Nigger

Sarah Abraham sur son blog vin de vie vine of life a posté une note qui commence par une anecdote qui lui est arrivée.
Sur le coin proche de sa maison quelqu’un avait écrit le mot nigger (nègre).
Un autre inconnu a barbouillé le mot et écrit au dessus love.
Ne sachant qui remercier, Sarah a posté ses remerciements sur un site web de voisinage.
Sa note a été enlevée en quelques minutes parce qu’elle y avait écrit le mot nigger.
A ses questions les modérateurs ont répondu que ce mot était interdit sur le site et que la suppression de sa note n’avait rien à voir avec son contenu.
Sarah a posté une ligne mélancolique sur l’évolution du politiquement correct.
En bonne américaine, je suppose qu’elle a été choquée par la censure. en bon français, habitué de longue date à la censure, je suis plutôt choqué par la méthode.
Je constate que l’esprit bureaucratique s’insinue dans la gestion des sites web comme la merule dans un sous-sol mal ventilé.
Et ce, d’autant plus facilement qu’un logiciel seul peut faire le travail : mot interdit=suppression sans tenir aucun compte de l’esprit dans lequel a été écrit le mot ni des intentions de l’auteur de la note.
Il faudrait qu’un modérateur humain lise entièrement la note et décide ou non de la supprimer (sans garantie qu’il la comprenne, d’ailleurs.)
Mais, pour cela, il faudrait les payer et ça coute cher (c’est que ça mange trois fois par jour ces bestioles).
Sans parler du fait que la méthode est peu efficace et a tendance à éliminer les gens de bonne foi, comme Sarah et à laisser passer les salopards comme on peut le voir en lisant les tombereaux d’ordures qui paraissent dans les commentaires des infos de Yahoo, par exemple.
Il suffit de changer l’orthographe du mot ou de remplacer une lettre par un tiret et l’injure passe sous le nez de l’algorithme.
Il est à craindre que les salauds aient toujours un temps d’avance sur les braves gens.
Allons voici quelques belles fleurs noires pour tous les niggers du monde.
Cela ne compensera ni les injures ni la sottise bureaucratique mais c’est un « love » à ma façon.

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Fuschia de Richard

J’avais un pied de fuschia de Richard qui poussait mal sous le pin parasol planté devant la maison.
J’ai fait abattre le pin qui aurait, un jour, menacé les fondations de la maison, au grand dam de Sylvère qui voulait le garder car des tourterelles avaient l’habitude de s’y rassembler ainsi que quelques cigales rouges en été.
En abattant le pin, l’élagueur a copieusement piétiné le fuschia, cassant les deux branches qui avaient poussé l’année dernière.
Mais cette année, l’arbuste a vigoureusement repoussé, formant une sorte de petit dôme constellé de pendeloques roses et violettes.
J’ai certainement déjà raconté l’histoire de la découverte du fuschia, mais c’était sur un autre blog, dans une autre vie.
Je vais prendre le risque de me répéter cars j’adore cette histoire, bien que je ne sois pas sûr qu’elle soit vraie car je n’en ai trouvé aucune trace sue le net.
Tant pis.
Donc, l’histoire raconte que le botaniste James Lee découvrit le fuschia… dans un pot de fleurs sur le rebord d’une fenêtre à Londres.
L’époux de la dame qui habitait là était marin et avait trouvé cette plante en Amérique Latine. Il en avait rapporté une bouture à son épouse qui la cultivait sur sa fenêtre.
Le migrant végétal s’y était bien installé jusqu’à sa rencontre avec le botaniste.

Voyant que le fuschia était bien solide chez moi j’ai fait quelques projets concernant les fuschias : installer un autre fuschia de Richard rose pâle et aussi un fuschia grimpant sue l’arceau qui est devant la maison, l’ablation du pin ayant redonné de la lumière à cette partie du jardin.

PS au moins, dans mes recherches ais-je trouvé la réponse à une question que je me posais depuis longtemps : Les baies de fuschia sont bien comestibles, on en fait des confitures.

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Eucomis bicolor

l’Eucomis bicolor est une plante bulbeuse qui demande un terrain très filtrant.
Je l’ai mis dans la vasque pleine de terreau additionné de sable, je verrais si elle tient l’hiver.
On l’appelle plante ananas car sa grappe de fleur est surmontée d’une touffe de feuilles qui la font (vaguement) ressembler à un ananas.
De prés ses petites fleurs sont assez jolies mais, globalement, son intérêt décoratif est discutable ; C’est une plante pour collectionneur.
Quand j’étais étudiant, j’aimais boire des jus d’ananas, enfin, de temps en temps.
J’avais l’habitude de m’installer à une terrasse de café place du Capitole. A l’époque le café coûtait 50 centimes et le paquet de gauloises, le même prix.
J’étais certain qu’au bout d’un quart d’heure (grand maximum) un ami passerait et viendrait s’assoir pour discuter.
J’adorais ça et il m’en est resté une grande tendresse pour les terrasses de café.
Alors, en souvenir du bon vieux temps je retourne m’assoir à la terrasse devant un café.
Mais plus aucun ami ne passe ou très rarement.
Alors j’emporte un bouquin.
Dernièrement j’ai acheté d’un coup les deux tomes de Vernon Subbutex de Virginie Despentes.
Je ne les avait pas lus à leur parution j’attends que les livres paraissent en poche.
J’ai un peu hésité, j’avais de Despentes une image sulfureuse et les compliments des critiques convoqués en quatrième de couverture et l’avalanche de prix littéraires tombée sur les bouquins me paraissaient dissonants avec cette image.
Je m’attendais à un vomi de mots genre LF Céline, mais non, le texte est plus proche de San Antonio (l’influence de San Antonio sur la littérature française qui a suivi est regrettablement sous-estimée) avec aussi quelque chose de l’élégance (un peu sèche) de l’esprit français tout à fait classique.
Le décor est parisien (musique, cinéma, université etc…) les personnages sont des has been et les évènements racontés assez noirs.
Bizarrement l’effet produit est assez tonique.
Mieux vaut oublier les prix et les dithyrambes des critiques, le livre n’en a que faire mais c’est une excellente lecture pour la plage.

Avec une larme de rhum dans le jus d’ananas.

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les Corbeaux et les pigeons

Un jours, en passant j’ai vu des corbeaux sur le toit d’un immeuble.
Quand je suis repassé quelques jours plus tard ils n’avaient pas bougé.
C’est alors que j’ai compris qu’ils étaient faux.
Drôle d’idée que d’installer de faux corbeaux sur son toit !
En matière de décoration l’idée est discutable quoique, des goûts et des couleurs…
J’ai fini par penser que le propriétaire voulait, peut-être, éloigner les pigeons et éviter ainsi qu’ils ne couvrent de fientes blanches son joli toit de tuiles.
Si j’ai mis quelque temps à comprendre, c’est que le procédé est totalement inefficace et que je voyais souvent le toit couvert de pigeons.
Les pigeons sont les rois de la ville.
Tous les efforts des municipalités pour s’en débarrasser ont à peine abouti à en réguler le nombre alors, quelques corbeaux en plastique doivent les faire rigoler.
C’est un peu comme les migrants de Calais : dés qu’on pense les avoir chassés…
D’autant plus que de véritables migrants viennent s’y ajouter : j’ai vu, dans une espèce de grand parc à l’abandon, toute une troupe de pigeons ramiers reconnaissable au collier blanc qu’ils portent autour du cou, picorant en groupe comme ils ont l’habitude de le faire dans les champs fraichement moissonnés.
Personnellement, j’aime bien les pigeons et je ne vois pas qu’ils fassent tant de dégâts surtout que nous n’avons pas, dans nos banlieues, de ces statues de grands hommes de bronze que ces oiseaux adorent conchier.
Bien, comme fleur, j’ai mis une verveine.
Ces petites fleurs sont aussi nombreuses dans les jardinières municipales que les pigeons sur la place.

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Danton

Une fois n’est pas coutume, je commence par une statue. Celle de Danton qui orne la place de la Mairie à Tarbes.
Je suis retourné à Tarbes signer les papiers de la succession de ma mère.
Je l’ai prise à titre de souvenir puisque je n’aurai probablement jamais plus l’occasion de retourner à Tarbes : tous les membres de ma famille sont morts et je reste le seul survivant.
Si l’on s’intéresse à l’histoire de la Révolution française, la présence de Danton, saisi par le sculpteur à l’instant où il prononce sa célèbre phrase : « De l’audace ! Encore de l’audace ! Toujours de l’audace ! » sur une place de Tarbes, peut paraître insolite.
On ne voit pas très bien le rapport entre Danton et la ville.
Le « grand homme » révolutionnaire de Tarbes c’est Barrére dit  » Bertrand Barrère de Vieusac » célèbre à l’époque de la Convention pour ses nombreux retournements de veste et ses innombrables discours qui le firent surnommer « l’ Anacréon de la guillotine ».
L’explication est la suivante :
Sous la troisième République le conseil municipal de Tarbes voulut élever un statue à Barrère. Les édiles s’adressèrent donc à un sculpteur qui présenta un devis.
Le conseil le jugea horriblement cher.
Le sculpteur leur dit alors qu’il lui restait un Danton invendu qu’il était prêt à céder à prix réduit.
Et voilà pourquoi une statue de Danton fut érigée sur les terres de Barrère.
Les tarbais se sont attachés à leur Danton qu’il cachèrent même sous l’occupation.
Revanche posthume pour Danton sur Barrère qui présidait le Comité de Salut Public au moment de son procès et de son exécution.

Allez une fleur quand même pour les deux.

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Mensonges

Ainsi donc,Ariane, pense que le Mensonge est un péché qui manque à la liste des péchés capitaux.
Quoi ? quoi ? il faudrait désormais répudier le mensonge et l’hypocrisie ?
mais que va-t-il donc avenir du théâtre que j’aime tant !
Tout le monde sait bien que l’homme qui s’avance vers vous et vous lance :
« Oui c’est Agamemnon, c’est ton roi qui t’appelle « 
est un menteur car ce n’est pas Agamemnon mais seulement un acteur.
D’ailleurs, en Grec, un acteur de théâtre se dit : hypocritès
Le sens a un peu changé mais on voit bien la filiation.
Il faut savoir que le jeu d’un acteur est soutenu par une force importante de la Psyché humaine : l’Hystérie.
Cette dernière qui se constitue bien avant l’acquisition de langage (voir Mme Dolto et son « image inconsciente du corps) pourrait se définir comme la faculté d’outrepasser le langage et donc de mentir.
Et ce n’est pas seulement le théâtre mais tout l’Art qu’il faudrait envoyer en Enfer !

Mais vous jouez sur les mots ! ce n’est pas du Mensonge que vous parlez mais de la Fiction qui est un mensonge connu auquel les spectateurs ou les lecteurs font semblant de croire le temps que dure le spectacle ou la lecture.
Voire.
Faisons un pas de côté pour examiner le cas des Théologiens auxquels Ariane fait aussi allusion.
Ces derniers fabriquent des concepts parfois ébouriffants ( Pain qui se transforme en véritable Chair, Dieu unique en trois personnes, Virginité de Marie avant pendant et après) auxquels ils finissent par croire et qui, s’ils arrivent à les imposer à l’Administration, deviennent des vérités garanties par l’Autorité : des Dogmes.
Mais, quelques échelons en dessous, il y a les prédicateurs. Ces derniers, chargés de propager les Vérités de la Vraie Foi, n’ont jamais, pour une si sainte Mission,
pensé à mettre un frein à leur créativité, notamment dans un domaine où tous excellent ( et pas seulement les chrétiens ) : celui des tourment qui attendent les pécheurs en Enfer.
Sont-ce là des mensonges ou des fictions ?
Euh…c’est, peut-être la raison qui, par un reste inconscient de décence a amené les moralistes à « oublier » le mensonge dans la liste des péchés capitaux car il en est de pieux.

Encore un pas de côté. L’Elu du Peuple qui, à la tribune d’un congrès nous explique que les lave-linge durent plus longtemps avec… son programme, est-il un Menteur, Possédé qu’il est, comme par un démon, Par l’Amour du Service de son pays ?
Euh… non, non, oublions cet exemple qui nous rapproche un peu trop du Côté Obscur.
Mais tout ceci pour dire que la limite entre la fiction et le Mensonge Ehonté est parfois difficile à tracer.
D’autre part, Ariane définit le péché comme une « dissonance » par rapport à DSN (Deus sive Natura de Spinoza).
Si nous admettons cela, le Mensonge passe l’épreuve haut la main.
En effet, les animaux ne mentent-ils pas ?
Pas avec le langage, bien sûr, mais avec leur corps.
L’oiseau qui volette comme s’il avait une aile blessée pour éloigner le prédateur de son nid, la femelle babouin qui déclenche un œstrus factice pour tromper le nouveau mâle Alpha et sauver son petit encore allaité, ne mentent-ils pas ?
En cela le mensonge et l’hypocrisie sont bien « raccord » avec la Nature et j’ajouterai qu’ils sont aussi la protection des faibles.
Sans eux, en tant qu’homosexuel, je n’aurai pu naviguer, dans ma jeunesse, entre les écueils de la Connerie Ordinaire.
Et je laisse de côté les mensonges dictés par la simple politesse.

Voilà, tous, invités que nous sommes au banquet d’Esope nous ne pouvons savoir à l’avance si ce que l’on nous servira sera la meilleure ou la pire des choses.
Je pense qu’il vaut mieux, sinon s’en accommoder du moins essayer de faire le tri.

PS
Les fleurs illustrant cette note proviennent de notre visite, dimanche dernier, au Pas de la Case en Andorre.
J’attirerai l’attention sur la première qui est une orchidée dactylorhiza.
Certaines orchidées tropicales pratiquent une sorte de mensonge : elles se fardent…avec une sorte de cire qui leur permet d’attendre la sortie printanière des pollinisateurs et de paraître toujours jeunes et fraîches à leurs yeux ocellés.

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On est bien peu de chose

La fugacité des roses est un thème increvable de toute la poésie galante et même hédoniste.
Mais elles ne sont pas si fugaces que cela ; Elles tiennent bien deux ou trois jours, bien plus que l’espace d’un matin.
Plus que les hémérocalles, par exemple, les lys d’un jour, qui ne durent vraiment qu’un jour.
Mais je comprends les poètes, le mot « hémérocalle » est plus difficile à placer dans un poème. Mais, de nos jours, les roses sont moins fugaces qu’au temps de Ronsard.
Elles sont « remontantes », c’est à dire qu’après la splendide floraison du mois de Mai elles continuent à fleurir, certes avec moins d’abondance mais aussi plus de délicatesse si l’on veut bien se donner la peine de tailler les tiges qui ont déjà fleuri.
Mais, bien sûr, les roses étaient le symbole de la jeunesse et celle-ci ne « remonte » toujours pas même si l’on prend soin de se faire couper les cheveux.
Et, tout comme à l’époque, on prend conscience de sa jeunesse lorsqu’elle a disparu.Encore que je n’aie pas trop à me plaindre, la mienne a duré longtemps ( ce qui ne m’empeche pas de regretter de n’avoir, quand même, pas assez cueilli de roses.) et, d’ailleurs, n’était le corps qui me lâche, mon esprit me semble resté assez jeune pour avoir envie de faire les sottises que j’ai négligé de faire quand il était encore temps.
Les regrets sont superflus et je n’ai pas assez de remords.
Ah on est bien peu de chose.

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