Archive for Ce que vivent les roses

Chaleur

Il fait chaud. Trop chaud.
L’haleine du désert fait plier les feuilles des digitales blanches pourtant plantées à l’ombre.
Les chats restent toute la journée vautrés sur les dalles froides du séjour.
Le chien qui, pourtant, adore s’allonger au soleil ne quitte la maison que pour faire ses besoins.
Soit dit en passant, quand on a un jardin, l’avantage du chihuahua sur toutes les autres races de chiens, c’est qu’il fait de minuscules crottes.
Quant à moi, j’ai réussi à me trainer Dimanche jusqu’au bureau de vote.
Et ceci uniquement pour rendre hommage à ceux qui se sont battus et sont morts pour que nous puissions en jouir ou même qui en ont simplement rêvé.
Et sans oublier non plus les erreurs et les horreurs auxquelles ce droit de vote a servi de couverture.
Cling !
A voté !
Le bureau était vide (je veux dire de votants) et les assesseurs s’ennuyaient ferme ; Je sais ce que c’est j’ai, moi aussi, tenu des bureaux de vote dans le temps.
J’ai prononcé quelques mots de compassion.
Je suis rentré. le seul effort de glisser le bulletin dans l’urne m’avait mis en nage.

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L’étrange odeur

Les fleurs des nemesias sont petites mais mignonnes.
Le pied est défleuri maintenant, j’ai un peu trop attendu avant de poster la photo.
La souche est encore bien verte, peut-être vont-elles refleurir.
J’ai regardé tout le feuilleton du séjour dans la station spatiale et du retour de Thomas Pesquet.
A regarder les télés on aurait pu croire qu’il était seul dans l’ISS.
Bon, il y a un détail qui m’a particulièrement intrigué : au moment ou les spationautes ouvrent la porte du sas où vient de s’amarrer le module de ravitaillement Pesquet note qu’on sent « l’odeur de l’Espace ». Une odeur qui accompagne tous les engins qui ont voyagé dans l’espace et qui évoque celle des noix.
C’est un truc tout à fait fascinant : qu’est-ce qui, dans le vide spatial, est susceptible de générer une odeur ?
Les scientifiques ne semblent pas s’être trop préoccupés de la question.
Dommage…
Je m’intéresse à des détails sans doute futiles mais les merveilles du Monde se cachent souvent dans les détails.

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Les Nigelles de Damas

Ces fleurs blanches et bleues sont des nigelles de Damas (nigella damascena).
Une plante annuelle, les tiges meurent en hiver mais se ressèment abondamment.
Ce n’est pas moi qui les ai semées.
Ma voisine, pour amuser son petit-fils lui avait fait planter des graines et les nigelles se sont ressemées dans mon jardin, apportées sans doute par le vent d’autan.
A noter que ses graines sont toxiques.
Evidemment des nigelles « de Damas » qui s’installent dans mon jardin cela pourrait faire penser aux réfugiés syriens.
Mais l’allusion serait trop facile et loin de moi l’idée de céder à la facilité.
C’est à un autre réfugié que je pense : le libyen qui s’est fait exploser à Manchester.
Le journaux prétendent qu’il aurait perpétré ce crime pour venger l’un de ses amis tué par « trois jeunes anglais » (soit des blancs « autochtones »).
Je ne sais pas si cette histoire est vraie mais, si c’était le cas, elle me conforterait dans l’opinion selon laquelle les attentats qui frappent les pays occidentaux ont leurs racines dans ces mêmes pays.
Ce n’est pas là « culture de l’excuse », cela n’enlève rien à l’horreur du crime ni à la responsabilité de celui qui l’a commis.
Mais il y a une autre responsabilité qui est celle de la population en général et de son comportement « raciste » et xénophobe et de ce qu’elle fait subir à ceux qu’elle estime « étrangers ».
Bien sûr, tout le monde n’est pas raciste ou xénophobe mais ces derniers sont suffisamment nombreux pour que se développent la rage et la haine de ceux qui sont victimes de ces comportements, pratiqués en toute bonne conscience.
On en voit maintenant les résultats.
Alors on peut prolonger l’état d’urgence jusqu’à la Saint Glin Glin, développer la police et le Renseignement, on n’arrivera pas à empêcher qu’il n’y ait des morts et des attentats car c’est la population elle même qui fait pousser les fleurs vénéneuses de la haine..

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Le Tircis

J’ai photographié ce petit papillon sur une feuille d’onagre.
Il avait l’air un peu endormi ce qui m’a permis de m’approcher doucement.
C’est un Tircis (Pararge aegeria) un papillon commun au mois de mai.
J’ai montré la photo à Sylvère qui m’a fait remarquer un truc.
Il faut dire que Sylvère est phobique des machins qui volent (les petits, bien sûr, pas les avions).
Dés qu’un malheureux papillon de nuit rentre dans la séjour il faut absolument le chasser !
Alors, je ne vous raconte pas le jour où ç’a a été une chauve-souris.
Bon, bref… Il regarde la photo (en photo ça va encore.) et me dit : « Est-ce que tu as remarqué qu’il y avait très peu d’insectes en ce moment dans le jardin ? »
De fait, maintenant qu’il m’en parle…
Il ajoute : « C’est parce que quelqu’un a traité avec des insecticides. »
Il y a des terres agricoles pas loin, la ville est petite, mais c’est la première fois que des pesticides l’auraient touchée.
J’espère que cela ne se reproduira pas, Ce serait trop triste un été sans insectes.

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Matheux

Pivoines en arbre, une obtention japonaise.
Les fleurs sont belles mais trop lourdes portées par une tige trop fine et elles piquent du nez vers le sol.
Alors j’ai bricolé des tuteurs avec des cannes de miscanthus.
C’aurait été dommage de ne point voir ces fleurs.
Sylvère, qui est sensible à la beauté, a versé quelques larmes d’émotion et moi j’étais ému de son émotion.
Mais il faut se dépêcher d’en profiter : le printemps est pluvieux et la pluie les abîme vite.
Cette fugacité m’a fait penser à « l’état de grâce » qui suit l’élection de chaque nouveau président de la République.
Celui du nouveau président risque d’être court.
J’ai tenté de me renseigner sur les candidats aux élections législatives investis par le parti du nouveau président.
La première impression, pour autant qu’on puisse en avoir une à ce stade, est que sa base sociologique semble assez étroite : avocats, chefs d’entreprises, cadres supérieurs, banquiers expatriés.
Rien de trés surprenant.
Un cas se détache cependant, celui de Cédric Villani, mathématicien lauréat de la prestigieuse médaille Field et connu des médias pour ses cheveux mi-longs, ses lavallières et la broche en forme d’araignée qui décore le revers de ses vestes.
Un excentrique ! Ca va nous changer.
Blague à part, sa présence est intéressante.
Je ne sais pas s’il lui sera confié des responsabilités gouvernementales mais je serais curieux de voir comment un esprit habitué à des spéculations scientifiques de haut niveau se comporterait devant les réalités plus triviales de la politique ordinaire.
Il est l’image d’un vieux fantasme : celui du gouvernement des savants.
Je suis impatient de voir comment il va se comporter.

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Election

Une tulipe noire pour le 1 Mai, ça change du muguet.
Je me suis levé trop tard pour suivre les défilés (on n’est pas là pour se faire engueuler), un peu dispersés cette année mais appelant tous, plus ou moins à « faire barrage au Front National » sinon à voter Macron.
Ah là là… ! Depuis le temps que je fais barrage au Front National, j’en ai mal au dos.
Je poursuis par une petite discussion au téléphone avec un ami auquel j’annonce mon intention de voter blanc.
Et là, je me fais engueuler sous le prétexte que « Ne pas voter Macron c’est être l’allié objectif de Le Pen ! »
Ah cette histoire d’allié objectif…! Toute ma jeunesse !
– Réponse : « Oh mais non, mon cas est beaucoup plus grave que ça, car si je suis l’allié objectif de Le Pen en ne votant pas Macron, je suis aussi l’allié objectif de Macron en ne votant pas Le Pen.
Et donc, je me retrouve l’allié objectif des deux candidats pour lesquels je ne vote pas !
A moins que cet argument « d’allié objectif » ne soit, sauf ton respect, qu’une vaste couillonnade. »
JJ rougagne au téléphone mais je continue : « De toutes façons ma décision est prise depuis le mois de Décembre dernier : je ne voterai ni pour Le Pen ni pour Fillon ( à l’époque on le croyait déjà président) ni pour Hollande ( à l’époque on le croyait encore dans la course) ni pour aucun « hollandiste ».
(Je dois ajouter que bien que ma décision soit déjà prise, l’allocution de Hollande pour annoncer qu’il ne se présentait pas m’a sidéré, quand il a dit que la seule chose qu’il regrettait était d’avoir proposé la déchéance de nationalité : « parce que (Je cite de mémoire) je croyais que cette mesure allait nous réunir alors qu’elle nous a divisés ».
Moi qui attribuait la proposition de cette mesure à une intention machiavélienne qui aurait mal tourné, j’ai compris qu’il était sincère et qu’il avait vraiment cru que cet attentat contre l’Egalité pouvait « nous » réunir.
Non mais pour qui il nous prend ??? )
Toute ma vie j’ai voté « utile » ( Chirac en 2002 et il a fallu me trainer par les cheveux ) pour faire barrage au Front National et pour des gens dont les décisions politiques n’ont fait que provoquer la hausse des fachos.
Alors, maintenant, c’est fini ! Je ne voterai plus que pour les gens qui me plaisent et s’ils ne sont pas au second tour, je voterai blanc.
Et si j’ai la moindre responsabilité dans l’élection de la Murène, j’aurais au moins la certitude d’être en bonne compagnie »

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Fritillaire pâle ( et Sécurité)

Ma dernière note a laissé presque tous mes commentateurs habituels sans voix, à moins que leur courtoisie naturelle ne les ait empêchés de me dire ce qu’ils en pensaient.
Bon, passons à la suite.
Comme tous les ans les floraisons se bousculent et je n’arrive pas à trouver assez d’idées d’articles pour suivre le rythme.
Cette fois c’est une fleur que j’ai manquée l’an dernier : une fritillaire pâle (fritillaria pallida).
Ce n’est pas une plante très spectaculaire mais j’aime les fritillaires, peut être parce que ce sont parmi les premiers bulbes que j’aie plantés dans un jardin.
La pallida est un peu comme la fritillaire méléagre que l’on voit au premier plan : elle aime un terrain humide dans le fond.
Je l’ai donc mise dans un pot avec réserve d’eau.
Elle a fleuri un peu l’an dernier mais a bien refleuri cette année.
C’est un succès à noter car les fritillaires sont capricieuses et ne refleurissent pas souvent.
Les couronnes impériales sont dans ce cas, mais j’ai pensé à une autre ruse pour l’automne prochain, pour offrir à ces dernières un terrain qui leur plaise.
A part jardiner, je lis en ce moment un livre de Patrick Boucheron (celui qui a coordonné « L’Histoire Mondiale de la France » que Sylvère m’a offert pour mon anniversaire) intitulé : « Conjurer la peur / Essai sur la force politique des images ».
L’auteur y étudie une vaste peinture murale peinte en 1338 sur trois murs de la salle de réunion des autorités de la ville de Sienne et communément appelée : »Allégorie de bon gouvernement ».
L’époque était difficile pour ces petites républiques municipales menacées par les empereurs, les dignitaires de l’Eglise et les potentats locaux.
L’insignoramento ( la seigneurialisation, quel vilain mot) les menaçait toutes et finira par avoir leur peau.
L’étude est minutieuse (et réveille des échos dans notre propre situation politique en cet entre-deux électoral) et je ne peux la résumer ici mais l’une des allégories m’a frappé : celle de la sécuritas> (la sécurité, bien présente dans les discours de certain modernes candidats.), elle tient dans sa main une potence qui soutient un pendu.
On a compris : la sécurité n’existe que si l’on pend les délinquants ( surtout, à l’époque, les voleurs et bandits de grand chemin).
A notre époque, on ne pend plus mais, à défaut, les programmes de certains candidats ( tous ?) se proposent de bourrer les prisons.
Tss Tss…! nous avons fait quelques progrès depuis le quatorzième siècle, mais pas tant que ça.

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