Les commémorations d’automne

De tous les grands arbres des parcs, les marronniers sont ceux qui ont les feuilles les plus laides en automne.
Elles semblent commencer à pourrir avant même d’être tombées.
Bon, une fois tombées elles forment d’épais tapis dans lesquels j’adorais trainer les pieds quand j’allais à l’école primaire.
Les vieux marronniers de la place de la Mairie ont été enlevés depuis longtemps, leurs racines commençaient à défoncer la rue.
C’est moi qui ai enlevé mes propres racines, le sol de la ville était trop acide pour moi.
Et, à propos de racines, les « marronniers » qui envahissent de plus en plus les écrans d’information (on est bien obligé de les regarder en espérant l’arrivée de nouvelles plus intéressantes.) il y a de plus en plus de commémorations.
Les dernières qui a occupé les écrans pendant une journée entière ce sont celles des attentats du 13 Novembre à Paris.
Sylvère que ces images agacent me demande :
-« Mais enfin, pourquoi font-ils tout ça ? »
Bonne question.
Je suppose que nos dirigeants qui sentent que la population leur échappe et se disperse entre un narcissisme égoïste (Pourquoi je payerais pour les autres qui ne me sont rien ?) et des idéologies extrêmes (Front National ou Islamistes) tentent par ces cérémonies guindées dont les médias tentent d’extraire jusqu’à la dernière goutte d’émotion, tentent d’unir la Nation dans un sentiment d’union commune.
La Nation…, leurs discours sonnent creux, eux qui sont des européistes convaincus, serviteurs d’une Union dont le but ultime parait bien être la dissolution des Nations.
Mais, dans ce cas précis des attentats, l’union se fait dans la tristesse, un peu comme si l’on commémorait la bataille de Waterloo
Et puis, tous les commentaires et débats dont les chaines infos ont enveloppé ces commémorations ont porté sur le fait des savoir si les populations étaient bien protégées de nouveaux attentats et où en était la lutte antiterroriste.
Bien sûr, ils faut porter secours aux victimes et veiller à protéger les populations.
Mais peut-on unir une nation autour des seuls sentiments de la Tristesse et de la Peur ?
Je doute que ce genre de ciment puisse défier les siècles.

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Patients chrysanthèmes

J’avais acheté des chrysanthèmes pour aller les déposer sur la tombe où se trouvent ma mère et mon frère.
Ladite tombe se trouvant à 170 Kms de mon domicile, ce n’est pas simple d’y aller.
Je n’ai pu m’y rendre pour la Toussaint, j’étais malade.
Une fois la maladie terminée j’ai eu un problème avec ma carte bleue qui a été grillée par une machine défectueuse.
Il me faut attendre une semaine qu’elle soit refaite.
C’est incroyable ce qu’on peut dépendre de ce bout de plastique.
Alors, mes chrysanthèmes patientent courageusement sous la pluie.
J’en avais choisi des modèles à grosses fleurs cette année (ils ressemblent à des anémones de mer), pour changer un peu et de crainte que mes chers défunts ne soient un peu lassé des petites fleurs.
C’est pour eux que je le fait car, moi, je préfère les petites fleurs.
Cela me rappelle une question posée par un ethnologue à un marabout africain :
 » Pourquoi rendre un culte aux morts ? Leurs os ne sont plus que terre et leurs âmes certainement réincarnées depuis longtemps. »
Le marabout avait répondu :
 » C’est pour des souvenirs qui nous sont chers. »
Je ferais bien mienne cette réponse.
Ma mort personnelle n’est pas un problème pour moi (Epicure est passé par là) mais c’est la perte d’êtres aimés qui pose problème.
Mon frère et ma mère me manquent toujours et je me sens toujours un peu coupable d’avoir raté la date du rendez-vous.

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Les Roses de novembre

J’avais entendu sur le net le conseil qu’il fallait tailler les rosiers à la fin octobre.
Oui mais voilà, les rosiers se sont réveillés et font une troisième floraison. J
Je ne vais quand même pas tailler des rosiers en fleurs.
Et je ne suis pas le seul, tous les jardins alentour arborent de magnifiques roses.
Que s’est-il donc passé pour que nous ayons une floraison si tardive ?
Encore un coup du Réchauffement Climatique !
Il ne faudrait cependant pas se réjouir trop vite car les floraisons à contre-saison sont, en général un mauvais présage.
J’ai vu des ormes fleurir en automne, l’année suivante ils étaient morts, victime de la maladie (un coléoptère) qui a tué tous les ormes de France et d’Angleterre.
En Angleterre il n’en reste qu’un seul de vivant et qui, bien entendu, appartient à la Reine.
Bon, je préfère penser qu’il faut plutôt accuser la douceur de ce début d’automne et que mes rosiers refleuriront bravement au mois de mai.
Il n’empêche, je trouve à ces roses quelque chose de mélancolique, un peu comme un adieu.

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La Fin du jour

Comment se passera notre fin de vie ?
J’ai sous les yeux quelques exemples qu’il vaudrait mieux ne pas suivre. Les parents de Sylvère étaient riches…enfin, riches…disons qu’ils étaient à leur aise.
Ils avaient une belle maison dans un village à l’écart de Charleville-Mézières.
Une maison à laquelle la mère de Sylvère avait apporté tout les embellissements qu’elle avait voulu (sol en marbre italien piqueté de paillettes dorées, mosaïque décorative de tradition locale, meubles en chêne massif etc, etc…)
Une maison dans laquelle personne d’autre qu’eux ne rentrait.
Il n’avaient pas d’amis et ils n’en voulaient à aucun prix.
Mais, maintenant, le père de Sylvère est mort et son épouse se retrouve seule à quatre vingt ans passés, dans une maison somptueuse mais située dans un village bâti de résidences cossues où il n’existe plus aucun service, ni boulanger, ni épicier, ni médecin, ni poste.
Il faut prendre la voiture pour la moindre course et la mère de Sylvère voit arriver le moment où elle ne pourra plus conduire, d’autant moins que les conditions météo sont souvent difficiles : pluie, neige, et surtout verglas.
La situation confortable s’est transformée en piège.
Cela me rappelle la situation des banlieues aisées en Amérique où les services ne sont accessibles qu’en voiture et où ceux qui avaient voulu fuir la Racaille des centre-villes se retrouvent abandonnées dès qu’ils ne peuvent plus conduire.
Comment en sommes nous arrivés là ?

Alors, pour la mère de Sylvère, ce lis au parfum puissant mais mélancolique.

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L’Or des étoiles

Ce titre pourrait être celui d’un film ou d’un roman de science-fiction de qualité…disons…moyenne.
Mais non, il s’agit d’or véritable et de véritables étoiles.
Les astrophysiciens ont fait une découverte extraordinaire, il ont réussi à enregistrer des ondes gravitationnelles prévues par la théorie d’Einstein.
Quand de corps de masse importante comme deux trous noirs fusionnent, Le choc ébranle la structure de l’Espace qui se met à onduler comme l’eau d’un étang où l’on
jette une pierre.
Les astrophysiciens ont d’abord cru qu’ils avaient enregistré la collision de deux trous noirs mais il se sont rendu compte qu’il s’agissait en fait de la fusion de deux étoiles à neutrons.
Au vu des dimensions de l’Univers les étoiles à neutrons sont des objets relativement petits (des sphères d’un diamètre de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres) mais très massifs.
Les deux objets en cause sont estimés pour l’un à 1.1 masse solaire et l’autre à 1,6 masse solaire.
Essayons d’imaginer la masse du soleil dans un objet de quelques kilomètres de diamètre.
Mais ce qui est encore plus intéressant c’est que le phénomène a pu être observé dans le visible et quelques autres longueurs d’ondes par les télescopes en orbite.
Les petits monstres ont fusionné et émettant un sursaut gamma court et en éjectant une masse de débris.
Or, dans ces débris les observateurs ont repéré…de l’or (et du platine).
Ces étoiles ont permis de répondre à la question que posait l’abondance de l’or dans la galaxie car ce que l’on savait du fonctionnement de l’astrochimie ne permettait pas de comprendre comment des éléments lourds comme l’or ou le platine pouvaient bien se former.
Notre soleil, par exemple ne peut fabriquer rien de plus lourd que le fer.
Maintenant on sait : l’or de ma boucle d’oreille s’est formé dans la fusion de deux étoiles à neutrons il y a plus de cinq milliards d’années.
Du coup j’ai enlevé ma boucle d’oreille pour l’examiner plus attentivement.
Je n’ai rien vu de plus que d’habitude mais cela m’a permis de rêver un moment.

PS les fleurs qui illustrent cette note me sont totalement inconnues. j’en ai acheté un bouquet mais personne n’a pu me dire leur nom.
Je les ai choisies parce qu’elles ressemblent aux dessin qui tentent d’illustrer la fusion des deux étoiles à neutrons.

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Délire

Au seuil de l’automne ce dahlia arbore déjà les couleurs de la saison.
Celui-ci a particulièrement bien poussé, il faut dire que je l’ai copieusement arrosé pendant la canicule et gavé de compost.
Les autres sont dans des pots et n’ont pas encore fleuri, je les ai transférés trop tard.
Mais s’ils ne fleurissent pas cette année ce sera pour l’année prochaine, je les hivernerais hors gel.

J’ai eu un passage à vide ces derniers temps mais j’ai fini par trouver un sujet de note et je m’apprètais à l’écrire quand un autre sujet est venu me perturber.
Ce sujet perturbateur c’est l’annonce qu’une mère de djihadiste ( mort entretemps en Syrie) avait été condamnée à deux ans de prison ferme pour avoir envoyé de l’argent à son fils.
Le motif d’une condamnation aussi sévère est : « financement du djihadisme ».
A cette nouvelle j’ai senti comme un filet d’eau glacée me courir le long du dos.
Comment ne pas être terrifié quand on constate que la justice de son pays est en train de délirer.
Il doit être évident pour cette justice devenue folle que le djihadisme est soutenu financièrement par des mères envoyant de l’argent à leurs fils radicalisés.
L’Arabie Saoudite, le Quatar, la Turquie (qui laissait passer sur son territoire le pétrole du Djihad) ne sont là que pour faire l’appoint.
Même si c’est interdit comment condamner une mère pour avoir voulu aider son fils ?
Quelle sorte de mère aurait agi différemment ?
Au milieu de l’anomie sociale et du chaos économique où nous vivons les quelques faibles liens qui relient encore les individus entre eux sont les liens familiaux et, évidemment, ceux qui relient une mère à son fils.
Si les papillons noirs du délire viennent aveugler ceux qui sont chargés de faire respecter la loi qu’allons nous devenir ?
« L’hiver vient » comme dirait Eddard Stark.

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Nigger

Sarah Abraham sur son blog vin de vie vine of life a posté une note qui commence par une anecdote qui lui est arrivée.
Sur le coin proche de sa maison quelqu’un avait écrit le mot nigger (nègre).
Un autre inconnu a barbouillé le mot et écrit au dessus love.
Ne sachant qui remercier, Sarah a posté ses remerciements sur un site web de voisinage.
Sa note a été enlevée en quelques minutes parce qu’elle y avait écrit le mot nigger.
A ses questions les modérateurs ont répondu que ce mot était interdit sur le site et que la suppression de sa note n’avait rien à voir avec son contenu.
Sarah a posté une ligne mélancolique sur l’évolution du politiquement correct.
En bonne américaine, je suppose qu’elle a été choquée par la censure. en bon français, habitué de longue date à la censure, je suis plutôt choqué par la méthode.
Je constate que l’esprit bureaucratique s’insinue dans la gestion des sites web comme la merule dans un sous-sol mal ventilé.
Et ce, d’autant plus facilement qu’un logiciel seul peut faire le travail : mot interdit=suppression sans tenir aucun compte de l’esprit dans lequel a été écrit le mot ni des intentions de l’auteur de la note.
Il faudrait qu’un modérateur humain lise entièrement la note et décide ou non de la supprimer (sans garantie qu’il la comprenne, d’ailleurs.)
Mais, pour cela, il faudrait les payer et ça coute cher (c’est que ça mange trois fois par jour ces bestioles).
Sans parler du fait que la méthode est peu efficace et a tendance à éliminer les gens de bonne foi, comme Sarah et à laisser passer les salopards comme on peut le voir en lisant les tombereaux d’ordures qui paraissent dans les commentaires des infos de Yahoo, par exemple.
Il suffit de changer l’orthographe du mot ou de remplacer une lettre par un tiret et l’injure passe sous le nez de l’algorithme.
Il est à craindre que les salauds aient toujours un temps d’avance sur les braves gens.
Allons voici quelques belles fleurs noires pour tous les niggers du monde.
Cela ne compensera ni les injures ni la sottise bureaucratique mais c’est un « love » à ma façon.

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