Archive for juin, 2012

Canicule

Il fait trop chaud.
J’aurais des trucs à faire dans le jardin mais je chôme.
Justement « chômer » vient du verbe latin « caumare » qui veut dire : « arrêter de travailler parce qu’il fait trop chaud ».
Le latin est une langue concise, fort utile quand il fait tellement chaud qu’on n’a même plus la force de parler.
Je suis vautré sur un fauteuil en plastique et je viens de finir mon verre d’eau glacée.
Les chatons dorment affalés de tout leur long à l’ombre de la table du jardin.
Il y en a un qui rève. Je vois bouger ses oreilles, sa queue et le bout de ses petites pattes avec de petits mouvements saccadés.
A quoi un rève de chaton peut-il bien ressembler ?
Dans la plaine on moissonne le blé.
Les machines avancent comme de gros insectes lents et voraces.
Derrière les moissonneuses s’abat un vol de pigeons et de tourterelles fort occupés à se remplir le jabot.
Toutes les graines tombées au sol sont pour eux.
Vu la taille des tiges de blé, la moisson sera bonne cette année.
Bon sang, qu’est-ce qu’il fait chaud !

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OGM bt (2)

Cette fois, c’est sous les auspices de ces belles pivoines de Chine que je vais parler d’un autre OGM BT : le coton.
Le coton BT est conçu sur le même principe que le maïs BT dont je parlais dans ma note précédente.
Mais pour ce qui est du coton, on n’a pas à attendre la catastrophe agricole : elle a déjà eu lieu.
En Inde les rendements des champs de coton qui n’ont, d’ailleurs, jamais été à la hauteur des espérances se sont dramatiquement effondrés.
A tel point qu’on a dû intensifier les épandages de pesticides pour sauver ce qui restait des récoltes, ce qui est quand même un comble.
En Afrique on a même procédé à l’arrachage des plants de coton transgénique, leur présence ayant apparemment provoqué, outre la résistance du ravageur ciblé par la toxine Bt, l’apparition de ravageurs nouveaux.
La situation est telle que l’entreprise qui produit et commercialise le coton BT a été obligée de reconnaitre l’échec de son produit.
Mais, pour tenter de vaincre la sélection naturelle cette dernière propose un nouvel OGM qui synthétisera DEUX insecticides.
Bien sûr ces nouvelles semences seront plus chères que les anciennes qui étaient déjà beaucoup plus chères que les semences non transgéniques.

Petits malins !

Il y a, cependant un contre-exemple : celui de la Chine.
Les chinois semblent fort satisfaits de leur coton BT qui occupe 95% de la production des provinces du sud ouest.
Alors, pourquoi le coton Bt est-il efficace en Chine alors qu’il est catastrophique en Afrique et en Inde ?
Rappelons, pour mémoire, que les chinois se sont approprié les techniques de manipulation génétiques et produisent leur propres cotons BT sans avoir à dépendre le la puissante multinationale qui règne sur les autres pays.
Ils ont élaboré des centaines de variétés différentes de coton BT adaptées aux différents climats du pays.
Mais la différence fondamentale réside dans l’organisation des cultures.
En Afrique, en Amérique et en Inde, le coton est cultivé sur de vastes espaces dévolus à la monoculture de cette plante alors qu’en Chine les champs de coton de taille petite à moyenne sont intégrés dans un ensemble de cultures diversifiées (maïs, légumes, soja, arachide) non transgéniques qui jouent le rôle de réserves de biodiversité et ralentissent ainsi la sélection de ravageurs résistants car ces derniers se développent aussi sur elles.
Mais il y a plus : des études récentes ont montré que l’abandon des pesticides a provoqué, tant sur les champs de coton qu’aux alentours, une importante augmentation de la population des auxiliaires.
Les auxiliaires, ce sont toutes les petites bestiolles carnivores: coccinelles, chrysopes, araignées, qui dévorent les chenilles des ravageurs sur le coton comme sur les plantes voisines au point d’arriver à maintenir une production satisfaisante pour le cultivateur.
La sélection naturelle se déroule toujours au sein d’un milieu (un écosystème) et ses effets peuvent être trés différents dans le milieu écologiquement trés pauvre d’une monoculture ou dans le milieu riche et écologiquement plus complexe de la polyculture.

Ce n’est dont pas tant l’OGM en lui même qui est responsable des catastrophes que le mode d’agriculture industrielle, pour lequel, il avait pourtant été pensé mais qui démultiplie ses effets secondaires néfastes.

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OGM bt (1)

Cet iris de Hollande « oeil de tigre » est le dernier de la saison à fleurir.Je le met là pour sa beauté, mais il est sans rapport avec le sujet de mon post.
Je voulais continuer à parler des OGM
Il existe une bactérie, bien connue des jardiniers : le bacille de thuringe (bacilleus thuringensis) qui produit un insecticide naturel, utilisé en agriculture biologique, auquel sont sensibles les lépidoptères, les papillons.
Or, un papillon, justement : la Pyrale du maïs est le principal ravageur de cette culture : ses chenilles dévorent les racines de la plante et la font mourir.
L’idée était donc de prélever sur le bacille le ou les gènes qui produisent cet insecticide et de les introduire dans le génôme du maïs afin de lui faire produire lui même l’insecticide, ce qui permettrait de se passer de pesticides.
Opération réussie avec un beau succès : le maïs BT (BT pour bacillus thuringensi)
Et quelques inquiètudes, pour l’environnement, l’insecticide ainsi produit massivement risquant de se retrouver dans les rivières comme un vulgaire pesticide et de tuer d’autres espèces de lépidoptères, utiles celles là.
Sans parler du fait que le bétail qui consomme le maïs consomme aussi l’insecticide sans que l’on sache quels en sont les effets à long terme.
Mais c’est aussi là qu’on s’aperçoit que produire ce genre d’OGM, ce n’est qu’introduire une carte de plus dans le jeu de la sélection naturelle qui continue à fonctionner en intégrant ce nouvel élément.
En l’occurence, une trés faible quantité de pyrales est résistante à l’insecticide et donc, comme le maïs BT tue toutes les pyrales non résistantes il ne restera bientôt plus que les pyrales résistantes qui vont se développer et réduire à néant l’effet de l’OGM.
On se retrouve dans la même situation qu’avec les bactéries résistantes aux antibiotiques.
Consciente de ce danger, la société qui produit cet OGM recommande aux cultivateurs de ne pas dépasser une proportion de 25% de maïs BT dans les semis.
Recommendation qu’évidemment les cultivateurs ne respectent pas, allant jusqu’à des proportions de 60%; d’OGM dans les semis.
Tout est donc en place pour la catastrophe annoncée.

Ce post est déjà trop long mais je parlerai dans la suivant d’un autre OGM BT

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Pulsatilla vernalis

Cette jolie fleur jaune est une anémone pulsatille (pulsatilla vernalis ) photographiée en montagne en même temps que la gentiane.
Je ne la connaissais pas et je n’avais jamais vu d’anémone jaune.
Il faut dire que je n’étais jamais allé en haute montagne si tôt dans la saison.
Elle fleurit, comme les autres pulsatilles, au tout début du printemps et, en montagne, plus on monte haut, plus on recule dans la saison.
En juin, alors que la neige vient juste de fondre, on trouve là haut des fleurs qui fleuriraient en plaine vers le mois de mars.
Et comme je suis toujours allé en montagne en juillet, je ratais ces floraisons, sauf à monter trés haut prés de l’étage alpin, celui où il n’y a plus que de la roche et de petites plantes tapissantes.
Du coup, celà m’a donné envie de retourner en balade dans la montagne.
Je manque d’entrainement car je n’y suis plus retourné depuis quelques années.
Comme je logeais alors chez ma mère et que maintenant elle est presque aveugle et qu’elle va sur ses 93 ans, je n’ai pas envie de la déranger.
Or, si l’on veut bien profiter de la montagne, il faut partir tôt le matin pour éviter d’avoir à monter à la rage du soleil.
Je vais quand même essayer de voir ce que je peux faire pour tenter une escapade ; la montagne est un si beau jardin.

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Le plus beau bleu du monde

Parfois je rève à ce que je pourrais faire si j’étais biologiste spécialiste des OGM.
Au lieu de faire des chimères futiles comme le maïs BT de Monsanto je révais de créer une rose bleue.
J’ai appris que je n’étais pas le seul : Les Japonais l’ont fait ! Ils ont créé une rose bleue qui, parait-il, est déjà sur le marché au Japon.
Hélàs ! ils ont choisi d’ajouter à la rose qui ne possède pas de gène synthétisant la couleur bleue, le géne d’une campanule.
Alors que moi, j’aurais choisi de prélever ce gène sur la gentiane bleue.
Le plus beau bleu du monde !
J’ai photographié celle ci hier alors que nous étions parti faire des courses en Andorre.
J’ai toujours été fasciné par le bleu des gentianes trés proche du bleu primaire avec un soupçon de violet.
Je pense qu’une rose de cette couleur aurait vraiement eu de l’allure.

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Iris laevigata

Cet iris (iris laevigata) est un iris d’eau qui vient de sibérie.A ne pas confondre avec l’iris de sibérie qui est violet.
Il pousse sur des terres fréquemment inondées.
Non que les pluies de printemps aient inondé le jardin à ce point, mais je me suis fait une petite toubière.
J’ai enterré la petite baignoire en plastique des enfants ( ils sont trop grands maintenant) et je l’ai remplie de tourbe.
L’eau de pluie reste au fond,maintenant l’ensemble bien humide.
J’ai mis un peu d’engrais et j’y ai planté des plantes de marécage : iris, primevères du japon, trolles, fritillaires.
Cet iris là a mis un peu de temps à s’intaller mais il a fleuri cette année, preuve qu’il se sent bien là où il est.
J’ai toujours rèvé d’avoir de l’eau dans le jardin, mais je n’ai jamais pu réaliser ce rève.
J’étais en admiration devant les petits torrents de montagne parés de fleurs ravissantes ; boutons d’or et orchidées.
Cette tourbière de jardin me console un peu du manque de ruisseau.

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Dépénaliser le cannabis ?

Comme, dans mon jardin, je ne cultive pas d’herbe qui fait rire, je me contenterai de montrer des graminées en fleurs.
C’est un genre de fleurs qu’on remarque peu, en général mais qui ont leur charme.
Sans compter qu’elle sont parfois, comme l’avoine vivace de la première photo, particulièrement difficiles à photographier avec les appareil à autofocus modernes qui ont une forte tendance à faire la mise au point sur le fond et non sur l’objet au premier plan.
A propos de mise au point, les campagnes électorales que nous venons de vivre (pardon… auxquelles nous venons d’assister) nous auront largement abreuvés de polémiques futiles.
La campagne présidentielle aura soulevé la question du droit de vote des étrangers non européens aux élections locales, et la campagne législative aura vu ressurgir le problème de la légalisation du cannabis.
Ayant, moi-même fumé du cannabis deux ou trois fois, il y a longtemps et m’en étant trouvé fort bien, j’étais assez sensible aux arguments des défenseurs de la légalisation.
Nottament sur le fait que le coût de la répression est disproportionné par rapport au problème de santé publique que celà représente.
Sans compter le fait ( que les partisans de la dépénalisation ne mentionnent pas) que l’Etat pourrait toucher des taxes sur la vente, comme sur l’alcool et le tabac, en vertu du principe du puritanisme moderne qui veut que la Vertu soit la maquerelle du Vice.
Un point me retenait cependant : Le célèbre docteur Olivenstein, phychiatre à Marmottan, qui s’occupait des drogués ( il ne s’était pas autoproclamé « addictologue » comme il est de mode en ce moment ) était hostile à la dépénalisation au motif que les petits jeunes avaient besoin, pour se construire, d’une interdiction à trangresser et que, si l’interdiction du cannabis venait à leur manquer, ils se tourneraient vers les drogues dures aux dangers autrement plus graves.
Celà m’amusait de penser que l’unique fonction d’une interdiction était d’être trangressée et j’étais sensible à ses arguments.
Hélàs, l’usage du cannabis s’est tellement banalisé que, pour parler comme les jeunes, le cannabis en tant que trangression, c’est mort.
Le non moins célèbre docteur urgentiste Patrick Pelloux déclarait l’autre soir, à la télé, que le gros probléme de santé publique actuel était constitué par la cocaïne et l’héroïne, confirmant les craintes de son éminent collègue.
D’autant plus, expliquait-il, que les dealeurs, qui ont, tout autant que d’autres, l’Esprit d’Entreprise, distribuaient gratuitement à diverses occasions festives, du cannabis auquel ils avaient mélangé de la cocaïne ou de l’héroïne pour attirer les consommateurs vers un marché plus rentable pour eux.
Alors faut-il dépénaliser l’usage du cannabis ? Je crains bien que, quelle que soit la réponse, le résultat, en termes de santé publique ne soit strictement le même !

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Sans rime ni raison

L’une des premières choses que j’ai faites en arrivant dans ce jardin a été de planter un seringat.
Les fleurs sont simples et sans prétention et leur floraison est assez fugace, une semaine environ.
Mais elles se rattrappent par un parfum particulièrement capiteux et puissant.
C’est surtout pendant les premières nuits tièdes du printemps que l’on peut en profiter.
Si, en plus, il se mélange à celui du chèvrefeuille qui fleurit au même moment, prendre un petit café sur la terrasse, aprés la tombée du jour devient une expérience olfactive des plus délicieuses.
Il est même recommandé de ne pas planter le seringat trop prés des habitations tellement ce parfum peut devenir entêtant.
L’autre soir, ce parfum m’a consolé de ce que j’avais vu un moment avant à la télévision.
Je n’accorde qu’une attention distraite à la propagande officielle télévisée pour les législatives, mais je suis tombé par hasard sur le clip du pati Radical de JL Borloo.
Le clip se terminait par le slogan du parti : « Radical rime avec République. »
Je pense que quelqu’un devrait prendre sur lui d’expliquer, un jour, à JL Borloo et à ses « communiquants » ce que c’est exactement qu’une rime.
J’ai l’impression d’être un vieux con de faire encore attention à ces choses, l’usage de la langue est devenu tellement veule et relâché qu’un parti politique sollicitant les suffrages des électeurs peut se permettre de dire n’importe quoi.
Heureusement qu’il me reste le jardin.

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Il a plu

hier, il a plu comme un bovidé qui se soulage.
C’est gènant lorsqu’il faut circuler mais le jardin apprécie bien. Evidemment celà abîme un peu les roses, mais l’abondance d’eau les amène à refleurir plus vite.
Certaines, cependant, ne feurissent qu’une fois comme le petit (enfin petit…disons à petites fleurs) rosier lianne que j’avais trouvé dans un bois.
Ses fleurs blanches évoquant les églantines, rosissent légèrement quand elles sont fécondées.
Il ne fleurit qu’une fois dans l’année mais produit une superbe gerbe que j’apprécie d’autant plus qu’elle est fugace.
Ceux qui apprécient le plus la pluie sont les légumes. J’ai planté des tomates, des courgettes, des aubergines, rien d’extraordinaire mais de quoi faire des la ratatouille en été, ce qui est bien agréable.
Les merles aussi aiment bien la pluie. Tandis que les mâles s’installent dans le grand cèdre de la place pour chanter, les merlettes s’activent au sol.
A l’endroit où j’ai enfin pu tondre l’herbe, le sol est bien ramolli et les vers de terre en profitent pour sortir la tête du sol.
C’est le moment qu’attendent les merlettes; J’en vois deux sur l’herbe rasée, le bec plein de vers qui pendent de chaque côté.
Elles en font un vrai festin et les petits seront bien nourris.

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Ancolie pompon

J’ai acheté cette petite ancolie blanche en forme de pompon au « Jardin du Morvan ».
Quand elle a fleuri, je me suis rendu compte que la fleur ne correspondait pas du tout à l’illustration du catalogue, cette dernière montrant une forme plus classique.
Bon, la fleur n’était pas laide et je me suis consolé de n’avoir pas eu ce que j’avais imaginé, d’autant plus qu’elle avait une allure insolite au milieu des autres ancolies, tout en restant discrète.
La saison a passé et j’ai ramassé des graines d’autres ancolies pour faire des semis car ce sont des fleurs que j’aime beaucoup.
Les semis sont sortis et, à l’automne j’ai repiqué les pousses à d’autres endroits du jardin.
Mais, ce printemps au moment où les fleurs issues de ces semis ont fleuri, j’ai eu une surprise.
Avec l’aide bienveillante des insectes mon ancolie pompon s’était hybridée avec les autres, produisant des fleurs aux pétales multiples.
C’est la première fois que je vois celà.
Me voilà donc avec des ancolies d’un modèle qu’on ne trouve pas dans les jardineries et qui n’est pas proposé par les grainetiers.
Je suppose que le phénomène à pu se produire chez les autres clients qui ont acheté cette ancolie et je ne suis, donc, sans doute pas le seul à avoir des fleurs de ce modèle.
Mais, tout de même ça fait plaisir d’avoir des fleurs aussi peu courantes.

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