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Invasion

J’avais déjà écrit une note sur le sujet mais elle s’est perdue dans le naufrage de mon ancien blog sur 210six, c’était au moment de la sortie de « la guerre des Mondes » de Spielberg, j’y notais que ce film était, en quelque sorte, « Rencontres du troisième type » vu après le 11 septembre.

la tuerie (mass murder) d’El Paso me donne l’occasion de revenir sur le sujet. L’auteur, dans un texte publié sur Facebook, faisait référence à « l’invasion » du Texas par les latinos.
Invasion…
Bien sûr, les politiciens Républicains ou de « l’alt right » adorent ce thème mais il faut noter que, dans un registre plus profond, dans les oeuvres de littérature populaire (science fiction) ou dans le cinéma, les américains sont les seuls à raconter encore des histoires d’invasion.
Les Etats Unis, à en croire leur culture populaire, ont été menacés d’invasion par les communistes, les Extras terrestres, les virus et, maintenant les latinos.
Ça fait beaucoup d’envahisseurs.
Les européens aussi ont écrit des histoires d’invasion, HG Wells a écrit « la guerre des mondes » après une discussion avec son frère sur la guerre des Boers, en France le Capitaine Danrit a écrit, au début du siècle « Le péril Jaune » et « le péril noir » (A noter que ces deux « périls » provenaient de populations colonisées par la France à l’époque), mais ils ont pratiquement cessé de le faire quant ils ont perdu leurs empires coloniaux.
Je crois que c’est là le nœud du problème : on craint l’invasion quand on est soi-même un envahisseur.
Les américain n’ont pas de chance, ils n’ont pas d’empire colonial à perdre, le pays où ils sont nés, comme ils l’ont appris à l’école, est le pays même qu’ils ont envahi.
Impossible d’évacuer la culpabilité, l’idée d’invasion est fichée comme une écharde dans l’esprit de l’Amérique blanche.
Après ça, chacun en fait ce qu’il peut, soit une tuerie de masse soit un film de science-fiction, cela dépend des capacités de chacun.

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Mon Instagram

J’ai appris que, sur le site Instagram, les gens ont pris l’habitude de photographier leur nourriture.
Bon, pourquoi pas ?
Ce n’est pas dans mes habitudes mais, pour une foi, je vais sacrifier moi même à cette nouvelle tradition.
Vendredi dernier, le Yef, que je n’avais pas vu depuis un moment, m’a invité à déjeuner chez lui à midi.
J’ai accepté avec enthousiasme car parmi les diverses cordes qu’il a à son arc, il y a celle de cuisinier.
Il m’a dit : « Je t’ai préparé une surprise »
-« Ah bon ? »
-« Oui, c’est un truc que l’on mange chez moi. »
Quand le plat est arrivé je n’ai pas reconnu ce dont il s’agissait.
Le Yef a ajouté :
-« Je n’aurais pas osé le faire pour quelqu’un d’autre que toi, c’est une tête d’agneau. »
Surprise en effet, je n’en avais jamais mangé.
-« Ca se mange avec les doigts, comme en Tunisie, ma mère m’en faisait souvent »
C’était une demi-tête pour chacun, sciée au milieu par le boucher, il m’a montré comment détacher la mâchoire et c’était parti !
C’était délicieux, d’une finesse et d’un croustillant que je n’aurais jamais imaginés.
Même l’oeil qu’il m’a montré comment extirper de l’orbite.
Comme je me répandais en compliments il a ajouté : « Je savais que tu étais curieux des nourritures particulières. »
Et c’est vrai : quand on est dans un pays étranger dont on ne parle pas la langue les seuls moyens immédiats dont on dispose pour accéder un peu à son intimité sont la musique et la cuisine.
Je ne suis pas du genre à aller réclamer un steak frites dans tous les pays où je vais et, si la nourriture parait parfois insolite, je me dis que si les natifs la mangent c’est que ça peut se manger.
En général, les natifs sont content qu’on apprécie leur cuisine et moi de découvrir des saveurs nouvelles.
Et puis, la cuisine est vraiment une partie de « l’âme » d’un pays.

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L’Or des étoiles

Ce titre pourrait être celui d’un film ou d’un roman de science-fiction de qualité…disons…moyenne.
Mais non, il s’agit d’or véritable et de véritables étoiles.
Les astrophysiciens ont fait une découverte extraordinaire, il ont réussi à enregistrer des ondes gravitationnelles prévues par la théorie d’Einstein.
Quand de corps de masse importante comme deux trous noirs fusionnent, Le choc ébranle la structure de l’Espace qui se met à onduler comme l’eau d’un étang où l’on
jette une pierre.
Les astrophysiciens ont d’abord cru qu’ils avaient enregistré la collision de deux trous noirs mais il se sont rendu compte qu’il s’agissait en fait de la fusion de deux étoiles à neutrons.
Au vu des dimensions de l’Univers les étoiles à neutrons sont des objets relativement petits (des sphères d’un diamètre de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres) mais très massifs.
Les deux objets en cause sont estimés pour l’un à 1.1 masse solaire et l’autre à 1,6 masse solaire.
Essayons d’imaginer la masse du soleil dans un objet de quelques kilomètres de diamètre.
Mais ce qui est encore plus intéressant c’est que le phénomène a pu être observé dans le visible et quelques autres longueurs d’ondes par les télescopes en orbite.
Les petits monstres ont fusionné et émettant un sursaut gamma court et en éjectant une masse de débris.
Or, dans ces débris les observateurs ont repéré…de l’or (et du platine).
Ces étoiles ont permis de répondre à la question que posait l’abondance de l’or dans la galaxie car ce que l’on savait du fonctionnement de l’astrochimie ne permettait pas de comprendre comment des éléments lourds comme l’or ou le platine pouvaient bien se former.
Notre soleil, par exemple ne peut fabriquer rien de plus lourd que le fer.
Maintenant on sait : l’or de ma boucle d’oreille s’est formé dans la fusion de deux étoiles à neutrons il y a plus de cinq milliards d’années.
Du coup j’ai enlevé ma boucle d’oreille pour l’examiner plus attentivement.
Je n’ai rien vu de plus que d’habitude mais cela m’a permis de rêver un moment.

PS les fleurs qui illustrent cette note me sont totalement inconnues. j’en ai acheté un bouquet mais personne n’a pu me dire leur nom.
Je les ai choisies parce qu’elles ressemblent aux dessin qui tentent d’illustrer la fusion des deux étoiles à neutrons.

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On tue des enfants (2)

Quand on s’intéresse aux mythes et légendes venus du Proche Orient, on tombe souvent sur des histoires de sacrifices d’enfants.
Diodore de Sicile raconte que les carthaginois sacrifiaient des enfants à leurs dieux. Isaac D’Antioche accuse les arabes de sacrifier leurs enfants.
La légende de Mahomet raconte qu’il a mis fin au meurtre des petites filles.
Le thème a même migré dans la mythologie grecque avec les histoires d’Iphigénie et d’Idoménée.
Les historiens en ont déduit, bien qu’il n’y ait pas de preuves historiques concrètes, qu’il fut un temps où se pratiquait effectivement le sacrifice des enfants, peut-être des premiers-nés.
Mais, très tôt dans l’histoire, ces pratiques furent abandonnées.
Le hébreux ont solennellement mythifié ce renoncement avec l’histoire du sacrifice d’Abraham (le thème fait cependant sournoisement retour avec la dixième plaie d’Egypte).
On pense que les enfants furent remplacé par des agneaux et l’on sait l’orchestration symphonique que l’Eglise Catholique a donnée au thème du sacrifice de l’Agneau.
Abandonnée, donc, la pratique mais son souvenir semble avoir été tenace au point d’inspirer de nombreux mythes dans toute la région.
Et je pense que c’est encore ce souvenir, fermement ancré dans la mémoire collective qui est à la source de l’instrumentalisation moderne de la mort des enfants dans la région.
Un peu comme si la mémoire des enfants sacrifiés montant de la nuit de l’Histoire venait rejoindre la mort des petites victimes des guerres modernes.

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On tue des enfants (1)

Hier matin j’ai vu, sur une chaine tv « d’infos » que le gouvernement syrien avait annoncé que le bombardement américain de la base de Shayrat avait fait neuf morts dont des enfants.
Quoi ? quoi…? des enfants sur une base aérienne en pleine guerre ? Mais que faisaient-ils là ?
Bon, les gens des services de propagande syriens étaient, peut-être, mal réveillés ce matin.
Mais cela m’a fait sursauter : encore des enfants !
Dans toutes les guerres du monde, on tue des civils, des vieillards, des femmes, des enfants (pour reprendre l’énumération habituelle) sans que la catégorie « enfants » semble poser problème, sauf au Proche Orient.
Je pense que l’on n’y massacre pas plus d’enfants qu’ailleurs mais il n’y a que dans cette partie du Monde que la mort des enfants soit instrumentalisée d’une façon aussi obsédante par les diverses propagandes.
Je ne vais pas faire la liste de toutes les affreuses images que nous avons vues, mais dans les discours aussi les enfants sont présents.
La propagande « anti-sioniste » laisse entendre que l’un des buts de guerre des israéliens serait de tuer de plus en plus d’enfants reprenant ainsi le topos antisémite des juifs tuant des enfants dans des « meurtres rituels ».
La propagande de l’état israélien, elle, s’est risqué à prétendre que les parents palestiniens envoyaient exprès leurs enfants jeter des pierres contre les soldats israéliens pour que ces derniers les tuent.
Là les israéliens reprennent (ou réinventent) les imprécations d’Isaac d’Antioche (V ème siècle aprés JC) accusant les arabes de tuer leurs enfants.
Mais d’où ça sort ces histoire d’enfants ?
Bon, j’ai mon idée (qui n’engage que moi) mais, là, il est une heure et demie du matin et je vais me coucher.
Je continuerai dans une prochaine note.

PS : Il peut sembler incongru de mettre des fleurs pour illustrer un sujet pareil mais on va dire que c’est un hommages aux enfants morts du Proche Orient.
On met bien des fleurs blanches pour les enfants ?

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Des oiseaux insolites.

photo calla aout 2016 (1) copieL’autre soir, Sylvère et moi sommes allé diner en ville, c’était son anniversaire.
Nous nous sommes installés en terrasse dans un restaurant du boulevard de Strasbourg
A cette heure agréable la canicule était allé se coucher. Le soir tombait.
Alors que nous attendions les entrées, je me suis avisé que dans l’un des platanes, de l’autre côté du boulevard un groupe d’oiseaux menaient grand tapage. il y avait beaucoup de jacassement et, de temps en temps, une note flûtée assez jolie.
Ce bruit m’a intrigué, je n’arrivais pas à déterminer de quels oiseaux il s’agissait ; Des étourneaux n’auraient pas fait tant de bruit et le moineaux avaient des cris moins forts et plus aigus.
J’en suis arrivé à abandonner la conversation pour essayer d’apercevoir les auteurs de tout ce ramdam.
Il arrivait de temps en temps d’autres oiseaux pour se joindre à la chorale mais, à contre-jour dans le crépuscule difficile de les identifier.photo calla aout 2016 (16 copieEnfin, trois ou quatre sont arrivés pour se poser en effectuant une manoeuvre de voltige qui m’a permis de voir leur plumage : il était d’un vert éclatant.
Stupéfait j’ai compris que ces oiseaux étaient des perruches !
Je savais qu’il existait des populations de perruches dans certaines villes européennes (Hambourg, je crois) mais je n’avais jamais imaginé qu’il pût y en avoir à Toulouse.
Et elles sont là depuis un certain temps puisque le garçon nous a dit qu’on les voyait bien mieux en automne car leur plumage vert ressortait bien sur les feuilles jaunies.
Elles se rassemblent tous les soirs à la même heure pour passer la nuit dans les arbres du boulevard.
c’est idiot mais j’étais enthousiasmé.
J’aime avoir ce genre de surprise qui vous montrent que le monde n’est pas tout à fait comme on l’imaginait.

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Le Glas

photo echinacée juil 2016 copieC’est le soleil de canicule, le temps où l’étoile Sirius de la constellation du Grand Chien se lève quelques instants avant le Soleil.
Celui qui fait mûrir les aromates, tel l’encens que l’on fait brûler dans les églises, comme autrefois aux sacrifices antiques et que l’on récolte sous le ciel de l’Arabie heureuse.
Ce mardi après midi, je suis allé à la clinique pour un contrôle de ma vessie après l’opération et le traitement par BCG. Au retour, je suis allé acheter des cigarettes pour Sylvère au bar-tabac de mon ancien village.
J’en ai profité pour prendre un café sur la terrasse.
Terrasse c’est beaucoup dire, ce sont deux tables et des fauteuils sur le trottoir.
J’écoute l’Angelus, l’église du village est juste à côté.
Mais, après l’Angelus, les cloches se mettent à carillonner un air inconnu. Un motif lent et légèrement dissonant, rythmé par une note claire, obstinée.
Le premier moment de surprise passé, je me dis que ce doit être le glas, le glas pour le prêtre égorgé dans son église en Normandie.
Ce qui m’avait le plus impressionné dans les informations sur les attentats de Paris, c’était le glas sonné par le bourdon de Notre Dame.
J’écoute donc, un peu ému, sonner celui du village.
Un peu ému mais pas plus que pour les autres attentats, sauf que le son des cloches me parait plus digne que le torrent de stupidités que l’on entend à la télé après chaque drame de cette sorte.*
Pour un prêtre, celui-ci aura bien gagné le rang de martyr.
Certains fidèles pensent même plus qui ont mis devant son église un portrait qui le range déjà au rang des saints.
8780392f
Allons, pour ce prêtre qui avait l’air d’être un brave homme, une chanson à titre de glas à ma façon.
En attendant qu’il fasse (il en a le loisir maintenant qu’il est mort) le nombre de miracles requis pour mériter son auréole.

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