Archive for Ce que vivent les roses

Fevrier

Il y a une dizaine de jours c’était mon anniversaire.
Le dernier en date d’une longue série.
J’avais prévu d’écrire une note pleine de trucs amusants mais aucun ne m’est venu à l’esprit.
Je commence à rouiller sans doute.
De plus, le jardin n’a plus aucune fleur ; Pour cette note-ci je me suis vu contraint de convoquer une photo du dernier dalhia de l’année (prise en décembre).
Le mois de février est, en général le plus froid de l’année, je suis né au milieu du gel et de la neige et l’un de mes premiers souvenirs est celui de fleurs d’hortensias séchées sur pied recouvertes d’un épais bonnet de neige.
(c’est juste une association d’idées, je ne prétends pas que ce souvenir date de ma naissance)
Je suis repassé il y a peu, prés de l’endroit où se trouvait ma maison de naissance.
Elle a été démolie il y a longtemps pour faire un parking attenant à une vaste cité.
Bizarrement l’autre côté de la rue n’a pas été touché.
Les boutiques sont toujours en place, l’épicier, le coiffeur. elles sont fermées depuis longtemps, les inscriptions sont presque effacées, les peintures sont largement écaillées.
L’ensemble tombe lentement en ruines, quelques plantes rudérales se sont même installées dans les fissures des murs.
Je me souviens du surnom du quartier, on l’appelait : « le quartier nègre », je n’ai jamais su pourquoi, je n’y ai jamais vu de nègres. mais l’ensemble était plutôt pauvre.
Ce mois de février commence de façon plutôt mélancolique.

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Faux printemps

Voici que nous sommes au tout début de l’hiver, nous venons juste de passer le solstice.
Et pourtant, à quelques centaines de mètres de chez moi, devant de petits immeubles collectifs, les pruniers décoratifs viennent de fleurir.
En temps normal ces pruniers sont, avec les amandiers et les corètes du japon, les premiers arbres à fleurir au tout début du printemps.
D’habitude cette floraison à contre-saison est un mauvais présage qui annonce la mort des arbres fleuris.
Comme s’ils faisaient un dernier effort désespéré avant l’inéluctable.
Mais, avec le dérèglement climatique il est possible que ce ne soit qu’un phénomène passager, l’année 2018 étant la plus chaude depuis 1900.
Sylvère m’a convaincu de faire un traitement du visage au botox.
Oui, comme les actrices.
Du coup, les rides de mon front ont presque disparu (presque) et la ride du lion, entre les deux yeux, celle où s’accumulent patiemment les tristesses et les soucis d’une vie entière a bien diminué.
Comme pour les prunus, un faux printemps s’est répandu sur mon visage.

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Spectacles


Je ne suis pas sur les réseaux sociaux et, parfois, j’ai l’impression que je manque quelque chose.
Je constate que les chaines de télé-info ont de plus en plus recours à des films de reportages filmés avec un smartphone et que même la publicité s’y met comme pour le concert d’Orelsan.
Nous sommes en pleine Société du Spectacle.
Toutefois je me demande ce que Guy Debord aurait pensé d’une société où chacun peut être le producteur et le réalisateur de son propre spectacle tout en sachant qu’il sera vu par plus d’un million de spectateurs.
Cela modifie, peut-être, les données de l’analyse.
J’ai lu un article qui expliquait que nous ne sommes plus dans une société de classes (Quoique…) mais dans une société de masse.
Cela expliquait, selon l’auteur, que les vieilles procédures démocratiques ne fonctionnaient plus et qu’à la place d’un discours « économique » (classe contre classe) il fallait, pour être entendu, produire un discours « idéologique » (désigner un ennemi).
Bref, il faudrait qu’en France Macron désigne un ennemi qui fascinerait les français et leur ferait oublier qu’il les plume.
Ce que fait, par exemple, Victor Orban en Hongrie ou ce que se propose de faire Marine Le Pen en France.
Ce qui amènerait à ces « démocraties » illibérales qui font florès en Europe de l’est, en Turquie ou au brésil.
Le fait que, lorsque se produisent des évènements comme ceux de ces dernières semaines en France, il y a toujours des dizaines de personnes qui les filment pourrait-il être un frein à cette catastrophe ?

PS J’ai mis pour illustrer cette note des photos de nérines blanches qui, venant de l’hémisphère sud fleurissent ici en automne.
Les photos comportent un léger flou comme si elles étaient voilées par des larmes.
Il n’y a pas de filtre : c’est le résultat qu’on obtient en voulant photographier ces fleurs.
J’ai déjà vu ce phénomène en photographiant de fleurs de colza d’où j’en déduis que les nérines ne sont pas blanches mais mélangées d’ultraviolet.

PPS J’ai mis beaucoup de temps à écrire une nouvelle note parce que j’en avais une autre en travers de la gorge et qui ne voulait pas passer.
J’ai réussi à la pousser dans un coin et je verrais, plus tard, si j’arrive à la cracher.

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Rituel

Bon, ça c’est fait !
Mon « Itinérance Mémorielle » personnelle m’a enfin amené à aller déposer des fleurs sur le caveau de famille.
Quand je suis arrivé il y avait déjà trois pots de fleurs sur la tombe.
Je savais que l’un d’eux venait de ma belle-soeur mais les deux autres étaient un mystère.
Ils n’étaient certainement pas dédiés à ma mère, les Témoins de Jéovah ne posent pas de fleurs sur les tombes, considérant cela comme une pratique païenne (ce qui est exact).
Bon, j’ai déposé mes deux pots de fleurs, un pot de chrysanthèmes pour ma mère et un de bruyère pour mon frère.
Je me surprends moi-même en célébrant ce rituel, le fait que je me sente obligé d’apporter des fleurs reste énigmatique pour moi.
Je sais parfaitement qu’il n’y a personne dans la tombe, rien que des os, et pourtant je viens déposer des offrandes.
Il me semble que le rituel a une force propre qui dépasse la croyance.
On l’accomplit et peu importe ce que l’on croit.
Un peu comme dans l’Antiquité où les croyances religieuses étaient très souples (il n’y existait pas de vérité révélée, mais des récits, que les gens cultivés considéraient généralement comme des fables) et où l’homme pieux était celui qui accomplissait scrupuleusement les rituels.
Cela m’amuse de me retrouver, un instant, dans la peau d’un homme pieux.
J’adresse un dernier adieu aux absents.

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Inférence

L’autre jour deux témoins de Jéovah sont venus sonner à ma porte.
Ils avaient un argumentaire tout préparé concernant le système qui permettait à des oiseaux vivant dans des zones de grands froids de n’avoir pas les pattes gelées.
Un système vasculaire particulier permettant au sang de venir réchauffer les pattes et évitant ainsi aux oiseaux le risque du gel.
L’argument final étant qu’un système aussi ingénieux (effectivement) ne pouvait pas être le fruit du hasard mais le résultat d’une intention intelligente supérieure.
Dieu, vu comme un ingénieur génial, se penchant sur le problème de voir comment empêcher ces oiseaux d’avoir les pattes gelées par grand froid.
Ce raisonnement est un raisonnement par inférence.
L’inférence est une sorte de déduction automatique et inconsciente qui permet d’aller au delà d’une information donnée.
Par exemple : si vous n’avez jamais vu de poule, qu’on vous en montre une et qu’on vous dit qu’elle a pondu un oeuf, vous allez en inférer automatiquement que toutes les poules pondent des oeufs.
Mais le système n’est pas fiable à tous les coups.
Si l’on vous montre un juif riche et que vous en inférez que tous les juifs sont riches (certains le font) vous allez vous planter.
Dans le cas présent, comme les hommes construisent des machines ou des objets au fonctionnement parfois très astucieux, quand ils voient un processus naturel qui leur parait particulièrement ingénieux ils ont tendance à en inférer qu’il pourrait s’agir du résultat d’un processus intelligent.
C’est une inférence particulièrement difficile à éradiquer.
Un psychiatre me disait un jour que les grands neurologues américains finissaient tous par croire en…Quelque Chose, tellement ce qu’ils découvraient en étudiant le fonctionnement du cerveau était ébouriffant !
Mais, ici, l’inférence est fausse, ou, du moins non prouvée.
Si je raconte tout ça sur mon blog, c’est parce que les deux martyrs de Jéovah se sont enfuis avant que j’ai eu le temps de terminer mes explications.

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Le Liseron inconnu


A côté du troquet du village se trouve le champ d’un agriculteur qui élève des poulets des chapons et des pigeons.
Il a aussi un champ où il plante du maïs pour nourrir ses volailles et une partie du champ est utilisée comme potager avec des rangées de poireaux, de tomates de toutes sortes, de choux, de fenouil, d’aubergines et d’autres légumes encore.
Et dans un coin du champ, il a planté un « truc » que je n’avais jamais vu.
Une sorte de liseron qui s’étalait sur le sol et faisait des fleurs violettes et blanches comme le montre la photo.
Cette plante inconnue me plongeait dans la perplexité : Quelle sorte de légume était-elle produite par une plante de la famille des liserons ?
Aujourd’hui j’ai eu la chance de croiser l’épouse de l’agriculteur à qui j’ai posé la question qui me trottait dans la tête depuis plusieurs semaines.
Eh bien le liseron inconnu est un pied de patate douce ( ipomea batatas) une plante de la familles des convolvulacées (donc bien un liseron).
L’agricultrice m’a aussi appris que le moment de la récolte était proche et que cette plante tropicale s’adaptait particulièrement bien à notre climat et était particulièrement productive.
Un pied planté l’année dernière dans leur jardin leur a donné 11 Kilos de tubercules.
J’étais ravi d’avoir enfin la réponse sur l’identité de mon liseron inconnu.
Voilà encore une immigrée qui s’est bien intégrée à notre pays.

;
IlI

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La Mouche travestie

L’insecte s’est posé sur le livre que je lisais.
J’ai cru qu’il s’agissait d’une guèpe mais comme elle se tenait bien tranquille malgré l’agitation autour d’elle (j’étais assis à la terrasse d’un café) j’ai pu l’examiner et la photographier.
la bestiole n’avait qu’une seule paire d’ailes.
Ah la maline ! c’était une mouche.
Une mouche déguisée en guèpe.
J’ai connu un type comme ça. Il semblait porter une crinière de lion mais quand on avait l’occasion de l’examiner de prés on s’apercevait que c’était juste un rat.
(Pardon pour les rats.)
Je parie que tout le monde en connait au moins un.
En tout cas, comme je n’avais encore jamais vu de mouche tigrée ( Un insecte inconnu est toujours une rencontre intéressante) je suis allé faire des recherches sur le Net.
Ma mouche (je vous passe son nom latin) était un syrphe.
Une jolie bestiole inoffensive qui s’avère un allié précieux du jardinier car ses larves dévorent les pucerons.
Si j’avais su ça, j’aurais tenté de l’attraper pour la ramener à la maison.

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