Archive for Ce que vivent les roses

Fuschia de Richard

J’avais un pied de fuschia de Richard qui poussait mal sous le pin parasol planté devant la maison.
J’ai fait abattre le pin qui aurait, un jour, menacé les fondations de la maison, au grand dam de Sylvère qui voulait le garder car des tourterelles avaient l’habitude de s’y rassembler ainsi que quelques cigales rouges en été.
En abattant le pin, l’élagueur a copieusement piétiné le fuschia, cassant les deux branches qui avaient poussé l’année dernière.
Mais cette année, l’arbuste a vigoureusement repoussé, formant une sorte de petit dôme constellé de pendeloques roses et violettes.
J’ai certainement déjà raconté l’histoire de la découverte du fuschia, mais c’était sur un autre blog, dans une autre vie.
Je vais prendre le risque de me répéter cars j’adore cette histoire, bien que je ne sois pas sûr qu’elle soit vraie car je n’en ai trouvé aucune trace sue le net.
Tant pis.
Donc, l’histoire raconte que le botaniste James Lee découvrit le fuschia… dans un pot de fleurs sur le rebord d’une fenêtre à Londres.
L’époux de la dame qui habitait là était marin et avait trouvé cette plante en Amérique Latine. Il en avait rapporté une bouture à son épouse qui la cultivait sur sa fenêtre.
Le migrant végétal s’y était bien installé jusqu’à sa rencontre avec le botaniste.

Voyant que le fuschia était bien solide chez moi j’ai fait quelques projets concernant les fuschias : installer un autre fuschia de Richard rose pâle et aussi un fuschia grimpant sue l’arceau qui est devant la maison, l’ablation du pin ayant redonné de la lumière à cette partie du jardin.

PS au moins, dans mes recherches ais-je trouvé la réponse à une question que je me posais depuis longtemps : Les baies de fuschia sont bien comestibles, on en fait des confitures.

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Eucomis bicolor

l’Eucomis bicolor est une plante bulbeuse qui demande un terrain très filtrant.
Je l’ai mis dans la vasque pleine de terreau additionné de sable, je verrais si elle tient l’hiver.
On l’appelle plante ananas car sa grappe de fleur est surmontée d’une touffe de feuilles qui la font (vaguement) ressembler à un ananas.
De prés ses petites fleurs sont assez jolies mais, globalement, son intérêt décoratif est discutable ; C’est une plante pour collectionneur.
Quand j’étais étudiant, j’aimais boire des jus d’ananas, enfin, de temps en temps.
J’avais l’habitude de m’installer à une terrasse de café place du Capitole. A l’époque le café coûtait 50 centimes et le paquet de gauloises, le même prix.
J’étais certain qu’au bout d’un quart d’heure (grand maximum) un ami passerait et viendrait s’assoir pour discuter.
J’adorais ça et il m’en est resté une grande tendresse pour les terrasses de café.
Alors, en souvenir du bon vieux temps je retourne m’assoir à la terrasse devant un café.
Mais plus aucun ami ne passe ou très rarement.
Alors j’emporte un bouquin.
Dernièrement j’ai acheté d’un coup les deux tomes de Vernon Subbutex de Virginie Despentes.
Je ne les avait pas lus à leur parution j’attends que les livres paraissent en poche.
J’ai un peu hésité, j’avais de Despentes une image sulfureuse et les compliments des critiques convoqués en quatrième de couverture et l’avalanche de prix littéraires tombée sur les bouquins me paraissaient dissonants avec cette image.
Je m’attendais à un vomi de mots genre LF Céline, mais non, le texte est plus proche de San Antonio (l’influence de San Antonio sur la littérature française qui a suivi est regrettablement sous-estimée) avec aussi quelque chose de l’élégance (un peu sèche) de l’esprit français tout à fait classique.
Le décor est parisien (musique, cinéma, université etc…) les personnages sont des has been et les évènements racontés assez noirs.
Bizarrement l’effet produit est assez tonique.
Mieux vaut oublier les prix et les dithyrambes des critiques, le livre n’en a que faire mais c’est une excellente lecture pour la plage.

Avec une larme de rhum dans le jus d’ananas.

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les Corbeaux et les pigeons

Un jours, en passant j’ai vu des corbeaux sur le toit d’un immeuble.
Quand je suis repassé quelques jours plus tard ils n’avaient pas bougé.
C’est alors que j’ai compris qu’ils étaient faux.
Drôle d’idée que d’installer de faux corbeaux sur son toit !
En matière de décoration l’idée est discutable quoique, des goûts et des couleurs…
J’ai fini par penser que le propriétaire voulait, peut-être, éloigner les pigeons et éviter ainsi qu’ils ne couvrent de fientes blanches son joli toit de tuiles.
Si j’ai mis quelque temps à comprendre, c’est que le procédé est totalement inefficace et que je voyais souvent le toit couvert de pigeons.
Les pigeons sont les rois de la ville.
Tous les efforts des municipalités pour s’en débarrasser ont à peine abouti à en réguler le nombre alors, quelques corbeaux en plastique doivent les faire rigoler.
C’est un peu comme les migrants de Calais : dés qu’on pense les avoir chassés…
D’autant plus que de véritables migrants viennent s’y ajouter : j’ai vu, dans une espèce de grand parc à l’abandon, toute une troupe de pigeons ramiers reconnaissable au collier blanc qu’ils portent autour du cou, picorant en groupe comme ils ont l’habitude de le faire dans les champs fraichement moissonnés.
Personnellement, j’aime bien les pigeons et je ne vois pas qu’ils fassent tant de dégâts surtout que nous n’avons pas, dans nos banlieues, de ces statues de grands hommes de bronze que ces oiseaux adorent conchier.
Bien, comme fleur, j’ai mis une verveine.
Ces petites fleurs sont aussi nombreuses dans les jardinières municipales que les pigeons sur la place.

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Danton

Une fois n’est pas coutume, je commence par une statue. Celle de Danton qui orne la place de la Mairie à Tarbes.
Je suis retourné à Tarbes signer les papiers de la succession de ma mère.
Je l’ai prise à titre de souvenir puisque je n’aurai probablement jamais plus l’occasion de retourner à Tarbes : tous les membres de ma famille sont morts et je reste le seul survivant.
Si l’on s’intéresse à l’histoire de la Révolution française, la présence de Danton, saisi par le sculpteur à l’instant où il prononce sa célèbre phrase : « De l’audace ! Encore de l’audace ! Toujours de l’audace ! » sur une place de Tarbes, peut paraître insolite.
On ne voit pas très bien le rapport entre Danton et la ville.
Le « grand homme » révolutionnaire de Tarbes c’est Barrére dit  » Bertrand Barrère de Vieusac » célèbre à l’époque de la Convention pour ses nombreux retournements de veste et ses innombrables discours qui le firent surnommer « l’ Anacréon de la guillotine ».
L’explication est la suivante :
Sous la troisième République le conseil municipal de Tarbes voulut élever un statue à Barrère. Les édiles s’adressèrent donc à un sculpteur qui présenta un devis.
Le conseil le jugea horriblement cher.
Le sculpteur leur dit alors qu’il lui restait un Danton invendu qu’il était prêt à céder à prix réduit.
Et voilà pourquoi une statue de Danton fut érigée sur les terres de Barrère.
Les tarbais se sont attachés à leur Danton qu’il cachèrent même sous l’occupation.
Revanche posthume pour Danton sur Barrère qui présidait le Comité de Salut Public au moment de son procès et de son exécution.

Allez une fleur quand même pour les deux.

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On est bien peu de chose

La fugacité des roses est un thème increvable de toute la poésie galante et même hédoniste.
Mais elles ne sont pas si fugaces que cela ; Elles tiennent bien deux ou trois jours, bien plus que l’espace d’un matin.
Plus que les hémérocalles, par exemple, les lys d’un jour, qui ne durent vraiment qu’un jour.
Mais je comprends les poètes, le mot « hémérocalle » est plus difficile à placer dans un poème. Mais, de nos jours, les roses sont moins fugaces qu’au temps de Ronsard.
Elles sont « remontantes », c’est à dire qu’après la splendide floraison du mois de Mai elles continuent à fleurir, certes avec moins d’abondance mais aussi plus de délicatesse si l’on veut bien se donner la peine de tailler les tiges qui ont déjà fleuri.
Mais, bien sûr, les roses étaient le symbole de la jeunesse et celle-ci ne « remonte » toujours pas même si l’on prend soin de se faire couper les cheveux.
Et, tout comme à l’époque, on prend conscience de sa jeunesse lorsqu’elle a disparu.Encore que je n’aie pas trop à me plaindre, la mienne a duré longtemps ( ce qui ne m’empeche pas de regretter de n’avoir, quand même, pas assez cueilli de roses.) et, d’ailleurs, n’était le corps qui me lâche, mon esprit me semble resté assez jeune pour avoir envie de faire les sottises que j’ai négligé de faire quand il était encore temps.
Les regrets sont superflus et je n’ai pas assez de remords.
Ah on est bien peu de chose.

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Chaleur

Il fait chaud. Trop chaud.
L’haleine du désert fait plier les feuilles des digitales blanches pourtant plantées à l’ombre.
Les chats restent toute la journée vautrés sur les dalles froides du séjour.
Le chien qui, pourtant, adore s’allonger au soleil ne quitte la maison que pour faire ses besoins.
Soit dit en passant, quand on a un jardin, l’avantage du chihuahua sur toutes les autres races de chiens, c’est qu’il fait de minuscules crottes.
Quant à moi, j’ai réussi à me trainer Dimanche jusqu’au bureau de vote.
Et ceci uniquement pour rendre hommage à ceux qui se sont battus et sont morts pour que nous puissions en jouir ou même qui en ont simplement rêvé.
Et sans oublier non plus les erreurs et les horreurs auxquelles ce droit de vote a servi de couverture.
Cling !
A voté !
Le bureau était vide (je veux dire de votants) et les assesseurs s’ennuyaient ferme ; Je sais ce que c’est j’ai, moi aussi, tenu des bureaux de vote dans le temps.
J’ai prononcé quelques mots de compassion.
Je suis rentré. le seul effort de glisser le bulletin dans l’urne m’avait mis en nage.

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L’étrange odeur

Les fleurs des nemesias sont petites mais mignonnes.
Le pied est défleuri maintenant, j’ai un peu trop attendu avant de poster la photo.
La souche est encore bien verte, peut-être vont-elles refleurir.
J’ai regardé tout le feuilleton du séjour dans la station spatiale et du retour de Thomas Pesquet.
A regarder les télés on aurait pu croire qu’il était seul dans l’ISS.
Bon, il y a un détail qui m’a particulièrement intrigué : au moment ou les spationautes ouvrent la porte du sas où vient de s’amarrer le module de ravitaillement Pesquet note qu’on sent « l’odeur de l’Espace ». Une odeur qui accompagne tous les engins qui ont voyagé dans l’espace et qui évoque celle des noix.
C’est un truc tout à fait fascinant : qu’est-ce qui, dans le vide spatial, est susceptible de générer une odeur ?
Les scientifiques ne semblent pas s’être trop préoccupés de la question.
Dommage…
Je m’intéresse à des détails sans doute futiles mais les merveilles du Monde se cachent souvent dans les détails.

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