Archive for octobre, 2009

Le Nil (egypte 04)

Photo AEgypt sept 09 210 - copieNous sommes rentrés en autocar d’Abou Simbel à Assouan.
280 Km de Sahara !
Aprés le repas, je vais fumer une cigarette sur le balcon.
Le soir tombe (une heure plus tôt qu’en France)
C’est encore le ramadan. Le Jeune est terminé mais les muezzins chantent encore la prière.
Chaque mosquée a, apparemment son thème propre, tous ces chants montent et descendent, s’étirent et se taisent pour reprendre aussitôt. Celà donne une sorte de tapisserie sonore dont les divers motifs tantôt se contrarient et tantôt s’harmonisent qui flotte sur la ville dans le crépuscule finissant.Photo AEgypt sept 09 247 - copie
L’effet produit est d’une surprenante beauté et, pour une fois, je regrette de n’avoir pas un magnétophone sur moi
Assouan est la Première cataracte, en fait une zone de rapides, d’énormes blocs de granit, sculptés par les anciennes crues, encombrent le lit du fleuve à cet endroit.
On y voit aussi des felouques qui font passer les gens d’une rive à l’autre.Photo AEgypt sept 09 329- copie
Le lendemain, aprés avoir visité l’ile de Philae, elle aussi sauvée des eaux du lac Nasser, nous prenons le bateau pour aller jusqu’à Louxor
Le Nil, c’est la vie de l’Egypte, la seule source d’eau, vu qu’il ne pleut pratiquement pas.
Plus que l’or des tombeaux, c’est la richesse du pays
Le bateau longe lentement des rives portant une verdure luxuriante, des palmiers dattiers, des champs cultivés, surveillés de loin par les sommets pelés des collines désertiques…Photo AEgypt sept 09 386 - copie

C’est le moment le plus paisible du voyage.
Nous arrivons à Louxor à la tombée du jour.

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Des travaux pharaoniques (Egypte 03)

Photo AEgypt sept 09 10 - copieDe nos jours, on qualifie de l’adjectif « Pharaoniques » des travaux gigantesques, d’un coût exhorbitant et d’une utilité discutable.
Celà traduit bien l’incompréhension que nous, modernes, ressentons devant certaines oeuvres de l’Egypte.
Au cours du voyage, j’ai plusieurs fois entendu des interrogations du genre : « Comment ont-ils pu construire des choses aussi démesurées ? »
Le sens de la question n’est pas « Comment ont-ils fait pour…. » mais « Comment ont-ils eu l’audace, la folie voire le mauvais goût de construire…. »
La question n’est pas pertinente.
Ce que nous considérons comme le sens de la « Mesure », à savoir : faire des choses ni trop grandes ni trop petites, ne fut inventé par les grecs que prés de deux mille ans aprés les pyramides de Guizeh et sept cents ans aprés les colosses de Ramses II .Photo AEgypt sept 09 17 - copie
Les égyptiens ne connaissaient pas le concept.
Ceci étant, le roi Ramsès II avait un goût particulier pour les colosses,transposant en trois dimensions la façon qu’avaient les egyptiens de représenter le Pharaon sur les bas-reliefs : beaucoup plus grand que les hommes ordinaires.
Le temple d’Abou Simbel est un bon exemple de ce goût du colossal. Il fut creusé dans la montagne aux limites sud de la Nubie, petit pays qui se serait bien passé de l’intérêt que lui portait son puissant voisin, mais qui possédait trop de mines d’or pour que ce dernier lui fiche la paix.
Abou Simbel gardait donc la frontière de Nubie.
Le temple est, bien sûr, impressionnant, pour peu qu’on arrive à le voir avant que la sueur ne vous coule dans les yeux.Photo AEgypt sept 09 19 - copie
Et il est aussi impressionnant pour avoir donné lieu, à l’époque moderne à des travaux tout aussi pharaoniques que sa construction.
Menacé par la montée des eaux du Lac Nasser, créé par le barrage d’Assouan, le temple a été déménagé.
Et, puisqu’il est creusé dans une montagne, La montagne a été découpée en blocs, démontée et remontée 64 mètres plus haut.
J’avais suivi le feuilleton, à l’époque dans le journal de l’UNESCO.
Malgré tout,avec son habitude de s’appopier les oeuvres des autres, de faire marteler leurs cartouches pour mettre le sien à la place et son goût immodéré des colosses, je trouve le roi Ramsès II, comment dire…, un peu lourd.

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Poussières (egypte 02)

Photo AEgypt sept 09 06 - copieBien sûr, les Pyramides… On est là pour ça.
La première d’abord, celle de saqquarah, le sextuple mastaba du roi Djôser construit par son architecte Imothep.
Six degrés formidables pour accéder au Ciel (le septième).
Une statue en or du double du roi surveillait l’esplanade où se déroulaient des sortes de corridas ordaliques.
Au bout de trente ans de règne le Pharaon devait tuer un taureau pour obtenir trente nouvelles années.
On suppose qu’il se fasait remplacer et le rite est vite devenu symbolique.
Ayant trouvé tout ce qu’il y avait à trouver concernant le roi, les archéologues recherchent maintenant la tombe de l’architecte.
Et puis Guizeh. Les trois grandes Pyramides de Khéops, de son fils Képhren et de Mykérinos.
La seule des septs merveilles du monde encore debout.Photo AEgypt sept 09 14 - copie
Un bâtiment moderne assez laid, contient l’une des deux barques funéraires offertes par Kèphren à son père.
On les a retrouvées au pied de la grande Pyramide et reconstituées avec amour. Le résultat est splendide.
Képhren a aussi fait sculpter le sphinxs dans un unique bloc de calcaire qui restait au milieu du chantier.
L’effet produit est grandiose.Ces princes voulaient l’immortalité et tout le site est une gigantesque machine à les envoyer au Ciel.Photo AEgypt sept 09 12 - copie
On suppose aussi qu’il y avait des trésors et, à voir celui de Toutankamon, pharaon de seconde zone, exposé
au Musée du Caire, on se prend à rèver à ce que pouvait être celui de Khéops.
C’est ce qui rend ces édifices aussi pathétiques qu’ils sont gigantesques.
La réalité a déjoué les espoirs des Pharaons.
Partis qu’ils étaient pour la Vie éternelle, leur corps ont été avalés pars les sables et ceux qu’ils ont rendus croupissent, désséchés dans les chambres foides d’un musée. Les pilleurs de tombes peu impressionnés pas les menaces, ont contourné leurs ruses et volé leurs trésors.La barque mortuaire est restée à quai. Les énormes machines ont servi de carrière pour construire la ville du Caire et le vent de sable a défiguré leurs statues.
Leur échec est à la mesure de leurs oeuvres : Gigantesque.
On se prend de sympathie pour ces hommes dont le réve retourne lentement à la poussière.

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Adieu Daniel

photo dahlia antigua ju - copieUn de mes collègues de travail s’est suicidé en début de semaine.
Nous l’avons appris hier.
Le Management de l’Entreprise n’y est sans doute pas pour grand’chose, celà faisait longtemps qu’il était malade, alternant les passages rapides au travail et les séjours en clinique.
Je savais ce qu’il ressentait pour en avoir parlé avec lui et aussi parce que je connais la dépression.
Je connaissais aussi son traitement, assez lourd, Anxiolitiques et neuroleptiques.
Celà ne l’aura pas sauvé.
Je ne suis donc pas terriblement surpris, mais tout de même, terriblement choqué.
On ne voit jamais venir ces choses.On s’habitue à la situation et, un beau jour, on entend comme un claquement de porte.
C’est fini, il est parti.
Un beau dhalia rouge pour l’accompagner dans le Néant.
J’aurais aimé pouvoir faire plus

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