Archive for août, 2010

La Mémoire qui flanche

J’aime bien cette délicate bulbeuse aux fleurs en forme de lanternes.Elle fait une tache de couleur gaie dans le jardin un peu défleuri.
Mais je ne connais pas son nom.
C’est bétâ, j’ai acheté les bulbes dans une jardinerie et j’ai perdu l’étiquette.
A mon âge, les noms se défilent, ceux des fleurs, ceux des gens.
C’est agaçant de savoir que les informations sont bien présentes, dans le coffre-fort du cerveau, mais qu’elles sont inacessibles. On a égaré la clef, effacé la combinaison et l’on de retrouve, l’air idiot, devant les portes fermées de la mémoire.
Heureusement, celà reviens de temps en temps, comme une ampoule qui s’allume, vous évitant de justesse l’humiliation d’avoir à demander son nom à quelqu’un que l’on connait depuis vingt ans et qui, lui, semble parfaitement se souvenir de vous.
Ce n’est pas encore le naufrage de la vieillesse, mais ce sont les premières voies d’eau.
Heureusement ce ne sont pas les pires.

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Chenilles

Ces petites chenilles se régalent des feuilles tendres d’un rosier, tout en prenant la pose, histoire de se faire passer pour de jeunes pousses auprés des oiseaux du voisinage.
J’ai essayé de les identifier sur le Net, mais en vain. Il y a tant de variétés.
Je suppose quand même que ce sont celles d’un papillon de nuit.
Avec la chaleur, il y a actuellement plus d’insectes que de fleurs dans le jardin.
Je ramasse en ce moment les graines de bisannuelles que je fais germer dans de petits pots, les insectes, eux, se ressèment tout seuls.

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Des plantes équivoques

On voit bien que cette fleur d’aspect assez rustaud ne saurait rivaliser avec les stars du Jardin.
Elle n’apparait pas ou trés rarement dans « …de nobles bouquets signés de la main de savants fleuristes »
Ses étamines rassemblées en cône trahissent sa famille, les solanacées, famille équivoque et de mauvaise réputation qui compte parmis ses membres la Mandragore, bien-aimée des sorcières et le tabac qui fait dire tant de sottises à tant de gens de bonne volonté.
Son origine serait magrébine ou levantine ou pire encore.
Bref, c’est une fleur d’aubergine.
Je me souviens que la Mairie de Paris avait décidé d’habiller les contractuelles chargées de réprimer les stationnements illicites avec un uniforme d’une horrible couleur lie de vin qui leur avait immédiatement valu le surnom d »Aubergines ».
Suite, sans doute à des plaintes des personnes concernées la mairie a opté pour un bleu pervenche tout aussi ridicule mais qui, semble-t-il fut mieux accepté et présentait pour les automobilistes indélicats l’avantage de se voir de plus loin.
L’histoire m’a toujours intrigué : Pourquoi le surnom d' »aubergine » était-il jugé plus dépréciatif que celui de « pervenche » ?
Peut-être parce que l’aubergine est utilisée comme un légume (en fait, c’est un fruit comme la tomate), cantonné au potager, loin du jardin d’Ornement, de l’orangerie et du verger et que cette situation ancillaire retire aux légumes le droit de symboliser l’Excellence ou la Noblesse et ne leur laisse que le Grotesque ou la trivialité.
Et voilà comment les jugements sociaux s’en viennent infecter les symboliques les plus banales sans que nous songions toujours a y prendre garde.

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Il y a si longtemps

J’avais retrouvé une petite boite en plastique pleine de vieilles graines de roses trémières.
Comme j’avais besoin de la boite, j’ai jeté les graines dans un coin que j’avais un peu griffé pour aérer la terre et je les ai oubliées. A ma grande surprise, l’une de ces graines a germé et donné cette fleur à la délicate couleur rose.
En la voyant, les souvenirs sont revenus comme une vague.
Je me suis rappelé ces roses trémières, en rentrant de vacances nous en avions retrouvé tout un goupe de toutes les couleurs et j’avais soigneusement rempli une boite de gaines de chaque couleur.
Cette année là nous revenions, avec ma femme, nos premières vacances au cap d’Agde.
Ma femme n’allait pas tarder à donner naissance à notre fils ainé.
Elle était particulièrement épanouie et je l’avais photographiée devant le groupe des roses trémières.
(Du coup, je suis allé rechercher la photo dans les vieux albums que je ne regarde plus)
Je crois que j’étais heureux.
Mon Dieu (oh, pardon !) ça fait si longtemps que ça me semble dans être une autre vie.
Mon fils ainé va fêter son vingt neuvième anniversaire à la fin du mois.
Cette graine aura donc attendu prés de trente ans dans sa boite avant de germer à nouveau.
Je me demande si, moi aussi, j’ai semé quelques graines dans l’esprit de ceux que j’ai rencontré et, si c’est le cas, combien elles mettrons de temps à germer.

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Petit chaton perdu

Il y a quelques jours, nous avons retrouvé ce chaton dans le jardin.
Un chaton perdu et ensauvagé qui refusait de se laisser approcher.
Vu que son allure ressemble beaucoup à celle de notre chatte Maïa, je suppose qu’il est du même père, un gros chat noir avec une bavette blanche qui sème généreusement son matériel génétique dans le quartier.
Il n’osait s’approcher mais miaulait de faim, nous avons proposé des croquettes, puis de la pâtée, il n’y a pas touché. il a juste accepté une miette de steack haché cru et a entièrement dévoré un reste d’os de poulet dédaigné par les autres chats.
Quand nous avons pu le toucher, nous avons constaté qu’il n’avait que la peau sur les os.
Sa timidité et sa façon de se nourrir m’ont laissé penser qu’il était perdu depuis assez longtemps et qu’il avait survécu en pillant quelques poubelles.
Bref,il avait tout à apprendre.
Aprés quelques jours, il s’est un peu apprivoisé,accepte les croquettes, aprés avoir vu les autres chats les manger et va faire ses besoins dans la caissette.
Il se laisse approcher d’un peu plus prés, mais il faut attendre qu’il se soit endormi (sur un coussin contre un chat en peluche) pour arriver à le caresser.
Sylvère a même réussi à lui gratter le ventre et à le faire ronronner.
Reste à savoir ce qu’on va bien pouvoir en faire maintenant.
Il n’est pas question d’avoir un quatrième chat et d’ailleurs, les autres lui soufflent dessus et lui donnent des coups de patte quand il fait une tentative d’approche.
Pour le moment, on attend qu’il se re-civilise un peu et je tenterai de lui trouver un propriétaire, mais il n’est pas facile de donner un chat trop peureux qui ne fait pas de calins.

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Beaucoup de rose, un peu de bleu.

Le délicat plumet de cette astlibe de chine hésite entre le bleu et le rose.
C’est une discrète plante d’ombre ou de mi-ombre qui pousse dans la « tourbière » à côté des ancolies noires et blanches et des primevères de chine.
Mon humeur, lui ressemblait, hésitant entre le rose et le bleu, alors que hier soir j’attendait mon fils cadet, Manu, qui venait diner à la maison avec sa copine Malika.
Rose pour la joie de le voir, moi qui le voit si peu et bleu pour les souvenirs que j’ai de son enfance qui me reviennent accompagnés d’un grand sentiment de Nostalgie.
Hiers soir l’ambiance était gaie, il était en vacances, mais en septembre, le patron de la brasserie où il a fait son apprentissage CFA le reprend en cdi.
La brasserie est prestigieuse à Toulouse et porte le nom d’un chanteur d’opéra, célèbre au début du siècle, pour sa voix et le lancement d’une coiffure avec des boucles de caniche sur le front.
Je lui ai offert sa malette de cuisinier, achetée en Andorre, qui, je pense lui aura fait plaisir, ce sont des outils de Pro.
Le bleu revient avec leur départ et je termine mélancoliquement la bouteille de champagne.
Manu ne fume ni ne boit d’alcool, mais j’en avais acheté, pour Malika, Sylvère et moi. A l’apéritif, avec une goutte de sirop de violette c’est délicieux.
Enfin, j’aurai bientôt l’occasion de revoir mes fils, l’anniveraire de l’ainé est dans quinze jours.

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Coccinelle naissante

Les grosses larves de coccinelles que j’ai montrées dans un post précédent ont arrêté de se gaver de pucerons et se sont immoblilisées, fixées à une tige.
Elles sont passées au stade de nymphes.
Aprés quelques jours, les adultes commencent à sortir.
A leur sortie, ces coccinelles sont entièrement jaunes.
Quelques heures au soleil feront passer la couleur au rouge et apparaitre les points noirs.
C’est la première fois que j’assiste au processus.
D’autres larves de coccinelles, appartenant visiblement à d’autres espèces sont encore actives sur le fenouil.

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L’Ecole de la Patience

Aprés avoir amené Sylvère à son travail au bowling, je me suis arrêté au bord de la route pour couper dans une haie trois boutures ( que j’espère assez aôutées ) sur un joli buddeia bleu.
Rentré à la maison, je les ai mises dans un fond de bouteille en plastique rempli de sable et recouvert d’eau.
Elles devraient ainsi reprendre.
Je suis toujours dans mes histoires de papillons.
J’ai constaté que les plus beaux comme le machaon ou le flambé ne vont que sur les fleurs au calice petit et étroit, comme celles de la valériane du Pérou de la photo, et, justement, celles du buddeia.
Ils délaissent les roses et les lis.
L’ancien jardin comportait quelques pieds de buddeia, arrachés au bord d’une rivière et était beaucoup plus visité par les grands papillons.
J’ai donc trouvé un coin, prés de la haie de laurières pour en installer un.
Evidemment tout celà ne fonctionnera que l’année prochaine mais le jardinage est l’Ecole de la Patience.

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Le Fenouil

Le fenouil appartient à la famille qu’on nommait autrefois les ombellifères (« porteuses d’ombrelles » c’était joli ), mais les taxonomistes ont décidé de changer celà.
En effet, le familles de plantes étaient souvent nommées d’aprés le nom de l’une d’entre elles jugée représentative de la famille.
Par exemple, le liliacées sont les plantes de la famille du lis, les iridacées de celle des iris, etc etc…
Mais certain noms échappaient à la règle et l’on a décidé de systématiser tout ça.
Les composées (marguerites, tournesols) sont donc devenues des astéracées de la famille des asters, les légumineuses (pois, glycine) sont devenues des fabacées, de le famille de la fève (faba) et les ombellifères des apiacées.
Il m’a fallu un bout de temps avant de trouver quelle plante avait donné son nom à la famille, mais j’y suis arrivé, c’est le cerfeuil (apium).
Evidemment tout ceci est d’un intérêt mineur mais l’un de mes petits plaisirs dans la vie est de connaitre le nom des choses.
J’ai donc planté un pied de cette apiacée dans le jardin où il a pris une belle envergure, pour y attirer des papillons machaon.
L’année dernière j’ai eu quatre belles chenilles, mais cette année je n’ai encore rien vu.
Ou plutôt, j’ai repéré, sur les tiges, des petits oeufs blancs dont j’espère qu’ils donneront des papillons.
J’avoue que je ne m’y connais pas trop en oeufs d’insectes.
En attendant,aprés le passage des punaises rouges et noires, le fenouil est envahi de pucerons dont les larves de coccinelles font un carnage.
c’est surprenant la vitesse à laquelle elles peuvent les dévorer.
Si je n’arrive pas à voir, dans le jardin voletter le superbe machaon, je me consolerai en contemplant les coccinelles.

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Orages d’été

Le mois d’aôut arrive avec sa provision d’orages.
Il était temps, il n’était pas tombé une goutte en juillet.
Je me suis installé devant la porte, à l’abris du balcon pour regarder les premières gouttes tomber lourdement sur la terre chaude et pour humer l’odeur qui s’en exhale.
J’ai toujours aimé l’orage, j’aurais pu naitre au proche-Orient où le dieu principal, Baal était le mâitre de l’orage.
C’était à l’époque du paganisme, depuis, le bieu Baal a disparu, assassiné par les monothéistes mais la vénération pour l’orage porteur de vie n’a pas disparu.
Le Coran, lui même, quand il évoque l’orage en parle toujours comme d’une bénédiction divine.
Et, bien que je n’aie pas eu l’occasion d’en discuter avec des habitants du cru, je suppose qu’il en est toujours ainsi.
Chez nous, l’orage est vu comme une furie d’éléments déchainés et les Médias font la liste scrupuleuse des dégâts et des morts éventuels causés par la tempète.
Le sentiment que la nature puisse être belle malgré ses fureurs ne remonte pas à plus de deux cents ans.
La façon dont chaque culture percoit les choses même les plus banales, est profondément influencée par les conditions historiques et géographiques dans lesquelles elle s’est développée.
Climat tempéré et humide là, aride et chaud ailleurs.
Pour chaque humain, les conceptions de la banalité vont de soi, Il a du mal à concevoir qu’elles puissent être différentes ailleurs, ce qui est la cause d’innombrables malentendus qui, souvent ne sont même pas perçus comme tels.
Ces malentendus finissent par constituer le sang et les artères de la haine irrationnelle que se portent les communeautés.
Ici, l’orage n’a rien détruit, il a juste couché quelques tiges de graminées et laissé la trace de ses baiser sur les pétales des roses.

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