Archive for novembre, 2007

La mort des chiots

photo-fuschia-rose-03-copie.jpgJe met cette fleur de fuschia pour mémoire.
J’ai oublié de rentrer le pot dans la véranda et il a gelé.
Nous n’aurons pas de ménagerie dans la maison, nous avions décidé de ne pas garder les chiots et nous les avons tués.
Sylvère s’est chargé de la sale besogne que je n’aurais sans doute pas été capable d’acomplir moi-même et il en a été malade pendant deux jours.
J’avais beau me dire que, la mère étant un lhassa apso et le père un bouledogue français, les produits risquaient d’être particulièrement laids, j’ai passé ce temps poursuivi par un sentiment de tristesse et de culpabilité.
Pour éviter qu’une telle situation se reproduise, il faudrait faire stériliser la mère, mais celà constitue une dépense importante que je ne peux pas assumer pour le moment.
Pour beaucoup d’adultes de ma génération et des suivantes, il est trés difficile te tuer des animaux.
Alors que ma grand-mère maternelle a toujours acheté les volailles vivantes, de même que les lapins.
Elle les tuait elle-même sans aucun problème et savait aussi tuer les cochons.
J’ai enterré les chiots dans le jardin à côté de l’écureuil.

Sylvère n’a pas voulu que je les jette à la poubelle. Les enterrer leur confère un statut différent de celui de simple détritus.

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Ah la feuille s’envole, s’envole…

photo-feuilles-tas-05-copie.jpgDeux jours de vent d’Autan.
Le vent secoue les arbres jusqu’à les faire plier.
Il fait ressembler le grand chène à une pieuvre atteinte de la danse de Saint Guy.
Il emporte les feuilles et les fait tournoyer en vastes rondes ou en mini tornades éphémères pour les entasser en épais coussins dans les angles morts.
Comme ma maison est un peu en contrebas des autres, c’est moi qui finalement récupère les feuilles.
Quand le vent cessera elles iront sur le tas de compost.photo-feuilles-tas-01-copie.jpg
Avant le vent nous avons eu deux jours de gel qui ont grillé toutes les fleurs qui se maintenaient encore ce qui fait qu’il ne reste plus que les baies comme celles de l’épine vinette.
Celà fait bien l’affaire des oiseaux maintenant que le vent a réchauffé l’atmosphère.
Pendant que je tape cette note, la chienne est en train de faire ses petits.
Nous supposions qu’elle les avait fait avec un caniche abricot, mais le premier est de couleur sombre, Aucun rapport avec un abricot.photo-baies-berb-09-copie.jpg
Finalement, l’heureux père est peut-être le bouledogue français du coin de la rue.
Les chats regardent à distance l’air intéressé. 
C’est vrai que ce chiot ressemble à une souris et ils ont l’habitude de capturer des proies plus grosses que ça.

Sylvère veille sur l’opération, l’accouchement est toujours un moment délicat pour les chiens de cette race.
Je le laisse faire la sage-femme et je vais me coucher.

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Les cheveux blancs

photo-akene-clem-01-copie.jpgMes cheveux sont blancs. Comme les « plumes de cette akène de clématite.
Ca ne date pas d’hier, j’ai aperçu mon premier cheveu blanc dans le miroir du coiffeur de mon régiment à l’âge de vingt cinq ans.
Petit à petit il est apparu une mèche blanche qui a fini par recouvrir toute ma tête.
Je ne suis plus jeune et cet état entraine certaines difficultés.
Par exemple, pour économiser l’essence, j’ai pris un abonnement au bus/métro.
Tous les matins, donc, j’attend le bus qui mène à la station de métro.
Je grelotte dans l’aube glaciale juste éclairée par l’étoile du matin.
J’écoute l’angélus en espérant qu’il restera au moins une place assise dans le bus et je me raconte que je fais du bien à la planète.
Le soir, c’est un peu plus facile, mais je dois veiller à bien sortir à l’heure de mon travail.
La semaine dernière j’ai laissé passer l’heure et j’ai bien failli rater le bus.
J’ai couru en faisant de grand gestes, je conducteur m’a vu (le moteur du bus tournait déjà) et a attendu que j’arrive.
C’est sans doute stupide, mais j’ai trouvé assez humiliant de devoir, à mon âge et avec mes cheveux blancs, courir pour ne pas rater un bus.
C’est de ma faute, certes, je n’ai jamais été doué pour gagner de l’argent, ou je me suis trop laissé aller à la facilité.
Il est trop tard pour se lamenter là dessus.
La bonne chose, quand même, c’est que je suis encore capable de courir, à mon age et avec mes cheveux blancs.

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Ecorce

photo-erig-rosee-03-copie.jpgIl fait encore beau, mais le fond de l’air frâichit de plus en plus.
Pas encore de gelées, cependant.
Le matin la rosée d’hiver emperle tous les végétaux du jardin comme ces petites fleurs d’érigéon.
Les chats restent le plus possible dans la maison, squattant les chaises ou le canapé.
Ils semblent profondément endormis mais il me suffit d’ouvrir la porte du frigo pour les avoir derrière moi comme s’ils avaient surgi du carrelage.
Au jardin c’est le temps d’admirer les écorces.
Celle de ce bouleau s’exfolie en feuillets orangés.
Je ne me souvient plus de son nom, mais il parait quec’est celui dont l’écorce est la plus blanche.photo-ecorce-boul-04-copie.jpg
Je me souviens qu’il m’a fallu trois ans pour l’obtenir.
Trois années de suite je suis allé à la fête des plantes de Villemur voir le même pépiniériste.
La première année pour passer commande, la seconde, pour constater qu’il l’avait oubliée et la troisième pour prendre enfin livraison de mon bouleau.
Il ne pousse pas trés vite, peut-être le terrain est-il un peu sec pour lui, mais il commence a montrer sa splendide écorce.

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Adieu chatons

photo-rose-wil-sh-02-copie.jpgLe temps est gris, mais on peut encore plonger dans le coeur d’une rose.
Aujourd’hui, j’ai donné le dernier des deux chatons noirs.
J’avais donné le mâle, trés câlin, ce mardi et ce matin, un jeune couple est venu chercher la petite femelle.
J’ai prévenu les heureux nouveaux propriétaires qu’elle n’avait l’air de rien mais que c’était une maligne.
De tous les chats que j’ai eu récemment c’est la seule qui saute sur les poignées de portes pour les ouvrir.
Ca m’a pris du temps pour donner ces chatons, je n’ai pu passer d’annonce dans un journal car il aurait fallu que leur mère soit tatouée ou porte une puce (électronique, car pour ce qui est des autres… )
Il y a, parait-il un grand trafic de chats dans le département.
Du coup, je n’ai pu m’empécher de scruter les personnes venues chercher les chatons avec quelque soupçon.
Mais ils m’ont tous paru trés sympathiques.
J’avais, avant de connaitre cette histoire de tatouage, mis une annonce sur internet qui a mis environs un mois à produire un résultat.
Du coup j’avais commencé à m’attacher aux chatons qui avaient chacun une personnalité bien marquée.
C’est à regret que je les ai donnés, mais cinq chats dans la maison celà faisait beaucoup trop.
J’espère qu’ils seront bien chez leurs nouveaux maitres.
 

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Souvenirs d’automne

photo-rose-west-08-copie.jpgIl reste encore quelques roses dans le jardin.
Celles du rosier « Westerland » par exemple, les premières à fleurir au printemps et les dernières à braver l’automne,accordées aux couleurs de la saison.
Ces jours-ci, il fait un temps magnifique.
Le soleil caresse les feuillages et les fruits des cotoneasters ou des pyracanthas.
Quelques floraisons d’hiver se préparent comme celle du néphlier de la Réunion dont les bourgeons pelucheux sont prêts à éclater en petites fleurs blanches au délicieux parfum.
Le début de l’automne est une belle saison.
J’aime ses couleurs mais aussi ses odeurs de feuilles mourantes.photo-bout-neph-01-copie.jpg
C’est un moment bref, quinze jours au maximum. Aprés, les feuilles tombent, leur couleur ternit, et le jardin s’installe dans le repos de l’hiver.
Cette année-ci est particulière.
Je parcours le jardin en remuant des souvenirs.
Le néphlier de la Réunion m’a été offert par un ancien collègue de travail dont je n’ai plus de nouvelles, Le hypéricums viennent de mon ancien jardin de Lavaur, ainsi que le lilas. les sauges viennent de chez une ancienne amie de ma femme.
En fait, j’ai commencé à jardiner quand je suis allé vivre avec celle qui allait devenir ma femme.
J’ai encore des iris jaunes qui datent de cette époque.photo-feuil-erab-01-copie.jpg
Ce sont les souvenirs de toute ma vie matrimoniale qui se nichent ici ou là dans le jardin.
Je pense que j’en transfèrerai quelques uns dans le nouveau jardin, même si, comme les roses, certains sont, pour le moment, couverts d’épines.

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Le voyage de la Toussaint

photo-chrys-26.jpgComme tous les ans, depuis sa mort, je suis allé à Tarbes en ce jour de Toussaint déposer des fleurs sur la tombe de mon frère.
Des chrysantèmes « pomponette » rouges.
J’adore les chrysanthèmes, ces petits-là ont les couleurs de l’automne jaune acide ou indien, bruns rouges plus ou moins foncés, violets et mauves.
Je suis parti, le matin, le ciel était aussi gris que la route, Mais une fois sorti de la ville, je soleil s’est dégagé des nuages, faisant flamboyer les feuillages d’automne, les cotinus, les liquidambars, les chènes rouges, les érables dont la société d’autoroute a parsemé ses talus.
Pour me distraire pendant le trajet j’observe les oiseaux, cette foi-ci un héron cendré dans un pré, les éternelles buses affectionnant pour se poser les piquets verticaux des grillages et même les corbeaux gazouillant en leur patois : Kraaa, kraaa !
En arrivant à Tarbes en entrant dans la ville par mon chemin habituel, j’avise un élément du paysage urbain qui n’était pas là la dernière fois.
Une sorte de tour mince évoquant un peu un clocher, ou plutôt….
Mon regard remonte le « clocher » et, au sommet, à la place de la croix attendue… un croissant !
Un minaret ! c’est un minaret !
Je fais le tour du bâtiment, le corps principal est encore en construction, mais le minaret ne laisse aucun doute, c’est bien une mosquée que l’on est en train de construire.
Les mosquées à minaret sont plutôt rares en France, environs vingt cinq, si je ne me trompe, la première étant la mosquée de Paris construite à l’instigation du maréchal Lyauteyphoto-viola-32-copie.jpg
Je me sens plutôt fier qu’on puisse en construire une dans ma ville natale.
Je suis reparti vers le cimetierre déposer mes fleurs.
Le soleil brillait, il y avait déjà sur la tombe un pot de gros chrysanthèmes blancs et, devant, une petite jardinière de pensées violettes.
Je suis resté un moment devant, j’avais la tête vide et je n’ai rien trouvé à dire à la mémoire de mon frère.
Et puis, je suis reparti vers les vivants.

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