Archive for Ce que vivent les roses

La Paréidolie


Bon, je reconnais que les artichauds n’ont aucun rapport avec le sujet de ma note, mais la mairie a eu l’idée de planter des artichauds dans ses plates-bandes décoratives et comme j’adore les fleurs d’artichaud…

Je voulais parler de la paréidolie, un truc qui m’intrigue depuis longtemps.
La paréidolie est l’aptitude à voir des objets connus dans des formes naturelles aléatoires.
L’article qui lui est consacré dans wikipedia en montre plusieurs exemples.
Je me souviens d’avoir vu le visage du Christ dans des taches d’humidité sur un mur et j’ai récupéré sur le Net (désolé j’ai oublié les références) un visage du Christ créé par un coup de dent dans une barre chocolatée.
Emmanuel Carrère raconte dans « Le Royaumme » être devenu croyant (pendant trois ans) pour avoir vu le visage du Christ dans les feuilles d’un arbre (si je me souviens bien) et Léo Perutz, dans son roman « La nuit sous le pont de pierre » fait un usage dramatique d’un tel visage apparu sur un mur par l’effet de mousses et de lichens.
Il est à noter que tous ces visages de Christs ressemblent à ceux qu’à fixé la tradition picturale.
L’article de wikipedia traite le phénomène d’illusion d’optique.
Soit.
Mais pourtant d’où peut bien venir cette étrange aptitude du cerveau à fabriquer des images intelligibles à partir de taches aléatoires ?
J’ai fini par penser qu’il s’agissait d’une aptitude formée par l’Evolution à une époque où pouvoir repérer la forme d’un prédateur au milieu des lumières mouvantes de la végétation pouvait faire la différence entre la vie et la mort.
Aujourd’hui ce genre de situation ne se présente plus très souvent mais le cerveau humain continue à fonctionner selon des modes établis il y a bien des millions d’années.
Et un dernier artichaud pour la route.

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Seconde canicule de l’année

Les orages ne sont toujours pas venus et la canicule s’étend sur tout le pays.
Même le vent d’Autan ne rafraîchit pas l’atmosphère et nous souffle l’haleine infernale du Sahara.
Le chat qui affectionne d’habitude les tapis moelleux et le fauteuil de l’ordinateur, reste allongé, étalé le plus possible sur le carrelage du séjour.
Le chihuahua allongé à ses côtés a tout juste la force de lui mordiller le bout des pattes.
Mais d’autres animaux souffrent de la chaleur.
Alors que je prenais un café à une terrasse, une petit femelle moineau est venue se poser sur la table à la recherche de miettes.
J’ai écrasé entre mes doigts le petit gâteau sec offert avec le café et la moinette a consenti à venir le picorer dans ma main.
Mais une chose m’a surpris : quand elle ne picorait pas l’oiselle gardait le bec grand ouvert.
Je n’avais jamais vu un oiseau faire ça.
J’ai supposé qu’elle gardait le bec ouvert pour dissiper la chaleur excédentaire de son corps.
Même les oiseaux ont trop chaud !

L’établissement avait planté des dipladénias dans ses jardinières.
Il semblait bien que ce soit le seul être vivant à apprécier la température.

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Levez vous, orages désirés…


…car il fait bien sec sur le jardin !
La petite averse qui vient de tomber n’a même pas humidifié un millimètre de sol.
Bon, je ne demande pas un orage capable d’emporter René, n’en déplaise à monsieur de Chateaubriand, et je préfèrerais aussi éviter les grêlons gros comme des balles de tennis que l’on a vus ces derniers jours mais une vraie averse comblerait mes désirs d’autant plus que je suis tenu d’attendre la nuit tombée pour arroser le jardin, suite aux restrictions d’arrosage édictées par la préfecture.
L’averse a, tout de même, déposé quelques perles sur la rose « Papa Meilland » que je ne résiste pas à photographier malgré la difficulté qu’une cellule d’appareil photo peut avoir à restituer un sujet uniquement composé de deux couleurs complémentaires surtout s’il s’agit, comme ici, du rouge et du vert.
Les appareils automatiques ont encore pas mal de progrès à faire dans le rendu des nuances.

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Le Paon de jour


Photographier des papillons n’est pas facile, les bestioles s’enfuient au moindre mouvement.
Je sais que les professionnels ont des stratégies d’approche, mais je ne les connais pas.
Et il est encore plus difficile de photographier des papillons quand il n’y a pas de papillons.
Il me semble qu’ils sont moins nombreux que d’habitude dans le jardin bien que j’aie pris la peine d’installer un buddéia pour les attirer.
J’ai quand même pu photographier ce paon de jour (inachis io) qui se reposait sur un hortensia lui-même assommé de chaleur.
Contrairement à certaines espèces qui ne vivent qu’une saison, le paon de jour hiberne dans les granges ou les greniers.
Malheureusement ce sont aussi des endroits que choisissent les mulots pour hiberner et ces derniers sont friands de papillons.
Mais j’ai lu sur Zoom Nature que les paons de jour avaient une astuce pour faire fuir les mulots.
La Nature est un torrent de merveilles d’autant plus épatantes qu’elles se sont élaborées sous les seules forces du Hazard et de la Nécessité.

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Peut-être un lointain cousin…

Je me suis intéressé à l’identité des djihadistes français actuellement jugé et condamnés à mort en Irak.
Surtout par agacement envers les chaines d’info qui montrent toujours leurs visages floutés.
C’est censé éviter qu’on en fasse des martyrs de la Mauvaise Cause, mais moi je ne veux pas en faire des martyrs, je veux juste des informations.
Bref, j’ai cherché des informations sur le net et là j’ai eu un choc : l’un des djihadistes qui doivent être condamnés à mort demain porte le même nom de famille que moi !
Le gars est né en A1gérie et je me souviens d’avoir entendu dans une conversation, il y a longtemps, que ma famille paternelle était passée par l’Algérie.
C’est maintenant que je regrette de ne pas m’être davantage intéressé à l’histoire de ma famille ( pour moi, tout ce qui était estampillé « famille » état affligé d’une connotation négative ).
C’est trop tard maintenant, tout le monde est mort.
Mais du coup je suis parti dans les spéculations : peut-être qu’une partie de ma famille était restée là-bas et peut être que ce gars est un de mes lointains cousins.
Je n’ai pas « l’esprit de famille » mais, tout de même je suis remué.
Alors pour ce (peut-être) cousin j’ai choisi deux iris insolites : Le jaune que j’aime particulièrement est issu j’une graine d’iris ochroleuca (blanc et jaune), un des rares iris à faire des graines viables.
J’ignore si c’est le produit d’une hybridation ou la résurgence d’une forme ancienne.
Le second le violet est un iris de Louisiane que je possède depuis plusieurs année mais qui, faute d’un terrain approprié (humide) ne fleurissait pas.
Je l’ai installé dans un bac en plastique enterré avec réserve d’eau et il m’a fait une superbe floraison cette année.

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Racines

Le mois de Mai est celui où fleurissent les roses.
C’est sans doute pour cela qu’il a été dédié à la Vierge Marie qui, comme chacun sait, adore les roses.
Et, justement, ce moi de Mai étant celui des élections européennes, nombre d’orateurs de la Droite Conservatrice nous ont cassé les oreilles avec les Racines Chrétiennes de L’Europe.


Evidemment dès que j’entends un orateur prononcer ces mots « Racines Chrétiennes », je sais que je suis en face d’un réactionnaire islamophobe et je cesse de l’écouter.
Pour autant les fameuses « Racines Chrétiennes » de L’Occident ou de l’Europe (Catholiques, en ce qui concerne plus précisément la France) sont une réalité que l’on ne saurait nier.


Moi-même qui suis un athée convaincu ( l’Athéisme, après tout, est une croyance religieuse comme les autres et concurrente des autres.) je sais parfaitement que mon esprit et ma mentalité ont été formatées, que je le veuille ou non, par des siècles de pensée catholique.
Je n’y peux rien, ma culture est faite comme ça.


Et, quand j’y pense, je me dis que, le fait que j’aie une mentalité universaliste, que je considère que, malgré leurs différences parfois très voyantes, au fond, tous les hommes sont frères et que, quand un frère vient frapper à ma porte, chassé de son pays par la guerre, la misère ou une catastrophe climatique, je me dois de le recevoir et de lui faire une place à côté de moi,

n’est que la conséquence de l’enseignement universaliste de l’Eglise Catholique (« Catholique » signifie « universelle »).
Alors, oui, bien que je ne sois pas chrétien, je me reconnais dans les racines catholiques de la France.


Après tout, il n’est pas dit que ces racines doivent toutes être abjectes même si elles sont revendiquées par des gens qui le sont.
Le Catholicisme n’est pas nationaliste.

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Balade dominicale


Le Dimanche, je pars en promenade. Le toubib m’a dit qu’il fallait que je marche.
Alors je vais marcher avec le chien.
Contrairement aux autres chiens qui vont farfouiller partout, la truffe au ras du sol, ce chihuahua reste derrière ma jambe gauche et à moins d’un mètre pas plus, pas moins., .
Il ne risque pas de se perdre.
Cela me laisse l’esprit tranquille pour photographier les fleurs.
Je vais marcher sur les collines qui dominent la ville et qui procurent un magnifique panorama sur la vallée de la Garonne.
Il y a des champs de blé de printemps qui commencent à montrer leurs épis (première photo) et diverses fleurs de printemps comme l’épervière, (pilosella officinarum, seconde photo). Une fleur qui ressemble au pissenlit en plus élégant et d’un jaune plus acide.
Son nom vient dune légende disant que les éperviers frottaient les yeux de leurs petits de son latex pour qu’ils aient une bonne vue.

Après les épervières, je me met à chercher mes fleurs préférées les orchidées. Justement, sur ces collines il y a des prairies. Ce sont des prairies naturelles où l’on ne dépose pas d’engrais que les orchidées ne supportent pas. Non plus que les herbicides

La première sur laquelle je tombe c’est l’orchis pourpre (orchis purpurea troisième photo). C’est facile, c’est la plus grande.
Sa taille et son port évoquent une jacinthe mais si l’on regarde bien ses petites fleurs on voit bien qu’elles ressemblent à celles des orchidées tropicales.L’orchidée suivante est un orchis bouffon (orchis morio quatrième photo). C’est la première de toutes à fleurir, aussi, celles que je photographie sont un peu en retard sur la saison parce qu’elles poussent dans un pré touffu à l’ombre d’un arbre.
Je suis obligé de me glisser sous une clôture pour les atteindre et mes ordres pour obliger le chien à rester sur le chemin s’avèrent vains. il se glisse dans le pré malgré mes cris. Sylvère m’a recommandé de ne pas le laisser aller dans les hautes herbes où il risque d’attraper des tiques.
L’animal se retrouve à mes pieds en frétillant de la queue pour me monter à quel point il m’aime.

Je fais rapidement quelques prises et m’éloigne pour un endroit moins dangereux.

Au milieu d’une prairie plus clairsemée je tombe sur une magnifique ophrys araignée (ophrys sphegodes cinquième photo).
Il est un peu surprenant de trouver cette espèce ici. Généralement elles poussent sur des sols plus calcaires.
Je suppose qu’ici le sol est assez pauvre pour lui plaire, ces orchidées sont frugales.
Son magnifique labelle poilu imite le corps d’une femelle hyménoptère, irrésistible tentation pour les mâles folâtres qui repartiront déçus mais avec les pollinies de la fleur collées sut le front, prêts à les coller sur le pistil de la suivante.

Dernière orchidée de la journée cette superbe langue d’oiseau (serapias lingua dernière photo).
Superbe et étrange à la fois. D’habitude chaque tige ne porte que deux fleurs, je n’en avais jamais vu avec une inflorescence en bouquet comme celle-là. Je suppose qu’elle a pu s’hybrider avec une serapias vomeracera, les orchidées ne sont pas encore complètement fixées et s’hybrident facilement.
Bon, là, ça fait plus d’une heure que je marche, que je m’accroupis et que je me relève (le dos bien droit surtout !), je crois que j’ai fait assez d’exercice pour la journée et le chien commence à tirer la langue.
On rentre !

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