Clochettes

Aujourd’hui il y avait du vent d’Autan, ce qui rafraichissait un peu la chaleur de la journée.
Je sais que souffle l’Autan parce que j’ai, pendu sous le balcon, un carillon éolien qui ne tintinnabule que quand souffle ce vent là.

J’avais déjà, dans le jardin, des scilles campanulés bleus aussi nommés « jacinthes des bois ».
Celles auxquelles Ernest Lavisse fait allusion en commençant son « Histoire de France » par : « Aujourd’hui comme hier la jacinthe fleurit dans les Gaules…etc »
Le scille campanulé étant une image de la pérennité des Gaules à travers les aléas du Temps.
L’image est fausse mais elle est belle.
L’automne dernier j’ai planté des bulbes de scilles roses.
Ceux là, à ce que j’ai cru comprendre viennent d’Espagne, peut-être une image de la pérennité des Espagnes, qui sait ?
En tout cas les miens, comme tant de réfugiés espagnols, dans la région, semblent bien s’acclimater et viennent de fleurir.

Ce soir, le vent est tombé et il flotte dans l’air un parfum subtil, léger comme un souvenir, peut-être les lilas ou peut-être simplement celui de la jeune végétation après une journée de soleil.

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Donneur de Leçons

En 2015 Ione Wells, une étudiante à l’université d’Oxford, a créé le hasthag #Notguilty -#Pascoupable en français – après s’être faite agressée un soir en rentrant chez elle.

J’ai trouvé « ça » sur Slate, écrit par madame Aurélie Rodrigues dans un article traitant d’une exposition de vêtements que portaient des victimes au moment où elles se sont fait violer.

Je sais qu’on n’aime pas les « donneurs de leçons » en ce moment.
malheureusement j’ai souvent constaté que ceux qui aiment le moins recevoir de leçons sont souvent ceux qui auraient le plus besoin d’en prendre.
A ce qu’il semble Aurélie Rodrigues n’a pas assez reçu de leçons de Français dans sa jeunesse.
Bien sûr, elle n’est pas la seule, on dirait bien qu’aujourd’hui très peu de gens sur internet savent faire la différence entre l’infinitif et le participe passé des verbes du premier groupe, sans parler des exceptions aux accords de participes.
Il est vrai qu’il n’existe plus de correcteurs pour les articles de presse sur le web et que les auteurs d’articles eux-mêmes ont peu de lectures.
S’ils lisaient un peu plus de littérature classique ils s’habitueraient, sans doute, à voir comment on écrit correctement le Français sans avoir besoin de se rappeler les règles.
Mais, hélas, ils font saigner les yeux des vieux qui, comme moi, sont allés à l’école.

Ah oui, j’oubliais la leçon !

Chère Aurélie il aurait fallu écrire : « – après s’être fait agresser– »

Ne me remercie pas c’est gratuit.

Et, en plus j’ajoute un lis du Pérou rien que pour toi.

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Plaisanterie

J’ai vu un film, il y a quelques années – Je crois que c’était « Jet set » mais je n’en suis plus sûr – où un personnage disait qu’il fallait toujours rire de ses propres plaisanteries.
A moi qui aime plutôt le genre pince-sans-rire, cela avait paru idiot, sur le moment.
Ce n’est qu’à force d’entendre parler de ce qui se disait sur les réseaux sociaux que j’ai compris le bien fondé de la remarque.
Rire de ses propres plaisanteries est une politesse faite à ceux des auditeurs qui sont trop stupides pour comprendre, pour leur indiquer qu’il s’agit bien d’une plaisanterie.
Je crois bien qu’il existe un émoticône éclatant de rire qui pourrait jouer ce rôle sur Twitter et autres…
Parce que le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux incapables de comprendre le second degré me parait beaucoup plus important que ce que j’avais imaginé.

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Dégénérescence

Les tulipes de la variété « Darwin » ont tendances à « dégénérer » ; Ce qui veut dire qu’au fil du temps et des refloraisons elles perdent leur couleur initiales, contrairement à d’autres variétés qui, elles, les conservent.
Le terme « dégénérescence » est un mot chargé d’histoire ( pas la plus reluisante) et fut un concept qui eut un grand succès à la fin du siècle avant-dernier, non seulement en botanique mais aussi dans les domaines sociaux et politiques.
Une saga littéraire comme celle des « Rougon_Macquart » de Zola prétendait faire une histoire naturelle d’une famille sous le Second Empire.
En ignorance totale des lois de la génétique la saga fonctionne « à la Dégénérescence » qui est traitée comme une sorte de « Fatum » antique.
On craint aussi la « Dégénérescence de la Race », cette dernière étant censée perdre ses belles qualités originelles par suite de métissages avec des races jugées inférieures.
Tiens, ça me fait penser que parmi les auteurs (du moins ceux que j’ai connu) qui pensaient qu’il existait des races supérieures et inférieures, aucun ne s’estimait appartenir à une race inférieure.
Ca doit certainement vouloir dire quelque chose.
Mais, pour en revenir à mes tulipes, je trouve que leur évolution ne donne pas de si vilains résultats.
Les fleurs sont panachées de blanc ou de jaune comme on peut le voir sur les photos.
Les tulipes évoluent un peu comme les enfants qui sont un peu semblables et un peu différents de leurs parent.

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Apologie du Terrorisme

A chaque fois qu’un gendarme se fait buter, et c’est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémi Fraisse… Là c’est un colonel en plus, quel pied ! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins »

C’est ce qu’a twitté un ancien candidat de la France insoumise à la suite de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame dans l’attaque terroriste de Trèbes.
Ça n’a pas trainé ! il est passé en comparution immédiate pour « Apologie du terrorisme » et a été condamné à un an de prison avec sursis et sept ans de privation de ses droits civils et civiques.
Mais il n’est pas le seul « apologiste » !
Chez nous, à Toulouse une fabricante végane de fromage végan ( je suppose qu’il s’agit d’ersatz de fromage fabriqué avec de produits végétaux) a twitté (cette fois c’était le chef boucher du Super U tué par le terroriste qui était visé) :

« Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste? Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice! »

Et crac…! apologie du terrorisme, comparution immédiate : sept mois de prison avec sursis !

Bon, outre le fait que l’accusation d’« apologie du terrorisme » me semble utilisée de façon abusive dans les deux cas, je note une importante différence dans les sanctions judiciaires : La fromagère végane est condamnée à presque moitié moins de prison avec sursis que l’Insoumis.
Est-ce que la mort d’un lieutenant de gendarmerie est plus importante, aux yeux des juges que celle d’un chef boucher ?
Je ne crois pas.
Si l’insoumis a été plus lourdement condamné (avec sept ans de privation des droits civiques) c’est tout simplement qu’il s’agissait d’un opposant politique, ce que la végane n’était pas.

Evidemment, j’ai toujours une pleine confiance dans la justice de mon pays.

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Surréalisme


L’acte surréaliste le plus simple consiste revolvers aux poings a descendre dans la rue et à tirer au hasard tant qu’on peut dans la foule. « 
Je cite la phrase de mémoire alors il se peut qu’elle ne soit pas tout à fait exacte (la mémoire vous savez…) mais je crois que le sens y est.
La citation est d’André Breton, tirée si ma mémoire (toujours elle) ne me fait pas défaut du « Second manifeste du Surréalisme ».
De nos jours on voit pas mal de gens, des tueurs de masse américains aux djihadistes français qui paraissent s’en inspirer.
Supposition parfaitement gratuite par ailleurs car je suis bien certain que ni les tueurs de masse ni les djihadistes n’ont jamais lu une ligne d’André Breton.
Tout de même je me demande ce que le révolutionnaire en chambre aurait pensé de voir sa doctrine ainsi illustrée.
Cette pensée, pourtant date d’au moins trois générations.
Chaque génération (du moins certains de ses représentants) trouve un moyen de s’opposer à celle qui la précède (celle de ses pères) en refusant les valeurs qui la caractérisent ou, du moins, celles qu’elle met en avant.
De mon temps, à l’âge des révoltes, c’étaient Action Directe, les Brigades Rouges ou la Bande à Baader qui incarnaient la révolte sanglante.
De nos jours, ce sont les Islamistes.
Certes l’idéologie est différente – mais l’idéologie a si peu d’importance – mais c’est bien le refus des valeurs qui l’emporte.
Au refus du patriotisme national succède le refus des « Droits de l’Homme », à la volonté de Liberté de d’Egalité succède le refus de la Liberté et de l’Egalité (et ne parlons pas de la Fraternité).
Bien sûr, de mon temps les révoltés libertaires n’ont jamais été en mesure de convertir la société et il en est de même aujourd’hui pour les Islamistes.
Comme pour les « gauchistes, il ne restera d’eux qu’un peu de sang sur la route.
Allons…comme André Breton était poète j’ai mis en tête de cette note un « narcisse des poètes » et en fin un narcisse double pour rappeler le volume de l’Ego du poète en question.

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Le Camelia et la Liberté

J’avais acheté un pied de camelia parce que Sylvère aime ces fleurs.
Le problème c’est que la terre de mon jardin n’est pas assez acide pour les camelias, raison pour laquelle je n’en avais pas acheté avant.
Bref, je l’ai mis dans un pot plus grand que celui qu’il avait à l’achat en réutilisant la terre utilisée pour une azalée morte de vieillesse. Pour l’instant il a l’air de s’y plaire.
Quand je l’ai acheté il avait plein de boutons prêts à fleurir mais le gel est passé par là et il n’en est resté qu’un à fleurir.
La forme des étamines de cette fleur m’a fait penser à une information récente : Facebook à censuré une image de « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix.
Sous prétexte de « nudité ».
Après la censure de « L’Origine du Monde » et d’autres, les modérateurs de Facebook n’ont pas raté une nouvelle occasion d’étaler leur inculture aux yeux du monde entier.
Il faut noter qu’à sa première présentation au public, le tableau fit scandale.
Non pas parce que la Liberté laissait découvrir un sein mais parce qu’elle avait…du poil sous le bras.
Le poil sous l’aisselle faisait sans doute penser aux poils pubiens.
Ce que l’on reprochait au peintre c’est de n’avoir point présenté la Liberté sous la forme d’une allégorie éthérée mais d’une vraie femme en chair en os et en poils.
Et, aussi, d’une femme qui semblait issue des classes populaires, bannies à l’époque de la Grande Peinture.
Mais, évidemment, aucune vraie femme ne serait montée sur une barricade dans cette tenue, les seins nus sont le signe de son statut d’allégorie.
Bah…, les spectateurs de l’époque ne sont pas moins sots que les actuels modérateurs de Facebook.
Leur sottise est la même, seuls les pays et les époques sont différents.

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