Les kakis

Les vents d’automne ont emporté le feuillage des plaqueminiers.
Il ne reste que leurs branches ployant sous le poid des fruits ; les kakis.
On en voyait sur les tables, quand j’étais petit, au moment de Noël.
Fruits d’hiver, on disait qu’ils étaient consommables quand le gel leur avait passé dessus.
Je ne les ai jamais beaucoup aimés ; Je leur touvait un goût douçâtre, un peu écœurant.
Au fond, je les préfère sur l’arbre où ils donnent une impression d’abondance.
Le soir où j’ai pris ces photos le ciel était d’une pureté parfaite, dorépar le soleil juste couché.
Pas un nuage, pas une seule trainée d’avion, le seul objet visible était le mince croissant de la lune montante tel qu’on peut le voir dans les tableaux de Caspar David Friedrich où il est le sympbole du Christ.
L’ensemble était paisible comme le souvenir d’un temps disparu.

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Petits croquis


Et voilà le confinement recommence : plus de visites et plus de Mourad.
Seule éclaircie dans toute cette grisaille, mon fils cadet, Manu, m’a téléphoné pour prendre des nouvelles.
Nous avons discuté un moment et je lui ai demandé comment il vivait son confinement.
Il le vit bien et en profite pour travailler son dessin.
Il m’a appris qu’il avait participé au challenge « inktober » qui consiste à publier un dessin par jour pendant le mois d’Octobre (ink+ october) sur un thème donné.
Du coup il m’a envoyé tous ses dessins.
J’en ai sélectionné deux qui me paraissent bien convenir à la situation actuelle
Le premier pour la façon de se confiner (thème « hide ») et le second pour évoquer les sentiments que j’éprouve vis à vis du Virus (thème « rodent »)

J’aime bien ces croquis de mon fils surtout compte tenu du fait qu’il faut en publier un par jour. Ces deux là sont ceux qui me plaisent le plus.

Ceci dit, je ne suis pas assez fort en dessin (mon fils est nettement plus fort que moi ) pour pouvoir juger réellement de leur qualité mais j’ai pensé qu’ils valaient la peine d’être montrés sur mon blog.

Bon, je vais être franc : je suis assez fier de lui.
Décider d’avoir des enfants est toujours un pari sue l’avenir et je suis de tout cœur avec ceux qui ont des difficulté ou même qui considèrent que ce pari est perdu.
Je n’ose penser que leur mère et moi avons donné à nos enfants une éducation qui puisse leur permettre de s’en sortir dans la vie ou si nous avons eu de la chance dans ce domaine mais je dois reconnaitre que mes enfants ne m’ont apporté que des satisfactions et de la fierté.

Quelques roses rouges qui bravent vaillamment la diminution de la lumière et que je leur dédie.

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Un rendez-vous manqué

J’avais prévu un rendez-vous, toujours le même, celui de la Toussaint, avec mes chers disparus : mon frère, ma mère et, accessoirement mes grands parents paternels.
Le genre de réunion de famille où l’on ne risque pas de contracter le Covid.
J’avais prévu des chrysanthèmes d’une jolie couleur parme.
Je me serais recueilli quelques instants devant leur dernière demeure en me demandant ce que je fichais là mais non sans noter au passage que le bouquet de chrysanthèmes de ma belle-sœur était beaucoup plus gros que le mien.
Puis, je serais allé voir ma belle-sœur qui m’aurait offert un café avec une part de gâteau et les potins de l’année passée à Tarbes

Raté !
Le nouveau confinement a ruiné ce beau programme car la dernière demeure de mes chers disparus est à 140 Kms de ma demeure à moi.
Je me suis contenté de téléphoner à ma belle-sœur.
Le gâteau m’est passé sous le nez mais j’ai tout de même eu droit aux potins.
c’est étrange, j’ai l’impression qu’elle me parle de gens que j’aurais connus dans une vie antérieure.
Ma belle sœur est tout ce qui me reste de mes ascendants et collatéraux, tout les autres sont morts.
Cela me donne l’impression d’être tout seul sur un promontoire étroit.

Et, au fait, que faire du pot de chrysanthèmes prévus pour l’occasion ?

Ah j’ai trouvé ! je vais les mettre dans le jardin, sur la tombe de Chi-chi notre premier chihuahua dont la mort a tant affecté Sylvère.
Après tout, l’affection qu’il nous manifestait mérite bien aussi un tendre souvenir.

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Azalée en octobre

Cette azalée m’intrigue : habituellement les azalées fleurissent au printemps et celle-ci fleurit à contre saison.
Généralement, ce n’est pas bon signe pour la plante. Il faudra voir comment elle évolue cette année.
Elle m’a été donnée par Mourad qui ramasse tout ce que jettent les supermarchés.
Quand il les récupère, les plantes sont dans un sale état. Elles ont passé plusieurs semaines en rayon sans être une seule fois arrosées (je n’aimerai pas être réincarné comme plante à vendre dans un supermarché !) et quand leur aspect est vraiment trop lamentable pour que le magasin puisse espérer les vendre elles sont jetées à la poubelle.
Mais Mourad est là qui récupère tout ce qui traine ( ce n’est pas son métier, ce n’est pas un hobby, c’est une vocation !) pour le redistribuer autour de lui.
Un jour il m’a donné deux chemises, il en avait tout un carton et il a fallu que je bataille pour ne pas repartir avec tout le carton.
Il est comme ça, Mourad.
Bon, revenons à l’azalée : il arrive que certaines plantes ne soient pas tout à fait mortes et qu’avec de bons arrosages elles finissent par repartir.
C’est ce qui est arrivé à la mienne.
une fois assuré qu’elle était toujours vivante, je l’ai plantée dans un bac de ma fabrication rempli de terre de bruyère véritable bien acide et je l’ai installée dans un coin ombragé où elle m’a semblé bien reprendre de la feuille de la plante (oui, bon…)
Et voilà qu’elle fleurit en octobre.
Je suis perplexe : serait-ce un présage ?

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Covid sous la pluie

Il pleut toujours, les asters bleus ont l’air de se noyer dans leurs propres larmes.

Avec le respect des « gestes barrière » je crois que je commence à manquer sérieusement d’ocytocine.
Je me dis que ça ne durera pas éternellement mais tout de même c’est difficile.
Le président va parler ce soir et il annoncera probablement ( il n’a pas encore parlé mais tout le monde semble déjà au courant de ce qu’il va dire) un durcissement des mesures sanitaires en vigueur actuellement

Il semble que la situation s’aggrave mais je ne sais pas encore quels sont les effets des mesures précédentes.
Tout cela parait un peu brouillon mais je ne suis pas certain que les autres pays d’Europe soient dans une meilleure situation et je ne suis pas non plus certain que les membres de l’opposition qui critiquent le gouvernement actuel (comme c’est leur rôle) feraient beaucoup mieux à sa place.
Nous sommes confrontés à une situation inédite, un virus contre lequel nous ne possédons ni traitement ni vaccin.
Alors les autorités font ce qu’elles peuvent avec ce qu’elles ont sous la main.

Tout au plus pourrais-je noter la situation de l’Hôpital détruit par des années de réduction du train de vie de l’état pour respecter les critères du traité de Maastricht.
Il m’a traversé l’esprit de souhaiter que tous les économistes néolibéraux qui se sont succédés en farandole dans les médias pour promouvoir cette réduction crèvent tous du Covid.
Mais c’est une pensée que j’ai bien vite chassée… évidemment.
Pour le moment, je guette le moment où la pluie s’arrêtera pour sortir planter les bulbes qu’il me reste à planter car il faut bien préparer le printemps.

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Il pleut sur le jardin

Il pleut.
Toute l’eau qui s’est évaporée des mers et des océans durant cet été trop chaud est en train de nous retomber sur la tête et l’on peut prévoir que les régions aux hivers froids battront des records d’enneigement.
Au jardin les roses qui avaient confondu la sécheresse avec l’hiver refleurissent et tentent de mettre un peu de couleur dans toute cette grisaille.
L’automne est arrivé comme un voleur et je comprends les poètes qui font toujours rimer « automne » avec « monotone ».
J’ai des bulbes à planter mais je n’ai pas le courage de m’y mettre avec toute cette pluie.
De temps en temps, tout de même, il y a une éclaircie, alors le soleil parait plus clair et plus radieux.
Sylvère me fait la tête quand je vais voir Mourad.
Pourtant il n’a rien à y perdre, je ne vais pas le délaisser ou l’abandonner et il aurait même a y gagner vu que je suis plus calme et détendu après ma visite.
Bon, c’est vrai, mes rapports avec Mourad ne sont pas si innocents que ça, je me suis débarrassé de la morale sociale et je profite de l’occasion.
Mais je ne perds pas la tête, à mon âge, c’est juste une éclaircie.

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Retour en automne

Les crocus d’automne, les sternbergias se sont décidés à refleurir cette année.
Sans doute pour célébrer le retour de Sylvère qui est revenu à la maison cet après-midi.
Le chihuahua est devenu hystérique quand il l’a revu, il s’est mis à tourner sur lui-même comme une toupie en poussant des gémissement à fendre le cœur.
Quant à moi je suis partagé : je suis heureux qu’il quitte la clinique où il s’ennuyait et j’espère qu’à la maison il a accepter de se nourrir convenablement maintenant que son problème est censé être réglé.
D’autre part son retour va m’empêcher de voir Mourad aussi souvent que je l’aurais voulu.
C’est qu’il est jaloux l’animal !
Parler avec Mourad me fait du bien…euh…en fait c’est surtout lui qui parle, il est très bavard.
Mais il me dit que ça lui fait du bien de me parler.
Il me raconte des choses dont il lui est impossible de parler dans le milieu où il vit d’habitude.
il avait un ami qu’il connaissait depuis des décennies et avec lequel il avait développé une grande complicité mais cet ami est mort accidentellement.
Mourad a subi un choc presque impossible à encaisser.
Alors il me parle de lui, de ce qu’ils faisaient ensemble, de l’attitude de ses parents envers « l’arabe » et il me dit que ça lui fait du bien de m’en parler.
Et, à moi, ça fait du bien de penser à autre chose qu’à ma situation actuelle et je trouve que Mourad est un type attachant.
La question est, maintenant de trouver un « modus vivendi » acceptable par tout le monde.

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brèves nouvelles

Je me suis tenu éloigné de l’ordi pendant quelques jours.
Alors voici les nouvelles :
Jeudi dernier Sylvère a été opéré à nouveau.
Les chirurgiens devaient fermer une fistule qui mettait en relation sa vessie reconstituée et son intestin.
Les deux parois s’étaient collées et comme il s’agissait de deux tissus identiques, une fistule s’était ouverte entre les deux.
Les chirurgiens ont séparé les deux parois, réduit les adhérences, recousu les deux ouvertures et ont installé, entre les parois, une bonne couche (dixit le chirurgien) de graisse intestinale afin qu’elles ne se touchent plus jamais.
(Je me demande où ils ont bien pu trouver, chez lui, de la graisse intestinale vu l’état de maigreur qu’il avait atteint)
Bref le problème devrait être réglé.
Mais, pour l’instant, il me dit ne pas se sentir beaucoup mieux et il ressent une vive douleur au côté droit, à un endroit où les chirurgiens ne sont pas allé fouiller.
Je passe le voir tout les jours ; Même avec le masque on me reconnait dans les couloirs de la clinique et on parle de moi à Sylvère en disant : « votre mari ».
J’ai tout de même l’impression qu’il se remet malgré tout quoique lentement.
Il recommence à avoir des repas solides mais il est toujours sous nourriture par perfusion.
J’espère tout de même que la clinique ne va pas le renvoyer avant qu’il ne soit capable de monter un escalier : chez nous, les toilettes et la salle de bains sont au premier étage.

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L’Effet Coolidge.

La malédiction qui peut frapper un couple, marié ou non, est, précisément la conjugalité.
Le fait de vivre des années l’un prés de l’autre finit par faire disparaitre le désir sexuel.
Ce processus porte un nom : l’effet Coolidge du nom d’un ancien président des Etats-Unis.
L’origine en est une visite que le président effectuait avec son épouse dans une ferme modèle.
Le fermier vantait les performances de son taureau reproducteur qui pouvait, disait-il, effectuer quarante saillies par jour.
– « Quarante saillies par jour ! » s’écria la présidente en se tournant vers son mari.
– « Quarante, peut-être, répondit le président du fond du cœur, mais pas avec la même ! »

Cette anecdote qui percutait la conception officiellement admise du mariage eut un grand succès et l’effet garda le nom du président.
Par la suite, l’existence de cet effet fut vérifiée avec d’autres animaux dont des lapins.

Si la sélection naturelle a conservé processus biologique, il faut bien qu’il constitue un avantage évolutionniste.

Bon, l’effet Coolidge n’est pas toujours à l’origine d’un divorce, un couple peut aussi se refonder sur la tendresse, la complicité… ou l’habitude.

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Revoir les enfants

Mardi dernier, les enfants et moi nous sommes retrouvée au restaurant pour fêter leurs deux anniversaires.
Celui de l’ainé, le 31 aout et celui du cadet que nous n’avions pu fêter le 13 juin.
J’ai serré mes fils dans mes bras au mépris de toutes les directives de distanciation sociale et je leur ai dit :
-« Je sais que, si l’un de vous deux me transmet le Covid, il se reprochera toute sa vie d’avoir tué son père et, comme je ne voudrais pas que cela arrive, je tiens à vous avertir dès maintenant que, quoi qu’il se passe, je ne vous en tiendrai pas pour responsables ! »
Il faut bien dire que c’est moi qui avait décidé de les serrer dans mes bras, cela m’avait tellement manqué !
Nous étions quatre à table car la copine de mon fils cadet, Julia, était aussi présente.
Cela m’a fait plaisir de la revoir, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, elle et mon fils habitant dans des appartements différents.
La meilleure recette pour éviter les scènes de ménage.
Comme je laissais échapper quelques faibles plaintes sur le fait que Sylvère ( qui est d’une humeur massacrante) trouvait toujours à critiquer ce que je faisais pour lui et à se plaindre de ce que je ne faisait pas, l’ainé m’a dit  » Oui, en fait, tu ne vis pas avec un compagnon mais avec une belle-mère.  »
Petit scorpion !
Du coup, j’ai raconté le mot le lendemain à Sylvère qui n’a que très modérément apprécié.
Ah, il est vrai que pour fréquenter mes enfants chéris, il faut avoir le cuir épais car leur langue est souvent acide.
Le repas a été très agréable et je leur ai demandé s’ils accepteraient de venir prendre l’apéritif de temps en temps à la maison (une suggestion de ma voisine) ce qu’ils ont accepté.
Je pense donc que, Covid ou pas, je vais les revoir plus souvent.

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