Le Toro de fuego


Les fuchsias de Richard n’auraient pas dû fleurir si tôt dans la saison.
L’hiver toute la partie aérienne gelait et, le temps de repousser, les fleurs n’apparaissaient pas avant la fin du mois d’août.
Mes ces deux dernières années il n’a pas gelé ou très faiblement et j’ai maintenant un buisson presque aussi beau que ceux que l’on peut voir sur la côte atlantique.
Ces fuchsias m’ont rappelé les vacances que je passais à Hendaye quand j’étais gamin au camp du comité d’entreprise se l’usine Alsthom ( Ma mère travaillait à l’usine).
Vers la fin de la saison il y avait toujours un bal sur la place centrale d’Hendaye. Un bal avec « toro de fuego ».
On y jouait beaucoup de pasodobles (c’était facile à danser) des chansons comme « si vas a Calatayud » ou « el gato montes », ce genre de choses..
C’était alors une musique populaire au dernier degré.

Le « toro de fuego » c’est un châssis en bois en forme de taureau, peint en noir, assez léger pour pouvoir être porté par un seul homme.
Tout au long de son dos sont fixés des pièces de feu d’artifice.
Un peu avant la fin du bal, on allume les pièces d’artifice et le toro, flamboyant d’étincelles, fonce dans la foule !
Les filles poussent des hurlements de terreur et se jettent dans les bras de leurs cavaliers ( ce qui m’a toujours paru être le but caché de la manœuvre).
Le toro parcourt la piste de danse tant que durent les feux d’artifice et puis le bal reprend, en général avec un slow pour que l’assistance puisse se remettre de ses émotions.
je ne sais pas si, avec tous les principes de précautions qui trainent, ce genre de divertissement est encore pratiqué.
Je précise que je n’avais jamais de cavalière et que personne ne s’est jamais jeté dans mes bras.
Il n’empêche, je me suis souvenu du « toro de fuego » avec une certaine nostalgie.

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Acanthes

La floraison des acanthes pousse d’élégantes colonnes de fleurs blanches et violettes adorées des grosses abeilles maçonnes noires qui peuvent confortablement s’y introduire pour en butiner le nectar.
Aux fleurs succèdent de grosses graines vertes.
C’est le moment d’en couper les épaisses tiges et de les mettre dans le sac utilisé pour le ramassage des déchet verts.
Si on les oublie et qu’on laisse les graines venir à maturité, les tiges sèchent et un petit mécanisme sournois se déclenche, balançant les graines un peu partout dans le jardin.
Une fois que les graines ont germé les déloger devient épuisant car elles font d’énormes racines charnues qu’il faut ôter à la fourche bêche jusqu’à la dernière radicelle sous peine de les voir ressurgir inlassablement.
Mais ce n’est pas leur bel aspect qui me fait aimer les acanthes, c’est un souvenir d’école, celui du premier tercet d’un sonnet tiré des « Trophées » de José Maria de Heredia, appris en récitation :

-La terre maternelle et douce aux anciens Dieux
-Fait, à chaque printemps, vainement éloquente
-Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe.

Il faut croire que, déja tout petit, j’avais une disposition à la mélancolie

Le poème fait allusion à la « feuille d’acanthe » un motif décoratif ornant les chapiteaux grecs de style corinthien.
José Maria de Heredia est un poète « parnassien », un genre passé de mode avec ses alexandrins, ses sonnets et ses rimes à la fin de chaque vers.
Pourtant ce style de poésie « de genre » me plait bien, c’est l’habitude des vieux de se retourner sur le passé; Les jeunes générations auront leurs propes nostalgies auxquelles je ne comprendrais rien.
C’est dans la Nature des choses.

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Un petit gâteau sec

C’est le temps des hydrangées.
La première photo est celle d’une que j’ai achetée l’année dernière en croyant qu’elle était bleue.
Constatant que ce n’était pas le cas, je l’ai mise dans un grand pot plein de terre de bruyère.
Résultat : elle est toujours rose.
C’est rageant mais, bon… elle est jolie quand même.
Le café où je vais parfois dans la ville voisine offrait avec le café un petit gâteau sec.
Je le mangeais rarement mais j’aimais l’émietter pour le bénéfice des moineaux et des pigeons.
(oui, je sais… C’est interdit !)
Hier, un pigeon s’est approché à pas comptés de ma table.
J’ai jeté un coup d’œil à ma tasse… Plus de gâteau sec !
Le patron essaye d’encaisser le confinement en faisant de petites économies.
J’espère qu’il n’en a pas fait autant sur les salaires des serveurs.
Je me suis excusé auprès du pigeon.

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Racisme en France

Il ne faudrait pas ceroire qu’il n’y a que des fleurs dans un jardin.
Même au Paradis il y avait des bestiolles.
Mon jardin ne fait pas exception.
Aprés le ballet des abeilles et des piérides au mois de Mai, on peut apercevoir, au début le l’été des bestiolles un peu moins habituelles.
Pour cette note ce sera donc d’abord un œudémère noble, un petit coléoptère aussi clinquant qu’une cétoine mais un peu moins fréquent, puis une pisaure admirable dans une position typique de cette petite araignée ( je ne sais ce qu’elle a bien pu faire pour mériter un nom pareil !) et enfin, un tircis plus banal mais que je suis toujours heureux de revoir dans le jardin.

Dans la continuité de ma note précédente, je vais parler du « Racisme » dans la population en général.
Evidemment, le « Racisme » est d’une grande laideur morale mais ce qui me dérange le plus c’est son insondable Bêtise.
Et, encore plus, le fait que cette Bêtise soit encore présente aujourd’hui.
Je m’étais imaginé, il y a quelques années que la mort d’un Catholiscisme abrutissant ainsi que celle des idéologies aliènantes qui lui étaient opposées ( Communisme, Nationalisme, Socialisme, Gaullisme etc etc…) allait inaugurer une ère d’épanouissement de l’Intelligence.

A la place nous avons eu une explosion de la consommation d’anxiolytiques et d’anti-dépresseurs !
Et le « Racisme » est toujours là.
Certes, un groupe social ne peut se penser, en tant que tel, que par opposition à un autre groupe contre lequel il lutte (voir la fameuse ‘Lutte des Classes » inventée par les français mais il existe nombre d’autres exemples), voire à plusieurs groupes, voire même au Monde Entier.
Le « Racisme » des français est-il donc une réaction à l’invitation qui leur est faite de se dissoudre dans un groupe imaginaire : les Européens ?
D’un point de vue social, d’autre part, si l’on cesse d’espèrer une ascention sociale pour soi ou ses enfants, il reste, pour ne pas perdre toute estime de soi à se juger, au moins, supérieur à d’autres gens.
N’avoir personne en dessous de soi, sur qui cracher, est vraiment le fin fond de la misère sociale.
Pourtant, jusqu’à présent, les français semblaient peu sensibles à la couleur de peau.
En témoigne le taux de mariages mixtes qui est le plus élevé d’Europe ( et pas qu’un peu ! ), les français étant, à cet égard l’exact inverse des Américains.
Alors que nous est-il arrivé ?

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Police raciste

La molène blattaire (verbascum blattaria) est une plante des terrains vagues.
Je lui trouve un port élégant, comme tous les verbascums et c’est pour cela que je l’ai ramenée au jardin.
Evidemment, comme c’est une sauvage, on ne sait jamais à quel endroit elle va pousser.
Il faut aimer les surprises.
J’ai mis du temps à revenir sur le blog.
Mis à part le temps passé à faire la lessive de Sylvère, je restais vautré devant la télévision contemplant d’un oeil dépressif les polémiques sur les violences policières et le racisme de la Police.
Des images de manifestations et une farandole de syndicalistes policiers, toujours reçus avec déférence par les présentateurs des chaines d’informations.
Sans parler de l’intervention du chef de l’Etat qui a parlé, parait-il, de communautarisme et de séparatisme (?) à propos des manifestants.
(Je n’ai pas regardé l’allocution présidentielle, le cœur m’aura manqué
Bon, revenons aux fondamentaux :
– Y a-t-il des « racistes » parmi les policiers ?
– Oui, évidemment, au moins autant que dans le reste de la population. le contraire serait invraisemblable.
(Je met « raciste » entre guillemets car il n’y a aucun rapport entre ce comportement rampant et les théories raciales de la fin du XIXème et du début du XXème siècles, les « racistes » populaires ne sont pas assez cultivés pour les connaitre.)
– Mais y a-t-il davantage de « racistes » dans la police que dans le reste de la population ?
-Oui c’est probable : Les policiers sont la seule Catégorie Socio-Professionnelle (CSP) a voter à plus de 50% pour le Rassemblement National (Front National dédiabolisé).
(Si l’on fouille un peu dans les chiffres on constate que le taux est de 68% pour les hommes du rang et 37% pour les cadres, ce qui corresponds à l’intuition qu’on peut avoir, les cadres étant censés être plus éduqués)
Le gouvernement qui proclame que le racisme est inacceptable en République, se retrouve en fait otage de sa propre police car c’est elle qui le protège.
– Dans ces conditions on ne voit pas très bien comment il pourrait faire pour améliorer la situation.

Cette note est bien assez longue, je reviendrais peut-être plus tard sur le sujet.

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Interlude

Je viens de passer un moment pénible ; Ce qui explique pourquoi je ne me suis pas connecté pendant quelques jours.Mais je ne veux pas abandonner ce blog trop longtemps.
il y a lontemps que je blogue, j’ai commencé en 2003.
17 ans, ca fait un bail.
Je ne sais plus qui a dit qu’un écrivain ne devait plus écrire aprés 70 ans et je pense qu’il y a du vrai là dedans.
L’esprit fatigue, les mots viennent plus difficilement, bref, le niveau baisse.
De par le monde, quelques personnes continuent de s’abonner à ce blog.
Comme il s’agit de non-francophones, je suppose qu’ils sont plus intéressés par les photos que par les textes que je publie et je les comprends: Ce qu’il y a sur ce blog n’intéresse généralement que moi.
Et encore…
Mais, étrangement, je n’arrive pas à arrêter.
C’est autre chose qu’une habitude.
Peut-être une sorte de rituel, je ne sais pas trop.
Bon, pour ce qui est des dernières nouvelles : Sylvère est rentré à la maison.
Il va un peu mieux mais guère.
Pour l »instant il aurait une phlébite traitée par une piqure quotidienne, ce qui le met de trés mauvaise humeur, il est phobique des piqures, on lui en a tant fait…
Enfin, il arrive à marcher un peu.
L’opération qu’il a subie est de la haute voltige chirurgicale et le chirurgien avait l’air trés content de lui.
Mais les séquelles sont lourdement handicapantes et il n’a pas l’air de trop s’en soucier.

Pour les amateurs de photos de fleurs, la première de la note est un ail jaune fleurissant pour la première fois dans le jardin et la dernière est un sicyrinchium ou bermudienne qui envahit paresseusement tout le jardin.
C’est une plante produisant beaucoup de graines,souvent utilisée pour garnir les talus.

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La clinique déconfinée … mais pas trop.

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Les pivoines blanches ont fait, cette année d’énormes boules de pétales chiffonnés.
On dirait de la crème Chantilly.

Cela fait maintenant une semaine que Sylvère est à la clinique.
Il a un peu repris des couleurs.
En fait, il semble qu’il faisait une septicémie.
Il a bien failli y passer mais, maintenant il recommence à se nourrir.
Je vais le voir en début d’après-midi.
Un quart d’heure de queue en plein soleil pour entrer à la clinique ou on vous fait laver les mains au gel hydroalcoolique et où l’on vous donne un masque.
Porter ce genre de masque chirurgical ne doit être agréable en aucune occasion mais avec les températures actuelles c’est carrément infernal.
Parmi les gestes-barrière recommandés il faut éviter de se toucher le visage

Pas de chance, dès que j’ai mis le masque, le nez commence à me démanger !
Pas toucher !!!
En plus d’être pénibles à porter, ces masques chirurgicaux sont particulièrement laids.
J’en voudrais un avec des paillettes.
Où donc Mikael Jackson faisait-il faire les siens ?
Une fois entré, je vais emprunter un fauteuil roulant ( je laisse ma carte d’identité en échange) et je monte à l’étage où réside Sylvère.
Après transfert dans le fauteuil je redescend Sylvère au res de chaussée pour qu’il puisse enfin fumer.
Il n’y a aucun endroit où je puisse m’assoir et donc je m’assieds par terre, sur les dalles du hall à côté du fauteuil roulant.
C’est assez inconfortable.
Ils pourraient installer un banc mais c’est l’endroit où les gens se retrouvent pour fumer et la philosophie hygiéniste de l’état veut que les fumeurs ne puissent fumer que dans le plus grand inconfort possible.
C’est à mon tour de contempler les gens qui font la queue en plein soleil.

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Reparti pour un tour.

Et c’est reparti pour un tour !
Sylvère est reparti à la clinique de l’Union.
Pendant la semaine qu’il est resté à la maison il ne s’est presque pas alimenté.
Il est d’une maigreur effrayante.
A force d’insister, de beaucoup insister, j’ai fini par obtenir une visite du médecin à la maison.
Je n’avais pu lui faire prendre son traitement antibiotique car son oncologue lui avait prescit des antibiotique qui ne pouvaient être délivrés que par un hôpital, le pharmacien ne pouvait les fournir.
La nuit, il était sous perfusion et comme la chambre est à l’étage il fallait monter la potence derière lui alors qu’il se hissait péniblement de marche en marche.
Eh oui, ma maison n’est pas une clinique et je n’ai pas une formation d’infirmier ni même d’aide-soignant.
Lorsqu’elle l’a vu dans cet état la doctoresse a appelé les pompiers et le SAMU.
Tout le monde a débarqué à la maison en grante tenue anti-coronavirus : masques, surblouses jusqu’aux pieds etc etc..
Ils ont même pris ma température en arrivant (je suppose qu’ils n’avaient pas de tests).
Ils ont emporté Sylvère dans une sorte de brancard souple, me laissant un peu désemparé dans le jardin.
J’ai quand même pris soin de les remercier de leur obligeance et de leur rapidité.
Je suis allé le voir à la clinique (il a fallu que je demande l’autorisation de l’oncologue ; j’ai droit à une heure par jour)
Hier et aujourd’hui.
Quand je suis arrivé cet aprés midi on était en train de lui faire une transfusion sanguine, ses globules rouges étants déficients.
Voilà, il me semble qu’il va un peu mieux.Il a repris un peu figure humaine mais il est encore faible.
Imperturbable, le jardin continue à fleurir. La clématite viticella, souvenir d’une ancienne amie, se faufile dans les tiges d’un rosier rose.

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Déconfinement


La première démarche de mon déconfinement aura été d’aller chez le coiffeur.
Précautions de rigueur : lavage des mains et port du masque (offert par la mairie).
Pour la distanciation pas de problème, j’étais seul dans le salon.
Taille pas trop courte (tondeuse à 3) nous ne sommes pas encore en été.
il ne manquerait plus que je m’enrhume, le virus du rhume est aussi un coronavirus.
Après avoir repris figure humaine je suis allé acheter des cigarettes et je suis rentré à la maison loin de la menace du grand méchant covid 19.

Deuxième démarche ce dimanche, faire une balade dans la campagne.
J’ai emmené le chihuahua qui n’aime pas trop ça (il reste à un mètre derrière moi et ne va pas folâtrer tout autour du chemin) mais ça lui fera du bien de voir un peu le monde. Le fait de ne voir que le chat le rend craintif et même carrément trouillard.

J’espérais trouver des orchidées à photographier et je n’ai pas été déçu.
En ce moment de la saison ce sont les anacamptis (première photo) et les sérapias (deuxième photo) qui peuplent les prairies naturelles qui ne reçoivent pas d’engrais.
Je sais bien que je les montre tous les ans à la même période mais je n’ai rien trouvé de plus exotique.
Cette campagne est moins riche en flore que la montagne.

Je pensais être seul sur le sentier mais j’ai rencontré beaucoup de monde (le chihuahua a beaucoup de succès ), je ferais la prochaine balade en semaine, ce sera plus calme.
Outre les orchidées, certaines prairies comportent pas mal de fleurs.Ce qui m’a permis de tirer le portrait d’une jolie centaurée (troisième photo)

et de constater que les fruits des guigniers, les cerisiers sauvages, commencent à mûrir ( quatrième photo).
J’ai mangé une guigne pour voir et elle n’avait aucun goût !
J’étais crevé au retour mais j’ai marché pendant une heure et demie ce dont je ne me serais pas cru capable pour une première sortie.
Les prochaines balades seront plus longues, pour la marche la forme revient assez vite.
Je dois dire que j’étais assez content de moi mais aussi heureux de retrouver les roses du jardin.

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Sans titre

Bon, les saints de glace sont passés !
Ils ont bien mérité leur nom cette année, les températures ont chuté de prés de dix degrés.
Mamert, Pancrace et Gervais disparaissez !
Accessoirement, les pluies ont bien profité au jardin qui offre son habituelle profusion florale du mois de Mai.
J’ai hâte de pouvoir aller faire une balade dans la campagne voir s’il reste des orchidées.
Je les vois sur les bas-côtés des routes qui n’ont pas été tondus à cause du confinement.
les municipalités sont des maniaques de la tondeuse qui abîme le terrain.
Il serait plus approprié de faucher mais qui sait encore manier une faux ?
Demain Sylvère rentre à la maison toujours en compagnie de son clostridium.
Une infirmière viendra lui faire ses prises de sang à la maison.
Encore de bons moments à passer : il est phobique des piqûres.
J’espère que la contemplation du jardin sera un adoucissement dans sa situation.
Pour ma part c’est ce qui m’a permi de passer ce confinement sans dommages psychologiques et qui m’a un peu consolé de le fermeture des bistrots.
Les fleurs de la note son celles d’une… Zut ! j’ai oublié le nom !
Ah oui, une agapanthe qui a passé l’hiver tranquillement dans un pot.

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