Slogan


Quelques précisions sur le slogan puisque j’en parlais dans ma dernière note.
Le « slogan » (le mot et la chose) a été inventé par les écossais.
Il s’agissait de phrases que tout le clan criait en chœur avant de combattre.
Insulter l’ennemi avant le combat était banal, tout le monde faisait ça, mais que tout un groupe crie la même phrase était une trouvaille.
On voit tout de suite que cela renforce les inférences de coalition, la cohésion du groupe.
On voit aussi qu’il y a quelques contraintes techniques :
1 Le slogan doit être court, le premier paragraphe de la déclaration universelle des droits de l’homme ne peut faire l’affaire.
2 le slogan doit être rythmé. c’est très important. A mon sens le meilleur rythme est trois/deux (CRS=SS ! ou Al-gé-rie fran-caise !)
Le rythme deux/trois (Ma-cron dé-mi-ssion !) peut aussi faire l’affaire mais est d’une dynamique un peu plus faible.
Evidemment le rythme passe avant le sens qui peut être totalement idiot (CRS=SS) ; Ca n’a aucune importance si le rythme est bon.
La répétition du slogan par toute une foule crée un sentiment d’euphorie fort utile avant le combat.
On peut dire que les écossais s’y connaissaient.
Ceci dit, le slogan ne peut servir que dans ces circonstances précises, il ne remplace pas la pensée.

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Sauver la Planète

Enfin des fleurs dans le jardin ! Ce sont les crocus qui arrivent les premiers (avec les violettes), avec bien trois semaines d’avance sur les normales de saison. quel plaisir de revoir le réveil de la Nature. A propos de Nature, j’ai vu que des jeunes gens manifestaient et appelaient à un jour de grève par semaine pour « Sauver la Planète « ( Voilà une grève qui ne dérangera pas les commerçants.) Loin de moi l’idée de vouloir rabaisser la bonne volonté de ces jeunes gens, mais « Sauver la planète » est un slogan qui m’agace profondément. Je crains qu’ils ne prennent la métonymie au mot et qu’ils pensent sincèrement qu’il faut sauver la planète. Or, si j’ose dire, la planète s’en fout ! Elle a encore quelques milliards d’années devant elle, plus de temps que nous n’en avons nous-mêmes, et ce que peuvent faire les hommes ne sont que quelques égratignures à sa surface. C’est l’humanité qu’il s’agit de sauver, pas les bébés phoques. C’est l’environnement humain qui est menacé de devenir invivable. Certes, outre notre propre disparition des milliers d’espèces disparaitront mais, rassurons-nous, les rats et les cafards, eux nous survivront sans problèmes. Quelques millions d’années après l’humanité la Nature aura produit de nouvelles espèces à partir des espèces restantes et toutes les niches écologiques seront à nouveau occupées. Pour être franc, la catastrophe écologique que veulent éviter les jeunes lycéens (Au fait, y-a-t’il parmis ceux qui manifestent des élèves qui viennent aussi des collèges et des écoles professionnelles ?) est inévitable. Peut-être même s’est elle déjà produite, nous n’arriverons pas à empêcher l’augmentation de 2 degrés (et plus), il faudrait modifier le mode de production industrielle et trop d’intérêts s’y opposent, bien plus puissants que les gouvernements. Donc, il me semble que nous ferions mieux de réfléchir aux façons dont nous pourrions vivre dans les conditions qu’imaginent les scientifiques pour les siècles futurs : augmentation des températures, hausse du niveau de la mer, etc… etc… et comment recevoir les milliers (millions ?) de réfugiés climatiques que produiront ces conditions.

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Nouvelles de la famille

Mardi dernier les enfants nous ont offert un repas pour mon anniversaire.
J’ai eu droit à deux BD et à un livre de photos de la terre prises par Thomas Pesquet depuis la station spatiale.
Cela m’a permis d’avoir des nouvelles de leurs activités.
J’ai ainsi appris que mon ainé finissait un stage chez un bijoutier ( un bijoutier ??) et allait en commencer un autre chez un métallier.
Après onze ans passés comme cadre dans une boite vendant de la mémoire informatique à de grosses entreprises, il a décidé de se trouver un métier manuel.
J’ai eu du mal à cacher ma surprise. Finalement, il n’y avait pas que l’envie d’avoir un métier plus créatif, il y avait aussi le fait que l’entreprise avait passé un cap que l’on peut désigner comme « le gonflement de la start-up ».
Au début de ce genre d’entreprise les employés et le patron communiquent facilement dans une ambiance amicale.
Quand l’entreprise grossit, les rapports se distendent, d’autres personnes sont embauchées qui ne s’accordent pas forcément avec les anciens qui, lassés, quittent l’entreprise les uns après les autres (souvent en emportant les clients avec eux) et le patron ne se pose pas de questions concernant son propre management.
Il considère que ceux qui vont chez la concurrence sont des traitres sans se demander s’il n’est pas, lui aussi, un peu responsable de la trahison.
Pour avoir vu la chose se produire plusieurs fois j’ai fini par penser que nombre de problèmes que rencontrent les petites et moyennes entreprises de ce pays viennent d’une déficience du management.

Pour illustrer la note des pâquerettes vues dans les jardinières du restaurant.

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Fevrier

Il y a une dizaine de jours c’était mon anniversaire.
Le dernier en date d’une longue série.
J’avais prévu d’écrire une note pleine de trucs amusants mais aucun ne m’est venu à l’esprit.
Je commence à rouiller sans doute.
De plus, le jardin n’a plus aucune fleur ; Pour cette note-ci je me suis vu contraint de convoquer une photo du dernier dalhia de l’année (prise en décembre).
Le mois de février est, en général le plus froid de l’année, je suis né au milieu du gel et de la neige et l’un de mes premiers souvenirs est celui de fleurs d’hortensias séchées sur pied recouvertes d’un épais bonnet de neige.
(c’est juste une association d’idées, je ne prétends pas que ce souvenir date de ma naissance)
Je suis repassé il y a peu, prés de l’endroit où se trouvait ma maison de naissance.
Elle a été démolie il y a longtemps pour faire un parking attenant à une vaste cité.
Bizarrement l’autre côté de la rue n’a pas été touché.
Les boutiques sont toujours en place, l’épicier, le coiffeur. elles sont fermées depuis longtemps, les inscriptions sont presque effacées, les peintures sont largement écaillées.
L’ensemble tombe lentement en ruines, quelques plantes rudérales se sont même installées dans les fissures des murs.
Je me souviens du surnom du quartier, on l’appelait : « le quartier nègre », je n’ai jamais su pourquoi, je n’y ai jamais vu de nègres. mais l’ensemble était plutôt pauvre.
Ce mois de février commence de façon plutôt mélancolique.

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Conneries

J’ai vu (à la télé) une dame gilet-jaune prétendre devant un ministre qu’il y avait des gendarmes étrangers, européens, parmi ceux qui réprimaient les manifestations.
Le ministre, un peu estomaqué, lui a affirmé (il a fallu qu’il le répète plusieurs fois) ;que parmi les gendarmes il n’y avait QUE DES FRANCAIS !
Toutes les vitupérations anti-européennes font parfois pousser d’étranges bourgeons.
Symétriquement, j’ai vu la secrétaire d’état à l’égalité femmes-hommes (souvent invitée à la télé parce qu’elle est belle et qu’elle se remue beaucoup sur les réseaux sociaux à tout propos et hors de propos) dire qu’il fallait vérifier si les participations à la cagnotte pour soutenir le boxeur de CRS ne venaient pas de l’étranger.
(Elle devait penser à Poutine).
Vérification faite, 95 % des participations viennent de France et 5 % d’Italie, sans doute des amis de Mattéo Salvini.
Nous voici en face de deux conneries symétriques.
Oserais-je tenter de déterminer laquelle est la plus épaisse ?
Celle de la dame gilet-jaune me parait simplement un peu naïve, celle de la ministre, par contre est plus grave.
En tant que femme politique elle devrait savoir que, dans le monde, tous les pouvoirs (absolument tous), confrontés à des révoltes suscitées par leurs propres conneries politiques, accusent des puissances étrangères d’avoir tourné la tête des leurs concitoyens.
Ce qui est stupéfiant c’est qu’elle avait l’air de croire elle même à ses propres affirmations.
Je ne sais pas si cela ne concerne que moi, mais mes propres inférences m’amènent (enfin…m’amenaient) à penser (sans y réfléchir, je le reconnais) que si on obtient un poste ministériel c’est qu’on appartient à une sorte d’élite intellectuelle.
Et je suis toujours déconcerté quand je me rend compte que ce n’est pas la cas.

PS : des choux comme illustration parce qu’il n’y a pas beaucoup de fleurs en ce moment et que, de toutes façons nous sommes dedans.

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Nouvel An 2

Vous, je ne sais pas, mais moi, chaque année, je prononce mes voeux de Nouvel An d’une voix de plus en plus tremblante.
J’ose à peine imaginer que l’année qui vient pourrait ne pas être pire que celle qui s’en va.
Peut-être n’est-ce qu’un effet de l’âge, quand je vois mes enfants, comme pour ce Noël, ils débordent de projets et n’ont absolument aucune inquiétude pour leur avenir.
L’ainé vient de claquer (poliment) la porte de son entreprise et compte s’accorder quelques mois de vacances, le cadet, lui, apprend le Japonais en prévision de son futur retour dans ce pays.
Il a proposé à son frère d’y aller ensemble.
Ces gamins ne doutent absolument de rien !
Alors, plutôt que de me perdre en délectations moroses (genre : vulnerant omnes ultima necat) ) j’aimerais transmettre à ceux qui me lisent une part de leur confiance en l’avenir.

Bonne et heureuse année à tous.

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Faux printemps

Voici que nous sommes au tout début de l’hiver, nous venons juste de passer le solstice.
Et pourtant, à quelques centaines de mètres de chez moi, devant de petits immeubles collectifs, les pruniers décoratifs viennent de fleurir.
En temps normal ces pruniers sont, avec les amandiers et les corètes du japon, les premiers arbres à fleurir au tout début du printemps.
D’habitude cette floraison à contre-saison est un mauvais présage qui annonce la mort des arbres fleuris.
Comme s’ils faisaient un dernier effort désespéré avant l’inéluctable.
Mais, avec le dérèglement climatique il est possible que ce ne soit qu’un phénomène passager, l’année 2018 étant la plus chaude depuis 1900.
Sylvère m’a convaincu de faire un traitement du visage au botox.
Oui, comme les actrices.
Du coup, les rides de mon front ont presque disparu (presque) et la ride du lion, entre les deux yeux, celle où s’accumulent patiemment les tristesses et les soucis d’une vie entière a bien diminué.
Comme pour les prunus, un faux printemps s’est répandu sur mon visage.

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