La Bulle

photo-jacinthe-forcee-jan-copiePour égayer un peu l’appartement, j’ai acheté des jacinthes à forcer.
Ca met une tache de couleur.
Ces fleurs dans leur petit panier me font penser qu’en ce moment on parle beaucoup de « Bulle », surtout à propos des journalistes et des intellectuels américains qui n’ont pas vu arriver Donald Trump.
Les réseaux sociaux créeraient autour de nous une sorte de « Bulle » sociale en nous amenant à ne connaître que des gens qui sont du même avis que nous.
C’est curieux, vivre au milieu de gens qui sont sinon du même avis que moi du moins assez compatibles pour que leur fréquentation soit agréable, est une chose dont j’ai toujours rêvé.
Et je ne suis pas le seul : voici un bout de texte que j’ai trouvé dans « L’Histoire mondiale de la France » que Sylvère m’a offert pour mon anniversaire.

« je me plains de ce que le monde est trop grand, à raison du peu d’honnestes gens qui s’y trouvent : je voudrois bien qu’ils fussent tous assemblez en une ville, et alors je serois bien aise de quitter mon hermitage, pour aller vivre avec eux, s’ils me vouloient recevoir en leur compagnie.
Car encore que je fuie la multitude, à cause de la quantité des impertinens et des importuns qu’on y rencontre, je ne laisse pas de penser que le plus grand bien de la vie est de jouir de la conversation des personnes qu’on estime. »
Descartes lettre à Chanut 6 mars 1646.
Vive la bulle !

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Le Stage

photo-primevere-fevr-2017-2C’est l’heure des primevères, des perce-neige et des violettes.
Non, l’hiver ne durera pas toujours.
Sylvère a obtenu un « stage » professionnel pour quinze jours à partir de la fin du mois.
Les bonnes nouvelle s’accumulent.
Quoique … pour le stage…
Il s’agit de stages qui ne sont pas payés.
« Pour être en immersion dans l’entreprise » dit l’animatrice de la recherche des stages.
Ouais …
Et, une fois bien immergé, le stage se termine et le patron n’embauche pas.
Cela lui fait une main d’œuvre gratuite pendant deux semaines.
C’est cool.
Un collègue de Sylvère a même vu un patron lui réclamer deux mois.
Ou y’a d’la gêne y’a pas d’plaisir.
Bref, ces stages ne servent pas à grand’chose à part fournir un moyen d’existence à l’animatrice.
(Et encore …; provisoirement ; l’animatrice a un CDD jusqu’en mai.)
Sylvère n’aime pas travailler pour rien, mais ça l’occupera pendant quinze jours.

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Oiseaux en hiver

photo-plume-janv-2017-1-copieL’hiver a tout enlevé dans le jardin.
Plus de fleurs et presque plus de feuilles.
Mais il reste pourtant…les oiseaux.
Craaa ! Craaa !
Non, pas ceux-là, je parle des petits, moineaux, mésanges (plus de moineaux que de mésanges, nous sommes en zone urbaine) et un rouge-gorge.
Tous se disputent sur les quelques fruits qui restent sur les haies, et, bien sûr, sur les boules de graisse et le distributeur de graines.
Coincé derrière la vitre le chat fait une crise d’hystérie.
Bref, il y a plus d’animation dans le jardin en hiver qu’en été.

Je sais, cela fait longtemps que je n’ai pas posté, mais cette fois, j’ai un prétexte : J’ai été malade : un truc « grippal ».
Bon, c’est passé, je suis convalescent.
Comme la convalescence est la partie la plus agréable de la maladie, j’ai tendance à faire trainer un peu.
Je ne sais pas si c’est un truc qui vient avec l’âge, mais je trouve de moins en moins de choses qui me paraissent intéressantes à dire et je n’ai pas la discipline d’heure-bleue pour écrire une note tous les jours
Il est vrai que sa vie est beaucoup plus passionnante que la mienne.

Bon, je vais faire un effort.

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Aprés Noël

photo-rose-dhiver-dec-20-copieLe repas (j’ai fait une faute de frappe : j’avais tapé le trepas) de Noël s’est passé.
Avec les enfants, huîtres, chapon et, comme dessert une tarte au citron meringuée, confectionnée par mon cadet.
Pour une fois qu’il daigne faire un gâteau pour la famille c’était délicieux.
La soirée s’est bien passée mais Sylvère avait appris le matin même que son père venait de mourir.
On a beau ne pas très bien s’entendre avec son père, ça plombe un peu l’ambiance.
Le père de Sylvère était un normand taiseux probablement humilié par le fait que son fils était homosexuel qui n’a jamais dit à son fils qu’il l’aimait (il faut dire que chez ces gens-là…)
Bref, la mère de Sylvère se retrouve toute seule dans une grande maison et se répand en lamentations au téléphone.
Son fils est parti hier soir la retrouver, sans pouvoir assister aux obsèques, tous les trains étant bondés.
Charleville-Mézières c’est loin.
Ce qui fait que moi aussi je me retrouve tout seul dans une maison heureusement pas si grande.
Pour couronner le tout, le village est envahi par la brume, humide et froide.
Une seule rose, frissonnante, pour décorer le jardin et quelques fleurs de la solanée grimpante qui s’obstine à braver le climat.
Ouais… c’est l’hiverphoto-solanee-grimp-nov-2-copie

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Bonnes feuilles

photo-feuilles-tilleul-no-copie-1le tilleul est un arbre dont les graines infusées ont un effet calmant. Celui de ma voisine a couvert le jardin à l’arrière de ma maison d’un épais tapis de feuilles dorés.
Elles semblent toutes tombées au même moment.
Mais ce n’est pas lui qui a calmé mes humeurs jardinières c’est le temps.
Les journées du début de la semaine ont été sombres humides et froides.
L’obscurité, l’humidité, le froid, tout ce que je déteste.
Alors je me suis lancé dans la lecture.photo-feuilles-tilleul-no-copie-2j’ai acheté, par hasard, au supermarché : « Le Royaume » d’Emmanuel Carrère.
Je connaissais déjà le nom d’Emmanuel Carrère et je savais que c’était l’un des auteurs français ( avec Houellebecq ) les plus traduits à l’étranger. J’avais négligé de le lire sur le seul nom de sa maison d’édition qui me semblait s’être fait une spécialité d’éditer des auteurs chiants.
Comme quoi je peux parfaitement me montrer stupide, moi aussi, quand je veux bien faire un effort.
Mais la quatrième de couverture m’a accroché l’oeil.
Le sujet parlait des premiers chrétiens après la mort du Christ, j’avais déjà lu les livres de Mordillat et Prieur : « Jésus contre Jésus » et « Jésus sans Jésus » et celui de Paul Veyne : « comment notre monde est devenu chrétien ». le sujet m’intéresse : j’ai acheté le bouquin.
Je n’ai pas été déçu ; Ampleur du sujet, intelligence et culture de l’auteur, limpidité du texte, un vrai plaisir.
Quand je dis « Culture » de l’auteur, je veux dire qu’il a la même que moi, un peu dans le genre :  » Ce mec a une culture…! Tout ce dont on lui parle, il connaît ! »
Ouais, bon.photo-feuilles-tilleul-no-copie-3Le personnage central du livre est un écrivain, Saint Luc, qui accompagne un héros épique, Saint Paul dont Carrère essaye de reconstituer la vie au moyen des « Actes des Apôtres » des « Epitres de Paul » et enfin des « Evangiles ». Mais aussi reconstituer l’époque, les luttes entre Saint Paul et les derniers disciples, et, un peu, la vie du Christ.
En même temps, Carrère revisite sa propre vie et la période, qui a duré trois ans, durant laquelle il a été chrétien ( catho ).
Le tout est très brillant.
Du coup je me suis jeté sur le précédent livre de Carrère : « Limonov » récit de la vie de l’écrivain et activiste russe Edouard Limonov.
Encore un bon livre racontant, non seulement la vie de Limonov, délinquant, poète, écrivain, factotum d’un miliardaire américain, journaliste à « l’Idiot international », combattant (?) dans la guerre du Kossovo (côté serbe), créateur en Russie du parti « National Bolchevique » (nasbol), détenu au Goulag (toujours en place) et j’en passe mais encore la vie et les évènements politiques en Russie entre Gorbatchev et Poutine ( fin de l’URSS, Eltsine, Economie de Marché (criminelle), Oligarques, Tchétchénie, démocrates en perdition). photo-feuilles-tilleul-no-copie-4Limonov est un individu parfois trouble, animé d’une solide haine de classe mais aussi d’un sens aigu de la ‘common decency » .
Aprés avoir raconté tout ce qu’a fait Limonov, Carrére se demande, à la fin de son livre, ce qu’il pourrait encore faire et conclut qu’il ne lui reste plus qu’à fonder une religion.
Ah ! J’ai compris ! : « Le Royaume » c’était la suite de « Limonov ».

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Le Système

photo-anthurium-oct-2016-copieSystème, système, système mediatico politique, on a beaucoup entendu parler de système ces derniers jours.
A ce que j’ai compris, le terme utilisé par certains candidats se voulant populistes désigne à la fois leurs adversaires et les journalistes d' »infotainement » qui se moquent de leurs bourdes ou de leurs palinodies, supposant, entre eux une complicité organisée, établie dans le but de leur nuire.
Ben voyons !
Mais le mot « système » est intéressant. Utilisé à l’origine, dans le langage scientifique, pour désigner une série de propositions formant un ensemble cohérent, il a fini, au siècle avant-dernier, par désigner une organisation politique contraignante.
Mais ce n’était encore que peu de chose ; Si j’en crois mon « histoire de la langue de bois » de Christian Delporte, ceux qui ont donné toute son ampleur à l’usage du mot, ce sont les Nazis qui s’en servaient pour désigner la République de Weimar. Tant et si bien que le mot était passé dans le langage ordinaire.
Et c’est un peu ce qui se passe de nos jours où les Médias, à force de reprendre les « éléments de langage » ( de bois ) des candidats finissent par croire que « système » désigne un objet réel au point de désigner E. Macron comme « un candidat anti-système » sans prendre garde au venin qui se cache dans le mot.
Loin de moi l’idée que les candidats qui utilisent ce vocable soient des crypto-nazis, Non.
Mais force m’est de constater où ils vont chercher leur matériel de propagande par une sorte d’inclination qu’on croirait naturelle. On peut voir où le bois de leur langue a poussé.

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Novembre

photo-chrysantheme-oct-2-copie-2Bon, voilà, c’est fait.
J’aurais dû y aller le jour de la Toussaint, mais j’avais un problème de voiture.
Et puis le 11 ça allait bien à mon grand-père qui était un AC 14-18 (c’est ce qui est gravé sur la plaque.)
Prés de 400 Km aller-retour pour déposer des chrysanthèmes sur une tombe.
Mon frère, ma mère et mes grands-parents paternels sont dans leur boite et il ne me reste plus de famille à Tarbes.
Sauf ma belle-soeur que j’ai toujours plaisir à voir et qui, elle aussi, a mis deux pots de chrysanthèmes d’un jaune éclatant.
Un coup de soleil bien venu dans cette journée pluvieuse.
Je me sens un peu idiot devant cette tombe, ma famille ne voit pas nos fleurs.
J’essaye d’imaginer leurs os entre les planches et je pense a ceux qui n’ont même pas de tombe comme les 3800 de cette année, perdus en mer.
Allelluiah.
https://youtu.be/ttEMYvpoR-k?t=4 photo-chrysantheme-oct-2-copie

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