Le travail c’est le moteur de l’émancipation individuelle.

photo glaieul juin 2015 0 copieCette affirmation d’E.Macron termine une déclaration où il se défend de critiquer les 35 heures.
Je reparlerai peut-être des 35 heures mais aujourd’hui c’est l’idée du travail émancipateur qui m’intéresse.
L’idée n’est pas nouvelle et quelques allemands l’avaient déjà synthétisée dans une formule « choc » : Arbeit macht frei .
Je sais, c’est facile.
Blague à part, l’idée philosophique selon laquelle le travail est un « moteur d’émancipation » avait déjà des rides à l’époque où les allemands lui faisaient son lifting.
Elle est née au tournant les XVIIIème et XIXème siècles.
Ceux qui l’employaient avaient à l’esprit l’image d’un petit commerçant, d’un fermier ou d’un artisan qui, à force d’économie, de travail et de rétention de ses désirs de luxe finissait par parvenir à une honnête aisance ou bien celle d’un journalier ou d’un ouvrier qui, à force de travail pouvait acheter une petite propriété ou un petit atelier lui permettant de vivre dignement aux yeux de la communauté.
On voit l’idéal social que cela implique : Une société de petits propriétaires rationnels et prudents, libre et démocratique.
Mais, au moment où parle notre « droitier contrarié » ( contrarié …? pas tant que ça, je trouve.) le travail n’a plus aucun rapport avec cet idéal de petite maison dans la prairie.
La seule « liberté » que donne le travail aujourd’hui, s’il y en avait une, serait celle de consommer davantage et plus du tout de s’arracher au carcan de la société industrielle par l’acquisition de petits moyens de production.
Je ne pense pas que E. M. soit un hypocrite. Je pense surtout que l’ex petit employé de la banque Rotschild répète, sans se poser de question ni sans examiner ce qu’il dit, un des « éléments de langage »( de bois) de la Droite pas contrariée, ignorant de bonne foi que l’idée philosophique du travail comme moteur d’émancipation parle d’un pays qui n’existe plus.

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La Viande

photo rose rustique aout  copie 01Pas facile, en ce moment, de trouver des fleurs susceptibles d’évoquer la viande. Je me suis rabattu sur les fruits charnus et bien rouges du rosa rugosa. Ce genre de rosier fait plus de feuilles que de fleurs mais sa fructification est des plus décorative.
Ou en étais-je …? ah oui, la viande.
J’ai commencé la lecture d’un autre bouquin « Les Dieux d’Orphée » de Marcel Detienne.
Le premier chapitre raconte que les initiés aux mystères orphiques s’abstenaient de consommer la moindre viande, ce qui les excluait ipso facto de la vie de la cité dont toutes les institutions, religieuse, politiques ou simplement conviviales s’organisaient autour du Banquet où l’on consommait les viandes issues des sacrifices.
Du coup, cela m’a fait penser aux modernes végétariens.
Dans ma jeunesse je croyais que les végétariens avaient adopté un régime sans viande parce qu’ils estimaient, à tort ou à raison, qu’il était meilleur pour leur santé.
Mais, en lisant les divers textes que j’ai pu trouver sur internet, je me suis rendu compte que, pour beaucoup d’entre eux, l’adoption de ce régime s’apparentait fort à une conversion religieuse ( comme pour les orphiques ) avec toutes les dérives que le fanatisme peut entrainer chez les nouveaux convertis.photo rose rustique aout  copie 02
Orwell disait que les seules personnes avec qui on ne pouvait discuter étaient les Communistes et les Végétariens.
Devant les végétariens on pourrait se contenter de hausser les épaules mais ils ont le mérite de nous rappeler que consommer de la viande n’a jamais été, ou du moins pas depuis très longtemps, un acte anodin.
La Boucherie ou jadis les sacrifices flirtent toujours dangereusement avec le meurtre.
Tuer des animaux pour les consommer est un acte (et les VG ne se font pas faute de le rappeler) qui s’apparente à la sauvagerie naturelle ; Les grecs avaient tenté de fixer les limites du sauvage et de faire du sacrifice un acte civique au moyen de rituels très stricts mêlant les prescriptions religieuses et les manières de table.photo rose rustique aout  copie 03
Pourtant quand, vers les parts préparées et servies, chacun tendait les mains, ils avaient conscience que leur geste restait ambigü ; En témoignent les mythes comme celui de Lycaon ou d’Atrée, dans lesquels un hôte servait à ses invités de la chair humaine au banquet. Mais c’est, peut-être cela qui rend les végétariens si fanatiques : Leurs élaborations et leurs discours agressifs contre les mangeurs de viande leur servent de rempart pour les préserver de leurs propres désirs cannibales qui continuent à hurler du fond des souterrains de leur esprit.

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La culture du narcissisme.

photo surfinias aout 2015 copie 01Comment ça , pas d’idée pour écrire une note ??
Mais j’en ai des tonnes, d’idées …!!!
Tiens, par exemple : … euh non….ça c’est pas un bon exemple.
Ou alors…non plus.
Ou je pourrais recycler une vieille note… mais mon ancien blog ne s’ouvre plus.
Bon ben je raconte juste ce que je fais.
Je m’installe à la terrasse du bar-café irlandais avec un verre de Guiness (25 cl, faut pas abuser) et le livre de Christopher Lasch : « La culture du narcissisme ».
Lecture déprimante, je me retrouve tous les trait du narcissisme pathologique.
Un peu comme dans le « syndrome du dictionnaire médical ».photo surfinias aout 2015 copie 02
Le livre n’est pas un bouquin de Psycho mais un livre d’Histoire.
Le principe qui le soutient est que les transformations sociales survenues depuis la XIXème siècle sont l’effet de l’organisation industrielle du travail et du développement de la Bureaucratie à tous les nivaux de la société.
Les transformations lourdes de l’organisation sociale ont fait passer la psychologie de l’individu des névroses anciennes à un narcissisme douloureux.

Bon, c’est un peu court comme résumé. Il faut lire le livre qui critique toutes les formes de la pensée Modernephoto surfinias aout 2015 copie 03 décomposition de la famille et du couple, permissivité irresponsable des parents, transformation de sport en spectacle de cirque, peur panique et la mort, gestion de la société comme un asile d’aliénés, etc, etc…
Quant à mon propre narcissisme, en progressant dans la lecture du livre ( je ne l’ai pas fini) je me rend compte, finalement, que je ne correspond pas tout à fait au portrait très noir qu’en dresse l’auteur.
Youpi !! je ne suis pas si narcissique que ça ! Pour fêter ça, je ferais bien un selfie.

Les fleurs sont celles des surfinias municipaux (eh oui, il n’y en a plus dans le jardin, il faut attendre l’effet des récents orages), une fleur moderne et produite industriellement s’il en est.

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Le Mouron rouge

photo mouron juill 2015 0 copieBien plus modeste que la violette c’est la fleur du mouron rouge.
Elle est jolie pourtant : une minuscule tache couleur de sang sur le fond vert des herbages.
Du coup elle n’est pas très facile à photographier surtout à main levée.
A cette faible distance la profondeur de champ est des plus réduites et il est difficile d’avoir la netteté des étamines et des pétales en même temps.
Je dois bien avouer que, depuis que je suis en retraite, je me sens un peu comme cette fleur : presque invisible.
Certes, j’ai de quoi m’occuper au jardin et à, la maison mais je manque de contacts humains (mis à part quelques discussions au troquet, en général avec des allumés).
Bon, je vois que des gosses ont vandalisé une école maternelle et un cimetière.
Alors qu’est-ce qu’il me reste à moi ?
Vandaliser le club du troisième âge ?

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Passation des couleurs

photo onagre juill 2015 0 copieIl est huit heures et demie du matin, Le jour s’est levé mais le soleil n’a pas encore atteint l’arrière de la maison.
C’est l’heure de la passation des couleurs.
Les onagres jaunes et même jaune primaire ont fleuri toute la nuit pour le bénéfice des nocturnes.
Elles sont encore épanouies mais le premier rayon solaire qui les touchera les fera faner.photo volubilis juill 201 copie
Les volubilis bleus viennent de s’ouvrir aux premières lueurs du jour.
Leur floraison tiendra jusqu’à midi puis ils deviendront progressivement roses pour faner juste avant la tombée de la nuit.
Ces deux floraisons alternent comme une respiration mais, à cette heure-ci elles filtrent toutes deux la lumière du point du jour.
C’est le moment le plus doux de la journée, juste avant que le Sahara qui s’est installé chez nous depuis près d’un mois ne se réveille à son tour.
Je termine mon petit déjeuner devant la fenêtre et je vais me coucher. photo mao juill 2015 002 copie

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J’ai cru que c’étaient des roses

photo prunes juin 2015 00 copie 1Trois semaines…Ce pourraient être des vacances.
Mais non…J’ai simplement eu un passage à vide.
Pas d’inspiration.
Pourtant il y a un évènement dont je pourrais parler : Sylvère s’est enfin décidé à quitter son travail.
Avant de faire un autre AVC.
Cela n’a pas été facile, il se sent terriblement coupable à l’égard de son patron et même de ses collègue qu’il ne pouvait pourtant plus supporter.
Et, bien sûr, il s’angoisse à l’idée de ne pas retrouver de travail et de manquer d’argent..
La conjoncture n’est pas favorable, c’est vrai, mais il a peut-être un peu plus de possibilités en tant qu’handicapé qu’un chômeur lambda.
De mon côté, je craignais d’avoir à revivre un épisode comme celui de l’an dernier.
Alors je l’ai félicité de sa décision ( son médecin aussi d’ailleurs) et je l’ai assuré que je le soutiendrais dans ses difficultés.photo prunes juin 2015 00 copie 2
Rompre n’a pas été facile.
J’utilise le verbe « rompre » à dessein : quitter son travail était comme une rupture dans une longue relation sentimentale.
Son patron, qui est une canaille mais un sentimental lui aussi, a longuement joué sur la corde sensible pour le retenir. A mon avis, pas seulement parce qu’il ne lui coûtait presque rien mais aussi parce qu’il l’aimait bien.
Bon, maintenant, j’espère que sa décision est définitive car les décisions définitives avec lui…
C’est particulièrement exaspérant au moment de choisir où l’on va aller manger ou quand il faut faire les courses.photo prunes juin 2015 00 copie 3
Pour illustration de cette note j’ai mis des prunes. Aucun rapport avec le sujet mais c’est la saison.
Celles ci viennent d’une sorte de mirabellier revenu à l’état sauvage.
Je les ai aperçues de loin mais, de loin, j’ai cru que c’étaient des roses.

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Matin de canicule

photo pavot rouge juin 20 copie 01Il a fait si chaud que même pendant la nuit la température est restée élevée.
Du coup, Morphée a refusé de me prendre dans ses bras et je me suis retrouvé à prendre mon petit déjeuner à six heures du matin, au lever du jour.
La terre est encore si chaude qu’elle exhale une odeur caractéristique que je sentais quand nous allions en vacances au Cap d’Agde et qui évoque l’odeur des ballasts de chemin de fer.
Cela me rappelle des souvenirs de vacances dont je ne parlerai pas ici car ils offensent la décence.
Je mâchonne tranquillement mes céréales en regardant le soleil jouer avec les pétales des pavots rouges.
une abeille farfouille dans ces pétales, peut-être son miel sera-t-il somnifère.
Nous allons encore avoir une journée de canicule (au mois de Juin !), un orage ferait du bien.
Il va falloir que je pense à m’hydrater ; A mon âge la déshydratation peut être dangereuse.
Justement, il reste des bières dans le frigo.photo pavot rouge juin 20 copie 02

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