Sur la colline

Mon toubib m’a dit qu’il fallait que je marche, alors je marche.
Mais je n’aime pas trop marcher en ville.
Celle où j’habite est une banlieue pavillonnaire sans aucun charme et je m’ennuie en marchant.
Dès que le temps le permet je vais marcher sur les collines qui dominent la ville, le paysage y est un peu plus avenant et je peux y admirer la floraison des premières orchidées.
La première à fleurir est l’orchis bouffon ( orchis morio ), son petit épi violet se dresse dans les prairies encore rases.

C’est toujours un bonheur de la découvrir en fleurs et ça aide à fournir l’effort de la marche, encore un printemps gagné sur l’Inévitable.
Je dois bien avouer que photographier les orchidées me sert aussi de prétexte à faire une pause.
Quand le chien estime que je reste trop longtemps vautré par terre il me met ses deux pattes avant sur le bras.
Alors j’arrête la photo et je me relève.
Je lève le regard vers le ciel pour observer deux milans noirs revenus d’Afrique tournoyer lentement au dessus de la colline à la recherche d’un campagnol ou même d’un lapin et je reprends le cours de ma prescription médicale.

Quand on pénètre dans l’un des petits bois qui bordent les prairies, les fleurs changent. c’est le domaine des pulmonaires bleues dont les fleurs virent au rose en fanant.
On marche en silence, on pourrait déranger un sanglier.
Le chihuahua, prudent, reste à un mètre derrière me jambe gauche et n’en bouge pas.
Allons, une dernière fleur : la petite arabette rose qui fleurit sur la lisière , nous reprenons le chemin du retour.

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La Dent-de-chien

Cela faisait plusieurs printemps que je n’avais pas vu refleurir la dent-de-chien.
Je la croyais perdue comme tant d’autres, plantées au mauvais endroit ou dans une terre inappropriée.
Mais la revoilà, petite merveille d’avril.
Un jour, il y a longtemps (oh si longtemps !) j’ai été séparé de quelqu’un que j’aimais et ce fut une profonde blessure.
Avec le temps les blessures finissent par se refermer, ne laissant plus qu’un souvenir, parfois attendri, un peu comme une cicatrice sur laquelle on passe, parfois, un doigt distrait.
Mais il semblerait que celle-ci saigne toujours, quelque part au plus profond de moi.
C’est pourquoi des retrouvailles que ce soit avec une fleur perdue ou une personne aimée provoquent toujours chez moi une émotion qui me mène parfois au bord des larmes.
Même si ce sont des retrouvailles imaginaires, impossibles, en fait, dans la réalité.
Alors, quand je regarde la petite dent-de-chien il me semble que le Monde me fait un clin d’œil.

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Première dose


Ça y est ! j’ai reçu ma première dose de vaccin (Pfizer-BioNTech) !!!!
Ça n’a pas été trop facile : mon médecin généraliste m’avait donné un numéro de téléphone pour prendre rendez-vous mais je n’ai jamais obtenu qu’un message enregistré me demandant de rappeler plus tard.
A tout hasard mon généraliste m’a inscrit sur une liste me permettant d’obtenir un rendez-vous si le centre de vaccination avait un désistement où s’il lui restait une dose de vaccin à utiliser d’urgence.
Et, hier soir, j’ai reçu un coup de téléphone me fixant un rendez-vous pour ce matin.
Heureusement j’ai pu prendre la voiture immédiatement pour trouver le centre de vaccination situé dans un endroit où je n’avais jamais mis les pieds et estimer le temps qu’il me faudrait pour m’y rendre.
Heureusement que j’ai une voiture car il n’y a que trois centres de vaccinations pour toute la ville, tous situés dans des endroits improbables, enfin, je veux dire des endroit où je ne vais jamais.
Le médecin qui m’a reçu se plaignait de ne voir personne ou presque ce qui m’a surpris étant donné que le message enregistré du téléphone disait que tous les rendez-vous étaient pleins.
Alors que je m’étais à moitié déshabillé pour recevoir l’injection et que l’infirmière avait la seringue à la main, le médecin m’a demandé si j’étais bien d’accord pour me faire vacciner.
Je lui ai dit qu’au point où j’en étais je n’allais certainement pas renoncer si prés de l’injection.
« Détrompez-vous, m’a-t-il répondu, j’ai eu des cas de refus juste au dernier moment. »
L’Humanité m’étonnera toujours.
Mais bon, c’est fait et j’ai un rendez-vous ferme pour la seconde injection dans un mois ce qui fait que je serai entièrement protégé juste pour la floraison des roses.
Je vais pouvoir passer un été tranquille, au moins sur ce plan là.

Un joli iphéion bleu et une pervenche hirsute (vinca hirsuta) pou fêter mon injection.

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Immigrés

Il m’a semblé que le dernier commentaire du Goût-des-autres méritait une réponse plus étoffée que ce que me permettait la place limitée laissée par mon blog pour la réponse. j’ai donc décidé de faire une note particulière pour répondre à son commentaire.

« je suis toujours surpris de voir des gens dont les parents sont venus dans des pays d’autre culture pour y travailler, pouvoir manger à leur faim, y envoyer leurs enfants à l’école et surtout pouvoir goûter une liberté inconnue chez eux et dont les enfants, élevés, éduqués et nourris dans le pays d’accueil militer pour que ce pays d’accueil ressemble au pays que leurs parents ou grands-parents ont fui.
Ça ça me troue ! »

Une précision avant de commencer : Il y a beaucoup de descendants d’immigrés en France, espagnols, italiens, polonais, portugais, africains de l’Ouest, ceux dont il sera question ici sont les immigrés musulmans c’est à dire les maghrébins.

Comme tu le dis les immigrés sont venus en France pour y travailler et pouvoir manger à leur faim ainsi que leur famille, par contre je suis sceptique quant à leur désir de pouvoir goûter une liberté inconnue chez eux.
Je ne pense pas que les immigrés (quelle que soit leur origine) se soient beaucoup préoccupés de religion ou même de politique, seul le travail et le salaire les intéressait, ils n’ont fui que la misère.
De toutes façons les immigrés de première génération ne s’intègrent pas, ils s’adaptent et, justement ils sont préoccupés par le fait de ne pas faire de vagues.
Les choses changent avec leurs enfants, français de plein droit (encore qu’avec beaucoup de mauvaise grâce à certains moment de la Droite au pouvoir) ; Ceux là, élevés, éduqués (parfois mal) et nourris ( pas toujours très bien non plus) se sont aperçus qu’ils n’étaient pas toujours acceptés par leur propre pays après avoir subi la violence de l’intégration et les tentatives d’effacement de leur propre histoire et de la mémoire de leurs ancêtres.

Certains s’en sortent très bien et il y a des descendants d’immigrés (maghrébins) à tous les étages de la société et jusqu’au sein du gouvernement.
D’autres, selon leur propre vécu et les situations diverses auxquelles il ont dû faire face s’en sont moins bien sortis et ne se sont plus senti membres de ce pays qui les rejetait.
A partir de là commence le communautarisme, on cherche un groupe dans lequel se sentir protégé : un groupe religieux (et là, les prédicateurs ont la partie belle) mais un gang de quartier tout aussi bien, et au sein duquel son identité soit reconnue.
Je ne pense pas qu’ils veuillent transformer la France à l’image du pays que leurs parents ont quitté ; Ce pays ils n’en connaissent pas grand chose et les racines qu’ils se forgent sont de purs fantasmes.
Pour revenir au sondage il est à noter que tous les jeunes issus des quartiers pauvres partagent majoritairement les mêmes opinions, immigrés ou pas.

les fleurs pour accompagner cette note sont des iphéions roses que j’ai plantés l’automne dernier.
Pour faire bonne mesure j’y ai ajouté une jolie tulipa turkestanica, une immigrée venue de loin.

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Les jeunes et la Laïcité

Cette fois c’est parti ! la floraison des prunus annonce le début officiel du printemps.
Peu importe la date administrative, c’est la nature qui décide.
Les rosacées précoces sont en fleurs.
Que ce soit dans la campagne ou les haies deviennent blanches de la floraison des prunelliers (photo 1) ou dans les jardins éclairés de la floraison des pruniers d’agrément (photo 2) la saison est lancée.
S’ajoutent à cela les cognassiers du Japon (chaenomeles japonica, photo 3).
Celui que j’ai photographié est dans la haie du voisin. J’en ai un autre chez moi mais c’est une variété horticole qui fleurit un peu plus tard.
Nous avons vécu un hivers particulièrement sinistre, du moins en ce qui me concerne et l’arrivée du printemps soulève un peu la chape de plomb de la Pandémie.

Le printemps est une image de la jeunesse et, justement, les « jeunes » reviennent dans l’actualité avec un sondage de l’IfOP, commandé par la LICRA sur la façon dont les jeunes considèrent la Laïcité.
Catastrophe …!
Une courte majorité de jeunes (52%) sont pour le port ostensible de signes religieux à l’école, ce qui n’était pas le cas lors du précédent sondage.
Les jeunes considèrent donc la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux comme discriminatoire envers les musulmans.
Et je ne suis pas loin d’être du même avis.

La loi de 2004 a été votée aprés un scandale provoqué, dans un lycée par des jeunes filles voulant se voiler et pas par des jeunes gens portant une kippa ou par des sikhs en turban.
J’ai assisté, à la télé à un débat sur la laïcité entre intellectuels qui, à la fin tombaient sur le fait qu’il fallait respecter les gens mais pas leurs convictions.
Seulement voilà : les croyants considèrent que leurs croyances font partie intégrante de leur identité et les jeunes sont d’accord avec ça.
Critiquer une religion c’est agresser des personnes et il vaut mieux n’agresser personne.
Les « Laïcards » ont perdu le combat dans la jeunesse.

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Femmes cruelles

Les narcisses se bousculent pour fleurir.
Ici, un narcisse multiflore et un petit narcisse « tête à tête » qui fleurit dans une vasque.
Dans ma solitude confinée il me revient des souvenirs d’enfance.
Hier j’ai cliqué sur un post de Michel qui montrait une chanson de Mouloudji « la complainte des infidèles »
J’ai écris un commentaire et le temps de cliquer pour l’envoyer…
Pffuitt ! le post avait disparu !
Mais la chanson a réveillé un souvenir.
Mon père passait ce disque sour le toune disque pendant que, dans une pièce voisine je faisais mes devoirs et j’étudiais mes leçons.
Je ne sais plus du tout ce que j’étudiais mais je me souviens parfaitement des paroles et de la musique de la chanson que j’entendais à travers la porte.
J’aimais déjà le style « réaliste » des paroles et leur réthorique (« femmes cruelles ») déjà surannée à l’époque.

Allez, un petit coup de nostalgie.
Bonnes gens
Ecoutez la triste ritournelle
Des amants errants
En proie à leurs tourments
Parce qu’ils ont aimé
Des femmes infidèles
Qui les ont trompés
Ignominieusement
Méfiez-vous, femmes cruelles
Qu’on vous en fasse tout autant
La douleur n’est pas éternelle
Même chez le meilleur des amants
Vaincues par vos propres armes
Vous connaîtrez à votre tour
Et le désespoir et les larmes
De la jalousie et de l’amour

{Refrain:}
Cœur pour cœur
Dent pour dent
Telle est la loi des amants
Cœur pour cœur
Dent pour dent
Telle est la loi des amants.

Bonnes gens,
C’est le refrain des filles cruelles
Sans foi, ni serment
Trompées par leurs amants
Parce qu’ils ont aimé
Des femmes infidèles
Ils se sont vengés
Victorieusement
Ah! Souffrez mes tourterelles
Vous voici en peine d’amant!
Des inquiétudes mortelles
C’est vous qui connaîtrez le tourment
Répandez vos jolies larmes
Oui, pleurez, c’est bien votre tour
Vous avez dû rendre vos armes
Et l’amour est mort, vive l’amour!

{Au Refrain}
Album : Mouloudji, Volume 1

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Jaune

Voici donc fleuris les premiers narcisses de la saison. Toujours avec une vingtaine de jours d’avance.
justement la même avance moyenne que la saison d’émission des pollens.
Gare à ceux qui y sont allergiques ! D’autant que, selon les spécialistes, les choses ne s’amélioreront pas dans l’avenir.
J’aime les narcisses à cause de leur couleur éclatante ; Le jaune est ma couleur préférée.
Je ne suis pas un exemple, le jaune est la couleur la moins aimée des européens. C’est une couleur injustement mal-aimée qui s’est fait voler tous ses aspects positifs par l’or au Moyen Âge, ne demeurant plus que la couleur des traitres, des cocus et des maladies de foie.
Pourtant, quoi de plus splendide que la couleur des jonquilles et des narcisses annonciatrice du printemps !
C’est pour moi la couleur du soleil ou, plus précisément la couleur de l’aurore.
Et, justement, coincés dans la grisaille de ce moment, nous aurions bien besoin que vienne enfin l’aurore

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Promesse

Voici les premiers crocus de l’année à fleurir, avec un bon mois d’avance sur l’horaire habituel.
Ces petits crocus blancs sont toujours les premiers à fleurir : Une promesse de printemps.
Les floraisons vont bientôt s’enchainer.

En attendant ces jours meilleurs nous vivons toujours au gré des informations sur la Pandémie.
Les jours se suivent et se ressemblent.
Après avoir vécu la pénurie des masques elle même suivie de la pénurie de tests et de personnel pour les réaliser, voici que mous en sommes à la pénurie de vaccins.
Il y a là quelque chose comme un comique de répétition renforcé par les mêmes discours officiels destinés à nous convaincre que, quelle que soit la situation les autorités de ce pays ont pris les bonnes décisions.
Evidemment un gouvernement ne peux pas se tromper…où irait-t-on dans le cas contraire ?
Si j’ai bien compté, ça fait un an que ça dure.
Pour ce qui est des scientifiques, c’est un peu la même chose, en essayant de trier les opinions divergentes, je crois avoir compris une chose ; Les épidémiologistes observent les flux statistiques, les contaminations, les entrées à l’hôpital, les entrées en réanimation, les décès, mais ils ne comprennent toujours pas ce qui se passe.
Du coup je ne sais pas trop comment envisager l’avenir…

Bon, je vais retourner admirer les crocus.

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Véronique

Un rayon bienvenu de soleil a fait s’ouvrir les petits yeux bleus des véroniques.
J’aime bien le nom de ces fleurs : c’est le prénom d’une de mes nièces.
Pour ce qui est de l’origine du prénom, je vous fais un copier-coller du début de l’article de Wikipedia.

« La plante doit son nom à sainte Véronique, qui aurait recueilli un linge portant les traits du Christ et aurait, grâce à ce linge, guéri l’empereur Tibère de la lèpre. Or, la véronique officinale (Veronica officinalis) était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux (d’où son nom familier d’herbe-aux-ladres). Pierre Fournier rapporte dans Les quatre flores de France que la fleur des véroniques était comparée au Moyen Âge à l’empreinte du Christ (verum icon, « vraie image ») car elle dessinait un visage rudimentaire avec les 2 anthères figurant les yeux. »

Bon, le mythe de Sainte Véronique qui aurait essuyé d’un linge le visage du Christ pendant la montée au Golgotha, linge où se serait imprimé Son Visage, n’existe pas dans les évangiles canoniques et vient des évangiles apocryphes, beaucoup plus soumises à la fantaisie. L’étymologie du nom de la plante n’a probablement aucun rapport avec le prénom qui ne lui ressemble que par hasard, ce qui a permis aux clercs du Moyen Âge de fabriquer ce petit roman de Sainte Véronique.
Mais pour voir un visage dans la fleur de véronique il faut vraiment beaucoup de bonne volonté.
Quant à l’origine prétendue du prénom, « verum icon » mot composé de deux termes appartenant à deux langues différentes (verum = latin icon = grec), c’est aussi de la philologie du Moyen Âge tout à fait invraisemblable.
« Véronique » vient de « Bérénice » prononcé, à l’époque, Béréniké, ( celle qui apporte la victoire).

Je n’ai jamais eu l’occasion de raconter tout ça à ma nièce ; C’est pourquoi je le raconte ici.

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Variants

Une petite hellébore blanche, un peu malmenée par la gel.
C’est tout ce que j’ai comme fleur en ce moment.
Mais il y a pas mal de promesses sous la forme de petites pousses vertes annonçant les futures floraisons.
Pour le moment, après un tour rapide au jardin, je me retrouve devant la télévision à regarder les dernières nouvelles de la pandémie.
Les variants anglais et sud-africains inquiètent beaucoup les autorités en raison de la pénurie de vaccins.
Ce qui est intéressant dans ces histoires de « variants » c’est qu’on voit fonctionner l’Evolution en direct en quelque sorte.
Pour les gros animaux, dont nous sommes, L’Evolution prend son temps.
Les être vivants se transforment par mutations et acquisitions de gènes d’autres vivants ou de virus.
La Sélection Naturelle fait ensuite le tri entre ces transformation selon l’état de l’écosystème concerné.
Si l’écosystème reste stable, l’Evolution peut prendre des milliers ou des millions d’années, si l’écosystème est dynamique, les transformations peuvent être beaucoup plus rapides et prendre seulement quelques années.
Dans le cas des virus qui sont des êtres très simples l’évolution peut se produire en quelques jours comme le montre l’histoire de ces variants.
Dés qu’une infime modification assurant un avantage reproductif est produite (plus forte contagiosité) elle se répand à la vitesse de l’éclair.
Il faut bien reconnaitre que la Nature a plus d’un tour dans son sac et que nous ne la dominons pas autant que nous l’imaginions.

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