Archive for juillet, 2018

Rèves

Il fut un temps où je faisais des rêves conscients.
C’est à dire des rêves dans lesquels j’étais conscient que je rêvais.
Je ne sais pas à quoi ça correspond du point de vue neurologique.
Je me souviens que, dans un rêve, je me trouvais sur le toit de la maison de mes grand-parents.
Je me disais  » je ne risque rien si je saute, puisque c’est un rêve. »
J’ai sauté et j’ai touché le sol comme une plume.
Je me disais, dans ces rêves que je ne risquais pas de mourir en réalité si je mourais en rêve.
Et puis, un jour, l’idée m’est venue, toujours en rêve que je pouvais bien mourir en réalité si je mourais en rêve.
L’idée a provoqué une giclée d’adrénaline qui m’a immédiatement réveillé.
Par la suite il m’est arrivé de mourir en rêve (non conscient) et je ne m’en porte pas plus mal.
Une autre fois, j’étais dans la maison de mes grands-parents et puisque le rêve constituait une image de mon inconscient
J’ai décidé de tenter d’en connaitre les profondeurs et, fort logiquement, j’ai pris l’escalier qui descendait à la cave.
Hélas il n’y avait que de la poussière et un grand placard mural qui avait autrefois contenu la vaisselle de la maison.
Vide.
Aujourd’hui de ne fais plus de rêves conscients mais je me bat dans mes rêves.
Il m’est même arrivé de me retrouver assis au bord du lit, toujours endormi.
Mes nuits sont plus agitées que mes journées.

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L’Ambassadeur et l’humoriste

Dans son dernier commentaire Sarah Abraham m’a envoyéun lien sur la réponse faite par l’humoriste américain Trevor Noah à l’ambassadeur de France qui critiquait sa chronique portant sur la victoire des bleus au mondial de foot.
L’affaire a provoqué des réactions puisqu’andréa lui-même écrit une note sur le sujet.
Hélas, quand on est ambassadeur de France on devrait se contenter de débiter poliment la langue de bois officielle et ne pas aller se frotter à un humoriste américain : on est sûr de se faire ridiculiser.
L’humoriste avait dit : « Je suis tellement content, l’Afrique a gagné la coupe de monde . »
Par cette métonymie géographique, l’humoriste voulait dire que les joueurs français étaient noirs.
L’ambassadeur, choqué, l’a accusé de nier l’Identité Française.
L’Américain ne comprend pas : « Pourquoi ne pourrait-on pas être à la fois français et africain ? »
Pourquoi ? Parce que c’est la Loi (française).
Elle ne reconnait que deux cas de figures possibles : Soit on est français, soit on n’est pas français.
Et c’est tout.
Bien sûr on peut se sentir à la fois français et africain, comme à la fois français et alsacien, français et basque, français et algérien.
La loi accepte même que l’on possède officiellement une double nationalité, mais elle n’en tient pas compte ; Toutes ces choses ressortissent d’une sphère strictement privée.(d’où le tollé provoqué par l’ex-président Hollande quand il a proposé de déchoir de leur nationalité Française les terroristes islamiques binationaux. Proposition qui lui a coûté sa réélection parmi les gens de son propre parti.)
L’ambassadeur ajoute « Le passé riche et divers des joueurs et le reflet de la diversité française »
vous avez dit « diversité «  ?
C’est une valeur de fraîche date, le temps n’est pas si lointain où l’on obligeait un enfant breton ayant parlé breton à l’école à porter un sabot autour du cou.
Evidemment, avec les noirs (dont la présence en France est bien le résultat du colonialisme français) c’est plus difficile à faire car ils portent leur sabot (leur couleur de peau) en permanence.
On s’est donc résigné à parler officiellement de « diversité » alors qu’on s’était acharné jusque là à écraser les diverses identités régionales des français.
Car la France n’est pas un pays « ethnique » mais la réunion politique de peuples divers.
Evidemment cela n’empêche pas le racisme, répandu comme une peste sourde dans la population.
Et là, ce n’est pas une conséquence de la colonisation, il existait, bien avant, elle un « racisme » intra-français entre les diverses populations.
Bon en France, c’est un peu comme aux Etats-Unis, à ceci près que l’Etat Français n’a jamais été institutionnellement raciste.
Je pense que c’est à peu près ça que voulait dire l’ambassadeur.
Je me rends compte que je n’ai pas parlé des fleurs qui illustrent ce trop long article, photographiées au cours d’une balade en Andorre.
La première, la bleue, est une gesse, une sorte de haricot.
La seconde, je la voyais pour la première fois est un vératre blanc. Une plante très toxique employée à l’époque baroque comme purgatif radical.
C’était de la médecine pour les pauvres.
Les riches étaient soignés avec de l’or potable ou des perles dissoutes dans du vinaigre, les pauvres avec des herbes médicinales mais à des doses à faire délirer un cheval.
La troisième, enfin est la fructification d’une anémone jaune, déjà défleurie à cet étage montagnard.

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Migrations

Donc, comme je l’ai déjà dis, plus on monte dans la montagne, plus on remonte dans la saison.
La route pour aller en Andorre nous ramène du mois de juillet aux environs du mois d’avril.
C’est encore le printemps là haut et la saison de floraison des orchidées.
Celles qui sont les plus visibles sont les dactylorhizas.
Oui mais lesquelles ?
est-ce les « maculatas » ou les « incarnatas » ou d’autres ?
Je m’y perd. Elles ont des espèces nombreuses et une forte tendance à s’hybrider entre elles.
Les orchidées sont au règne végétal ce que l’homme est au règne animal, soit ce que la l’Evolution a produit de plus moderne.
Et justement, de nouvelles découvertes archéologiques sur le site du Debel Irhoud, au Maroc, font remonter les débuts de notre espèce à 300 000 ans soit 100 000 de plus que ce que l’on pensait jusqu’alors.
Mais cette découverte modifie aussi ce que l’on pensait de la façon dont notre espèce a émergé.
Au lieu d’une petite évolution tranquille d’une population habitant la vallée de l’Afar en Afrique de l’est, on commence à se rendre compte que les pré-sapiens se déplaçaient dans toute l’Afrique (le Sahara n’existait pas) et que notre espèce pourrait bien être le résultat de métissages de plusieurs populations, chacune apportant sa mutation à ce qui allait devenir l’Homo Sapiens.
Au contraire de nos cousins les singes, nous ne sommes pas liés à un biotope particulier.
Nous nous adaptons aux différents paysages ce qui nous permet de satisfaire à ce prurit de déplacements qui semble bien être une caractéristique majeure de l’Humanité.
Nous avons parcouru l’Afrique dans tous les sens pour finalement en sortir et arriver jusque sur la lune.
Les orchidées aussi se retrouvent dans presque tous le biotopes même si elles sont obligées de changer d’espèce pour s’adapter.
La migration est à l’origine de notre espèce, raison de plus de respecter les migrants.

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Fraternité

Il n’y a pas beaucoup de bonnes nouvelles venant des institutions ces temps-ci.
Bonne occasion, donc de saluer une décision récente du Conseil Constitutionnel qui consacre clairement la constitutionnalité du « Principe de Fraternité », troisième terme, un peu oublié dernièrement, de notre devise nationale
Le Conseil a donc censuré (en partie) les lois scélérates qui faisaient de l’aide désintéressée apportée aux migrants un délit de solidarité.
Mais je dois avouer que j’ai été très surpris de cette décision.
Les politiques attentifs aux sondages d’opinion ont fait tout leur possible pour accueillir le moins de migrants possible dans le pays (alors que ce dernier n’était pas leur destination principale) pour répondre au refus de la population de les recevoir.
D’après les études les plus sérieuses, le coœur des peuples sèche en vieillissant.
C’est donc, je pense, parce qu’ils ne sont pas élus que les « sages » du Conseil Constitutionnel on eu le courage de rappeler au « Peuple » ses propres valeurs.
Bon, les associations d’aide aux migrants pourront se prévaloir du principe de Fraternité devant les tribunaux.

Pour les fraternels ,ceux dont le cœur n’a pas encore séché, après un ciel d’orage, voici le retour des roses de Juillet.

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Handicapé

Vers le milieu du mois de Juin, Sylvère avait trouvé un travail (un cdd) dans une imitation de Bar-Brasserie située dans un centre commercial de la banlieue.
Il avait été embauché à temps plein mais la Médecine du Travail a débarqué au bout de quelques jours pour avertir le directeur qu’il ne devait travailler qu’à temps partiel.
Je dois dire que je n’aurais jamais cru la médecine du travail aussi réactive, là, les fonctionnaires m’en ont bouché un coin.
Bref, son directeur s’est occupé de faire modifier son contrat de travail en lui disant qu’il lui téléphonerait dès qu’il aurait reçu les papiers tout en l’assurant qu’il comptait bien le garder.
Voyant qu’il n’appelait pas, Sylvère l’a rappelé plusieurs fois mais son dossier n’était toujours pas arrivé.
Finalement il a reçu une fiche de paye concernant la quinzaine où il avait travaillé.
C’est en téléphonant pour demander comment il pouvait toucher son salaire qu’il a appris qu’il était renvoyé.
Le DRH de la société a décidé qu’il était beaucoup trop risqué d’embaucher un handicapé et que, de toutes façons les papiers pour ce genre d’embauche étaient beaucoup trop compliqués à faire.
Si ce n’est pas de la discrimination à l’embauche c’est vachement bien imité !
Sylvère a juste demandé si le DRH était une femme et il c’est avéré que c’était le cas.

Alors quelques fleurs de laurier-rose pour la dame (c’est une plante toxique)

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Pégagogie

Le temps s’écoule à une vitesse effrayante.
Je n’ai pas vu passer les mois de Mai et Juin.
Aussi, pour la fleur de cette note je reviens un peu en arrière avec cette primevère  » bonnet d’évêque » que j’ai photographiée au début du mois de Juin.
la grogne du jour porte sur un mot très utilisé par nos politiques ; le mot « Pédagogie ».
Le gouvernement demande aux gendarmes de faire de la « pédagogie » auprès des automobilistes à propos de la baisse de la vitesse à 80 Kmh sur les routes secondaires.
C’est un exemple, j’aurais pu en choisir d’autres à propos d’autres réformes.
Il faut savoir que le mot » pédagogie », issu du Grec signifie : « Education des enfants ».
Ce qui veut dire que le gouvernement nous prend pour des enfants qu’il faut instruire (du bien-fondé de ses réformes)
Pourtant dans l’exemple cité on comprend assez vite : Je veux bien convenir qu’abaisser la vitesse limite fera qu’il y aura moins de morts puisqu’il parait que c’est la vitesse qui est la cause des morts et non le mauvais tracé ou le mauvais entretient des routes.
En fait il y aura aussi davantage d’infirmes à vie qui auraient été tués dans un accident plus violent.
On sait bien pourtant que le meilleur moyen d’éviter des morts c’est d’améliorer les infrastructures comme le prouve le fait qu’il y a moins de morts sur les autoroutes.
Seulement voilà, ça coûte un pognon de dingue alors que l’abaissement de la vitesse ne coûte que le changement des panneaux indicateurs.
C’est là que la Pédagogie ressemble sacrément à la Démagogie.

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