Archive for Ce que vivent les roses

La Céramique

Il ne reste plus beaucoup de fleurs au jardin.
Plus du tout, à vrai dire.
Je me suis rabattu sur les feuilles de l’euphorbe pourpre qui donnent encore quelques taches de couleur.
Mais le rendu n’est pas terrible car je n’arrive plus à accéder à mon logiciel Photoshop.

A part ça, je voulais parler de la Céramique.
Naïvement j’avais toujours cru que la Céramique, l’art de modeler des objets en argile et de les faire ensuite durcir au feu, avait été inventée, au moment où les hommes ont découvert l’agriculture et l’élevage, soit vers 12 000 ans avant JC, dans le but de fabriquer des récipients, des amphores pour contenir des liquides ou des graines et des plats pour la cuisine.
La lecture d’ouvrages sur l’art préhistorique m’ont montré que la céramique était bien antérieure à l’agriculture.
Les premiers exemples remontent à, environ, 25 000 ans avant JC.
Mais si la céramique était connue depuis longtemps à quoi servait-elle ?
Eh bien à modeler des figurines, principalement féminines.
Et je me demande si ce n’est pas cet usage originel de la céramique qui a donné lieu à l’image de Dien modelant le corps d’Adam dans de l’argile.
(je me souviens avoir lu quelque part que le mot hébreux employé était le terme technique désignant le travail du potier)

L’usage de fabriquer des figurines en terre cuite a perduré jusqu’à nos jours et il a eu un grand succès.
En Palestine, au moment où le royaume de Juda avait bien installé le Monothéisme, les archéologues trouvent de nombreuses statuettes d’Ishthar utulisées pour la magie amoureuse.
Vu qu’ils de pouvaient demander ce service à leur Dieu Unique, les Hébreux s’adressaient à la concurrence.
Ce qui me rappelle le livre « Et l’homme créa les dieux » de Pascal Boyer qui explique qu’une religion officielle ne représente pas la totalité de ce que les gens croient.

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Chimio 3… et suites

Voir refleurir une orchidée est toujours un plaisir.
Cette cambria me l’a fait cette année.
Le froid des nuits d’automne lui a été profitable et déclenché sa floraison.

Sylvère a terminé ses chimiothérapies, les médecins sont satisfaits du résultat, lui, est toujours nauséeux.
Ils vont maintenant (début février) l’opérer, c’est à dire lui enlever la prostate et la vessie.
Ils lui referont ensuite une vessie avec un morceau d’intestin auquel ils rabouteront les divers vaisseaux qui vont à la vessie ou en partent.
C’est une opération lourde qui sera effectuée à l’aide d’un robot dont la clinique est très fière.
Après rééducation du périnée, Sylvère ne devrait plus avoir de séquelles.
L’opération est aussi lourde financièrement la clinique a demandé un supplément de 300 euros à payer tout de suite (pour le robot (?)) plus un supplément de 600 euros après l’opération pour le personnel (je suppose), tout ça en plus du coût normal de l’opération.
Je me demande si la clinique ne cherche pas à rentabiliser son robot.

– « … d’autre part, il faut bien voir que cette opération va te sauver la vie, cela vaut bien un effort financier.

– Ah oui et qu’est-ce que tu fais si tu n’as pas les moyens de payer ???

– Ben, euh… tu crèves.  »

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Une rose en hivers

Comme il n’a pas gelé cette année les rosiers font encore une fleur de temps en temps.
Celle-ci vient du rosier « Arielle Dombasle » et ce qui est curieux c’est que, d’ordinaire, ses fleurs sont d’un orange trés foncé, presque écarlate.
On dirait que ce rosier a tenté de concentrer tous les rayons de soleil de ces deux derniers mois, et ils n’ont pas été nombreux, pour tenter, dans un suprême effort, d’éclairer la grisaille de l’hivers.
Un dernier sourire pour saluer le nouvel an.
Ce qui est gentil de la part d’un rosier qui est un monstre hérissé d’énormes aiguillons qui fait d’habitude tous les efforts possibles pour déchirer mes chemises et me faire saigner.

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La première fleur de l’année

Pour la première fleur de l’année j’en ai choisi une que les pépiniéristes qualifient souvent de « sans intérêt ».
Voire.
Elle n’est certainement pas aussi flamboyante qu’une orchidée (j’en ai une dont la tige florale se développe et qui va bientôt s’épanouir.) mais le fait qu’elle pousse au ras du sol suffit à susciter ma curiosité.
J’ai un pot placé à l’intérieur où il reçoit peu de lumière, après plusieurs essais et échecs je me suis résigné à cette plante contre laquelle j’avais une prévention.
Sans doute à cause de son surnom de « plante de belle mère » qui évoquait des lieux d’habitation sombres.
Mais la plante, sans doute heureuse de me rencontrer, m’a gratifié de deux fleurs.
Ces dernières sont donc d’un modeste effet décoratif, mais la modestie n’est pas toujours un défaut.
Je n’ose, avec cette fleur vous présenter mes voeux, vous souhaiter une bonne année alors que l’avenir s’annonce sombre comme un vieil appartement.
A propos de voeux j’ai écouté, une fois n’est pas coutume, ceux du président de la République.
Il parait que ce type est président d’un pays, mais ce n’est certainement pas le pays dans lequel je vis.
Alors, acceptez mes voeux (modestes) pour une année pas trop mauvaise avec ces modestes fleurs d’Aspidistra.

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Fumer tue

Toutes les feuilles sont maintenant tombées, c’est l’hivers et le vent est froid.
La météo prévoit une tempête.
FUMER TUE : c’est ce qui est écrit sur les paquets de cigarillos.
Il s’agit là d’un DOGME, c’est à dire d’une vérité garantie par l’Autorité.
La chose est forcément vraie sinon l’Etat n’en imposerait pas la mention.
Personnellement je pense que la Connerie tue davantage que la cigarette mais passons…
En tout cas, fumer est certainement mauvais pour la santé, surtout en hivers.
Fumer hors des cafés dans le vent glacial m’a fait attraper la crève.
A mon âge, je pourrais en mourir.

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Visite d’automne.

Cette année, je suis allé déposer mes chrysanthèmes sur la tombe familiale avec une semaine de retard.
Mes chers défunts ne m’en ont pas voulu.
Enfin, je le suppose.
Je voulais profiter du voyage pour rendre visite à ma belle-soeur et elle n’était pas chez elle le jour de la Toussaint.
Depuis l’année dernière je regarde la tombe familiale (le caveau que voulait absolument mon grand-père.) avec un oeil différent.
Auparavant j’y voyais simplement l’endroit où reposaient les membres de ma famille et maintenant j’y vois ma prochaine et dernière maison.
C’est un changement de perspective…euh…déconcertant.
Bon, ceci dit, je ne m’y suis pas attardé plus que d’habitude, ma belle-soeur m’avait invité à déjeuner et j’étais en retard.
« Je t’avertis, m’avait-elle dit au téléphone, je ne me mettrais pas en frais de cuisine, ce sera très simple ! »
En effet : petits poivrons du jardin à l’huile en entrée et en plat de résistance une cuisse de canard confite avec des haricots verts et des cèpes.
Plus une croustade aux pommes en dessert.
C’était simple ( vu par ma belle-soeur) mais délicieux.
Ensuite nous avons pris le café devant la cheminée en parlant du passé.
Cela me fait toujours un effet bizarre de me replonger dans un monde que j’ai quitté depuis si longtemps.
Au fait, ma belle-soeur m’a raconté qu’une de mes cousines était venue lui dire que j’étais homosexuel.
La garce ! je me demande bien comment elle l’a appris.
C’est le côté comique du coming out, on hésite longtemps avant de le faire pour s’apercevoir ensuite que tout le monde était déjà au courant.

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Chimio 2

Cette rose est une rose baccarat.
Ce n’est pas le genre de fleur que je préfère, je les trouve trop raides avec un petit côté artificiel.
Si je la montre ici c’est qu’elle a été offerte à Sylvère par les infirmières de la chimiothérapie.
Ces rose sont un des éléments du mouvement « Octobre Rose » (par allusion, je suppose à « Octobre Rouge » qui désigne la révolution bolchevique.) qui veut sensibiliser le Public à la lutte contre le cancer du sein.
Sylvère n’a pas de cancer du sein mais il est devenu le chouchou des infirmières.
Il faut dire qu’il est toujours souriant et aimable avec elles alors que d’autres malades, surtout âgés, sont acariâtres et impolis, les traitant comme s’il s’agissait de domestiques.
Avoir un cancer ne donne pas le droit d’être insultant.
La seconde séance de chimio a été beaucoup plus rapide que la première ( deux heures seulement au lieu de cinq) cela lui a quand même laissé le temps de bavarder (son sport favori) avec d’autres malades.
il a rencontré deux hommes qui avaient un tout nouveau cancer au col du fémur.
Ces gens avaient une vie apparemment saine, ni tabac ni alcool, légumes du jardin et randonnées en montagne.
Les médecins qui ont posé le diagnostic ont aussi estimé la cause : pesticides !
La troisième chimio a été reculée d’une semaine car sa dernière analyse de sang a montré une chute de ses plaquettes à la suite de la seconde.
Il est rentré à la maison beaucoup moins aimable qu’avec les infirmières mais, après tout, c’est mon rôle de le supporter.

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