Archive for novembre, 2010

Dernière station avant l’hiver

Il n’y a plus guère de couleurs au jardin en cette fin de saison.
Les arbres font le spectacle en compagnie d’un rosier obstiné.
La météo avait prévu une « offensive » de la neige mais il n’en est rien; Un petit soleil glisse même, parfois, un rayon prudent entre deux nuages.
Je ramasse les feuilles du grand catalpa de ma voisine que le vent envoie dans le jardin.
Larges et molles, elles feront un excellent compost.

Il me reste pas mal de tomates encore vertes et qui ne mûriront jamais.
J’hésite à en faire de la confiture.
Il me faut encore tailler les bigones et replanter quelques plants de bugle, rien d’important.
J’ai vu que les feuilles des narcisses et des tulipes botaniques commencent à pointer hors du sol.
Le jardin s’endort pour l’hiver mais rève déjà au printemps.

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La mort d’Aristote

J’achète la revue « philosophie » dont la lecture me change un peu de la télévision.
Le numéro de ce mois est consacré à la Mort.
Evidemment..on est en novembre !
Je dois dire que je n’ai rien trouvé dans ses pages qui soit susceptible de changer mon opinion que, face à la Mort, la Philosophie était totalement inutile, mais j’y ai trouvé quelques anecdotes amusantes (façon de parler).
L’une d’elles raconte qu’Aristote serait mort d’avoir avalé une décoction d’aconit.
Voilà qui me ramène au jardin où le bel et terrible aconit finit de fleurir en ce moment.
La revue ne fournit pas d’autres détails mais sans doute s’agit-il là d’un suicide car il est difficile de se faire une tisane d’aconit par mégarde.
L’amusant de la chose est qu’Aristote avait fui Athènes sous le coup d’une accusation d’impiété, lancée par le parti anti-Macédonien, pour ne pas avoir à boire la cigüe comme Socrates.
Heureusement, je ne cultive pas la cigüe, la mort d’un philosophe dans le jardin ça va encore, c’est quant il y en a beaucoup que ça pose des problèmes.

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Trois accompagnateurs

Malgré l’avancement de la saison, il reste encore des chenilles dans le jardin.
En voici une que ses longs poils urticans doivent protéger des oiseaux.
Evidemment, les chenilles sont si variées que je n’ai pas réussi à en identifier l’espèce sur le Net.
Je ne sais si c’est pour obéir à la première injonction que Dieu à faite aux hommes, celle de nommer les choses, mais je me suis toujours intéressé aux noms.
Et, justement, je viens de trouver trois noms que les médias prononcent rarement, ceux des « trois accompagnateurs afgans » d’Hervé Ghesquière et stéphane Taponnier, les journalistes enlevés en Afganistan.
Les journeaux télévisés citent tous les jours le nom de leurs collègues mais pas celui des trois afgans enlevés avec eux.
Est-ce parcequ’ils ne sont pas journalistes ? Ou pas français, ou trop difficiles à prononcer ?
Ou parce que celà prendrait trop de temps d’antenne ?
Toujours est-il que j’ai fini par ressentir une sorte de gène à la fin de chaque journal devant ces trois silhouettes anonymes.
J’ai fini par les trouver sur le Net.
En fait c’était tout bête, ils suffisait de taper « trois accompagnateurs afgans » dans Google et j’ai trouvé une référence qui les citait.
Il s’agit de mohammed Reza, Ghulam et Satar.
Trois nom que je pourrais prononcer pour mon compte à la fin de chaque journal télévisé, le moins longtemps possible, j’espère.

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Une fleur pour le pays d’entre les fleuves

C’était le temps de la Toussaint, je suis allé déposer les traditionnels chrysathèmes sur la tombe familiale pour dire à mon frère qu’il me manque toujours.
Façon de parler, je ne sais que trop qu’il n’y a personne pour m’entendre.
Mais, cette fois-ci, J’avais aussi d’autre morts en tête. Dans la semaine, la télé venait de laisser échapper une Information.
Il est d’assez bon ton de dire que nous serions tellement frappés d’informations (ben oui, quoi, on ne dit plus « bombarder » mais « frapper », sauf quand c’est le Hamas ou le Hesbollah qui bombardent) que nous aurions le plus grand mal à faire le tri au milieu du déluge.
D’accord pour le déluge mais une fois écartés la propagande, la com, les redondances à l’infini, il ne reste vraiement pas grand’chose à trier et l’on se prend parfois à tendre l’oreille dans l’attente d’une information qui ne vient jamais.
Pour une fois, j’en ai attrappé une au vol : Si l’on entend encore de temps en temps le nombre des soldats américains tués en Irak (4500, soit plus que le nombre des victimes du 11 semptembre), j’attendais en vain de connaitre le nombre des morts irakiens.
Et cette semaine j’ai entendu quelqu’un cracher le morceau : cent neuf mille morts ! soit du fait de la guerre, soit du fait des violences intercommuneautaires qui l’ont suivie.
Cent neuf mille morts ! Le chiffre est-il exact ?
Peu importe, il augmente tous les jours, et s’il est excessif, la réalité l’aura bientôt rattrappé.
Faut-il que la Démocratie (qu’on leur a envoyée comme autrefois les missionnaires importaient le Christianisme), soit précieuse pour qu’ils la payent un tel prix.
Je pense donc que je peux retirer une fleur au bouquets de mes morts personnels pour la dédier aux morts du Pays d’entre les fleuves.

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