Archive for juillet, 2017

les Corbeaux et les pigeons

Un jours, en passant j’ai vu des corbeaux sur le toit d’un immeuble.
Quand je suis repassé quelques jours plus tard ils n’avaient pas bougé.
C’est alors que j’ai compris qu’ils étaient faux.
Drôle d’idée que d’installer de faux corbeaux sur son toit !
En matière de décoration l’idée est discutable quoique, des goûts et des couleurs…
J’ai fini par penser que le propriétaire voulait, peut-être, éloigner les pigeons et éviter ainsi qu’ils ne couvrent de fientes blanches son joli toit de tuiles.
Si j’ai mis quelque temps à comprendre, c’est que le procédé est totalement inefficace et que je voyais souvent le toit couvert de pigeons.
Les pigeons sont les rois de la ville.
Tous les efforts des municipalités pour s’en débarrasser ont à peine abouti à en réguler le nombre alors, quelques corbeaux en plastique doivent les faire rigoler.
C’est un peu comme les migrants de Calais : dés qu’on pense les avoir chassés…
D’autant plus que de véritables migrants viennent s’y ajouter : j’ai vu, dans une espèce de grand parc à l’abandon, toute une troupe de pigeons ramiers reconnaissable au collier blanc qu’ils portent autour du cou, picorant en groupe comme ils ont l’habitude de le faire dans les champs fraichement moissonnés.
Personnellement, j’aime bien les pigeons et je ne vois pas qu’ils fassent tant de dégâts surtout que nous n’avons pas, dans nos banlieues, de ces statues de grands hommes de bronze que ces oiseaux adorent conchier.
Bien, comme fleur, j’ai mis une verveine.
Ces petites fleurs sont aussi nombreuses dans les jardinières municipales que les pigeons sur la place.

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Danton

Une fois n’est pas coutume, je commence par une statue. Celle de Danton qui orne la place de la Mairie à Tarbes.
Je suis retourné à Tarbes signer les papiers de la succession de ma mère.
Je l’ai prise à titre de souvenir puisque je n’aurai probablement jamais plus l’occasion de retourner à Tarbes : tous les membres de ma famille sont morts et je reste le seul survivant.
Si l’on s’intéresse à l’histoire de la Révolution française, la présence de Danton, saisi par le sculpteur à l’instant où il prononce sa célèbre phrase : « De l’audace ! Encore de l’audace ! Toujours de l’audace ! » sur une place de Tarbes, peut paraître insolite.
On ne voit pas très bien le rapport entre Danton et la ville.
Le « grand homme » révolutionnaire de Tarbes c’est Barrére dit  » Bertrand Barrère de Vieusac » célèbre à l’époque de la Convention pour ses nombreux retournements de veste et ses innombrables discours qui le firent surnommer « l’ Anacréon de la guillotine ».
L’explication est la suivante :
Sous la troisième République le conseil municipal de Tarbes voulut élever un statue à Barrère. Les édiles s’adressèrent donc à un sculpteur qui présenta un devis.
Le conseil le jugea horriblement cher.
Le sculpteur leur dit alors qu’il lui restait un Danton invendu qu’il était prêt à céder à prix réduit.
Et voilà pourquoi une statue de Danton fut érigée sur les terres de Barrère.
Les tarbais se sont attachés à leur Danton qu’il cachèrent même sous l’occupation.
Revanche posthume pour Danton sur Barrère qui présidait le Comité de Salut Public au moment de son procès et de son exécution.

Allez une fleur quand même pour les deux.

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Mensonges

Ainsi donc,Ariane, pense que le Mensonge est un péché qui manque à la liste des péchés capitaux.
Quoi ? quoi ? il faudrait désormais répudier le mensonge et l’hypocrisie ?
mais que va-t-il donc avenir du théâtre que j’aime tant !
Tout le monde sait bien que l’homme qui s’avance vers vous et vous lance :
« Oui c’est Agamemnon, c’est ton roi qui t’appelle « 
est un menteur car ce n’est pas Agamemnon mais seulement un acteur.
D’ailleurs, en Grec, un acteur de théâtre se dit : hypocritès
Le sens a un peu changé mais on voit bien la filiation.
Il faut savoir que le jeu d’un acteur est soutenu par une force importante de la Psyché humaine : l’Hystérie.
Cette dernière qui se constitue bien avant l’acquisition de langage (voir Mme Dolto et son « image inconsciente du corps) pourrait se définir comme la faculté d’outrepasser le langage et donc de mentir.
Et ce n’est pas seulement le théâtre mais tout l’Art qu’il faudrait envoyer en Enfer !

Mais vous jouez sur les mots ! ce n’est pas du Mensonge que vous parlez mais de la Fiction qui est un mensonge connu auquel les spectateurs ou les lecteurs font semblant de croire le temps que dure le spectacle ou la lecture.
Voire.
Faisons un pas de côté pour examiner le cas des Théologiens auxquels Ariane fait aussi allusion.
Ces derniers fabriquent des concepts parfois ébouriffants ( Pain qui se transforme en véritable Chair, Dieu unique en trois personnes, Virginité de Marie avant pendant et après) auxquels ils finissent par croire et qui, s’ils arrivent à les imposer à l’Administration, deviennent des vérités garanties par l’Autorité : des Dogmes.
Mais, quelques échelons en dessous, il y a les prédicateurs. Ces derniers, chargés de propager les Vérités de la Vraie Foi, n’ont jamais, pour une si sainte Mission,
pensé à mettre un frein à leur créativité, notamment dans un domaine où tous excellent ( et pas seulement les chrétiens ) : celui des tourment qui attendent les pécheurs en Enfer.
Sont-ce là des mensonges ou des fictions ?
Euh…c’est, peut-être la raison qui, par un reste inconscient de décence a amené les moralistes à « oublier » le mensonge dans la liste des péchés capitaux car il en est de pieux.

Encore un pas de côté. L’Elu du Peuple qui, à la tribune d’un congrès nous explique que les lave-linge durent plus longtemps avec… son programme, est-il un Menteur, Possédé qu’il est, comme par un démon, Par l’Amour du Service de son pays ?
Euh… non, non, oublions cet exemple qui nous rapproche un peu trop du Côté Obscur.
Mais tout ceci pour dire que la limite entre la fiction et le Mensonge Ehonté est parfois difficile à tracer.
D’autre part, Ariane définit le péché comme une « dissonance » par rapport à DSN (Deus sive Natura de Spinoza).
Si nous admettons cela, le Mensonge passe l’épreuve haut la main.
En effet, les animaux ne mentent-ils pas ?
Pas avec le langage, bien sûr, mais avec leur corps.
L’oiseau qui volette comme s’il avait une aile blessée pour éloigner le prédateur de son nid, la femelle babouin qui déclenche un œstrus factice pour tromper le nouveau mâle Alpha et sauver son petit encore allaité, ne mentent-ils pas ?
En cela le mensonge et l’hypocrisie sont bien « raccord » avec la Nature et j’ajouterai qu’ils sont aussi la protection des faibles.
Sans eux, en tant qu’homosexuel, je n’aurai pu naviguer, dans ma jeunesse, entre les écueils de la Connerie Ordinaire.
Et je laisse de côté les mensonges dictés par la simple politesse.

Voilà, tous, invités que nous sommes au banquet d’Esope nous ne pouvons savoir à l’avance si ce que l’on nous servira sera la meilleure ou la pire des choses.
Je pense qu’il vaut mieux, sinon s’en accommoder du moins essayer de faire le tri.

PS
Les fleurs illustrant cette note proviennent de notre visite, dimanche dernier, au Pas de la Case en Andorre.
J’attirerai l’attention sur la première qui est une orchidée dactylorhiza.
Certaines orchidées tropicales pratiquent une sorte de mensonge : elles se fardent…avec une sorte de cire qui leur permet d’attendre la sortie printanière des pollinisateurs et de paraître toujours jeunes et fraîches à leurs yeux ocellés.

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