Archive for août, 2016

Des oiseaux insolites.

photo calla aout 2016 (1) copieL’autre soir, Sylvère et moi sommes allé diner en ville, c’était son anniversaire.
Nous nous sommes installés en terrasse dans un restaurant du boulevard de Strasbourg
A cette heure agréable la canicule était allé se coucher. Le soir tombait.
Alors que nous attendions les entrées, je me suis avisé que dans l’un des platanes, de l’autre côté du boulevard un groupe d’oiseaux menaient grand tapage. il y avait beaucoup de jacassement et, de temps en temps, une note flûtée assez jolie.
Ce bruit m’a intrigué, je n’arrivais pas à déterminer de quels oiseaux il s’agissait ; Des étourneaux n’auraient pas fait tant de bruit et le moineaux avaient des cris moins forts et plus aigus.
J’en suis arrivé à abandonner la conversation pour essayer d’apercevoir les auteurs de tout ce ramdam.
Il arrivait de temps en temps d’autres oiseaux pour se joindre à la chorale mais, à contre-jour dans le crépuscule difficile de les identifier.photo calla aout 2016 (16 copieEnfin, trois ou quatre sont arrivés pour se poser en effectuant une manoeuvre de voltige qui m’a permis de voir leur plumage : il était d’un vert éclatant.
Stupéfait j’ai compris que ces oiseaux étaient des perruches !
Je savais qu’il existait des populations de perruches dans certaines villes européennes (Hambourg, je crois) mais je n’avais jamais imaginé qu’il pût y en avoir à Toulouse.
Et elles sont là depuis un certain temps puisque le garçon nous a dit qu’on les voyait bien mieux en automne car leur plumage vert ressortait bien sur les feuilles jaunies.
Elles se rassemblent tous les soirs à la même heure pour passer la nuit dans les arbres du boulevard.
c’est idiot mais j’étais enthousiasmé.
J’aime avoir ce genre de surprise qui vous montrent que le monde n’est pas tout à fait comme on l’imaginait.

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Pureté

Photo laur r 23 copieLe mot « pur » vient du latin purus. On y retrouve la racine indo-européenne « pu » qui désigne la souillure (putride, puant).
Selon une façon caractéristique du latin de construire ses mots,purus signifie : débarrassé de la souillure, nettoyé, propre.
Ce n’est pas un état premier !
La « Pureté Originelle » tant prisée par les Chrétiens n’existe pas pour les Anciens, grecs ou romains.
A l’époque il fallait être purus pour accomplir les actes de culte, un peu comme font, encore aujourd’hui les musulmans qui se lavent les mains avant d’entrer dans la salle de prière de la mosquée. La propreté physique étant inséparable de la pureté morale.
Mais il s’est produit une distorsion du sens de ce mot réservé au vocabulaire des pratiques cultuelles, le mot pur en est venu à signifier aussi : Sans mélange.
Je ne sait pas à quelle époque cela s’est produit, mais, au Moyen Age, l’Eglise avait horreur des mélanges (Je ne sais pas non plus pour quelle raison, hélas) et les proscrivait à un point tel que les peintre ont du attendre la fin du XVII éme siècle pour apprendre que l’on pouvait faire du vert en mélangeant du jaune et du bleu.
A partir de ce moment la pureté est devenue plus ambiguë, les choses pures avaient plus de valeur que les autres ce qui était vrai pour certaines (le métal débarrassé des scories) mais qui, pour d’autres, n’était que fantasme sans mélange (les races pures)
Et nous voilà maintenant, traînant encore dans nos têtes des lambeaux de cette pureté pervertie, haillons venus des âges obscurs.

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Grâce sauvage

photo clematite aout 2016 copieDonc, nous avons appris que Jacqueline Sauvage qui avait tué son mari violent et qui avait bénéficié d’une demie ou d’un quart de grâce du président de la République s’est finalement vu refuser sa libération par le juge d’application des peines.
L’histoire n’aurait pas eu lieu si le président avait accordé une grâce totale, mais…
On sait que le président n’aime pas ce genre de privilège régalien et on le comprend.
La Grâce c’est quelque chose de trop grand pour lui, c’est fait pour les rois, les empereurs, ou les présidents charismatiques et il n’est rien de tout cela.
Alors il a accordé une grâce à sa mesure, un fragment, un lambeau de grâce en laissant les juges décider en dernier ressort.
Résultat : on se retrouve dans une situation qui rappelle furieusement l’affaire Léonarda.

D’abord, on peut penser que, sans nier le crime, la sanction était un peu sévère (10 ans) et que sa situation aurait dû lui valoir de sérieuses circonstances atténuantes.
D’un autre côté on comprend un peu les juges, si une peine trop légère avait laissé penser à toutes les femmes battues qu’elles pouvaient, presque impunément, assassiner leur tortionnaire on aurait pu assister à un massacre.

Un autre point du jugement est intéressant, il prétend que Mme Sauvage (son nom as-t-il influencé le jugement ?) se complait dans une position de victime et qu’elle n’a pas bien pris la mesure de son geste, bref, qu’elle ne montre pas assez de contrition.
Et, de plus, que la « médiatisation » de son affaire la conforte dans cette attitude.
On voit bien que la « médiatisation » qui agace les juges c’est l’Opinion Publique (Plus de 430 000 signatures pour la première pétition demandant sa grâce) qui a forcé la main au président et qui s’est melèe d’une affaire où, selon eux, seuls les gens de justice devraient décider.
Bon, l’Opinion publique n’a pas dit son dernier mot, une nouvelle pétition est lancée.

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Le Glas

photo echinacée juil 2016 copieC’est le soleil de canicule, le temps où l’étoile Sirius de la constellation du Grand Chien se lève quelques instants avant le Soleil.
Celui qui fait mûrir les aromates, tel l’encens que l’on fait brûler dans les églises, comme autrefois aux sacrifices antiques et que l’on récolte sous le ciel de l’Arabie heureuse.
Ce mardi après midi, je suis allé à la clinique pour un contrôle de ma vessie après l’opération et le traitement par BCG. Au retour, je suis allé acheter des cigarettes pour Sylvère au bar-tabac de mon ancien village.
J’en ai profité pour prendre un café sur la terrasse.
Terrasse c’est beaucoup dire, ce sont deux tables et des fauteuils sur le trottoir.
J’écoute l’Angelus, l’église du village est juste à côté.
Mais, après l’Angelus, les cloches se mettent à carillonner un air inconnu. Un motif lent et légèrement dissonant, rythmé par une note claire, obstinée.
Le premier moment de surprise passé, je me dis que ce doit être le glas, le glas pour le prêtre égorgé dans son église en Normandie.
Ce qui m’avait le plus impressionné dans les informations sur les attentats de Paris, c’était le glas sonné par le bourdon de Notre Dame.
J’écoute donc, un peu ému, sonner celui du village.
Un peu ému mais pas plus que pour les autres attentats, sauf que le son des cloches me parait plus digne que le torrent de stupidités que l’on entend à la télé après chaque drame de cette sorte.*
Pour un prêtre, celui-ci aura bien gagné le rang de martyr.
Certains fidèles pensent même plus qui ont mis devant son église un portrait qui le range déjà au rang des saints.
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Allons, pour ce prêtre qui avait l’air d’être un brave homme, une chanson à titre de glas à ma façon.
En attendant qu’il fasse (il en a le loisir maintenant qu’il est mort) le nombre de miracles requis pour mériter son auréole.

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