Quotas


J’ai entendu, l’autre soir dans une émission populaire, à la télévision, un chroniqueur reprocher à l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Philipetti, ce qu’il considérait comme un effet pervers de la loi sur la parité.
En effet, pensait-il, une femme pourrait se voir reprocher de n’avoir obtenu un poste qu’à la nécessité, pour une institution de remplir un quota de femmes et non à ses compétences personnelles.
Il faisait d’ailleurs, à ce sujet référence aux lois de discrimination positive imposant, aux Etat Unis, un quota d’étudiants noirs dans les universités.
L’ancienne ministre a répondu en défendant la nécessité de faire des lois de discrimination positive ( A sa place, je me serais contenté de dire que si on ne faisait pas des lois pour imposer la discrimination positive il ne resterait que de la discrimination négative.) mais sans s’appesantir sur le raisonnement concernant les bénéficiaires des quotas.
Voyons donc :
Ceux qui raisonnent ainsi imaginent la situation où une institution ne trouverait pas suffisamment de femmes compétentes ( ou d’étudiants noirs ayant le niveau requis ) pour remplir complètement le quota et seraient obligée d’embaucher n’importe qui (ou d’accueillir n’importe quel noir) pour obéir à la loi.
Mais il ne vient à l’idée de personne que l’institution pourrait se trouver dans la situation où elle ne trouverait pas assez d’hommes compétents ( ou d’étudiants blancs ) pour remplir le reste du quota.
Non : le doute sur les compétences ne porte que sur les femmes (et les noirs).
Ce n’est donc pas un effet pervers de la loi car, si c’était le cas, le doute porterait sur les deux sexes (ou les deux « races » ).
Ce raisonnement est donc juste une manifestation plus sournoise que d’habitude des préjugés contre les femmes ( ou du racisme envers les noirs )
On pourrait donc se contenter de hausser les épaules mais il y a quelque chose de plus grave dans ces insinuations c’est qu’elles peuvent amener les femmes ( et les noirs ) à douter d’eux mêmes et de leurs capacités.
Ce qui était, peut-être, le but de la manœuvre.

Une fleur de scabieuse sauvage pour illustrer ce post.

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Petite libellule

Une petite libellule est venue se poser dans le jardin.
La fin de l’été est le moment où l’on en voit le plus.
Je suis toujours un peu surpris d’en voir car il n’y a pas de plan d’eau à proximité.
En général elles sont assez farouches et difficile à approcher mais celle-ci s’envolait et revenait toujours se percher au même endroit, sur le sommet du tuteur d’un dahlia.
J’ai toujours plaisir à voir un de ces insectes gracieux quoique féroces.
Il n’y a pas que les fleurs dans un jardin, les insectes en font partie intégrante, araignées, scarabées, abeilles diverses et cette année j’ai l’impression de ne pas en avoir vu beaucoup bien que la plupart des cultures autour du village me semblent être en agriculture biologique.
En tout cas je suis heureux que le gouvernement ait réussi à interdire les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, un dernier cadeau de Nicolas Hulot avant qu’il claque la porte.

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La neige est blanche

C’est étrange de voir comme un deuil peut sembler faire venir l’hiver en plein été.
Sylvère est tellement malheureux de la mort du petit chien que je n’arrive pas à trouver les mots pour le décrire.
Seul un poète peut arriver à en donner une idée.
Alors j’ai pensé qu’il valait mieux laisser la parole à quelqu’un de plus habile que moi : Gérard Manset avec une chanson qui exprime bien ce que je ressens.
Une fleur, tout de même : une fleur de magnolia grandiflora qui perd ses étamines dont se régalent les abeilles.
Parce qu’il ne faut jamais désespérer

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Soleil

Au siècle avant-dernier, un savant positiviste (dont je ne me rappelle plus le nom, mais après tout c’est un nom qu’il vaut mieux oublier) a dit qu’on ne connaitrait jamais la température du soleil car il faudrait y envoyer un thermomètre, ce qu’il jugeait évidemment impossible.
Eh bien justement, la NASA vient d’envoyer le thermomètre, la sonde Parker.
Oh, pas seulement un thermomètre, il y a bien longtemps qu’on connait la température du soleil (6000 degrés pour la surface et 10 000 à 12 000 degrés pour la couronne) et par un moyen que notre positiviste ne soupçonnait pas : en analysant sa lumière.
Ce qui est d’autant plus amusant qu’au moment même où notre savant lâchait sa bourde avaient lieu les premières études sur la chromatographie.
« Nous ne saurons jamais… » était l’une des phrases favorites des positivistes.
Cela vient, je pense qu’ils s’imaginaient posséder tous les moyens de connaissances possibles et que ce que ces derniers ne pouvaient expliquer ne le serait jamais.
Belle arrogance et beau manque de foi dans les capacités de l’avenir.
Ce qu’ils savaient était la seule connaissance accessible.
Pas étonnant que leur fondateur ait fini par inventer une religion.

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Salicaire

Au mois d’août, de tous les fossés bordant les petites routes de campagne, s’élèvent les épis roses de la salicaire.
J’en ai un pied dans mon jardin.
Une variété horticole, à mon âge, j’ai eu la flemme d’aller en prélever une souche dans un fossé.
Elle pousse dans un « bac détrempé » de ma fabrication.
Et heureusement que je lui ai fabriqué un petit biotope personnel car il n’a pas plu depuis des semaines et hier, il n’est tombé que quatre gouttes ce qui m’a obligé à arroser après la pluie. Un comble !
Hier matin j’ai enterré le petit chien.
Je suis allé le chercher chez le vétérinaire qui me l’a remis dans une boite, enveloppé d’une alèse.
Il m’a dit qu’il valait mieux que je ne le regarde pas.
Evidemment, je l’ai regardé : il était congelé et n’avait pas l’air si affreux que ça, on aurait dit qu’il dormait, un peu comme sur la photo de la note précédente.
J’avais creusé un trou à l’endroit choisi par Sylvère.
Avec beaucoup de peine car la terre, très sèche était truffée de cailloux.
Finalement, après que Sylvère ait beaucoup pleuré, je l’ai mis en terre.
Sylvère a ajouté une lettre, son jouet représentant un chien qui sifflait quand il le mordait et quelques-unes de ses friandises préférées.
Un peu comme s’il avait été un pharaon devant continuer à vivre sous la terre.
J’avais ramassé la terre pour faire un dôme au dessus de la tombe, mais ça n’a pas suffi à Sylvère qui a mis par dessus un grand bac de plastique blanc (du genre à loger des cochons d’inde), une statue d’un chien en résine qui ornait l’entrée de la maison et une branche de rosier portant des roses rouges.
L’ensemble est extraordinairement moche mais j’ai gardé cette opinion pour moi.
Je raconte toutes ces futilités parce que j’ai besoin de le faire pour gérer ma propre tristesse et que je ne peux pas le faire avec Sylvère, toute allusion au petit chien provoquant chez lui une crise de larmes ou de rage.
Alors, il ne me reste plus que ce blog.

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Adieu chi-chi

Dimanche soir, vers 23 h, notre petit chien est mort.
Sans doute à la suite d’un empoisonnement, nous cherchons encore à comprendre avec l’aide du vétérinaire, mais ce n’est pas le plus important.
Le plus important c’est qu’il nous manque affreusement.
Sylvère est dévasté.
C’est un peu comme s’il avait perdu un enfant.
C’était un animal extrèmement vif.
Quand il voulait sortir, il m’accompagnait jusqu’à la porte en me tapant sur les mollets ( les chihuahuas sont tout petits et, pour se faire remarquer, ont l’habitude de se dresser sur leurs deux pattes arrières )
Tap tap tap sur les mollets.
Quant il était l’heure du réveil, il sautait sur le lit et venait nous lécher la nuque pour nous faire lever.
Il s’amusait à mordiller( sans les dents) les oreilles de la chatte.
La chatte adorait ça et lui donnait de petits coups de tête comme elle le fait pour réclamer des caresses.
Bien qu’il soit largement servi en croquettes (spéciales pour chihuahua) il aimait venir mendier un morceau lorsque nous déjeunions, un bout de viande, de charcuterie et même de poisson.
Quand je rentrais, il se précipitait dans la maison en aboyant pour prévenir Sylvère que j’étais là.
J’ai encore du mal à réaliser qu’il n’est plus là.
A table, je commence à couper un bout de viande avant de réaliser que ce n’est plus la peine, je le cherche du regard en entrant dans le salon, puis je me rappelle qu’il n’y a plus rien à chercher.
et c’est comme ça toute la journée.
Il me manque.

Quand j’ai posté cet article j’ignorais le nom de la fleur violette photographiée dans un terrain vague, que j’avais choisie pour illustration.
Je viens de trouver son nom : il s’agit du Miroir de Venus.

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Rèves

Il fut un temps où je faisais des rêves conscients.
C’est à dire des rêves dans lesquels j’étais conscient que je rêvais.
Je ne sais pas à quoi ça correspond du point de vue neurologique.
Je me souviens que, dans un rêve, je me trouvais sur le toit de la maison de mes grand-parents.
Je me disais  » je ne risque rien si je saute, puisque c’est un rêve. »
J’ai sauté et j’ai touché le sol comme une plume.
Je me disais, dans ces rêves que je ne risquais pas de mourir en réalité si je mourais en rêve.
Et puis, un jour, l’idée m’est venue, toujours en rêve que je pouvais bien mourir en réalité si je mourais en rêve.
L’idée a provoqué une giclée d’adrénaline qui m’a immédiatement réveillé.
Par la suite il m’est arrivé de mourir en rêve (non conscient) et je ne m’en porte pas plus mal.
Une autre fois, j’étais dans la maison de mes grands-parents et puisque le rêve constituait une image de mon inconscient
J’ai décidé de tenter d’en connaitre les profondeurs et, fort logiquement, j’ai pris l’escalier qui descendait à la cave.
Hélas il n’y avait que de la poussière et un grand placard mural qui avait autrefois contenu la vaisselle de la maison.
Vide.
Aujourd’hui de ne fais plus de rêves conscients mais je me bat dans mes rêves.
Il m’est même arrivé de me retrouver assis au bord du lit, toujours endormi.
Mes nuits sont plus agitées que mes journées.

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