Archive for Ce que vivent les roses

Acanthes

La floraison des acanthes pousse d’élégantes colonnes de fleurs blanches et violettes adorées des grosses abeilles maçonnes noires qui peuvent confortablement s’y introduire pour en butiner le nectar.
Aux fleurs succèdent de grosses graines vertes.
C’est le moment d’en couper les épaisses tiges et de les mettre dans le sac utilisé pour le ramassage des déchet verts.
Si on les oublie et qu’on laisse les graines venir à maturité, les tiges sèchent et un petit mécanisme sournois se déclenche, balançant les graines un peu partout dans le jardin.
Une fois que les graines ont germé les déloger devient épuisant car elles font d’énormes racines charnues qu’il faut ôter à la fourche bêche jusqu’à la dernière radicelle sous peine de les voir ressurgir inlassablement.
Mais ce n’est pas leur bel aspect qui me fait aimer les acanthes, c’est un souvenir d’école, celui du premier tercet d’un sonnet tiré des « Trophées » de José Maria de Heredia, appris en récitation :

-La terre maternelle et douce aux anciens Dieux
-Fait, à chaque printemps, vainement éloquente
-Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe.

Il faut croire que, déja tout petit, j’avais une disposition à la mélancolie

Le poème fait allusion à la « feuille d’acanthe » un motif décoratif ornant les chapiteaux grecs de style corinthien.
José Maria de Heredia est un poète « parnassien », un genre passé de mode avec ses alexandrins, ses sonnets et ses rimes à la fin de chaque vers.
Pourtant ce style de poésie « de genre » me plait bien, c’est l’habitude des vieux de se retourner sur le passé; Les jeunes générations auront leurs propes nostalgies auxquelles je ne comprendrais rien.
C’est dans la Nature des choses.

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Un petit gâteau sec

C’est le temps des hydrangées.
La première photo est celle d’une que j’ai achetée l’année dernière en croyant qu’elle était bleue.
Constatant que ce n’était pas le cas, je l’ai mise dans un grand pot plein de terre de bruyère.
Résultat : elle est toujours rose.
C’est rageant mais, bon… elle est jolie quand même.
Le café où je vais parfois dans la ville voisine offrait avec le café un petit gâteau sec.
Je le mangeais rarement mais j’aimais l’émietter pour le bénéfice des moineaux et des pigeons.
(oui, je sais… C’est interdit !)
Hier, un pigeon s’est approché à pas comptés de ma table.
J’ai jeté un coup d’œil à ma tasse… Plus de gâteau sec !
Le patron essaye d’encaisser le confinement en faisant de petites économies.
J’espère qu’il n’en a pas fait autant sur les salaires des serveurs.
Je me suis excusé auprès du pigeon.

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La clinique déconfinée … mais pas trop.

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Les pivoines blanches ont fait, cette année d’énormes boules de pétales chiffonnés.
On dirait de la crème Chantilly.

Cela fait maintenant une semaine que Sylvère est à la clinique.
Il a un peu repris des couleurs.
En fait, il semble qu’il faisait une septicémie.
Il a bien failli y passer mais, maintenant il recommence à se nourrir.
Je vais le voir en début d’après-midi.
Un quart d’heure de queue en plein soleil pour entrer à la clinique ou on vous fait laver les mains au gel hydroalcoolique et où l’on vous donne un masque.
Porter ce genre de masque chirurgical ne doit être agréable en aucune occasion mais avec les températures actuelles c’est carrément infernal.
Parmi les gestes-barrière recommandés il faut éviter de se toucher le visage

Pas de chance, dès que j’ai mis le masque, le nez commence à me démanger !
Pas toucher !!!
En plus d’être pénibles à porter, ces masques chirurgicaux sont particulièrement laids.
J’en voudrais un avec des paillettes.
Où donc Mikael Jackson faisait-il faire les siens ?
Une fois entré, je vais emprunter un fauteuil roulant ( je laisse ma carte d’identité en échange) et je monte à l’étage où réside Sylvère.
Après transfert dans le fauteuil je redescend Sylvère au res de chaussée pour qu’il puisse enfin fumer.
Il n’y a aucun endroit où je puisse m’assoir et donc je m’assieds par terre, sur les dalles du hall à côté du fauteuil roulant.
C’est assez inconfortable.
Ils pourraient installer un banc mais c’est l’endroit où les gens se retrouvent pour fumer et la philosophie hygiéniste de l’état veut que les fumeurs ne puissent fumer que dans le plus grand inconfort possible.
C’est à mon tour de contempler les gens qui font la queue en plein soleil.

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Déconfinement


La première démarche de mon déconfinement aura été d’aller chez le coiffeur.
Précautions de rigueur : lavage des mains et port du masque (offert par la mairie).
Pour la distanciation pas de problème, j’étais seul dans le salon.
Taille pas trop courte (tondeuse à 3) nous ne sommes pas encore en été.
il ne manquerait plus que je m’enrhume, le virus du rhume est aussi un coronavirus.
Après avoir repris figure humaine je suis allé acheter des cigarettes et je suis rentré à la maison loin de la menace du grand méchant covid 19.

Deuxième démarche ce dimanche, faire une balade dans la campagne.
J’ai emmené le chihuahua qui n’aime pas trop ça (il reste à un mètre derrière moi et ne va pas folâtrer tout autour du chemin) mais ça lui fera du bien de voir un peu le monde. Le fait de ne voir que le chat le rend craintif et même carrément trouillard.

J’espérais trouver des orchidées à photographier et je n’ai pas été déçu.
En ce moment de la saison ce sont les anacamptis (première photo) et les sérapias (deuxième photo) qui peuplent les prairies naturelles qui ne reçoivent pas d’engrais.
Je sais bien que je les montre tous les ans à la même période mais je n’ai rien trouvé de plus exotique.
Cette campagne est moins riche en flore que la montagne.

Je pensais être seul sur le sentier mais j’ai rencontré beaucoup de monde (le chihuahua a beaucoup de succès ), je ferais la prochaine balade en semaine, ce sera plus calme.
Outre les orchidées, certaines prairies comportent pas mal de fleurs.Ce qui m’a permis de tirer le portrait d’une jolie centaurée (troisième photo)

et de constater que les fruits des guigniers, les cerisiers sauvages, commencent à mûrir ( quatrième photo).
J’ai mangé une guigne pour voir et elle n’avait aucun goût !
J’étais crevé au retour mais j’ai marché pendant une heure et demie ce dont je ne me serais pas cru capable pour une première sortie.
Les prochaines balades seront plus longues, pour la marche la forme revient assez vite.
Je dois dire que j’étais assez content de moi mais aussi heureux de retrouver les roses du jardin.

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Retour en clinique

Ces glaïeuls de Byzance sont des bulbes très fidèles.
J’en avais ramassé quelques uns dans un terrain vague qui jouxtait le dépôt loué, un temps, par mon entreprise pour pallier aux déficiences de notre centrale d’achats.
Depuis, ils m’ont suivi dans tous mes jardins où ils se sont répandus dans tous les coins.
Ce sont des bulbes botaniques très semblables au glaïeuls des moissons que l’on peut voir dans les champs en ce moment.
Enfin, que l’on pourrait voir si l’on avait le droit d’aller s’y promener.
Mais, juste comme ils venaient de fleurir, Sylvère a été obligé de retourner en clinique.
Il avait énormément maigri et refusait de s’alimenter.La clinique lui a diagnostiqué un clostridium.
Une bactérie qui s’installe après un traitement aux antibiotiques.
Pour l’instant il doit rester confiné et je ne peux pas aller lui rendre visite.
Je lui ai téléphoné et il s’est montré extrêmement désagréable au téléphone.
Cela m’a réjoui car j’en ai déduis qu’il allait déjà mieux !
J’ai pu faire installer la télévision dans sa chambre, elle est gratuite pendant le confinement.
C’est déjà dur d’être confiné mais si l’on n’a qu’un mur blanc à contempler il y a de quoi devenir fou.
Je verrai si je peux aller le voir à partir de lundi prochain.

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La rose sauvée du bitume.

J’ai une tendressze particulière pour cette rose.
Elle me rappelle une période de ma vie plus heureuse que le présent.
J’ai déja raconté comment elle est arrivée chez moi mais cette note a disparu dans le naufrage de la plateforme qui contenait mon ancien blog.
Alors je raconte à nouveau car j’aime bien l’histoire.
Cette rose est une variété ancienne qui ne fleurit qu’au printemps.
Je la voyais, au mois de mai quand je rentrais de mon travail à Toulouse alors que j’habitais à Lavaur (40 Km !).
Elle colonisait tout un bas côté de la route dans un grand tournant, l’effet était magnifique et je me disais que je devais bien tenter d’en prendre une bouture.
Puis j’oubliais
Et puis, un jour, les services municipaux (je suppose) eurent l’idée de passer la tondeuse sur le bas-côté.
Il ne resta plus du rosier que quelques tiges réfugiées entre les grosses racines d’un platane.
Cette fois je me suis décidé, je me suis garé au bord de la route et j’ai pris une tige avec quelques racines (j’ai toujours une pelle US dans mon coffre).
Je l’ai installée dans un pot où elle a biend repris.
Quelques semaines plus tard, de gros engins de travaux publics sont arrivés et le tracé de la route a été modifié.
Ce qui restait du rosier est maintenant enfoui sous le bitume.
Chaque fois que je revois cette rose, qui m’a suivi dans mes déménagements, je pense avec un petit frisson comment je l’ai sauvée de justesse du bitume.

Plus tard, je crois l’avoir retrouvée sur le Net.
Si c’est bien elle, elle se nommerait : La belle sultane.

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A vava inouva


Je viens d’apprendre la mort du chanteur Kabyle Idir.
C’est un des malheurs de vieillir que de voir mourir autour de soi, non seulement ses proches plus âgés mais aussi toutes les personnes qui ont marqué notre jeunesse.
Dans le cas d’Idir il avait composé une magnifique chanson qui m’avait beaucoup ému.
J’ai écouté ses autres disques mais c’est cette chanson qui est restée ma préférée.
Je la poste ici pour que ceux qui ne la connaissaient pas encore puissent l’apprécier.
Idir chantait en français, en arabe et en kabyle.
Il a chanté une version française mais je préfère mette la version originale pour garder la chaleur de la langue kabyle.
Repose en paix Idir, ta musique nous garde prés de toi

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Fatigué

Plus d’un mois de confinement ; je commence a être fatigué.

Fatigué de recevoir tous les jours des informations floues, conditionnelles et contradictoires sur le coronavirus.
( A tel point que je finis par me dire que, si je l’attrape, ce sera la seule chose certaine que je saurais sur lui. )

Fatigué d’un gouvernement dont les instructions se contredisent et qui se prend les pieds dans sa propre communication.

Fatigué de recevoir des nouvelles de célébrités confinées dont la vie privée ne m’intéresse pas.

Fatigué de voir des politiciens s’adonner à des thèses complotistes pour tenter de faire oublier leurs insuffisances dans la gestion de la situation.

( quel que soit leur degré de vraisemblance les thèses complotistes comme celle du virus s’échappant d’un laboratoire largement utilisée par les auteurs de fiction d’avant la Pandémie, ont toutes le même point commun : elles violent le principe du rasoir d’Occam, a savoir que l’explication la plus simple est toujours la meilleure.
Sans parler d’un autre « rasoir » celui de Hanlon qui recommande de ne point attribuer à la Malignité ce qui peut être expliqué par la Bêtise.)

Fatigué d’entendre dire qu’il faut porter un masque sans qu’on puisse nous dire où s’en procurer.

Et fatigué de revoir à la télévision des films ou des documentaires que j’ai déjà vus au moins trois fois.

Bon, là, je vais me coucher, je suis fatigué !
Je vais m’endormir en rêvant aux iris de Hollande.

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… ou à la Trinité

Eh bien, si l’on ne m’a pas déconfiné à Pâques, ce sera pour plus tard…
Déconfinement à perte de vue, si l’on considère que j’ai plus de soixante ans, que j’ai une bronchite chronique, un peu de diabète et qu’en plus je fume.
Me voilà classé parmi les fragiles, proie faciles du coronavirus.
Ceci dit, je ne me fais pas vacciner contre la grippe et je n’attrape jamais la grippe.
Alors j’ai encore mes chances.
Mais passer l’été confiné ça va être dur, déjà que je me plaignais de manquer d’interactions sociales…
Il me reste le jardin, aujourd’hui, une pervenche un peu spéciale (vinca hirsuta) qui se repose sur l’inflorescence d’un ail de Naples.
Les deux se plaisent bien ensemble et sont tout aussi envahissants d’un que l’autre, un peu comme le coronavirus.

Et, tiens une comptine pour illustrer le titre.
Tous les enfants de mon âge la connaissaient.
Je ne sais pas si c’est encore le cas, on a un peu abandonné les comptines.

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Retrouvailles

C’est une tulipe sauvage, botanique comme on dit.
Son nom est tulipa sylvestris ssp australis.
J’en ai ramassé des bulbes, oh, il y a bien des années, sur le bas-côté d’une route dans la montagne d’Alaric.
Je les ai plantées dans mon ancien jardin puis dans celui ci.
Elle se trouvait dans une platebande au pied de la haie où elle a fleuri deux ou trois ans de suite.
Puis elle a disparu.
Et voila que je la retrouve dans la vasque.
Comment est-elle arrivée là ? Je n’en ai aucune idée.
Le plus vraisemblable c’est qu’en creusant dans la platebande je suis tombé sur un petit bulbe et, ne sachant qu’en faire je l’ai planté dans la vasque et que j’ai tout oublié de cet incident minuscule.
En ces temps difficiles on ne peut se permettre de négliger les petits bonheurs qui se présentent et ces retrouvailles avec la sauvageonne ont fait ma joie.
C’était comme retrouver par hasard un vieil ami.
J’aimerais bien retrouver à l’improviste un ami perdu mais la vie m’a séparé de mes amis d’enfance et de jeunesse.
Je me souviens d’eux avec le visage qu’ils avaient alors ; comme moi, ils doivent avoir vieilli.
Mais la petite tulipe est toujours neuve en sa belle floraison.

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