétiques qu’ils sont gigantesques.
La réalité a déjoué les espoirs des Pharaons.
Partis qu’ils étaient pour la Vie éternelle, leur corps ont été avalés pars les sables et ceux qu’ils ont rendus croupissent, désséchés dans les chambres foides d’un musée. Les pilleurs de tombes peu impressionnés pas les menaces, ont contourné leurs ruses et volé leurs trésors.La barque mortuaire est restée à quai. Les énormes machines ont servi de carrière pour construire la ville du Caire et le vent de sable a défiguré leurs statues.
Leur échec est à la mesure de leurs oeuvres : Gigantesque.
On se prend de sympathie pour ces hommes dont le réve retourne lentement à la poussière.
Adieu Daniel
Un de mes collègues de travail s’est suicidé en début de semaine.
Nous l’avons appris hier.
Le Management de l’Entreprise n’y est sans doute pas pour grand’chose, celà faisait longtemps qu’il était malade, alternant les passages rapides au travail et les séjours en clinique.
Je savais ce qu’il ressentait pour en avoir parlé avec lui et aussi parce que je connais la dépression.
Je connaissais aussi son traitement, assez lourd, Anxiolitiques et neuroleptiques.
Celà ne l’aura pas sauvé.
Je ne suis donc pas terriblement surpris, mais tout de même, terriblement choqué.
On ne voit jamais venir ces choses.On s’habitue à la situation et, un beau jour, on entend comme un claquement de porte.
C’est fini, il est parti.
Un beau dhalia rouge pour l’accompagner dans le Néant.
J’aurais aimé pouvoir faire plus
La Victorieuse (Egypte 01)
L’avion est parti avec trois heures de retard, arrivée au Caire à 11h 30.
Formalitées diverses et premier contact avec l’esprit du pays : Le hall comporte une zone fumeurs simplement délimitée avec des plaques de verre.
Pas d’extracteurs de fumée, pas de plafond.
Dés le premier contact, donc, je trouve le pays sympathique.
Le Caire, fondée au 10° siècle sous les Fatimides doit son nom à la planète Mars qui apparaissait dans le ciel au moment de sa fondation.
Le nom arabe de la planète sigifiant “le victorieux” la ville devint donc : La Victorieuse.
On la nomme aussi “la ville aux mille mosquées”, je ne les ai pas comptées, mais, en effet il y en a beaucoup, de la plus riche, comme celle de Méhémet Ali à la plus pauvre, émergeant d’un tas de gravats dans un bidonville, toutes élevant leur minaret vers le ciel comme pour percer,à la recherche d’un peu d’oxygène, le couvercle de pollution et de poussière qui pèse sur la ville.
Il y a des quartiers riches (sans intérêt) et des quartiers pauvres dont certains semblent remonter à la création de la ville.
Une moitié d’entre eux s’effondre alors que l’autre moitié est en reconstruction. Mais laquelle ?
Les cimetierres ne sont pas enclos de murs, des gens y habitent et ils sont, eux aussi, traversés par l’embouteillage perpétuel qui coagule la circulation automobile. La priorité est au plus gonflé et les touristes s’amusent de voir des véhicules improbables couper la route au ras des moustaches de l’autocar.
Et enfin, il y a le Musée. Le mot vient du Mouseion ou temple des muses qui se trouvait à Alexandrie au temps des Ptolémées et qui contenait la fameuse Bibliothèque.
Le Musée du Caire est vaste et obscur, on se croirait dans une séquence d’un “Indiana Jones”.
Première émotion du voyage : devant le “Cheik el Beled” que je ne connaissais que par des photos, les larmes me montent aux yeux sans que je puisse rien faire pour les retenir.
Chaudes lèvres rouges
Cette petite sauge est une variété de la sauge de Graham.
En été, le buisson porte des fleurs uniformément rouges ou blanches, mais, dès que les nuits deviennent plus fraiches, apparaissent ces fleurs bicolores qui lui ont valu son nom de “hot red lips”, chaudes lèvres rouges.
C’est un nom amusant pour une fleur.
J’écris cette note en attendant mon fils cadet qui s’est proposé de nous conduire à l’aéroport.
Une chance quand on sait que le parking “longue durée” est à une demi-heure de marche des quais d’embarquement et qu’à trois heures du matin nous n’étions pas sûrs d’avoir une navette.
Nous partons pour une semaine en Egypte.
Ca me fait tout drôle, vu qu’il doit y avoir à peu prés quarante ans que je n’ai pas voyagé.
Sylvère est passionné par l’Egypte et ce doit être la huitième fois qu’il y va.
Moi, je n’y suis jamais allé et si ce n’était pas pour lui faire plaisir, je me serais contenté des reportages à la télévision.
Nous serons de retour dimanche prochain.
Le Pont des Demoiselles
Mercredi dernier,c’était l’anniversaire de sylvère.
nous sommes allée au restaurant.
Je me souviens qu’une année nous avions fait un repas sur une péniche qui proposait une bala de le long du Canal du midi.
Un animateur nous racontait des anecdotes sur ce que que l’on voyait défiler par les fenêtres ou dumoins, ce que l’on était censé voir, car la nuit était tombée.
C’est ainsi que j’ai eu l’explication du nom du pont des demoiselles.
Pendant la construction de la première tranche du canal de Toulouse à Trèbes (à côté de Carcassonne) à partir de 1666, Pierre Paul Riquet,ancien inspecteur des gabelles (grosse fortune ) et promoteur du canal avait fait construire prés de ce pont encore sans nom, une cabanne dans laquelle, toutes les semaines il distribuait leur paye aux ouvriers.
Pour l’époque, ces derniers étaient trés bien payés et disposaient même d’une sorte de sécurité sociale, il étaient payés même s’ils étaient malades et ne pouvaient travailler.
Cet évènement hebdomadaire attirait en ce lieu une grande quantité de demoiselles, ce qui fait que le pont fut rapidement nommé : Lou punto de las putas, nom qu’il garda pendant prés de cent ans.Ce n’est qu’à la fin du dix hutième siècle que, le quartier s’embourgeoisant, on lui donna le nom de Pont des Demoiselle qu’il porte encore à ce jour
Evidemment, depuis lors, le pont a été démoli et reconstruit et les demoiselles en ont quitté les abords.
Mais elles sont restées fidèles au canal sur les bords duquel on peut encore en rencontrer de nombreuses aujourd’hui.
Canicule
C’est la Canicule, officielle et estampillèe par le ministère de la Santé.
Il est prévu 38° à l’ombre.
Il faisait déjà bien chaud depuis le début de la semaine, même les tournesols ornementaux dont j’ai ramassé les graine, l’an dernier, dans un parterre municipal, semblent irradier de la chaleur.
Je viens de voir un reportage à la télé sur les précautions prises par les maisons de retraite ( au moins par celle qui faisait l’objet du reportage), celà parait trés bien.
Le Premier Ministre pourra se dispenser d’aller dans ces établissements pour donner lui-même à boire aux pensionnaires comme Raffarin avait été obligé de la faire en son temps.
En ce qui me concerne, le toubib m’a fixé un quota d’un litre et demi à deux litres par jour à boire absolument.
J’ai déjà hâte de voir tomber la nuit.
J’arrose le jardin et je m’installe pour prendre un café en respirant le parfum de la terre mouillée.
La météo prévoit des orages pour vendredi, ils seront les bienvenus.
Petits plaisirs jardiniers
J’avais un pied de fenouil dans l’ancien jardin.
J’avais eu la surprise d’y trouver la superbe chenille du machaon.
L’année suivante, le fenouil n’a pas résisté à l’hiver, mais j’ai vu le machaon venir me visiter.
Alors, dans le nouveau jardin j’ai planté du fenouil, un pied vert et un pied bronze, en esprérant attirer le machaon.
Et bien ça a marché !
Et ce n’est pas une mais trois splendides chenilles que j’ai trouvées sur mon fenouil.
Je vais les voir tous les jours et elles grossissent à vue d’oeil.
J’espère voir les papillons l’an prochain.
Je ne laisserai pas le jardin manquer de fenouil.
Je planterai aussi un buddeia, les papillons adorent ses petites fleurs en forme de trompette, celà mettra de l’animation dans le jardin
Autre petit plaisir, les courgettes.
C’est, parait-il le légume le plus facile à réussir pour un débutant.
Et je suis débutant au point de ne pas savoir quand il faut cueillir les courgettes.
J’ai vu sur le Net qu’il fallait les ramasser quand elles avaient entre dix et vingt centimètres, aprés quoi elles devenaient creuses et étaient moins bonnes.Finalement, quand elle a atteint la taille de mon avant-bras, je l’ai ramassée pour laisser pousser les autres.
Et bien elle n’était pas du tout creuse et elle a suffit à elle seule à remplir la sauteuse.
Cet été, je n’aurai pas d’excuses pour ne pas manger de légumes.