De rien (Ou de pas grand-chose)

Il fait froid.
Je suis à la terrasse d’un troquet.
J’ai pris un café (deux) et( j’essaye de lire un roman : « Confiteor » de Jaume Cabré dont je recommande la lecture à tout le monde.
Mais il fait froid. J’ai les doigts tellement glacés que j’arrive à peine à tourner les pages.
Je devrais porter des gants ; J’en ai porté autrefois.
Mais je déteste ça. Les gants suppriment la sensation des doigts sur les choses et j’aime cette sensation.
Quand je jardine j’aime mettre les mains dans la terre et je ne porte jamais de gants de jardin quitte à me faire déchirer les doigts par des rosiers rancuniers.
Je suis un type tactile (et olfactif aussi), quand je faisais l’amour, j’aimais caresser longuement le corps de mon partenaire, j’aimais caresser sa poitrine et sentir ses poils glisser entre mes doigts.
Aucun ne s’en est jamais plaint.
J’aimais aussi lécher ses aisselles et mettre mon nez dans sa touffe au dessus de son sexe; tout comme j’aimais sentir le parfum d’une fleur ou le contact d’une écorce.
Je sais que ces goûts olfactifs et visuels sont un souvenir de la vie foetale quand l’enfant ne fait qu’un avec sa mère.
C’est cette fusion que l’on recherche dans le rapport sexuel et c’est aussi un peu de cette fusion (avec mère Nature, pourquoi pas…) que je recherche en respirant le parfum d’une fleur.
Mais, pour le moment il fait froid. Je quitte, frigorifié la terrasse déserte du troquet et je rentre chez moi.

PS : l’image qui illustre cette note est la section d’une branche du grand troène, au fond du jardin. Je l’ai fait élaguer il y a quelques jours.

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Petite neige

Il a neigé ! le fait est suffisamment rare ici pour le noter.
Mais la neige ne tient pas, alors je me suis dépéché de sortir pour prendre des photos.
Le jardin était aussi silencieux que Salah Abdesslam à son procés.
La chatte et le chihuahua me regardaient par la porte-fenêtre, pas question pour eux de sordir et de se geler les papattes.
Ces animaux aiment la chaleur surtout le chihuahua d’une race originaire du Mexique.
Nous avons un petit chauffage d’appoint au pétrole.
Quand il est en fonction, le chihuahua s’allonge devant, aussi prés qu’il le peut supporter et y reste jusqu’à ce son poil commence à fumer.
La chatte, elle, s’installe sur la table du séjour et regarde les oiseaux becqueter les boules de graisse.
Le bout de sa queue qui s’agite dans tous les sens et ses petits miaulements secs trahissent sa frustration.
Je resterais bien toute la journée à la maison mais il faut que j’aille faire des courses.
J’attend juste la fonte des neiges.

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Jawad

Là, j’ai vraiment eu du mal à trouver des fleurs.
Je me suis rabattu sur des lichens qui, si on les regarde de près présentent de jolies structures.
Malheureusement, je ne connais pas leur nom.
Ici, le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle comme disait le Poète.
C’est l’anticyclone d’hiver, la brume se lève le matin mais l’absence de vent l’empêche de se dissiper.
Du coup, je n’ai pas trop envie de sortir et je trompe mon ennui en suivant, sur l’ordinateur, le procès de Jawad Bendaoud, le célèbre « logeur » des terroristes de Daech.
Les spectateurs du procès rigolent bien, sauf les parties civiles bien entendu.
C’est un procès qui se déroule en correctionnelle mais les avocats des parties civiles se croient aux assises et veulent à tout prix que Jawad savait qu’il hébergeait des terroristes et qu’il les a consciemment aidés pour qu’ils puissent commettre d’autres attentats.
C’est le problème de ces procès en terrorisme : les crimes sont connus, les criminels sont bien identifiés mais voilà… ils sont morts.
Mais il faut à tout prix juger, juger, juger pour que la Justice puisse dissimuler son impuissance.
Alors on cherche des complices : le frère, la soeur, les amis, les cousins et la boulangère qui ne pouvait pas ignorer que le type qui lui réclamait un pain au chocolat était un terroriste et qui a fourni un soutien logistique au terrorisme en lui remettant sa chocolatine.
Et Jawad ?
Son air de parfait ahuri à la télé plaide pour son innocence. Bien sûr, il devait se douter que ses « clients » n’étaient pas blanc-bleu aux yeux de la police (rien que le fait qu’on fasse appel à lui pour « rendre service »…) mais de là à penser à des terroristes…
Son monde de petit truand semble bien éloigné du monde du terrorisme.
Pauvre Jawad, le ciel lui est tombé sur la tête.

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Le Sacre du printemps

Incroyable ! nous ne sommes même pas à la fin janvier et l’on parle déjà du printemps.
Non, ce n’est pas à cause de la jacinthe blanche forcée que j’ai mise en illustration, mais de la pousse des bulbes de printemps.
Ceux que j’ai plantés l’an dernier, les narcisses ont déjà des feuilles de dix centimètres. Ceux qui sont installés depuis plusieurs années sont presque en fleurs.
Le printemps a presque un mois et demi d’avance et certains des pruniers décoratifs de l’avenue sont déjà fleuris.
L’hiver a été tiède et je crains les gels de février mais il me semble que nous sommes partis pour une nouvelle année de canicule.
Coïncidence, je viens juste d’écouter « Le Sacre du printemps » à la télé.
Une chose m’a frappé : Cette musique est censée être une musique de ballet. Je ne me souviens plus très bien de l’argument du ballet, quelque chose comme des rites sauvages et vaguement scythes qui auraient célébré le printemps.
Or, alors que certaines compagnies comme celle du Bolchoi, continuent imperturbablement à monter les trois grands ballets de Tchaïkovsky, voire des oeuvres dont la musique est encore un cran au dessous comme « Gisèle », je n’arrive pas à me souvenir de la date de la dernière production du Sacre.
Quand on écoute la musique du « Lac des cygnes » on a le sentiment qu’à cette musique agréable et facile, il manque quelque chose : la représentation de la danse.
C’est normal, au fond, les deux, la musique et la danse ont été conçus pour être présentés ensemble et il ne fallait pas que la musique vole la vedette à la dance.
Le « Sacre », lui est maintenant, systématiquement joué en concert, la musique se passe parfaitement d’une représentation de la danse.
Stravinsky a écrit pas mal de ballets (sept ou huit, si je me souviens bien) mais, chaque fois, la musique est d’un tel niveau que la danse est devenue secondaire ou même sans importance.
Il a, ainsi, donné le « coup d’envoi » du ballet moderne qui fait n’importe quoi sur n’importe quelle musique et que l’on oublie aussitôt.

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La grosse lune

Comme premier évènement de l’année nous avons eu une « grosse lune » qui est dite telle lorsque la lune est à son périgée.
Pas facile à photographier à main levée.
Je l’ai tout de même eue, ce qui ne me console pas d’avoir échoué à photographier la dernière éclipse.
En fait, elle n’est pas si grosse que ça, juste 10% de plus, mais cela fait tout de même plaisir de la voir.

Comme autres évènements marquants nous avons eu plusieurs agressions dirigées contre des policiers.
Cela est regrettable mais compréhensible pour tous les citoyens qui ont pu constater la façon dont un policier s’adresse à eux.
J’ai entendu un sociologue spécialisé dans l’étude de la police dire que 90% des vérifications d’identités ne servaient à rien.
C’est bien possible, mais les policiers tiennent beaucoup aux contrôles d’identité : ils sont la manifestation de leur pouvoir sur la population et il est bien compréhensible que la population (enfin, certains) se rebiffe.
Hélas, depuis la suppression de la police de proximité qui permettait d’établir un contact apaisé, les malheureux policiers, détestés par la population et méprisés par les élites se retrouvent dans la situation d’une armée d’occupation.

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Adieu à la vieille année

Difficile de trouver des fleurs au jardin bien qu’il reste quelques roses.
alors je me suis rabattu sur des images moins fleuries.
D’abord un tronc de vigne vierge qui m’évoque, un peu, une sculpture de Michel-Ange et pour la fin, un champignon polypore qui décorait le tronc d’un arbre mort. Vu de prés il ne manque pas de grâce.
J’ai eu le plaisir de recevoir mes garçons pour le repas du 25.
Civet de canard sauvage au menu accompagné de pommes de terre et de potimarron.
Cela semble avoir bien plu.
Mes fils m’ont offert une place pour la retransmission d’un concert de Hans Zimmer, compositeur d’innombrables musiques de film dont celle de « Pirates des Caraïbes », ma préférée.
Noël est le prétexte d’une fête familiale où l’on échange des cadeaux.
J’ai lu, il y a déjà un moment, un article de C. Levy-Strauss expliquant le sens du père Noël et de la coutume de faire des cadeaux aux enfants.
Je n’ai rien compris.
Tant pis, faute d’explication il reste le plaisir d’un moment en famille pour ceux à qui il en reste une, à mon âge, ce n’est déjà pas si mal.
Adieu donc à la vielle année et espérons que la nouvelle sera moins fertile en catastrophes.

PS Comme je n’avais rien lu de Jean d’Ormesson je me suis acheté, un peu au hasard un livre de lui chez le marchand de journeaux.
Pas de veine, une fois arrivé à la maison je ne suis aperçu qu’il s’agissait d’un recueil de ses éditoriaux du Figaro.
Je sens que je ne vais pas aller jusqu’au bout.

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Etoile de Noël

Etoile de Noël, c’est un joli nom pour une plante qui arrive juste à temps pour les fêtes.
On l’appelle aussi Poinsettia, c’est une euphorbe (euphorbia pulcherrima).
Hélas les euphorbes se situent du côté obscur de la Force ; Il parait que si l’on plante celle-ci avec d’autres végétaux elle les fait crever.
Elle est aussi toxique (modérément) pour les hommes et les animaux.
Les chats doivent le savoir aussi car aucun des deux n’a encore essayé de lacérer ses jolies bractées rouges, traitement qu’ils infligent généralement à toutes les plantes d’intérieur qui ont des feuilles plus grandes que celles d’une bruyère.
Je reconnais que c’est un choix ambigu pour des voeux de Noël et de nouvelle année mais c’est l’une des rares plantes du moment qui ait un peu de couleur.

J’espère que la Noël sera joyeuse pour tous et en famille pour ceux à qui il en reste.

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