Archive for septembre, 2019

Boucher

J’avais déjà dit, je crois que mon fils ainé avait quitté son travail de cadre dans uns société vendant de la mémoire informatique pour trouver un métier où il travaillerait de ses mains.
Il a fait plusieurs stages et il a trouvé un métier qui lui plait.
Il vient de commencer un CAP de …. boucher.
Je n’ai rien contre mais j’ai été surpris tant le métier me parait éloigné de ce qui me semblait être ses goûts et ses préoccupations.
Il m’a expliqué qu’il avait un ami boucher qui l’avait invité à essayer le métier et que ça lui avait plu.
Me voilà avec deux bouchers dans ma famille (le cadet travaille avec un boucher chevalin.) Je suis sûr de ne pas mourir de faim !
Depuis des décennies les gens qui font l’opinion nous serinent qu’on ne pourra plus faire un seul et même métier durant toute sa vie et voilà que mes enfants illustrent cette opinion.
J’attends avec impatience de pouvoir connaitre ses premiers sentiments sur cette nouvelle activité.

Je met une rose tardive (une bouture que j’ai chipée sur un boulevard) pour lui souhaiter bonne chance.

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Le Leycesteria


Je continue malgré tout à suivre les floraisons du jardin.
En ce moment c’est le tour des Leycesteria.
La floraison est peu spectaculaire mais la plante fait des graines appréciées des oiseaux et surtout des faisans.
On l’utilise pour faire des couverts à gibier.
Je me souviens que j’en avais planté a l’extérieur de mon ancien jardin qui jouxtait une zone sauvage.
Je voyais parfois passer un faisan au magnifique plumage suivie de sa poule à la livrée plus discrète.

Le Leycesteria a des idées bien à lui sur l’endroit où il doit pousser.
Habituellement si une plante est installée à un mauvais endroit elle meurt ou végète, le Leycesteria, lui se déplace pour trouver un endroit plus propice.

Pour cela il pousse de longues tiges souples qui s’inclinent jusqu’à toucher le sol.
A l’endroit du contact la tige se marcotte et fait des racines qui sont la naissance d’une nouvelle touffe.
Quand cette dernière est bien développée, la touffe originelle se dessèche et ainsi, en quelques années, la plante peut se déplacer de plusieurs mètres.
c’est ainsi que le jardinier peut voir ses décisions contestées par ses propres plantes.

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Toutes les fleurs auraient dû se faner

Il y a longtemps, en commençant ce blog, je m’étais promis de n’y raconter que des choses positives (c’était une autre époque), ce ne fut pas toujours le cas.
Mais aujourd’hui, je ne sais pas trop comment tourner les choses pour que la nouvelle paraisse positive.
Alors voilà les faits bruts : il y e quinze jours Sylvère est entré en clinique pour des calculs rénaux, des coliques néphrétiques comme on dit (Ca fait un mal de chien). Le chirurgien intrigué par ce qu’il avait vu a fait faire des analyses et le verdict est tombé : Cancer.
Un cancer de la prostate « foudroyant » qui a atteint le muscle et, peut-être les vaisseaux du rein.
Plus question d’espérer trouver un travail, il va devoir faire une chimiothérapie qui l’affaiblira trop.
Sylvère est un type combatif mais là, il a fondu en larmes.
J’ai tenté de le consoler mais les mots ne peuvent pas grand chose contre la réalité.
En rentrant à la maison, le jardin était en fleurs nottament les blanches anémones du Japon.
Cela m’a paru comme une sorte de scandale : a vu de la mauvaise nouvelle il me semblait que tout aurait dû être fané.
Bon, il ne sert à rien, de s’angoisser à l’avance nous prendrons les choses qui se présenterons dans l’ordre où elles se présenterons et nous nous battrons ensemble.
Sylvère n’aime pas les condoléances.

Un dernier détail : le médecin a dit à Sylvère que ce cancer n’était causé ni par le tabac ni par l’alcool.
Moi j’ai ma petite idée : ce cancer a été causé par toutes les humiliations que Sylvère a essuyées dans sa recherche d’un emploi.

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Surprise

Sylvère a trouvé un travail provisoire. Un remplacement de trois semaines dans une association qui s’occupe d’handicapés.
(un organisme qui doit être armé pour résister au cauchemar bureaucratique que constitue l’embauche d’handicapés puisque c’est là sa vocation.
Il s’est rapidement lié d’amitié avec une de ses collègues venue de Madagascar.
Cette dernière lui a confié que ce qui l’avait le plus surprise, quand elle est arrivée en France c’est de voir des ouvriers BLANCS construire des immeubles.
A Madagascar les seuls qui construisent sont des noirs, les blancs sont patrons.

Une surprise analogue avait frappé l’écrivain polonais Vitold Gombrovicz quand, ayant quitté sa Pologne soviétique natale, il est arrivé en France.
S’étant assis à la terrasse d’un café, il avait commandé un café.
On lui a servi son café accompagné, comme cela se faisait alors, de deux sucres enveloppés dans du papier.
Cette enveloppe de papier pour le sucre lui avait alors paru la marque d’un luxe inouï.
C’est l’un des avantages de voyager, on est souvent surpris par des choses qui sont insignifiantes pour les habitant du lieu tellement elles sont habituelles mais qui ne font pas partie de notre propre univers.

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Comme le souvenir d’un mois de mai enfui

Je trouve aux roses de septembre un petit air mélancolique, comme le souvenir d’un mois de mai enfui.
La fin de l’été fut toujours pour moi un moment difficile : celui de la rentrée des classes.
Et cette mélancolie a perduré toute ma vie, bien longtemps après qu’il ne fût plus questions de classes.
Curieusement, ce sentiment de tristesse disparaissait dés le premier jour d’école ; Il y avait tant de choses nouvelles à découvrir.
Tout cela est si loin maintenant… si loin.

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