Le Magnolia

photo magnolia mars 2015  copieLes pétales en lanières du magnolia stellata décorent le premier arbre fleuri du printemps juste après les prunus.
Arbre est un bien grand mot, pour l’instant, il mesure à peine un mètre de haut.
Adulte il fera environ quatre mètres. Assez pour un petit jardin.
Mais sa floraison est éphémère, comme celle des lilas.
Le magnolia est un arbre de mon enfance, on l’appelait le tulipier.
Celui de ma grand mère n’était pas un stellata, il était beaucoup plus grand et portait des fleurs en forme de tulipes comme la plupart des magnolias.
Je me souviens qu’au début, quand mes grand parents de sont installés dans leur maison, ses branches étaient assez basse pour que ma grand mère puisse en couper pour faire des bouquets.
Après, bien sûr, il était devenu trop haut.
Je suppose que c’est un effet de l’âge, des souvenirs de cette époque me reviennent en foule.
Je n’avais que cinq ans et maintenant je porte un regard assez sévère sur le gamin que j’étais alors.
J’étais parti pour faire un sacré crétin et j’espère que j’ai réussi à redresser un peu la barre, mais je ne suis pas certain d’avoir réussi à tout changer.
C’est la vie.

PS : Cette nuit j’ai entendu chanter le rossignol !

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Le Narcissisme du blogueur

photo narcisse mars 2015  copie 1Voici maintenant les premiers narcisses.
ce narcisse multiflore est l’un des premiers à fleurir.
J’ai déjà dit ici, ce que je savais du mythe de Narcisse, mais le mot « Narcissisme » est, de nos jours employé de façon péjorative.
Il ne faut pas être « narcissique », c’est pas bien.
D’autre part, on sait que, d’après un philosophe médiatique (non pas BHL !), les gens bloguent pour étaler leur « narcissisme ».
Ce qui comble, en premier lieu, le narcissisme du blogueur, ce sont les commentaires.
Que quelqu’un soit disposé à écrire un mot sur votre note est une grande satisfaction.
Sur ce blog, la moitié des commentaires sont de moi.
Forcément, j’ai pris la résolution de répondre à tous les commentaires.photo narcisse mars 2015  copie 2
Ensuite il y a les visites.
Ca c’est toujours époustouflant : je n’en reviens pas de voir que mon blog a reçu des visites d’Arabie Saoudite ou d’Indonésie.
Evidemment je n’y ai aucun mérite, les visites sont générées par les algorithmes des moteurs de recherches se fondant sur des mots-clés. Mais c’est tout de même plaisant.
Et enfin, il y a une chose où mon narcissisme a bien du mal à retrouver ses petits, ce sont les abonnés.
J’ai 154 abonnés. 154 personnes chez qui tinte une petite clochette chaque fois que je poste une note.photo narcisse marsb 2015 copie 3
Mais l’énorme majorité de ces personnes n’est pas francophone et quand je jette un coup d’oeil sur leur blog, je ne vois que rarement un rapport avec ce que je peux poster.
Qu’est ce qui peut bien les pousser à s’abonner ? Ce ne sont pas les textes, ils ne peuvent, sauf cas rares, les lire sans recourir à l’abominable « traducteur » de Google.
Serait-ce les photos ? J’au du mal à admettre que mon talent vaille cette peine.
A moins que certains ne collectionnent les abonnements ?
Bon, après tout, mon narcissisme ne perdra pas cette occasion de s’étaler.

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Le Dernier déménagement

photo perce-neige mars 20 copieEt une perce-neige, une !
mais maintenant je sais pourquoi elles fleurissent mal.
Il faut les planter sous un arbre.
Elles adorent l’ombre et se vautrer au milieu des racines.
Je vais déménager celles qui restent sous le troène.
En parlant de déménagement, je suis en train de faire vider l’appartement de ma mère.
Pas facile quand on habite à 140 Km.
Mais ce n’est pas un déménagement comme les autres : c’est le dernier.
Incroyable le nombre de choses que l’on peut garder tout en sachant qu’on ne les emportera pas en Paradis.
Toute une vie à balancer à la poubelle. Ce n’est pas facile. Pas seulement pour des raisons matérielles.
Papiers, vêtements, bibelots… vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste.
Et pas seulement la vie de ma mère, mais toute ma jeunesse aussi : mes cours d’école primaire, ceux de la fac, des lettres d’amis perdus de vue depuis des décennies et les livres…
Comment ais je pu acheter tant de livres ?
« La Tentation d’exister de EM Cioran » ??? j’ai lu ça, moi ???
Bon, ben… je vais le relire.
Il faut voir le bon côté des choses, tout oublier vous permet de relire des livres avec la même fraicheur que la première fois.

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Fleurs de printemps

photo crocus mars 2015 copie 1Voici venu le temps où les crocus ont décidé de fleurir. Ces petites fleurs sont comme un rayon de soleil annonçant le renouveau de la Nature.
J’avais, il y a longtemps raconté le mythe de Crocos, aimé du dieu Hermes qui le blessa à la tête.
des gouttes de son sang tombées à terre jaillirent les premiers crocus.
Crocos l’a échappée belle, d’autres n’eurent pas la chance de rester en vie.
Hyacinthe, par exemple fut tué accidentellement par son amant Apollon et adonis, aimé de vénus, tué par un vieux sanglier. Ils furent aussi transformés en fleurs.photo crocus mars 2015 copie 2
A l’époque, on courrait de gros risques à être trop aimé des dieux.
Heureusement, une fois mort, les dieux consentaient… comment dire ?… à vous faire une fleur.
Tous ces beaux jeunes gens, trop tôt arrachés à la vie, se transformaient en fleurs de printemps.
Cela parait logique, la jeunesse est associée au printemps.
Ce qui est plus curieux, c’est que la Mort y soit aussi associée ainsi que la sexualité (les amours des dieux n’étaient pas platoniques).photo crocus mars 2015 copie 3
Il existait en Grèce une fête de printemps : les Adonides, où l’on célébrait Adonis en fabriquant ce que l’on nommait : Les jardins d’Adonis.
Il s’agissait de paniers garnis de mousse où l’on semait des graines que l’on arrosait abondamment et que l’on exposait au grand soleil qui les grillait très vite.
D’après M. Detienne c’était une métaphore d’une jeunesse consumée par une activité sexuelle trop abondante et trop précoce.photo crocus 20
Comme quoi, les idées qui sous-tendent la condamnation actuelle de la pédophilie ne datent pas d’hier.

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Quelques pas dans la ville

photo primevere mars 2015 copieMardi dernier je suis allé à Tarbes pour l’enterrement de ma mère.
Ma belle-soeur m’a hébergé chez elle, elle habite un village à quelques kilomètres de Tarbes.
Son jardin commençait à fleurir avec d’énormes touffes de primevères violettes.
J’étais vert de jalousie, chez moi, les primevères végètent un an ou deux et disparaissent.
Le sol est peut être en cause. Tout le sol de cette partie de la vallée de l’Adour est acide, les azalées et les rhododendrons y atteignent des tailles surprenantes. Je me souviens aussi de pieds de camélias mesurant prés de trois mètres de haut et autant de large.
Les souvenirs… cela faisait des années que je n’étais pas allé dans le centre ville.
Je considérais Tarbes, quand j’y vivais comme une non-ville, quelque chose dans le genre de Vierzon ou Vesoul. Cette fois, je lui ai trouvé un certain charme. La ville décline, ce qui lui a permis d’échapper au bétonnage.photo camelia mars 2015 0 copie
Mais, en marchant dans la rue, je sentais remonter des souvenirs, comme des ombres sortant du sol.
Le café de l’Europe, où j’allais souvent, le Lycée, le jardin Massey, tout me renvoyait à un passé perdu, une autre vie.
Et, bien sûr, le cimetière Saint Jean, dernier lieu de résidence de ma famille.
Ma mère prend la dernière place dans le caveau, ce qui fait que je ne sais trop où loger après ma mort.
Bah, il reste encore un peu de place pour loger une urne de cendres.
En tout cas j’ai l’impression que ma jeunesse y est déjà enterrée.
Avec la mort de ma mère, ce n’est pas une page qui se tourne c’est tout un volume qui se ferme.
Les souvenirs ne sont plus que des fantômes.

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La Primavera

photo iris reticule fevr  copieD’ordinaire c’est un crocus mais, cette année, c’est ce petit iris réticulé qui est la première fleur à annoncer le printemps.
Bien sûr, je sais que le printemps vient toujours après l’hiver mais, il n’empêche, je suis toujours heureux de voir la première fleur comme s’il me fallait une confirmation que l’hiver ne sera pas éternel et qu’il y aura bien un autre printemps.
Mais, pour ma mère, celui-ci sera plus court que d’autres.
Dimanche midi j’ai reçu un coup de fil m’annonçant qu’elle avait fait un AVC « vraisemblablement massif » et qu’elle était à l’hôpital.
Alors, je suis parti à Tarbes.
Sur l’autoroute il y avait du soleil. les vaches étaient sorties des étables et les montagnes enneigées formaient un splendide horizon.
Je suis arrivé à l’hôpital, j’ai trouvé la chambre.
Ma mère, allongée dans son lit semblait toute petite, fragile et légère comme un fétu, comme un enfant.
Je lui ai dit que j’étais là, je l’ai embrassée sur le front.
Je savais qu’elle ne pouvait parler mais je pense qu’elle m’a reconnu. elle s’est mise à respirer plus vite et a sorti sa main gauche de dessous le drap et quand je l’ai prise elle a légèrement serré la mienne.
Je suis resté ainsi un moment lui parlant et lui donnant des nouvelles des enfants.
Puis les infirmières sont venues pour faire sa toilette.
J’ai vu le médecin de service qui m’a dit qu’il n’y avait pas grand’chose à faire et qu’on allait lui prodiguer des soins palliatifs.
Il ne pouvait s’engager sur le moment de sa mort.
Alors je suis reparti à Toulouse. Le soleil se couchait, plus paresseusement que d’habitude, il y avait des buses perchées sur les piquets du grillage de l’autoroute.
C’est bientôt le printemps

Actualisation de la note : Ma mère est morte cette nuit. Bien que le médecin m’ait affirmé qu’elle ne souffrait pas, je dois avouer que je suis soulagé. Je n’aimais pas la savoir enfermée dans son propre corps.

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Ovide à la télévision

Photo pyracantha 0 copiePour mon anniversaire mon fils ainé m’a offert l’intégrale des saisons de la série télé « Spartacus ».
Excellent choix, j’adore cette série, la première série « pornographique » de la télé, qui brode sur l’histoire de la révolte des esclaves romains dirigée par Spartacus.
Il y a donc de la pornographie sexuelle (soft, mais à la différence de celle qu’on peut voir le soir sur la TNT, les acteurs masculins sont de beaux mecs.) mais le plus important est la pornographie du sang.
Les combats de gladiateurs dans l’arène sont traités sur le mode d’un voyeurisme fantasmatique avec des ralentis et des giclées de sang disproportionnées à la moindre blessure, elles-mêmes traitées au ralenti. De plus, au fur et à mesure des épisodes, les adversaires des héros sont de plus en plus monstrueux jusqu’à verser carrément dans le fantastique. On peut ajouter à cela une réalisation particulièrement soignée et une attention particulière portée au scénario.
Bref tout ce qu’il faut pour combler le voyeur que je suis.Photo boul viol 05
Parallèlement, je lis « Les Métamorphoses » d’Ovide. Un truc que je me suis décidé à lire après avoir appris qu’il était d’une grande importance pour la transmission littéraire de l’antiquité pendant le Moyen Âge.
A ma très grande surprise, je suis tombé sur des descriptions de combats tout à fait dans le même esprit que celui de la série Anglo-Américaine : Une insistance à décrire les longs jets de sang, à s’attarder sur la description des blessures horribles, à nommer tous les morts par leur nom et, bien sûr, un penchant marqué pour le fantastique qui est le sujet de l’oeuvre entière.
C’est étonnant cette concordance de goût à prés de deux millénaires des distance dans des cultures aussi différentes.
Ovide écrivit son poème à l’apogée de la civilisation Romaine alors que la nôtre semble près de sa fin, son poème était destiné à une petite élite cultivée alors que la série télé est destinée au plus grand nombre (peut-être est-elle l’équivalent de nos jeux du cirque) il faut croire que les deux touchent à quelque chose de fondamental.
Le goût du sang ?Photo baies cton 01 copie

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