On tue des enfants (2)

Quand on s’intéresse aux mythes et légendes venus du Proche Orient, on tombe souvent sur des histoires de sacrifices d’enfants.
Diodore de Sicile raconte que les carthaginois sacrifiaient des enfants à leurs dieux. Isaac D’Antioche accuse les arabes de sacrifier leurs enfants.
La légende de Mahomet raconte qu’il a mis fin au meurtre des petites filles.
Le thème a même migré dans la mythologie grecque avec les histoires d’Iphigénie et d’Idoménée.
Les historiens en ont déduit, bien qu’il n’y ait pas de preuves historiques concrètes, qu’il fut un temps où se pratiquait effectivement le sacrifice des enfants, peut-être des premiers-nés.
Mais, très tôt dans l’histoire, ces pratiques furent abandonnées.
Le hébreux ont solennellement mythifié ce renoncement avec l’histoire du sacrifice d’Abraham (le thème fait cependant sournoisement retour avec la dixième plaie d’Egypte).
On pense que les enfants furent remplacé par des agneaux et l’on sait l’orchestration symphonique que l’Eglise Catholique a donnée au thème du sacrifice de l’Agneau.
Abandonnée, donc, la pratique mais son souvenir semble avoir été tenace au point d’inspirer de nombreux mythes dans toute la région.
Et je pense que c’est encore ce souvenir, fermement ancré dans la mémoire collective qui est à la source de l’instrumentalisation moderne de la mort des enfants dans la région.
Un peu comme si la mémoire des enfants sacrifiés montant de la nuit de l’Histoire venait rejoindre la mort des petites victimes des guerres modernes.

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On tue des enfants (1)

Hier matin j’ai vu, sur une chaine tv « d’infos » que le gouvernement syrien avait annoncé que le bombardement américain de la base de Shayrat avait fait neuf morts dont des enfants.
Quoi ? quoi…? des enfants sur une base aérienne en pleine guerre ? Mais que faisaient-ils là ?
Bon, les gens des services de propagande syriens étaient, peut-être, mal réveillés ce matin.
Mais cela m’a fait sursauter : encore des enfants !
Dans toutes les guerres du monde, on tue des civils, des vieillards, des femmes, des enfants (pour reprendre l’énumération habituelle) sans que la catégorie « enfants » semble poser problème, sauf au Proche Orient.
Je pense que l’on n’y massacre pas plus d’enfants qu’ailleurs mais il n’y a que dans cette partie du Monde que la mort des enfants soit instrumentalisée d’une façon aussi obsédante par les diverses propagandes.
Je ne vais pas faire la liste de toutes les affreuses images que nous avons vues, mais dans les discours aussi les enfants sont présents.
La propagande « anti-sioniste » laisse entendre que l’un des buts de guerre des israéliens serait de tuer de plus en plus d’enfants reprenant ainsi le topos antisémite des juifs tuant des enfants dans des « meurtres rituels ».
La propagande de l’état israélien, elle, s’est risqué à prétendre que les parents palestiniens envoyaient exprès leurs enfants jeter des pierres contre les soldats israéliens pour que ces derniers les tuent.
Là les israéliens reprennent (ou réinventent) les imprécations d’Isaac d’Antioche (V ème siècle aprés JC) accusant les arabes de tuer leurs enfants.
Mais d’où ça sort ces histoire d’enfants ?
Bon, j’ai mon idée (qui n’engage que moi) mais, là, il est une heure et demie du matin et je vais me coucher.
Je continuerai dans une prochaine note.

PS : Il peut sembler incongru de mettre des fleurs pour illustrer un sujet pareil mais on va dire que c’est un hommages aux enfants morts du Proche Orient.
On met bien des fleurs blanches pour les enfants ?

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Les livres vagabonds

Les tulipes pivoines sont les premières à fleurir, juste en même temps que les cerisiers;
Hélàs tout comme celles des cerisiers leur floraison est éphémère, une quinzaine de jours tout au plus.
c’est en ce moment que le jardin l’une de ses plus belles floraisons (l’autre est en Mai, le mois des roses).
J’aimerais que ce moment du jardin dure toujours mais la floraison est comme la jeunesse…

Pas très loin de chez moi quelqu’un a installé une boite en forme de petite maison marquée « refuge pour livres vagabonds ».
Le but est d’y déposer des livres que d’autres viendront prendre pour les lire.
Un moyen sympa de diffuser la Culture.
Du coup, j’ai décidé moi aussi d’y mettre des livres après les avoir lus.
J’y met surtout des polars parce que c’est facile à lire (Il ne faut pas rebuter les amateurs) mais attention : rien que de la qualité : Fred Vargas, James Lee Burke ou Georges Pelecanos, en ce moment.
Je constate, avec plaisir, chaque fois que j’y vais, que les livres que j’ai apporté ont été empruntés.
Je pense à celui (ou ceux) qui profitent de cette opportunité.
On ne saurait trop encourager la lecture dans ce monde un peu trop électronique.

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Les anémones

La ville voisine de la mienne a garni ses corbeilles fleuries ( les villes modernes adorent fleurir leur centre au point que c’en est une véritable furie ) d’anémones de Caen qui balancent au vent leurs belles corolles.
Leur nom vient du grec anémos qui désigne le souffle du vent car ce dernier est censé faire ouvrir leurs pétales ou bien, selon d’autres versions emporter leurs graines au loin.
Le mot est cousin du latin anima (le souffle qui anime, l’âme) et la famille aurait pour ancêtre une racine sanscrite àni-ti signifiant souffler.
Une fleur dans le v… non, je ne vais pas faire une blague aussi facile !Une fleur à la mode, donc, que j’ai plantée autrefois dans mon jardin mais qui n’a fleuri qu’une année ce qui fait que je n’ai pas renouvelé l’expérience.
Enfin, pas encore car celles des floralies municipales qui, elles mêmes, ne sont pas censées durer plus d’une saison, on réveillé chez moi une vieille frustration.
Je me suis longtemps contenté de planter et de voir ce qui poussait, mais en vieillissant, j’essaye d’être plus subtil et de fournir aux plantes un sol où elles puissent se plaire et s’installer.
Je suis aussi moins rigide dans l’idée que je me fais d’un beau jardinPar exemple : Je suis en train de brosser pour la débarasser de sa mousse une vasque de jardin en pierre reconstituée.
Je déteste ces trucs mais la vasque appartient à Sylvère qui a voulu la récupérer chez son frère et qui me tanne depuis quelques années pour savoir où je vais la mettre dans le jardin.
Je l’avais laissée dans un coin ( où, justement, elle s’est couverte de mousse ) en espérant vaguement que la pluie finirait par la dissoudre.
Et puis, finalement, je me suis résigné à la mettre à la place du pin parasol que les promoteurs avaient eu la sottise de planter dans mon petit jardin et que j’ai fait abattre cet hiver.
Je vais voir comment je peux l’amener à se fondre dans le décor et je vais y planter des fleurs.
Tiens, pourquoi pas des anémones ?

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La magnificence et la galanterie…


la magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.

Cette phrase est la première du roman « La princesse de Clèves »
Je la note pour saluer la décision de l’Education Nationale de mettre, cette année, madame de La Fayette au programme du bac littéraire.
Vilipendée par Nicolas Sarkosy qui ne l’avait probablement pas lue, l’oeuvre évoque une sorte de printemps de la civilisation française.
L’histoire est simple : une jeune femme (la princesse de Clèves) tombe amoureuse d’un jeune homme (le duc de Nemours) qui est lui-même passionnément amoureux d’elle.
Elle repousse cependant son amour par fidélité à son époux.
A l’intrigue principale s’entrelacent d’autres intrigues sentimentales.
Contrairement à ce que pensait Sarkosy c’est un sujet qui intéresse tout le monde
Mais ce qui m’a le plus frappé dans ce roman c’est que tous les personnages sont si incroyablement intelligents que cela finit par nuire à leur vraisemblance.
Bon, si je tiens tant à ce roman c’est qu’il a fini part représenter, pour moi, l’emblème de la lutte contre l’Inculture.
Et si je suis si heureux de la décision de l’EN c’est qu’elle va permettre aux élèves qui passeront le bac littéraire (au moins eux) de faire connaissance avec la magnificence et la galanterie de la littérature de leur pays.

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Précoce printemps

Si ce n’est pas encore le printemps, cela n’en est pas loin.
En tout cas les tulipes les plus précoces sont déjà sorties.
Je ne me rappelle plus le nom de la variété et je m’en excuse auprès d’elles car elle reviennent fidèlement tous les ans avant toutes les autres.
Il me semble que je les ai déjà montrées mais au bout de treize ans de blog la redite me parait pardonnable.
Aujourd’hui, pour la première fois de l’année, nous avons pu étendre le linge à sécher dehors.
C’est vraiment très agréable, le chemises sont bien sèches et n’ont presque pas besoin d’être repassées et surtout le linge sent délicieusement bon.
Demain, le Yef nous a invité pour son anniversaire.
Il va falloir que je trouve un cadeau.
Je suis nul en choix de cadeau.
Je crois que je vais m’en remettre à Sylvère

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L’hellebore noire

Le noir est une couleur rare en botanique, elle se plait bien plus chez les animaux.
J’ai eu il y a quelques années une rose trémière de cette couleur mais elle n’a pas duré bien longtemps.
Ces derniers temps les seuls êtres vivants noirs au jardin c’étaient les chats.
D’un beau noir rutilant.
Dans le temps, je révais de roses ou d’iris noirs mais cela ne semble pas avoir intéressé les horticulteurs.
Eh donc, l’automne dernier j’ai planté une hellébore d’orient noire qui semble s’être bien installée et que m’a donné une première floraison ce prentemps.
J’ai choisi une photo pour illustrer cette note avant de me rendre compte que les pétales noirs et les étamines blanches faisaient penser au drapeau de Daesch.
et, à propos, l’autre jour c’était la journée internationale des femmes ; Diverses personnalités étaient interrogées à la télé à qui l’on demandait ce qu’il conviendrait de faire pour améliorer le sort des femmes.
Un candidat à l’élection présidentielle connu pour son honnêteté et sa droiture ainsi que pour sa vision particulièrement pénétrante de la situation politique a répondu qu’il fallait : »combattre le totalitarisme islamique. »
J’avais apris dans la journée qu’à compétence égales, dans ce pays, les femmes étaient payées 10% de moins que les hommes.
Incroyable ! je n’aurais jamais imaginé qu’il fallait voir là la main du totalitarisme islamique.
Bon, le candidat en question, lui au moins, avait largement payé sa femme.

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