L’Effet Coolidge.

La malédiction qui peut frapper un couple, marié ou non, est, précisément la conjugalité.
Le fait de vivre des années l’un prés de l’autre finit par faire disparaitre le désir sexuel.
Ce processus porte un nom : l’effet Coolidge du nom d’un ancien président des Etats-Unis.
L’origine en est une visite que le président effectuait avec son épouse dans une ferme modèle.
Le fermier vantait les performances de son taureau reproducteur qui pouvait, disait-il, effectuer quarante saillies par jour.
– « Quarante saillies par jour ! » s’écria la présidente en se tournant vers son mari.
– « Quarante, peut-être, répondit le président du fond du cœur, mais pas avec la même ! »

Cette anecdote qui percutait la conception officiellement admise du mariage eut un grand succès et l’effet garda le nom du président.
Par la suite, l’existence de cet effet fut vérifiée avec d’autres animaux dont des lapins.

Si la sélection naturelle a conservé processus biologique, il faut bien qu’il constitue un avantage évolutionniste.

Bon, l’effet Coolidge n’est pas toujours à l’origine d’un divorce, un couple peut aussi se refonder sur la tendresse, la complicité… ou l’habitude.

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Revoir les enfants

Mardi dernier, les enfants et moi nous sommes retrouvée au restaurant pour fêter leurs deux anniversaires.
Celui de l’ainé, le 31 aout et celui du cadet que nous n’avions pu fêter le 13 juin.
J’ai serré mes fils dans mes bras au mépris de toutes les directives de distanciation sociale et je leur ai dit :
-« Je sais que, si l’un de vous deux me transmet le Covid, il se reprochera toute sa vie d’avoir tué son père et, comme je ne voudrais pas que cela arrive, je tiens à vous avertir dès maintenant que, quoi qu’il se passe, je ne vous en tiendrai pas pour responsables ! »
Il faut bien dire que c’est moi qui avait décidé de les serrer dans mes bras, cela m’avait tellement manqué !
Nous étions quatre à table car la copine de mon fils cadet, Julia, était aussi présente.
Cela m’a fait plaisir de la revoir, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, elle et mon fils habitant dans des appartements différents.
La meilleure recette pour éviter les scènes de ménage.
Comme je laissais échapper quelques faibles plaintes sur le fait que Sylvère ( qui est d’une humeur massacrante) trouvait toujours à critiquer ce que je faisais pour lui et à se plaindre de ce que je ne faisait pas, l’ainé m’a dit  » Oui, en fait, tu ne vis pas avec un compagnon mais avec une belle-mère.  »
Petit scorpion !
Du coup, j’ai raconté le mot le lendemain à Sylvère qui n’a que très modérément apprécié.
Ah, il est vrai que pour fréquenter mes enfants chéris, il faut avoir le cuir épais car leur langue est souvent acide.
Le repas a été très agréable et je leur ai demandé s’ils accepteraient de venir prendre l’apéritif de temps en temps à la maison (une suggestion de ma voisine) ce qu’ils ont accepté.
Je pense donc que, Covid ou pas, je vais les revoir plus souvent.

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Un dahlia presque noir

C’est un dahlia presque noir.
Il ne vient pas de mon jardin mais d’une plate-bande municipale.
En fait il a été planté l’an dernier et, en raison d’un hiver trop doux pendant lequel il n’a pas gelé, il n’a pas été arraché par les jardiniers de la mairie et a refleuri naturellement.
Il y a, comme ça des choses qui auraient dû mourir naturellement mais qui refleurissent à un moment inattendu.
L’autre soir, j’avais aidé Mourad à écosser des haricots récupérés auprès d’un supermarché.
Au moment de rentrer à la maison, je suis allé me laver les mains. Mourad m’a suivi dans la cuisine et, comme je me retournais vers lui, m’a embrassé.
(Sans mettre la langue, mais quand même…)
Sur le moment, je suis resté sidéré.
Il est vrai qu’en tant que homo, mes rapports avec les autres homme, s’ils sont amicaux, sont toujours un peu érotisés ( j’imagine qu’il en est de même pour les hétéros dans leurs rapports avec les femmes) mais je n’avais pas imaginé qu’il, en était de même pour Mourad surtout avec un homme de mon âge.
Bon, les choses n’iront sans doute pas plus loin mais ce baiser a provoqué une sorte de choc en moi et un sentiment bizarre, comme si, à l’intérieur de moi quelque chose s’était mis à refleurir.
Comme un dahlia presque noir.

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Tigrida rouge


Je crois que c’est la quatrième fois que je montre une fleur de tigrida sur ce blog.
Bon, en 17 ans, ce n’est pas excessif et je pense que je ne radote pas trop.
Il faut dire que la fleur est tellement belle…
Cette année j’ai mis le réveil pour me lever tôt et ne pas rater la floraison qui n’a lieu que le matin.
Du coup, ça me permet d’aller faire les courses le matin.
Cela fait un bout de temps que je n’avais pas fait de note de blog mais il ne s’est pas passé grand chose cette semaine.
L’état de Sylvère est stationnaire et son médecin est satisfait du résultat des analyses.
Ça en fait au moins un qui est satisfait.
Sylvère, lui, en a marre de la clinique et est d’humeur de plus en plus mauvaise.
Je le comprend ; Il voit peu de monde et n’a que quelques coups de téléphone de sa mère qui profite de l’occasion pour lui raconter ses propres malheurs.
Les vieilles personnes ont souvent une ou deux affections qui leur permettent d’alimenter une conversation.
Enfin, conversation… c’est surtout sa mère qui parle, Sylvère se contentant de quelques grognements.

J’arrête là, il est l’heure d’aller faire les courses.

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A D N


Je viens de recevoir les résultats des tests ADN que j’avais envoyé à une société de Houston au Texas, pour connaitre mes origines ethniques.
D’après ces résultats je suis :

54,5 % italien
30,9 % ibère
14,6 % ouest et nord européen
Rien de très exotique, donc, ça a l’air d’être le cas de la majorité des français, du moins de ceux qui se sont adressés à la même société.
Pour ce qui est des 54 % d’italien, je ne suis pas trop surpris, les parents de ma mère étaient italiens mais mon grand père maternel étant un enfant abandonné, il pouvait y avoir une surprise. Juste un truc, je pensais que le pourcentage se limiterait à 50 % à savoir le côté maternel ; Je me demande comment ces 4,5 % supplémentaires ont fait pour se faufiler dans mon génome
Les 14,6 % ouest européens (je n’ai jamais entendu parles du moindre lien avec le nord) sont plus faibles que je ne l’aurais imaginé mais il est vrai que je me suis toujours senti du sud, plus proche d’un maghrébin que d’un alsacien, bien que ça n’ait rien à voir avec les origines ethniques.
Mais ce qui m’a surpris ce sont les 30,9 % ibères (Ollé !). Il est vrai que je suis né dans un département frontalier avec l’Espagne et que les frontières n’ont jamais empêché les gens d’aller et venir (et même plus si affinités) mais mon nom de famille me semblait venir de la région du Morvan (les 14 % sans doute) et je n’imaginais pas avoir autant de sang espagnol, caramba !..
Bref, je n’ai rien découvert d’extraordinaire mais faire ce test était amusant et ce d’autant plus que ces tests sont interdits en France.
Autre remarque : j’ai jeté un coup d’œil sur les origine ethniques des habitants d’autres pays européens et cela confirme ce que je pensais intuitivement : les européens se sont sacrément mélangés entre eux.

Ah, comme illustration de la note, des verveines de Buenos Aires.
Aucun rapport avec l’ADN mais ce sont parmi les rares fleurs épanouies en ce moment.

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Le Chou Romanesco

Mourad passe au supermarché tous les soirs après la fermeture et récupère tous les légumes qui ne sont plus vendables mais qui sont encore consommables (jamais de viande, problèmes de hallal) et les redistribue dans tout le quartier.
C’est ainsi que j’ai hérité d’un chou romanesco.
C’est un légume qui m’a toujours fasciné car c’est un des rares objets naturels qui évoque immédiatement un objet fractal.
Les objets fractals ont été déterminés par le mathématicien Benoit Mandelbrot et sont des objets dont n’importe quelle partie est identique à l’ensemble.
On voit bien cela sur le chou romanesco.
Vous en coupez un petit bout et vous avez une image miniature du chou entier.
Evidemment, sur un modèle mathématique abstrait la réduction peut se poursuivre à l’infini, mais pas sur le chou.
Je me rend compte que mes photos ne sont pas terribles, il faudrait que je re-photographie le chou dans de nouvelles conditions d’éclairage.

Mais c’est trop tard : Je l’ai mangé !

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La Morale

Bon, je vais faire le plus court possible sur la Morale, c’est un sujet qui emmerde tout le monde.

D’abord, juste une précision de vocabulaire : La Morale c’est vulgaire et l’Ethique c’est chic. Mais les deux mots désignent exactement la même chose.

J’ai longtemps cru, comme beaucoup, que l’origine de la Morale était dans la Religion.
C’est vrai, quoi ! Les religieux ont si souvent la Morale à la bouche que l’on finit par croire que c’est eux qui ont inventé le concept.
Mais c’est une erreur. Le sentiment moral est une structure mentale forgée non par la réflexion mais par l’Evolution et la sélection naturelle parce que nous sommes des animaux fondamentalement sociaux et que nous avons évolué en vivant en groupes.
Même un enfant de trois ans (C’est à dire encore relativement protégé des influences idéologiques) a le sentiment qu’il y a des chose qu’on peut faire et d’autres qu’il vaux mieux ne pas faire à ses petits camarades.

Les religions se sont lovées dans cette structure en édictant des préceptes ( et avec quelle imagination !) pour en codifier le fonctionnement, certains utiles et d’autres stupides.

Il ressort de tout cela qu’on ne peut pas être moral tout seul.
N’en déplaise à ceux qui voient leur éthique personnelle comme un roc au milieu des tempêtes, pour être moral il faut savoir que d’autres vont considérer votre comportement et l’approuver ou le désapprouver.
Et pour ceci il faut avoir le sentiment fort de faire partie d’un groupe.
Et, justement, ce sentiment vieux de centaines de millénaires, se voit battu en brèche, aujourd’hui, par la décomposition, moins « individualiste » qu’anomique, du sentiment d’appartenance.
D’où le développement (au moins en France) d’une « common Indecency » qui frappe le gros de la Société.
Ceci dit (sincèrement) sans vouloir être le moins du monde moralisateur ; Ah non ! Ce n’est pas mon genre.

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Nuit noire

C’est vrai, je n’aime pas utiliser le flash mais difficile de faire autrement pour photographier les fleurs d’onagre (œnothera macrocarpa) qui s’ouvrent la nuit. Et pour le moment il fait nuit noire.

Elles sont pollinisées par des sphinx.
J’avoue que je n’ai pas passé de nuit devant les onagres pour tenter d’apercevoir le sphinx, mais il doit bien en venir car ces plantes font beaucoup de graines qui se dispersent un peu partout dans le jardin ce qui fait que les pieds ne se retrouvent jamais deux fois au même endroit.
J’avoue que, ce soir, j’ai passé la soirée à attendre un coup de téléphone des urgences de la clinique où Sylvère a été, une fois de plus, emmené.
Cette fois-ci ce n’est pas à cause d’un microbe mais à cause du fait qu’il refuse de se nourrir.
« Ça ne passe pas. » me disait-il quand je lui demandais de manger davantage.
Mais, aujourd’hui, l’infirmière qui passe tous les jours pour lui faire une piqûre pour réduire sa thrombose, au lieu de lui demander s’il s’était pesé, l’a pesé elle même.
Il ne pesait plus que quarante kilos alors qu’il en faisait cinquante trois à sa dernière sortie de la clinique.
Alors l’infirmière a appelé les pompiers qui l’ont emmené aux urgences.
Assis dans le brancard des pompiers il avait juste la force de gémir qu’il ne voulait pas aller à la clinique.
Le voir ainsi m’a fendu le cœur mais, en même temps j’étais soulagé de ne plus le voir dépérir sans que je puisse rien faire.
Je n’ai pas reçu le coup de téléphone promis qui devait m’indiquer les conclusions que la clinique tirait de son état.
Je téléphonerai moi-même demain.
En attendant il fait nuit noire et je remâche la situation en espérant une issue favorable.

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Pas de comète à l’horizon

L’autre soir je me suis levé en pleine nuit et je suis parti en voiture pour essayer d’apercevoir la comète Néowise?
j’ai pris la voiture pour m’éloigner de la pollution lumineuse de la ville mais, hèlas, je ne suis pas allé assez loin et je n’ai pas vu la comète.
« Plein Nord ! », m’avait-on dit « Juste sous la Grande ourse ».
Mais au nord un nuage d’altitude voilait la quasi totalité de la constellation.
Tout au plus ais je pu deviner les trois étoiles formant la « queue » de la casserole.
Le nuage d’altitude était fort élégant et bien éclairé par la pollution lumineuse de Toulouse.

Petit lot de consolation j’ai pu assister au lever de Jupiter.
Je dois dire que j’ai mis un petit moment avant de réaliser ce que je voyais : l’objet qui se levait sur l’horizon m’a paru tellement énorme que j’ai eu du mal à le rattacher à quelque chose de connu.
Sa lumière était si vive qu’elle projetait des ombres sur le sol.

A ce moment, seul dans une campagne déserte et obscure, je crois avoir ressenti devant ce phénomène céleste un peu de la terreur sacrée qui a dû animer mes ancêtres, ceux d’avant la pollution lumineuse.

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Autopsie

Une naine blanche est ce qui reste de l’explosion d’une ètoile à peu prés de la taille de notre soleil (notre soleil à la fin de sa vie terminera sous forme de naine blanche) soit un corps céleste d’environ la moitié de la masse du soleil pour une taille analogue à celle de la terre.

En étudiant la composition de six d’entre elles un groupe d’astronome a publié en octobre dernier qu’ils avaient décelé dans leur atmosphère des substances oxydées en quantités supérieures à ce qui peut se produire dans le cœur d’une étoile.
« Etudier la composition d’une naine blanche, avance l’un des auteurs de l’article, c’est un peu comme pratiquer l’autopsie du contenu de ce qu’elle a englouti dans son système solaire. »
En l’occurrence en mesurant l’oxydation (la « fugacité » de l’oxygène) dans l’atmosphère de ces naines blanches il ont trouvé un niveau d’oxydation qui ne pouvait provenir que de restes de planètes telluriques semblables à celles qui gravitent autour de notre soleil.
C’est une chose à laquelle on pouvait s’attendre : une étoile ressemblant à notre soleil (un peu plus ou un peu moins massive) devrait être entourée de planètes ressemblant à celles qui entourent notre soleil.
Mais, évidemment il fallait le prouver.
Sur ces planètes entourant jadis une étoile aujourd’hui « morte » la vie s’était peut-être développée et sur celles qui entourent en ce moment des analogues de notre soleil, la vie foisonne peut-être.
L’ennui c’est qu’avec les moyens dont nous disposons, trouver une planète semblable à la terre autour d’une naine orange comme notre soleil est quasi impossible.
Dommage…
Il ne me reste pas énormément de temps à vivre et j’aimerais bien ne pas mourir avant la découverte de la vie extraterrestre.
Je pense à une vie comme celle de notre planète, bien sûr, les bactéries, pour sensationnelle que sera leur découverte ne m’intéressent pas tellement.

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