Archive for octobre, 2016

Le Sol et le Hutin

photo-cyclamen-oct-2016-copieCette année l’automne est arrivé comme une gifle.
La mauvaise saison est toujours un peu difficile pour les fleurs, il n’y en a plus beaucoup dans le jardin alors j’ai tiré le portrait des cyclamens de la mairie.
Autant bien profiter du fleurissement de la ville, je viens de recevoir la taxe foncière.
Je ne vais pas pleurer, les garçons ça ne pleure pas mais ça fait toujours un choc.
Mais, pour une fois, j’ai écouté un type sympa à la télé.
Il s’agit de Raphaël Gluksmann (oui le fils de Glu-qlu, famille d’origine juive autrichienne) qui parlait du Droit du Sol.
Le Droit du Sol, actuellement attaqué par une Droite intoxiquée au FN, et implicitement par le président avec son histoire de déchéance pour les bi-nationaux, est un truc important pour moi.
Cela me parait être la garantie qu’il n’existera jamais de « Race Française ». Cette fameuse race inchangée depuis le Paléolithique, fantasme qui hante l’inconscient raciste de la Droite.
Or j’ai appris que, d’après ce que dit Gluksmann, le Droit du Sol date de…1315. MILLE TROIS CENT QUINZE ! début du XIV eme siècle, cela fait juste 800 ans.
Le trois juillet de cette année là, le roi Louis X (dit « le hutin ») prit un édit prescrivant que le sol de France affranchissait celui qui le touchait et qu’il serait désormais considéré comme « Franc » c’est à dire à la fois comme sujet du Roi et comme homme « Libre » (c’est à dire pas un serf).
Le droit fut ensuite organisé par François Ier.
Je sens que je vais inscrire Louis X le Hutin dans mon panthéon personnel à côté de l’empereur Caracalla.
Donc, le Droit du Sol est bien une tradition ancienne et solide et fait bien partie de l’Identité Française.
Toutes les traditions ne sont pas bonnes à garder, certaines sont stupides, mais celle-là me parait digne d’être mise en valeur.

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Le Beau Mensonge

photo-passif-sept-2016-6-copieVoici que nos ancêtres les gaulois reviennent dans le débat public, portés par une triste figure.
J’avais, oh, il y a longtemps, écris une note sur ce sujet, rééditée une fois à l’intention d’un gaulois comme moi, mais à la peau parfaitement noire, un gaulois du sud en quelque sorte.
On peut encore la trouver ici
A la relire je crois que je n’aurais pas grand chose à y ajouter.
Mais j’aimerais développer un peu la réponse que je faisais au dernier commentaire.
Celui-ci disait : « Une république qui se construit a besoin d’un socle pour s’établir quitte à tricher un peu. »
Ouais…
Le philosophe Platon, il a environ deux mille cinq cents ans, pestait contre les mythes grecs dans la plupart desquels il voyait des histoires absurdes dont les nourrices farcissaient la tête des enfants.
Il avait, cependant, remarqué que, si des hommes croyaient à ces histoires absurdes concernant la fondation des villes ou la naissance des peuples, ils avaient plus de facilité à se considérer comme membres d’une même communauté.
A contrecoeur, il appelait donc, pour la création de sa République à un « Beau Mensonge » qui aurait joué le même rôle et dont on aurait pu farcir la tête des enfants à la place des contes de nourrice.
Nous en savons quelque chose nous à qui les professeurs de l’école publique ont raconté l’Histoire de France, ce que certains appellent maintenant le « Roman national ».
Evidemment…du roman…
Mais ce roman, fabriqué au XIXéme siècle par des « géants » comme Michelet ou Ernest Lavisse n’était pas le premier, d’autres s’y étaient collés avant.
A la demande du roi Henri II, le poète Ronsard s’était attelé à la rédaction d’une épopée : » La Franciade » qu’il laissa inachevée à la mort de Charles XI.
L’épopée, probablement imitée de l’Enéide (un autre roman national), racontait le périple et les aventures sentimentales de Francus, fils d’Hector, obligé de fuir la ville de Troie incendiée par les Grecs et arrivé sur les côtes de Provence.
Il allait être le fondateur de la Nation et de la Monarchie des Francs.
Hum…des migrants…et venus du Moyen Orient.
Bon, à chacun son roman.
Je ne nierais pas l’efficacité du « Beau Mensonge », les guerres du siècle dernier l’ont démontrée mais beau ou pas, un mensonge reste un mensonge et sommer les français, récents ou non, d’y croire ne me semble pas le meilleur moyen de les rassembler.
A moins d’exercer une emprise totalitaire sur l’esprit de tel ou tel groupe, il semble qu’il y aura toujours des fouineurs qui s’emploieront à les débusquer.
Alors, avons-nous encore vraiment besoin de mensonges pour nous réunir alors que nous savons maintenant qu’ils ne tiendront pas la distance ?

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