Archive for novembre, 2020

Pensées d’hiver

Les pensées sont les fleurs de l’hiver.
Leur bleu mélancolique garnit maintenant tous les bacs à fleurs de la ville.
Ce n’est pas une couleur propre à répandre la gaité surtout devant le café fermé pour cause de confinement.
J’avais l’habitude d’aller prendre un café aprés avoir acheté mes cigarettes, maintenant je fume mon cigarillo assi sur un banc intégré au bac à fleurs en contemplant les pensées.
Mes propres pensées prennent un tour un peu chagrin, je songe au joueur de rugby mort il y a quelques jours à l’âge de 48 ans.
Je poste de lui une photo tirée d’un calendrier des « Dieux du Stade » auquel il a participé pendant plusieurs années.
Les joueurs de rugby tiennent une bonne place dans mon érotique personnelle mais si, en plus, ils sont intelligents et sympathiques comme l’était Christophe Dominici ils gagnent presque le rang de héros.

Les circonstances de sa mort, il a fait une chute de vingt mètres depuis le toit d’un bâtiment désaffecté, font fortement penser à un suicide.
Le suicide est toujours une sorte de scandale parce qu’il est difficile d’en comprendre les motifs.
On dirait que le suicidant cherche à trouver une solution en dynamitant le problème.
Restent les vivants, consternés par ce refus de la vie.
Et restent aussi les photographies qui nous permettent de contempler son image et de penser à lui avec tendresse.

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Les kakis

Les vents d’automne ont emporté le feuillage des plaqueminiers.
Il ne reste que leurs branches ployant sous le poid des fruits ; les kakis.
On en voyait sur les tables, quand j’étais petit, au moment de Noël.
Fruits d’hiver, on disait qu’ils étaient consommables quand le gel leur avait passé dessus.
Je ne les ai jamais beaucoup aimés ; Je leur touvait un goût douçâtre, un peu écœurant.
Au fond, je les préfère sur l’arbre où ils donnent une impression d’abondance.
Le soir où j’ai pris ces photos le ciel était d’une pureté parfaite, dorépar le soleil juste couché.
Pas un nuage, pas une seule trainée d’avion, le seul objet visible était le mince croissant de la lune montante tel qu’on peut le voir dans les tableaux de Caspar David Friedrich où il est le sympbole du Christ.
L’ensemble était paisible comme le souvenir d’un temps disparu.

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Petits croquis


Et voilà le confinement recommence : plus de visites et plus de Mourad.
Seule éclaircie dans toute cette grisaille, mon fils cadet, Manu, m’a téléphoné pour prendre des nouvelles.
Nous avons discuté un moment et je lui ai demandé comment il vivait son confinement.
Il le vit bien et en profite pour travailler son dessin.
Il m’a appris qu’il avait participé au challenge « inktober » qui consiste à publier un dessin par jour pendant le mois d’Octobre (ink+ october) sur un thème donné.
Du coup il m’a envoyé tous ses dessins.
J’en ai sélectionné deux qui me paraissent bien convenir à la situation actuelle
Le premier pour la façon de se confiner (thème « hide ») et le second pour évoquer les sentiments que j’éprouve vis à vis du Virus (thème « rodent »)

J’aime bien ces croquis de mon fils surtout compte tenu du fait qu’il faut en publier un par jour. Ces deux là sont ceux qui me plaisent le plus.

Ceci dit, je ne suis pas assez fort en dessin (mon fils est nettement plus fort que moi ) pour pouvoir juger réellement de leur qualité mais j’ai pensé qu’ils valaient la peine d’être montrés sur mon blog.

Bon, je vais être franc : je suis assez fier de lui.
Décider d’avoir des enfants est toujours un pari sue l’avenir et je suis de tout cœur avec ceux qui ont des difficulté ou même qui considèrent que ce pari est perdu.
Je n’ose penser que leur mère et moi avons donné à nos enfants une éducation qui puisse leur permettre de s’en sortir dans la vie ou si nous avons eu de la chance dans ce domaine mais je dois reconnaitre que mes enfants ne m’ont apporté que des satisfactions et de la fierté.

Quelques roses rouges qui bravent vaillamment la diminution de la lumière et que je leur dédie.

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Un rendez-vous manqué

J’avais prévu un rendez-vous, toujours le même, celui de la Toussaint, avec mes chers disparus : mon frère, ma mère et, accessoirement mes grands parents paternels.
Le genre de réunion de famille où l’on ne risque pas de contracter le Covid.
J’avais prévu des chrysanthèmes d’une jolie couleur parme.
Je me serais recueilli quelques instants devant leur dernière demeure en me demandant ce que je fichais là mais non sans noter au passage que le bouquet de chrysanthèmes de ma belle-sœur était beaucoup plus gros que le mien.
Puis, je serais allé voir ma belle-sœur qui m’aurait offert un café avec une part de gâteau et les potins de l’année passée à Tarbes

Raté !
Le nouveau confinement a ruiné ce beau programme car la dernière demeure de mes chers disparus est à 140 Kms de ma demeure à moi.
Je me suis contenté de téléphoner à ma belle-sœur.
Le gâteau m’est passé sous le nez mais j’ai tout de même eu droit aux potins.
c’est étrange, j’ai l’impression qu’elle me parle de gens que j’aurais connus dans une vie antérieure.
Ma belle sœur est tout ce qui me reste de mes ascendants et collatéraux, tout les autres sont morts.
Cela me donne l’impression d’être tout seul sur un promontoire étroit.

Et, au fait, que faire du pot de chrysanthèmes prévus pour l’occasion ?

Ah j’ai trouvé ! je vais les mettre dans le jardin, sur la tombe de Chi-chi notre premier chihuahua dont la mort a tant affecté Sylvère.
Après tout, l’affection qu’il nous manifestait mérite bien aussi un tendre souvenir.

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