Rhinocéros

photo-scarabee-des-chenes-copieCette bestiolle est un scarabée rhinocèros (Oryctès nasicornis). Malgré son air féroce, il est tout à fait inoffensif, sauf pour Sylvère qui a la phobie des insectes volants ( même les touts petits ).
Je l’ai trouvé dans mon jardin. Il est, peut-être né dans mon compost et, au soir de sa vie, peut-être a-t-il voulu revoir le lieu de sa naissance.
Ce sont des choses qui arrivent parfois, passé un certain âge.
Bon, faute de fleurs, en ce moment, je l’ai choisi pour illustrer cette note.
En fait, j’aurais dû intituler cette note « Déradicalisation » puisque c’est ce dont je voulais parler.
Mais le mot est tellement laid (comme d’ailleurs son antonyme ‘radicalisation » ) que je n’ai pu m’y résoudre.
Et puis, il me semble que vouloir « déradicaliser » (Oh, bon sang, même mon correcteur d’orthographe n’en veut pas !) un fanatique serait un peu comme vouloir transformer ce scarabée en papillon.
Les politiciens en campagne se gargarisent de ce mot en ce moment et le gouvernement ouvre des centres spécialisés (pour volontaires ).
J’étais un peu sceptique, alors je suis allé voir sur le web si je pouvais trouver quelques informations sur les méthodes employées.
Et j’en suis revenu encore plus dubitatif.
Entre les illuminés, les gourous et les escrocs l’entreprise me semble mal partie.
Si l’on a une vision du monde bien établie et solide, fût-elle complètement idiote, ce ne sont pas des prêches, de l’hypnose, ou des tentatives de lavage de cerveau qui vont vous en faire changer.
En fait seul un choc suffisamment puissant peut fissurer ce genre de certitudes et ce choc, seule la réalité peut l’infliger.
Je pense que le meilleur moyen de « déradicaliser » ces jeunes gens et jeunes filles serait de les laisser partir en Syrie pour qu’ils voient ce qu’est la réalité de leur idéal.
Et si cela ne parvient pas à les « déradicaliser » rien ne le pourra.

Comments (11) »

Lili ?

photo-rose-panachee-sept-copieAinsi donc, Lili, tu as encore une fois supprimé ton blog ( la troisième, si je compte bien).
Bien sûr, tu as certainement de bonnes raison ( Serait-ce qu’un indiscret en aurait pris connaissance ? ) mais chaque fois, celà fait un choc à ceux qui te suivent.
Car certains te suivent depuis longtemps (treize ans, eh oui, pour moi) si longtemps que nous avons l’impression de te connaitre aussi bien qu’un membre de notre famille et que, si tu ne revenais pas, nous aurions l’impression d’avoir perdu un proche.
Alors, si tu passes, par hasard, sur mon blog, saches que j’attend ton retour avec impatience, que ne pas lire tes notes me manque et que je serais désolé de ne plus le faire.
Alors, si tu passes par chez moi, je t’offre cette dernière rose de l’été.

Bon sang, lili, reviens !

Comments (10) »

La Toile

photo-toile-aout-2016-5-copieC’est une petite toile d’araignée accrochée au coin de la fenêtre.
On ne la voit pas dans la journée mais seulement le matin.
C’est une petite araignée blanche qui la tisse, animal minuscule quoique chasseur féroce.
La toile est destinée à piéger des moustiques ou de petits moucherons.
Mais celle-ci n’en a encore attrapé aucun, elle a juste capturé un rayon de soleil.

Comments (10) »

Des oiseaux insolites.

photo calla aout 2016 (1) copieL’autre soir, Sylvère et moi sommes allé diner en ville, c’était son anniversaire.
Nous nous sommes installés en terrasse dans un restaurant du boulevard de Strasbourg
A cette heure agréable la canicule était allé se coucher. Le soir tombait.
Alors que nous attendions les entrées, je me suis avisé que dans l’un des platanes, de l’autre côté du boulevard un groupe d’oiseaux menaient grand tapage. il y avait beaucoup de jacassement et, de temps en temps, une note flûtée assez jolie.
Ce bruit m’a intrigué, je n’arrivais pas à déterminer de quels oiseaux il s’agissait ; Des étourneaux n’auraient pas fait tant de bruit et le moineaux avaient des cris moins forts et plus aigus.
J’en suis arrivé à abandonner la conversation pour essayer d’apercevoir les auteurs de tout ce ramdam.
Il arrivait de temps en temps d’autres oiseaux pour se joindre à la chorale mais, à contre-jour dans le crépuscule difficile de les identifier.photo calla aout 2016 (16 copieEnfin, trois ou quatre sont arrivés pour se poser en effectuant une manoeuvre de voltige qui m’a permis de voir leur plumage : il était d’un vert éclatant.
Stupéfait j’ai compris que ces oiseaux étaient des perruches !
Je savais qu’il existait des populations de perruches dans certaines villes européennes (Hambourg, je crois) mais je n’avais jamais imaginé qu’il pût y en avoir à Toulouse.
Et elles sont là depuis un certain temps puisque le garçon nous a dit qu’on les voyait bien mieux en automne car leur plumage vert ressortait bien sur les feuilles jaunies.
Elles se rassemblent tous les soirs à la même heure pour passer la nuit dans les arbres du boulevard.
c’est idiot mais j’étais enthousiasmé.
J’aime avoir ce genre de surprise qui vous montrent que le monde n’est pas tout à fait comme on l’imaginait.

Comments (5) »

Pureté

Photo laur r 23 copieLe mot « pur » vient du latin purus. On y retrouve la racine indo-européenne « pu » qui désigne la souillure (putride, puant).
Selon une façon caractéristique du latin de construire ses mots,purus signifie : débarrassé de la souillure, nettoyé, propre.
Ce n’est pas un état premier !
La « Pureté Originelle » tant prisée par les Chrétiens n’existe pas pour les Anciens, grecs ou romains.
A l’époque il fallait être purus pour accomplir les actes de culte, un peu comme font, encore aujourd’hui les musulmans qui se lavent les mains avant d’entrer dans la salle de prière de la mosquée. La propreté physique étant inséparable de la pureté morale.
Mais il s’est produit une distorsion du sens de ce mot réservé au vocabulaire des pratiques cultuelles, le mot pur en est venu à signifier aussi : Sans mélange.
Je ne sait pas à quelle époque cela s’est produit, mais, au Moyen Age, l’Eglise avait horreur des mélanges (Je ne sais pas non plus pour quelle raison, hélas) et les proscrivait à un point tel que les peintre ont du attendre la fin du XVII éme siècle pour apprendre que l’on pouvait faire du vert en mélangeant du jaune et du bleu.
A partir de ce moment la pureté est devenue plus ambiguë, les choses pures avaient plus de valeur que les autres ce qui était vrai pour certaines (le métal débarrassé des scories) mais qui, pour d’autres, n’était que fantasme sans mélange (les races pures)
Et nous voilà maintenant, traînant encore dans nos têtes des lambeaux de cette pureté pervertie, haillons venus des âges obscurs.

Comments (2) »

Grâce sauvage

photo clematite aout 2016 copieDonc, nous avons appris que Jacqueline Sauvage qui avait tué son mari violent et qui avait bénéficié d’une demie ou d’un quart de grâce du président de la République s’est finalement vu refuser sa libération par le juge d’application des peines.
L’histoire n’aurait pas eu lieu si le président avait accordé une grâce totale, mais…
On sait que le président n’aime pas ce genre de privilège régalien et on le comprend.
La Grâce c’est quelque chose de trop grand pour lui, c’est fait pour les rois, les empereurs, ou les présidents charismatiques et il n’est rien de tout cela.
Alors il a accordé une grâce à sa mesure, un fragment, un lambeau de grâce en laissant les juges décider en dernier ressort.
Résultat : on se retrouve dans une situation qui rappelle furieusement l’affaire Léonarda.

D’abord, on peut penser que, sans nier le crime, la sanction était un peu sévère (10 ans) et que sa situation aurait dû lui valoir de sérieuses circonstances atténuantes.
D’un autre côté on comprend un peu les juges, si une peine trop légère avait laissé penser à toutes les femmes battues qu’elles pouvaient, presque impunément, assassiner leur tortionnaire on aurait pu assister à un massacre.

Un autre point du jugement est intéressant, il prétend que Mme Sauvage (son nom as-t-il influencé le jugement ?) se complait dans une position de victime et qu’elle n’a pas bien pris la mesure de son geste, bref, qu’elle ne montre pas assez de contrition.
Et, de plus, que la « médiatisation » de son affaire la conforte dans cette attitude.
On voit bien que la « médiatisation » qui agace les juges c’est l’Opinion Publique (Plus de 430 000 signatures pour la première pétition demandant sa grâce) qui a forcé la main au président et qui s’est melèe d’une affaire où, selon eux, seuls les gens de justice devraient décider.
Bon, l’Opinion publique n’a pas dit son dernier mot, une nouvelle pétition est lancée.

Comments (12) »

Le Glas

photo echinacée juil 2016 copieC’est le soleil de canicule, le temps où l’étoile Sirius de la constellation du Grand Chien se lève quelques instants avant le Soleil.
Celui qui fait mûrir les aromates, tel l’encens que l’on fait brûler dans les églises, comme autrefois aux sacrifices antiques et que l’on récolte sous le ciel de l’Arabie heureuse.
Ce mardi après midi, je suis allé à la clinique pour un contrôle de ma vessie après l’opération et le traitement par BCG. Au retour, je suis allé acheter des cigarettes pour Sylvère au bar-tabac de mon ancien village.
J’en ai profité pour prendre un café sur la terrasse.
Terrasse c’est beaucoup dire, ce sont deux tables et des fauteuils sur le trottoir.
J’écoute l’Angelus, l’église du village est juste à côté.
Mais, après l’Angelus, les cloches se mettent à carillonner un air inconnu. Un motif lent et légèrement dissonant, rythmé par une note claire, obstinée.
Le premier moment de surprise passé, je me dis que ce doit être le glas, le glas pour le prêtre égorgé dans son église en Normandie.
Ce qui m’avait le plus impressionné dans les informations sur les attentats de Paris, c’était le glas sonné par le bourdon de Notre Dame.
J’écoute donc, un peu ému, sonner celui du village.
Un peu ému mais pas plus que pour les autres attentats, sauf que le son des cloches me parait plus digne que le torrent de stupidités que l’on entend à la télé après chaque drame de cette sorte.*
Pour un prêtre, celui-ci aura bien gagné le rang de martyr.
Certains fidèles pensent même plus qui ont mis devant son église un portrait qui le range déjà au rang des saints.
8780392f
Allons, pour ce prêtre qui avait l’air d’être un brave homme, une chanson à titre de glas à ma façon.
En attendant qu’il fasse (il en a le loisir maintenant qu’il est mort) le nombre de miracles requis pour mériter son auréole.

Comments (8) »