Archive for Ce que vivent les roses

Valeurs

J’ai replanté des trolles dans mon jardin.
Les précédents, trop à l’ombre n’avaient pas tenu.
Mais, comme j’aime beaucoup cette espèce de gros bouton d’or de terrain humide j’ai retenté l’expérience et cette fois-ci ça a l’air de marcher.
Jolie fleur donc mais je ne suis pas le seul à l’apprécier : si l’on regarde bien, sur la droite de la photo, on peut voir une petite araignée crabe qui s’est parée de la couleur de la fleur pour pouvoir sauter sur la première abeille qui passe.
La beauté peut cacher des choses dangereuses.
Sans rapport avec cela; j’ai appris que la Cour Supreme des Etats Unis avait donné raison à un pâtissier qui avait refusé de confectionner un gâteau pour le mariage de deux homosexuels pour la raison que l’homosexualité choquait ses valeurs chrétiennes.
Une telle décision est surprenante pour un français chez qui le refus de vente est formellement prohibé.
(J’en sais quelque chose ayant travaillé à la FNAC qui a gagné tous ses procès contre les éditeurs qui refusaient de la fournir.)
Cette décision ouvre aussi une boite de Pandore.
En effet, la jeune dame qui sert de porte-parole à Donald Trump s’est vue priée, par la propriétaire d’un restaurant, de quitter son établissement au motif que la politique du gouvernement américain offensait ses valeurs de générosité et de solidarité.
Hé, hé…On peut être plusieurs à jouer à ces jeux là.

Publicités

Leave a comment »

Retour au jardin

Bon, me voici revenu à la maison après mon opération d’une hernie à l’aine.
Les chirurgiens n’ouvrent plus le patient en deux pour ce genre d’opération, ils prennent des chemins détournés.
Je me retrouve avec quatre trous fort propres dans le ventre, un, au dessus du nombril, pour passer l’endoscope et trois autres pour passer des instruments que je préfère ne pas imaginer.
Tout semble aller bien pour le moment.
A mon retour, les campanules à feuille de pêcher s’étaient ouvertes ou, du moins une touffe qui avait pris racine dans un pot en plastique plein de terreau que j’avais abandonné dans un coin.
Le substrat s’était sans doute montré particulièrement riche car la plante avait produit des fleurs énormes, beaucoup plus grandes que celles que cette variété produit d’habitude.
Une question se posait comment une graine de campanule s’était elle retrouvée dans ce pot ?
Les oiseaux ne les mangent pas, le vent ne les emporte pas et les animaux ne les prennent pas dans leur pelage.
Une note sur le web m’a donné le nom des responsables : les escargots.
Ces derniers mangent la cupule qui contient la graine mais de la digèrent pas et le rejettent dans leurs excréments.
Or, les excréments d’escargots contiennent une part de mucus qui en fait un milieu particulièrement propice à la germination des graines.
Je suppose que l’un d’entre eux s’est soulagé dans le pot et que la nature a fait le reste.

Encore une fois le jardin vit sa vie sans trop se soucier du jardinier.

Comments (2) »

Souvenir de la balade.

Quand je suis allé chasser l’orchidée, j’ai rencontré sur ma route d’autres fleurs ou des herbes qui n’étaient pas moins intéressantes.
D’abord, impossible de ne pas les remarquer, les genêts étaient en fleurs. explosion de bouquets jaunes au parfum lourd et entêtant.
J’ai été tenté d’arracher une bouture mais contrairement au lilas que j’avais pris sur cette voie et qui me suit depuis de jardin en jardin, je n’étais pas sûr du résultat.
Et puis mon jardin actuel est petit et les genêts prennent de la place sans compter qu’il faut en tailler le tiers tous les ans pour ne pas les voir se dégarnir du pied.
Je me suis donc contenté de m’enivrer de leur parfum.

Mais il y avait d’autres fleurs moins spectaculaires comme celle-ci que je suppose être une inflorescence de plantain.

Tout en écrivant cette note, je songe que demain je dois subir une intervention chirurgicale pour réduire une hernie à l’aine.
Anesthésie générale, puis le chirurgien va faire un trou dans le nombril pour passer un endoscope et deux trous, un de chaque côté du ventre pour introduire ses instruments.
Là, comme pour la balade, je suis embarrassé d’avoir un gros ventre.
J’imagine l’endoscope se perdant dans toute cette graisse.

Tiens, dans les champs qui entourent la voie romaine (un simple chemin quoiqu’assez large, elle n’est pas pavée comme à l’entrée des grandes villes) on peut voir des glaïeuls sauvages, des glaïeuls dits « de Byzance ».

Pour cette visite à la clinique il a fallu que je trouve un taxi VSL pour m’emmener et me ramener le lendemain.
Je passe la nuit à la clinique mais on ne veut pas que je prenne le volant le lendemain de l’anesthésie.
Si j’avais un accident la clinique serait responsable.
J’ai dû passer une dizaine de coups de téléphone avant de trouver un taxi disponible.

Bon, il n’y avait pas que des fleurs sur le chemin mais aussi beaucoup de graminées fleuries en ce moment.
Je trouve ces plantes très gracieuses, ondulant légèrement aux caprices du vent.
La nature est vraiment un paradis de beauté.

Comments (9) »

Aquarius

This is the dawning of the age of Aquarius
Age of Aquarius
Aquarius
Aquarius
Harmony and understanding
Sympathy and trust abounding
No more falsehoods or derisions
Golden living dreams of visions
Mystic crystal revelation
And the mind’s true liberation
Aquarius
Aquarius

C’était en 1969 (mon Dieu que c’est loin !) une comédie musicale célèbre annonçait l’âge du Verseau.
A en juger par les paroles c’était plutôt sympathique.
Moi, ça me plaisait bien, d’autant plus que je suis du signe du Verseau et que j’appréciais la description du caractère des verseaux, du moins tel que le décrivaient les sites d’atrologie populaire.
Une ère d’Harmonie…
La suite a montré ce qu’il en était réellement : guerres, épidémies, famines et exodes de populations.
Bref, le Moyen Age, tel qu’on se l’imagine habituellement.
Aujourd’hui l' »Aquarius » c’est le nom d’un bateau chargé de migrants qui a eu du mal à trouver un port et dont l’aventure a donné lieu à un festival de déclarations hypocrites de la part des responsables français.
C’est tout ce qu’il reste des promesses de « l’age of Aquarius »
Bon, ce n’étaient que les promesses d’une comédie musicale, mais, aprés tout, elles en valaient bien d’autres !

Un geranium violet (demi deuil) en l’honneur des promesses mortes.

Comments (2) »

Hemerocalle jaune

Cette jolie hémérocalle jaune a fleuri dans le jardin.
Si je me souviens bien d’avoir plantée une petite pousse d’hémérocalle à cet endroit, je suis surpris de sa floraison car je n’ais aucune souche de ce genre dans le jardin.
Je ne me souviens plus où j’ai trouvé la petite pousse.
Sans doute en faisant un trou pour planter autre chose.
Elle viens probablement d’une hybridation naturelle entre deux variétés du jardin.
On dirait bien qu’elles m’on fait un enfant dans le dos.
En tout cas c’est une jolie surprise car l’enfant est très réussi et le plus surprenant dans cette surprise c’est que j’arrive encore a être surpris par la vie du jardin.

Leave a comment »

Une autre orchidée


Encore une orchidée.
Vu sa période de floraison et ses petits pétales jaunes je suppose qu’il s’agit d’une ophrys apifera, ma préférée.
J’en ai déja montre une dans ma note précédente mais celle-ci est spéciale.
ELLE A POUSSE DANS MON JARDIN;
La région ou j’habite semble peu propice aux ophrys, je n’en ai jamais vu dans la nature.
J’habite au milieu d’une zone résidentielle où l’on voit peu de fleurs sauvages.
J’avais bien remarqué la rosette de feuilles indiquant qu’une orchidée poussait là, dans un coin du jardin que je n’avais pas travaillé depuis longtemps mais je m’attendais à une variété plus banale comme l’orchis bouc.
Jamais je n’aurais imaginé qu’une ophrys abeille puisse pousser chez moi.
J’ai failli penser à une intervention surnaturelle comme si l’Esprit des orchidées avait voulu récompenser mon affection poue cette fleur en me faisant ce cadeau.
Bon, c’est dommage, je ne crois pas aux génies mais la floraison de cette orchidée dans mon jardin reste un mystère.
…pour mon plus grand bonheur

Comments (4) »

La Course aux orchidées

Cette année semble être particulièrement riche en floraisons, sans doute pour compenser le fait que la précédente n’était pas terrible.
En passant en voiture le long de friches plus ou moins anciennes j’ai remarqué qu’il y fleurissait beaucoup d’orchidées.
J’ai donc pris mon courage dans une main et une ferme décision dans l’autre et je suis retourné sur la voie romaine de Massac prés de Lavaur où j’ai vécu quelques années.
C’est un endroit où j’avais l’habitude d’aller, à la saison (maintenant), photographier des orchidées.
La voie romaine suit la crête des collines sur plusieurs kilomètres et j’ai perdu l’habitude de marcher.
Le chemin n’a donc pas été facile mais je ne me suis pas déplacé pour rien.La première photo montre une serapias à long labelle (serapias vomeracea), j’aurais tout aussi bien pu ne pas me déplacer pour celle-ci car il y en a beaucoup prés de l’endroit où j’habite, beaucoup plus que d’habitude. Tout comme celle de la seconde photo : l’orchis pyramidal (anacamptis pyramidalis), elle décore les bords de l’autoroute d’Albi comme pour fêter la Pentecôte dont elle porte aussi le nom. Il y en a vraiment partout en ce moment.
Il faut dire que c’est aussi la plus visible, les autres sont plus discrètes.
C’est le cas de celle montrée sur la troisième photo.
Enfin, celle que j’ai photographiée était petite, habituellement elles peuvent monter à plus d’un mètre de haut.
C’est l’orchis bouc (himantoglossum hircinum) ainsi nommée à cause de l’odeur qu’elle dégage, mais il faut vraiment mettre le nez dessus pour la sentir.
Les orchis bouc sont les dernières à fleurir en ce moment elles sont vraiment au tout début de leur floraison
Elles aussi sont très communes, j’en ai même vu jaillir dans un terrain vague en plein milieu de la ville de Toulouse.
Evidemment le terrain vague a disparu et les orchis aussi.
Il faut dire qu’elles détestent la civilisation, les labours, les pesticides et même les engrais chimiques ; Ce sont des sauvages qui se réfugient sur les bords de routes et les endroits délaissés par l’agriculture.

Au fur et à mesure que j’avance je trouve des espèces moins communes.
Voici, sur la quatrième photo l’orchis homme pendu (aceras anthropophorum) ainsi nommée parce que ces sépales rassemblés en coque et son labelle dentelé donnent l’image d’un petit homme.
Cette espèce-là, par contre est en fin de floraison, les spécimens que je rencontre sont en retard car ils poussent dans des endroits ombragés ce qui fait que les fleurs sont plus pâles que celles qu’on voit en avril dans les endroits ensoleillés.
Mais ce n’est pas pour autant que je vais refuser de l’honorer d’une photo.
Plus loin, là où la terre montre ses os de roches calcaires voici que je trouve les premières ophrys.
Les petites malignes ont un labelle qui ressemble au corps d’une hyménoptère, abeille ou bourdon, les mâles de l’espèce, trompés par cette ressemblance s’en viennent copuler avec ce simulacre ; Ce faisant ils se collent les pollinies sur le front qu’ils s’en vont déposer sur la fleur suivante.
C’est ainsi que les orchidées font l’amour.
Celle qui figure sur la cinquième photo est une ophrys araignée (ophrys sphegodes) c’est elle aussi une retardataire, les ophrys araignée sont les premières à fleurir en Avril.
Bon, elle n’a rien de spectaculaire avec ses pétales et ses sépales verts mais elle m’annonce que je suis bien arrivé sur le terrain des ophrys.
Et justement voici que je trouve tout un groupe d’ophrys bécasse (ophrys scolopax).
Bon, je ne suis pas trop sûr de mon identification, les ophrys ont tendance à se mélanger et à produire tout un tas d’hybrides qui rendent leur classification très floue.
Sans compter que leurs formes changent selon la latitude ; Espèces et sous-espèces se succèdent sans interruption du nord au sud de l’Europe.
Bon, on va dire que la sixième photo montre une ophrys bécasse et si quelqu’un n’est pas d’accord qu’il le dise.
Cela fait plusieurs heures que je marche et je commence a être crevé. Je décide de rebrousser chemin.
Je suis crevé et en plus ça monte !
Bon, quelques instant de repos ne peuvent pas me faire de mal. Je me laisse tomber sur le bord du chemin et là…
Stupéfaction ! Juste devant moi un petit groupe d’une orchidée que je n’avais pas revue depuis au moins vingt ans !
Si discrète que si je ne m’étais pas arrêté je serais passé sans la voir : c’est la petite serapias langue d’oiseau (serapias lingua) de la photo numéro sept.
La dernière fois que je l’avais vue elle poussait sur un terrain plutôt marécageux et je n’aurais jamais imaginé la trouver sur ces pelouses sèches.
J’étais ravi que mes efforts m’aient amené à un aussi beau résultat mais mon chemin n’était pas encore fini.

Quelques centaines de pas plus loin, alors que la sueur me coulait dans les yeux, je l’ai enfin aperçue celle qui n’avait fait faire quarante kilomètres en voiture dans le secret espoir de la trouver.
L’ophrys abeille (ophrys apifera) la merveille des ophrys du pays, la plus belle sinon la plus rare.
Mon ophrys préférée entre toutes, le couronnement de cette épuisante balade.
Je suis reparti le pas lourd mais le coeur léger.
Je n’ignorais pas que, le lendemain, j’aurai mal à des muscles dont j’avais oublié l’existence, mais ça valait le coup ; Je me retrouvais jeune à nouveau – au moins en esprit – quand je crapahutais tout les mois d’Avril et Mai à la poursuite des orchidées sauvages.

Comments (4) »