Archive for avril, 2015

Bâtisseurs

photo merle avril 2015 00 copie
La photo n’est pas terrible, je le reconnais.
C’est un merle qui habite dans le coin, posé sur le tilleul de la voisine.
Je l’ai pris parce qu’il avait le bec plein de vers de terre ou de chenilles, que des choses délicieuses et qu’il avait l’air bien content de lui.
C’est la période des nids, j’accroche aux branches des arbustes la bourre du sèche-linge, elle est très appréciée des petits bâtisseurs. Prés de la terrasse du café il y a un palmier et quelqu’un a déposé sur une des palmes un vieux nid de l’année dernière.
Cela fait bien l’affaire d’un moineau qui exploite les brindilles déjà toutes prêtes.
Pendant ce temps une merlette tire sur les brins des fibres qui entourent le tronc.
C’est idiot mais ce genre de spectacle me plonge dans le ravissement.

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Vide, dans la maison vide…

photo loropetalum mars 20 copieCette chanson me trottait dans la tête alors que j’accompagnais l’envoyé du bailleur pour faire l’état des lieux de l’appartement où logeait ma mère.
Vide complètement vide.
Même les clous aux murs avaient été enlevés.
Il ne restait plus riens des vies qui s’étaient déroulées là.
Ca faisait un drôle d’effet, on passait du séjour vide à la chambre de ma mère puis à ma chambre.
Ma chambre… celle, du moins, d’une partie de ma jeunesse et aussi celle de mon frère.
Je me disais que j’aurais dû être plus affecté que je ne l’était, alors que je ne ressentais pas grand’chose sinon ce sentiment de vide.
Mais je dois dire que chez moi, les chocs ne se font pas sentir tout de suite, il s’étirent sur des mois, voire des années et je me rend compte bien longtemps après que le deuil n’est toujours pas fait.
J’ai rendu les clefs et je suis parti après un dernier coup d’oeil à l’appartement.
Non, finalement il n’était pas tout à fait vide.
Une petite partie de moi y était toujours présente, blottie dans un coin.
En sortant j’ai pris quelques photos du loropetalum qui pousse dans l’un des bacs qui encadrent la porte.
Comme un dernier sourire de cet immeuble.

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Un bouquet pour Léo Perutz

photo tulipe avril 2015 0 copie 1Il fut une époque de ma vie où je lisais des écrivains autrichiens aux noms improbables comme Alexander Lernet Holenia, Adalbert Stifter ou Léo Perutz.Et puis le temps a passé, les livres sont devenus introuvables et j’ai vendu l’essentiel de ma bibliothèque quand j’ai du quitter ma maison après mon divorce.
Et puis voilà que les éditions zulma se mettent à rééditer les livres de Léo Perutz. Comme je l’ai déjà dit, l’oubli causé par l’âge et les psychotropes me permet maintenant de relire des livres et d’y retrouver la même fraîcheur.
J’ai donc relu « La Troisième balle » et « Le Maitre du jugement dernier ».
« La troisième balle » est le premier roman publié de Léo Perutz..photo tulipe avril 2015 0 copie 3

L’action se passe en Amérique au moment de la conquête de Cortes.
Le comte allemand Grumbach, par haine des catholiques espagnols s’engage aux côtés des indiens et de leur chef Montezuma. Il obtient du Diable une arquebuse et trois balles, l’une destinée à Cortes, l’autre au duc de Mendoza et la troisième…
Mais l’enchainement aléatoire des évènement, dissimulé sous le nom de « Destin » va bouleverser ce plan.
Le roman est somptueusement écrit et rassemble déjà nombre de thèmes qui caractériseront le monde de Léo Perutz : le quiproquo, les mystères de l’identité, l’exotisme temporel.photo tulipe avril 2015 0 copie 2
« Le Maitre du jugement dernier » se passe à Vienne en 1909.
Le personnage principal, le baron von Yosch, décrit par l’un des personnages, l’ingénieur Solgrub comme ressemblant aux barzoïs  » Grands, beaux, pas d’une grande agilité intellectuelle, mais tout à fait aristocratiques » se trouve confronté à une série de suicides mystérieux qui semblent provoqués par l’influence d’un individu maléfique.
Mais est ce bien le cas ?photo tulipe avril 2015 0 copie 4
Je suis désolé de ne pas avoir assez de talent pour exprimer le plaisir que l’on peut prendre à, la lecture des romans de Léo Perutz.
C’est un auteur qui n’a pas la gloire qu’il mérite et je ne puis que demander qu’on me croie sur parole et qu’on lise ses romans.
Le tulipes n’ont guère de rapport avec Perutz, sauf à évoquer l’aspect chatoyant de ses romans, mais ce sont des fleurs de saison.

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Viridiana

photo tulipe avril 2015 0 copieJ’aime bien cette tulipe « viridiana » fleur de lys.
Les viridiana sont un genre de tulipes horticole dont les pétales s’ornent d’une trace verte;
C’est une nouveauté dans le jardin.
Aprés dix ans de blog et diverses aléas, il n’est par facile de trouver encore des nouveautés à montrer.
Pas facile non plus de dire des choses nouvelles pourtant il faut éviter de rabâcher.
Le monde dans lequel je vis change mais en pire.
Quand j’étais jeune, j’avais une certitude : celle que dans ma vieillesse, le monde serait devenu moins con.
Les progrès des sciences et du savoir n’allaient pas manquer de faire justices des vieilles âneries comme le racisme, l’antisémitisme et tous les vieux préjugés.
(tiens, voilà que, dans ma note, le racisme et l’antisémitisme font couple comme dans les discours « officiels ». Il va falloir que je me surveille.)
Bref, ma désillusion est grande.
Le premier ministre vient d’annoncer un plan de lutte contre les Laurel et Hardy de la bêtise moderne.
Je ne sais pas ce qu’il y a dans ce plan mais je l’imagine : encore plus de mesures répressives contre l’expression de ces deux stupidités.
Notre inteligensia moderne (ou ce qui en tient lieu) semblent confondre lutte contre un point de vue et refoulement de ce point de vue.
Les mesures que l’on prend ne servent qu’à refouler l’expression publique des idées pécheresses et ne les feront pas disparaitre, au contraire, le refoulé fait toujours retour.
Parti comme ça, dans l’avenir je vois la longue file des successeurs de Manuel Valls.
Il faudrait publiquement expliquer en quoi ces notions sont fausses et stupides.
Ca c’est facile à faire mais il est plus difficile de convaincre les gens qu’il s’agit d’une erreur puisque ces idées reposent sur l’ignorance et les préjugés irrationnels.
Il me semblerait utile, cependant de le tenter (plutôt que d’interdire bêtement) et de ne pas se laisser arrêter par les difficultés.
Et peut-être que, quand mes enfants seront vieux, le monde sera moins con.

Je sais, je sais, le goût, mais on a le droit de rèver.

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La Fleur des elfes

.photo epimedium avril 201 copie 1L’Epimedium, la « fleur des elfes », fleurit en ce moment.
J’en ai des oranges et des jaunes.
Ce sont des grappes de fleurettes se balançant sur des tiges tellement fines qu’elles sont presque invisibles.
Elles acceptent le soleil mais aiment bien aussi l’ombre, entre les racines voraces du troène.
Je les ai plantées il y a deux ans et j’espère qu’elles vont couvrir le sol de cette partie délaissée du jardin.
J’aimerais espérer qu’elles vont attirer des elfes, mais je doute qu’il en reste encore dans ma petite ville de banlieue.
Aucun elfe qui se respecte n’accepterais de vivre dans un tel environnement.
Quoique…
Les elfes sont supposés être les esprits de la nature sauvage et justement la nature sauvage n’a de cesse de s’infiltrer dans toutes les fissures de la civilisation.
Comme peut en témoigner le nombre de plantes sauvages que l’on peut retrouver poussant au bord des trottoirs des grandes villes.
Si ma banlieue était abandonnée, il ne se passerait pas longtemps avant qu’elle ne ressemble à une cité Maya enfouie dans le foisonnement de la Nature.
Le bétonnage demande un effort permanent et, à la fin des fins, C’est la petite fleur qui gagne contre le promoteur.
photo epimedium avril 201 copie 2

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Canaille

photo tulipe avril 2015 1 copieBon, dans ma dernière note, je parlais de canailles et, justement, hier, Sylvère a reçu un coup de téléphone furieux et affolé de son patron.
Il m’explique à mon retour des courses :
Sylvère a dû faire refaire sa carte d’invalidité arrivée à expiration.
Or, il semble que cette année soit l’année des « L »
Oui, cette année, les différents services administratifs contrôlent les gens dont le nom commence par la lettre « L ».
C’est justement le cas de Sylvère ( et de son patron) et donc, les gens qui s’occupent des travailleurs handicapés se sont penchés sur sa situation professionnelle.
Et là …! ils ont découvert des choses affreuses !
Non seulement le patron de Sylvère le faisait travailler plus d’heures qu’il n’aurait dû, pour le même salaire, mais il l’avait déclaré dans deux de ses bowlings.
Oui, il faut un quota d’handicapés par établissement sinon le patron paye une taxe.
Par contre, pour un travailleur embauché, le patron touche une prime de 2000 euros par an.photo tulipe avril 2015 0 copie
Donc, en déclarant Sylvère dans ses deux établissements le patron ne payait pas la taxe et touchait deux primes.
On sait bien comment sont les fonctionnaires : aucune considération pour la compétitivité !
Le patron a vu débarquer une véritable descente de police dans son bureau : six personnes !
Ah oui, parce que les fonctionnaires chargés des travailleurs handicapés ne sont pas venus seuls.
Ils ont amenés leurs copains du Fisc qui ont saisi les ordinateurs et les archives.
D’ores et déjà, le patron s’est vu annoncer qu’il devrait rembourser toutes les sommes perçues depuis cinq ans, agrémentées d’une amende égale à trois fois leur montant.
Ceci, bien sûr, sans préjudice de ce que les agents du Fisc pourraient trouver au cours de leurs recherches.
Connaissant à la fois le patron et le Fisc, je serais vraiment surpris que ce dernier ne trouve rien.
Pauvre Sylvère ! Son patron a cru que c’était lui qui l’avait dénoncé et l’a menacé de l’attaquer en justice.
Bon, il disait ça parce qu’il était en colère, c’est dur la vie de patron.

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quand j’entends le mot « compétitivité »…

>DSCN2942 copie …je sors mon revolver !
Enfin, façon de parler, je n’ai pas de revolver et ne veut pas en avoir.
Quoique…
Certains soirs devant les informations…

Bref, le mot « compétitivité » revient comme un leit motiv lancinant dans les discours de la D… ; Depuis le temps qu’on l’entend, on sait ce que ça veut dire, à savoir baisse des salaires et/ou des charges sociales.
Pas plus tard que tout à l’heure, aux infos, j’ai entendu un ancien ministre du budget, fraîchement échappé des tribunaux dire qu’il fallait (je cite de mémoire) : « Mettre en cohérence la situation sociale et la situation économique « 
C’est pas beau ça ?! je suis resté soufflé devant ce superbe morceau de langue de bois entièrement sculpté dans la masse !
Les présentateurs télé appellent ça un élément de langage.
Il disait aussi que d’autres pays l’avaient fait.
Oui, l’Allemagne, en versant des salaires de misère aux immigrés d’Europe de l’Est.
Ah !, Les Entreprises !! tout le monde n’en a que pour elles. Elles sont censées faire du Fric (Ce que j’avais dit un jour à mon directeur qui m’avait répondu : « Mais non, pas du tout, etc, etc…)
Pourtant, après trente ans (je sais, c’est trop !) passés dans la même entreprise privée, j’en retire l’impression que les entreprises (je ne parle pas que de la mienne, j’ai aussi des amis qui ont travaillé dans des entreprises ) sont l’un des terrains de jeux favoris des canailles et des crapules.
Alors, quand j’entend le mot « compétitivité »…

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Barbares (2)

DSCN2980 copieVoyons le goût, où as-tu lu dans ma note que le comportement des croisés excusait celui de Daesh ?
Ce que voulait faire ma note c’est, justement de sortir de la sidération dans laquelle nous plongent les actes de Daesh en montrant qu’ils sont, somme toute, peu de chose comparés à ceux que, nous autres français avons commis dans le passé.
C’était une comparaison « quantitative » sans aucun jugement moral.
Daesh affole les médias parce qu’ils utilisent les moyens de communication modernes et qu’ils décapitent des journalistes.
Alors les autres journalistes se sentent vachement concernés et donnent au décapiteurs, sur le mode de l’indignation, toute la publicité que ces derniers souhaitent.
A l’époque des guerres de religions, la barbarie suscitait les mêmes condamnations morales que Daesh aujourd’hui.
(Simplement elle se déployait sur une beaucoup plus grande échelle.) Et si nous connaissons l’ampleur des ces massacres c’est bien parce que ceux qui les condamnaient en ont fait le récit, ce qui n’a, en rien, contribué à les empêcher.
Quant à demander des réparations pour les crimes commis, c’est une idée moderne inventée par les américains. Les Indiens et les noirs américains ont commencé à développer ce discours ( dont ton commentaire souligne l’absurdité) puis les juifs américains s’y sont mis à leur tour, inquiets de voir le judaïsme disparaitre par assimilation laïque et mariages entre juifs et non-juifs (l’Holocauste silencieux selon Elie Viesel).
Il faut dire qu’ils ont fait très fort : L’Holocauste a eu lieu en Allemagne et, donc, c’est le Monde entier qui est coupable d’avoir laissé faire cela et qui doit des réparations aux juifs et tout spécialement à l’état d’Israël.
Moi, aussi, je trouve que ces crimes sont d’un autre âge ( mais les gens de Daesh sont toujours dans cet âge là ) cependant ce sont des choses que nous-même, les français avons aussi commises.
Cela fait partie de notre histoire, de notre mémoire collective et cela ressort parfois, à l’occasion d’évènements graves. C’est pourquoi j’estime que nous devons savoir à quoi nous en tenir sur notre propre barbarie.
Peste ! en fait de réponse j’ai écris une note entière !
Et une jolie tulipe rouge, fraîchement photographiée rien que pour toi.

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L’identité des barbares

photo muscari mars 2015 0 copieMuscari azureum : c’est une varieté plantée l’automne dernier.
J’aime beaucoup les muscaris, petits épis bleu sonnant le début du printemps.
Il y en a partout dans les jardins alentour, la variété muscari armeniacum, plus fréquente.
Aujourd’hui, aprés avoir tondu les quelques mètres carrés d’herbe dont je dispose, je suis rentré à la maison pour lire et prendre un café.
En fouillant chez ma mère pour essayer de sauver quelques livres de la décharge, je suis tombé in extrémis et à ma grande joie sur un livre que je croyais perdu : L’histoire barbare des français de Francis Pichon.
Les gens de mon âge se souviendront, peut-être, que Francis Pichon, professeur d’histoire à la retraite, fut un flamboyant « Homme du XXéme siècle » en 1964 sur l’unique chaine de télévision.
Son livre n’a jamais été réédité ( médiocre succès, peut-être), mais j’ai vu que Fnac.com en vendait un exemplaire d’occase.
Ce livre recense tous les actes de barbarie commis par des français (le volume est assez épais) entre eux ou à l’étranger.
C’est un livre qui se lit à petites doses, il faut pouvoir respirer un peu de temps en temps.
Je viens de terminer le chapitre sur les guerres de religions.
Pfff ! en lisant ça on se dit que Daesh joue vraiment petit bras et que ses massacres sont homéopathiques.
C’est un livre d’érudit plutôt que d’historien ; Les érudits sont souvent des amateurs méprisés par les universitaires, mais ce livre mériterait vraiment d’être réédité.
Il pourrait être le fondement d’une bonne méditation sur l’Identité Française.

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Comme un avion sans ailes

photo narcisse mars 2015  copieLe crash de l’A320 dans les alpes me parait un évènement proprement tragique, au sens où tous les efforts que l’on fait pour éviter une catastrophe ne servent qu’à la précipiter.
Le co-pilote avait subi les tests psychologiques servant à éviter un comportement irrationnel en vol.
Il était dépressif, mais les tests ne pouvaient manifestement pas déceler à quel point.
Impossible de prévoir un raptus suicidaire.
Les règlements de sécurité sont faits pour éliminer les pilotes présentant un danger, mais que doivent en penser ceux qui sont ainsi privés de leur métier ?
Le co-pilote avait des problèmes de vue, assez graves, probablement, pour lui faire perdre sa licence.
IL a menti à ses employeurs pour conserver son travail, mais il savait que cela ne tiendrait pas longtemps.
Sa dépression fut le grain de sable qui a transformé des précautions de sécurité (y compris la fameuse porte blindée) en machine infernale précipitant 150 personnes dans la mort.
Désespéré de perdre sa licence le co-pilote a fracassé son avion contre la montagne.
On cherche un coupable, mais c’est la conception même du système (élimination des inaptes sans possibilité de reconversion) qui a produit le drame.
Heureusement, les pilotes de ligne, formatés à être obsessionnels, sont rarement suicidants.
Cette pensée me permettra de reprendre l’avion avec l’esprit tranquille.

Un narcisse pour le narcissisme blessé du co-pilote et pour ses malheureux passagers.

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