Archive for août, 2018

La neige est blanche

C’est étrange de voir comme un deuil peut sembler faire venir l’hiver en plein été.
Sylvère est tellement malheureux de la mort du petit chien que je n’arrive pas à trouver les mots pour le décrire.
Seul un poète peut arriver à en donner une idée.
Alors j’ai pensé qu’il valait mieux laisser la parole à quelqu’un de plus habile que moi : Gérard Manset avec une chanson qui exprime bien ce que je ressens.
Une fleur, tout de même : une fleur de magnolia grandiflora qui perd ses étamines dont se régalent les abeilles.
Parce qu’il ne faut jamais désespérer

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Soleil

Au siècle avant-dernier, un savant positiviste (dont je ne me rappelle plus le nom, mais après tout c’est un nom qu’il vaut mieux oublier) a dit qu’on ne connaitrait jamais la température du soleil car il faudrait y envoyer un thermomètre, ce qu’il jugeait évidemment impossible.
Eh bien justement, la NASA vient d’envoyer le thermomètre, la sonde Parker.
Oh, pas seulement un thermomètre, il y a bien longtemps qu’on connait la température du soleil (6000 degrés pour la surface et 10 000 à 12 000 degrés pour la couronne) et par un moyen que notre positiviste ne soupçonnait pas : en analysant sa lumière.
Ce qui est d’autant plus amusant qu’au moment même où notre savant lâchait sa bourde avaient lieu les premières études sur la chromatographie.
« Nous ne saurons jamais… » était l’une des phrases favorites des positivistes.
Cela vient, je pense qu’ils s’imaginaient posséder tous les moyens de connaissances possibles et que ce que ces derniers ne pouvaient expliquer ne le serait jamais.
Belle arrogance et beau manque de foi dans les capacités de l’avenir.
Ce qu’ils savaient était la seule connaissance accessible.
Pas étonnant que leur fondateur ait fini par inventer une religion.

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Salicaire

Au mois d’août, de tous les fossés bordant les petites routes de campagne, s’élèvent les épis roses de la salicaire.
J’en ai un pied dans mon jardin.
Une variété horticole, à mon âge, j’ai eu la flemme d’aller en prélever une souche dans un fossé.
Elle pousse dans un « bac détrempé » de ma fabrication.
Et heureusement que je lui ai fabriqué un petit biotope personnel car il n’a pas plu depuis des semaines et hier, il n’est tombé que quatre gouttes ce qui m’a obligé à arroser après la pluie. Un comble !
Hier matin j’ai enterré le petit chien.
Je suis allé le chercher chez le vétérinaire qui me l’a remis dans une boite, enveloppé d’une alèse.
Il m’a dit qu’il valait mieux que je ne le regarde pas.
Evidemment, je l’ai regardé : il était congelé et n’avait pas l’air si affreux que ça, on aurait dit qu’il dormait, un peu comme sur la photo de la note précédente.
J’avais creusé un trou à l’endroit choisi par Sylvère.
Avec beaucoup de peine car la terre, très sèche était truffée de cailloux.
Finalement, après que Sylvère ait beaucoup pleuré, je l’ai mis en terre.
Sylvère a ajouté une lettre, son jouet représentant un chien qui sifflait quand il le mordait et quelques-unes de ses friandises préférées.
Un peu comme s’il avait été un pharaon devant continuer à vivre sous la terre.
J’avais ramassé la terre pour faire un dôme au dessus de la tombe, mais ça n’a pas suffi à Sylvère qui a mis par dessus un grand bac de plastique blanc (du genre à loger des cochons d’inde), une statue d’un chien en résine qui ornait l’entrée de la maison et une branche de rosier portant des roses rouges.
L’ensemble est extraordinairement moche mais j’ai gardé cette opinion pour moi.
Je raconte toutes ces futilités parce que j’ai besoin de le faire pour gérer ma propre tristesse et que je ne peux pas le faire avec Sylvère, toute allusion au petit chien provoquant chez lui une crise de larmes ou de rage.
Alors, il ne me reste plus que ce blog.

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Adieu chi-chi

Dimanche soir, vers 23 h, notre petit chien est mort.
Sans doute à la suite d’un empoisonnement, nous cherchons encore à comprendre avec l’aide du vétérinaire, mais ce n’est pas le plus important.
Le plus important c’est qu’il nous manque affreusement.
Sylvère est dévasté.
C’est un peu comme s’il avait perdu un enfant.
C’était un animal extrèmement vif.
Quand il voulait sortir, il m’accompagnait jusqu’à la porte en me tapant sur les mollets ( les chihuahuas sont tout petits et, pour se faire remarquer, ont l’habitude de se dresser sur leurs deux pattes arrières )
Tap tap tap sur les mollets.
Quant il était l’heure du réveil, il sautait sur le lit et venait nous lécher la nuque pour nous faire lever.
Il s’amusait à mordiller( sans les dents) les oreilles de la chatte.
La chatte adorait ça et lui donnait de petits coups de tête comme elle le fait pour réclamer des caresses.
Bien qu’il soit largement servi en croquettes (spéciales pour chihuahua) il aimait venir mendier un morceau lorsque nous déjeunions, un bout de viande, de charcuterie et même de poisson.
Quand je rentrais, il se précipitait dans la maison en aboyant pour prévenir Sylvère que j’étais là.
J’ai encore du mal à réaliser qu’il n’est plus là.
A table, je commence à couper un bout de viande avant de réaliser que ce n’est plus la peine, je le cherche du regard en entrant dans le salon, puis je me rappelle qu’il n’y a plus rien à chercher.
et c’est comme ça toute la journée.
Il me manque.

Quand j’ai posté cet article j’ignorais le nom de la fleur violette photographiée dans un terrain vague, que j’avais choisie pour illustration.
Je viens de trouver son nom : il s’agit du Miroir de Venus.

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