Archive for novembre, 2012

Le fil interrompu

La terre retournée n’est pas photogénique, alors, j’ai préféré montrer cette orchidée vendue par le fleuriste.
Pourtant, c’est le sol qui m’occupe en ce moment, j’ai les doigts pleins de terre.
C’est un des bons moments pour nettoyer le jardin.
Les iris sont envahis de chiendent, je les arrache, j’enlève tout le chiendent que je peux, et je les replante.
Ce n’est pas le moment le plus agréable du jardin, je dérange d’énormes vers de terre, mais il y en a que mon travail intéresse : en me retournant je surprend le merle et le rouge-gorge perchés dans la haie et attendant patiemment que je finisse pour s’occuper des vers.
Du coup, je vais me faire un café et fumer une cigarette, histoire de les laisser s’empiffrer.

Et voilà ! j’avais commencé cette note dans la sérénité du jardin mais quelque chose est venu interrompre le fil paisible des travaux.

Le frère de Sylvère a été victime d’un AVC.
Les premières informations que nous avons eues laissaient penser que c’était trés grave.
Sylvère était effondré la nouvelle le renvoyait à ses propres souffrances et il était désespéré de penser que son frère allait souffrir ce qu’il avait lui-même souffert.
J’ai tenté de le réconforter de mon mieux, mais il ne se calmait que pour fondre en larmes à nouveau.
Finalement, au bout de deux jours, nous avons pu aller le voir dans le service de soins intensif où il est soigné.
Je pensais le trouver dans le coma mais il s’était réveillé.
Quand les deux frères se sont vu ils ont fondu en larmes tout les deux.
C’était un moment difficile, mais son frère était conscient, même s’il ne pouvait presque plus parler, il comprenait ce qu’on lui disait.
Son état reste cependant grave.
Il faut attendre pour le moment.

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Travaux d’automne.

Il ne reste plus beaucoup de fleurs dans le jardin, mais les violettes commencent à montrer le bout de leur nez (si tant est qu’elles en aient un).
Il en est de même pour ces pensées noires qui apparaissent à l’improviste tantôt ici, tantôt là.
Aujourd’hui il pleut à verse et je n’ai pas eu le courage de sortir au jardin.
Pourtant il me reste du travail.
J’ai changé de place des rosiers étouffés par les faux lupins bleus et je les ai remplacés par des variétés plus hautes et plus robustes.
J’ai refait entièrement une platebande de bulbes d’étés à laquelle je dois encore ajouter les pyrèthres roses que j’ai semés.
Je dois encore déplacer deux pieds de gauras qui se sont ressemés tout seuls.
Et je dois boucher un trou dans le grillage que titou, la plus petite des deux chiennes, a trouvé et qu’elle utilise pour s’échapper du jardin.
Heureusement des personnes de bonne volonté la ramènent chez le vétérinaire qui nous téléphone pour que nous venions la récuopérer.
J’ai aussi déplacé des géraniums roses, un peu étouffés par les anémones du japon.
Et je bèche l’arrière du jardin : je me suis aperçu que cetaines plantes ne se développaient pas parce que le sol dans lequel je les avait plantées était trop dur et compact.
Ce sont les travaux d’automne.
Je n’ai pas beaucoup de temps pour les faire, bientôt le sol sera trop imbibé d’eau et la terre ne s’émiettera plus.
J’avais encore d’autres projets mais je ne sais pas si j’aurai le temps de les réaliser : planter un framboisier et une pivoine en arbre.
J’aime beaucoup mettre les mains dans la terre mais pas dans la boue

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Fleurs de saison

Comme tous les ans, pour la Toussaint, je suis allé rendre visite à mon frère, enfin… à sa tombe.
Cette année, je n’avais pas trop envie d’y aller.
Tarbes a beau être l’un de ces non-lieux comme Vierzon ou Vesoul, chantés pat J. Brel, j’y ai quand même des souvenirs et je craignais de m’y confronter.
Mais, finalement…, j’y suis allé.
J’ai apporté des chrysanthèmes pomponette.
Dans ma jeunesse il n’existait que de gros chrysanthèmes, dits chrysanthèmes des fleuristes que je n’aimais pas trop, mais je suis tombé amoureux des chrysanthèmes à petites fleurs dès qu’ils sont apparus sur le marché.
J’avais choisi des fleurs jaunes bien dignes de leur nom : fleur d’or (chrysos=or, anthos=fleur ) en grec.
J’ai trouvé sur la tombe une jardinière d’autres chrysanthèmes pomponettes déposée par ma belle soeur, ce qui m’a permis de caler mon propre pot à l’abri du vent qui soufflait à effeuiller un chrysanthème.
J’ai, comme à l’habitude dit quelques mots à mon frère bien que je sache qu’il n’y ait personne dans la tombe.
Rien que des os et des planches de cerceuil dont j’espère qu’elles pourissent tranquillement.
Quelque chose m’agace dans cette habitude d’inhumer d’énormes cerceuils, je préfèrerais qu’on se contente, comme au Magrheb, d’enterrer les morts dans un simple linceul.
Moi qui aime tellement mettre les mains dans la terre, je préfèrerais m’y dissoudre lentement.
Quelques fleurs, donc, sur la tombe ; je me souviens de l’enterrement :
Le cerceuil a été descendu, puis l’on a remis la dalle en place et nous avons vus arriver les fleurs : des couronnes, une, deux, trois, puis dix, vingt, trente, et ça continuait d’arriver, la tombe était entièrement recouverte, les couronnes occupaient toute l’allée, envahissaient les tombes voisines ; On se serait cru dans une pièce de Ionesco.
Il s’est mis à pleuvoir, comme il est décent pour la Toussaint.
J’ai fait un dernier salut au souvenir de mon frère.
L’année prochaine, celà fera dix ans qu’il est mort et il me manque toujours.
Pous je suis reparti, j’avais rendez-vous chez ma belle-soeur où m’attendaient un café et des gâteaux de chez le patissier.

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