Archive for septembre, 2020

brèves nouvelles

Je me suis tenu éloigné de l’ordi pendant quelques jours.
Alors voici les nouvelles :
Jeudi dernier Sylvère a été opéré à nouveau.
Les chirurgiens devaient fermer une fistule qui mettait en relation sa vessie reconstituée et son intestin.
Les deux parois s’étaient collées et comme il s’agissait de deux tissus identiques, une fistule s’était ouverte entre les deux.
Les chirurgiens ont séparé les deux parois, réduit les adhérences, recousu les deux ouvertures et ont installé, entre les parois, une bonne couche (dixit le chirurgien) de graisse intestinale afin qu’elles ne se touchent plus jamais.
(Je me demande où ils ont bien pu trouver, chez lui, de la graisse intestinale vu l’état de maigreur qu’il avait atteint)
Bref le problème devrait être réglé.
Mais, pour l’instant, il me dit ne pas se sentir beaucoup mieux et il ressent une vive douleur au côté droit, à un endroit où les chirurgiens ne sont pas allé fouiller.
Je passe le voir tout les jours ; Même avec le masque on me reconnait dans les couloirs de la clinique et on parle de moi à Sylvère en disant : « votre mari ».
J’ai tout de même l’impression qu’il se remet malgré tout quoique lentement.
Il recommence à avoir des repas solides mais il est toujours sous nourriture par perfusion.
J’espère tout de même que la clinique ne va pas le renvoyer avant qu’il ne soit capable de monter un escalier : chez nous, les toilettes et la salle de bains sont au premier étage.

Comments (19) »

L’Effet Coolidge.

La malédiction qui peut frapper un couple, marié ou non, est, précisément la conjugalité.
Le fait de vivre des années l’un prés de l’autre finit par faire disparaitre le désir sexuel.
Ce processus porte un nom : l’effet Coolidge du nom d’un ancien président des Etats-Unis.
L’origine en est une visite que le président effectuait avec son épouse dans une ferme modèle.
Le fermier vantait les performances de son taureau reproducteur qui pouvait, disait-il, effectuer quarante saillies par jour.
– « Quarante saillies par jour ! » s’écria la présidente en se tournant vers son mari.
– « Quarante, peut-être, répondit le président du fond du cœur, mais pas avec la même ! »

Cette anecdote qui percutait la conception officiellement admise du mariage eut un grand succès et l’effet garda le nom du président.
Par la suite, l’existence de cet effet fut vérifiée avec d’autres animaux dont des lapins.

Si la sélection naturelle a conservé processus biologique, il faut bien qu’il constitue un avantage évolutionniste.

Bon, l’effet Coolidge n’est pas toujours à l’origine d’un divorce, un couple peut aussi se refonder sur la tendresse, la complicité… ou l’habitude.

Comments (10) »

Revoir les enfants

Mardi dernier, les enfants et moi nous sommes retrouvée au restaurant pour fêter leurs deux anniversaires.
Celui de l’ainé, le 31 aout et celui du cadet que nous n’avions pu fêter le 13 juin.
J’ai serré mes fils dans mes bras au mépris de toutes les directives de distanciation sociale et je leur ai dit :
-« Je sais que, si l’un de vous deux me transmet le Covid, il se reprochera toute sa vie d’avoir tué son père et, comme je ne voudrais pas que cela arrive, je tiens à vous avertir dès maintenant que, quoi qu’il se passe, je ne vous en tiendrai pas pour responsables ! »
Il faut bien dire que c’est moi qui avait décidé de les serrer dans mes bras, cela m’avait tellement manqué !
Nous étions quatre à table car la copine de mon fils cadet, Julia, était aussi présente.
Cela m’a fait plaisir de la revoir, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, elle et mon fils habitant dans des appartements différents.
La meilleure recette pour éviter les scènes de ménage.
Comme je laissais échapper quelques faibles plaintes sur le fait que Sylvère ( qui est d’une humeur massacrante) trouvait toujours à critiquer ce que je faisais pour lui et à se plaindre de ce que je ne faisait pas, l’ainé m’a dit  » Oui, en fait, tu ne vis pas avec un compagnon mais avec une belle-mère.  »
Petit scorpion !
Du coup, j’ai raconté le mot le lendemain à Sylvère qui n’a que très modérément apprécié.
Ah, il est vrai que pour fréquenter mes enfants chéris, il faut avoir le cuir épais car leur langue est souvent acide.
Le repas a été très agréable et je leur ai demandé s’ils accepteraient de venir prendre l’apéritif de temps en temps à la maison (une suggestion de ma voisine) ce qu’ils ont accepté.
Je pense donc que, Covid ou pas, je vais les revoir plus souvent.

Comments (16) »

Un dahlia presque noir

C’est un dahlia presque noir.
Il ne vient pas de mon jardin mais d’une plate-bande municipale.
En fait il a été planté l’an dernier et, en raison d’un hiver trop doux pendant lequel il n’a pas gelé, il n’a pas été arraché par les jardiniers de la mairie et a refleuri naturellement.
Il y a, comme ça des choses qui auraient dû mourir naturellement mais qui refleurissent à un moment inattendu.
L’autre soir, j’avais aidé Mourad à écosser des haricots récupérés auprès d’un supermarché.
Au moment de rentrer à la maison, je suis allé me laver les mains. Mourad m’a suivi dans la cuisine et, comme je me retournais vers lui, m’a embrassé.
(Sans mettre la langue, mais quand même…)
Sur le moment, je suis resté sidéré.
Il est vrai qu’en tant que homo, mes rapports avec les autres homme, s’ils sont amicaux, sont toujours un peu érotisés ( j’imagine qu’il en est de même pour les hétéros dans leurs rapports avec les femmes) mais je n’avais pas imaginé qu’il, en était de même pour Mourad surtout avec un homme de mon âge.
Bon, les choses n’iront sans doute pas plus loin mais ce baiser a provoqué une sorte de choc en moi et un sentiment bizarre, comme si, à l’intérieur de moi quelque chose s’était mis à refleurir.
Comme un dahlia presque noir.

Comments (20) »

%d blogueurs aiment cette page :