Retrouvailles

C’est une tulipe sauvage, botanique comme on dit.
Son nom est tulipa sylvestris ssp australis.
J’en ai ramassé des bulbes, oh, il y a bien des années, sur le bas-côté d’une route dans la montagne d’Alaric.
Je les ai plantées dans mon ancien jardin puis dans celui ci.
Elle se trouvait dans une platebande au pied de la haie où elle a fleuri deux ou trois ans de suite.
Puis elle a disparu.
Et voila que je la retrouve dans la vasque.
Comment est-elle arrivée là ? Je n’en ai aucune idée.
Le plus vraisemblable c’est qu’en creusant dans la platebande je suis tombé sur un petit bulbe et, ne sachant qu’en faire je l’ai planté dans la vasque et que j’ai tout oublié de cet incident minuscule.
En ces temps difficiles on ne peut se permettre de négliger les petits bonheurs qui se présentent et ces retrouvailles avec la sauvageonne ont fait ma joie.
C’était comme retrouver par hasard un vieil ami.
J’aimerais bien retrouver à l’improviste un ami perdu mais la vie m’a séparé de mes amis d’enfance et de jeunesse.
Je me souviens d’eux avec le visage qu’ils avaient alors ; comme moi, ils doivent avoir vieilli.
Mais la petite tulipe est toujours neuve en sa belle floraison.

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Les Mots Bleus

J’ai appris, il y a quelques jours, que le chanteur Christophe (74 ans) venait d’être admis en réanimation pour cause de Coronavirus.
Son état est grave mais stable.
Je lui souhaite de s’en sortir.
Je n’ai jamais été un grand fan de Christophe dont je trouvais jolies les mélodies et nunuches les paroles.
« Les mots bleus » est peut-être sa chanson la moins nunuche.
Mais si j’en parle ici c’est que j’ai un souvenir personnel de Christophe.
La Fnac de Toulouse où j’étais magasinier invitait en fin de journée des écrivains, des chanteurs à des réunions avec le public.
Or, pour éviter les émeutes quand l’invité était une star, on ne le faisait pas entrer par la porte du magasin mais, à l’arrière, par le quai de livraison, au milieu des poubelles.
Un soir, que je sortais les poubelles, je me suis trouvé nez à nez avec Christophe qui venait pour la promo de son nouvel album.
ET… il m’a serré la main.

In-cro-ya-ble ! Il a serré la main du type qui sortait les poubelles !

Je ne sait si c’était sollicitude ou distraction de sa part mais j’en suis resté comme deux ronds de flan.

Au fait, j’ai noté que sa poignée de main était particulièrement molle.
De la part d’un pianiste je me serais attendu à quelque chose de plus ferme.

Allez, tient bon Christophe, tu as un an de moins que moi !

Et des scilles campanulés ou des « jacinthes des bois » pour te porter chance.

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Les Héros

Ces tulipes roses sont une variété botanique originaire de Crête.
Elles se sont bien installées dans le jardin. Elles ont même tendance a être un peu envahissantes dans la plate bande.
Dès qu’elle seront défleuries je vais en enlever quelques unes pour les replanter ailleurs.

Comme beaucoup de français, je regarde pas mal la télévision (les chiffres d’audience grimpent en flèche depuis le début du confinement) et je constate beaucoup d’interventions sur les « héros du quotidien ».
C’est à dire, non seulement les soignants mais tout ceux qui continuent à travailler malgré le virus avec la boule au ventre : les caissières (que les responsbles de supermarchés songeaient à remplacer par des caisses automatiques), les éboueurs, les routier etc… etc…
On déplore aussi le manque de travailleurs dans l’agriculture puisque les saisonniers ne peuvent plus venir faire les récoltes et l’on fait appel aux volontaires (rarement formés à ce travail, l’agriculture c’est un métier) pour pallier la pénurie de main d’oeuvre.
Tous ces hommages aux travailleurs nous changent du mépris affiché par notre classe de soi-disants dirigeant et son président « jupitérien » (un micro Jupiter).
Finis les phrases sur les ouvrières « à moitié illettrées », sur les gens « qui ne sont rien » et autres termes méprisants qui leur venaient naturellement à la bouche.
Dans une situation comme celle que nous vivons, les riches ne servent pas à grand’chose et l’on voit bien qu’ils ont besoin des pauvres qui travaillent à les enrichir.
Quand le danger sera passé, il est probable qu’on retourne à la situation antérieure mais il n’empèche, ça fait plaisir de voir, pour une fois les travailleurs célébrés par les Médias.

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Paroles

Voici une petite tulipe botanique qui a fleuri dans la vasque.
Je dois avouer que j’avais oublié son existence.
Tout comme j’avais oublié l’existence de notre président.
Il parait qu’il a fait un discours à Mulhouse.
Je ne l’ai pas écouté.
Cela fait un bout de temps que j’ai compris que ce que disait le président n’avait aucune importance.
Ce qui est important c’est ce qu’il fait.
Alors attendons de voir ce qu’il va faire.
Et puis, dans la situation que nous vivons, la Rhétorique m’agace.
La seule chose que j’aie envie d’entendre est la réponse aux questions suivantes :
Quelle est la situation ?
Que va-t-on faire pour y parer ?
La réponse à ces questions, pour autant que nous parviennent des informations exactes (ce dont je doute : même le chiffre des morts n’est pas fiable) dresse un tableau plutôt sinistre

Bon, comme d’habitude on fera les comptes après que le truc sera passé et nous aurons les chiffres exacts dans deux ou trois ans.
Si nous sommes encore là.
Ceci dit, je ne jetterai pas la pierre à ce malheureux gouvernement, il semble bien que tout le monde se soit laissé surprendre malgré les avertissements des spécialistes.

Ce qui rend les paroles martiales trop creuses au regard de la situation.

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Terminator dans son bain

J’ai vu à la télé Arnold Shwarzenegger dans son jacuzi, un cigare à la main et, sur la tête, une casquette marquée « sherif ».
A l’arrière plan se devinait une villa que l’on imagine splendide et juste derrière lui, passait dans le champ un petit chien, un yorkshire, je crois.
Terminator admonestait les gens qui continuaient à faire la fête malgré le confinement et leur ordonnait de rester chez eux.
Je ne peux que souscrire à ces recommendations mais je me dis, à le voir, que le confinement n’est pas le même pour tout le monde et, principalement pour tous ceux qui sont coincés dans un appartement minuscule avec des enfants en bas âge.
Je n’ai rien contre la richesse mais il me semble qu’en ce moment les riches devraient se faire plus discrets dans son étalage .

Ceci dit la fleur qui illustre cette note n’est pas une tulipe mais une ornithogalle aussi appelée : La dame de onze heures ; du fait que c’est à cette heure-là qu’elle fleurit.
Ce n’est pas une plante de pépinière mais une sauvage que j’ai invitée au jardin.

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La vie au temps du corona 2

Bon, hiers je suis sorti pour aller à la pharmacie acheter du gel hydroalcoolique (je m’étais inscrit en liste d’attente quelques jours avant) faire quelques courses (caissiers et caissières derrière des plaques de plastique ; Ah les hygiaphones d’antant !)
et acheter les indispensables cigarettes.
Retour à la maison le plus vite possible.
Petit problème, je ne vais avoir bientôt rien de neuf à lire, les librairies sont fermées.
Qui a dit que la librairie n’était pas un commerce de Première Nécessité ???
Bon; je ne vais pas me plaindre, au moins j’ai un jardin et j’ai pu voir fleurir le groseiller à fleurs planté il y a quelques semaines.
Une pensée pour ceux qui sont coincés dans un appartement.

En sortant de la maison j’ai vu que le container à sacs poubelles sorti la veille au soir avait été vidé.
Un merci aux éboueurs (dans ma ville de naissance on disait « les bourriers ») qui continuent à travailler malgré l’épidémie dans des conditions que j’imagine peu sécurisées face à l’épidémie.

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Editorial

Je n’ai pas le talent des éditocrates médiatiques mais la situation m’inspire quelques réflexions d’ordre général.
Il me semble que la situation de pandémie que nous vivons en ce moment a fait voler en éclats la religion libérale du gouvernement.
L’Etat prends la main sur tout, il garantit le coût du chomage partiel, les prêts bancaires et parle même de nationalisations.
Visiblement non dirigeants ne croient pas que la Main Invisible du Marché va pouvoir régler la situation.
A un niveau plus vaste, j’ai l’impression que la gestion allemande de l’Union Européenne a du plomb dans l’aile, la BCE vient d’annoncer qu’elle débloque 370 milliards d’euros.
En fin de compte c’est à la planche à billets qu’on aura recours.

Dans un autre domaine : Les sanctuaires de Lourdes viennent d’annoncer qu’ils fermaient leurs portes.
De toute évidence la Vierge Marie n’a pas l’intention d’intervenir contre le corona, d’autant plus que Son Fils est regardé d’un oeil soupçonneux vu que c’est une réunion évangélique de prière qui a provoqué la contamination de Mulhouse.

Cette pandémie me fait penser au Grand Tremblement de Terre de Lisbonne en 1755. Les fidèles, réfugiés dans les églises sont morts sous la chute des lourdes voûtes de pierre alors que les usagers des bordels, petites cabanes légères en bois, s’en sont sortis indemnes.
C’est la notion de Providence qui a été enfouie sous les ruines des églises.
Dans le cas présent, vu que le virus a progressé le long des « Nouvelles Routes de la Soie » (chine >Iran >Italie), c’est la Mondialisation qui va être questionnée et la dépendance dans laquelle nous sommes de sites de prodction lointains.

Bon, tout ça pour ne pas penser à la situation que nous vivons, au jour le jour, à notre petit niveau.

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