Rituel

Bon, ça c’est fait !
Mon « Itinérance Mémorielle » personnelle m’a enfin amené à aller déposer des fleurs sur le caveau de famille.
Quand je suis arrivé il y avait déjà trois pots de fleurs sur la tombe.
Je savais que l’un d’eux venait de ma belle-soeur mais les deux autres étaient un mystère.
Ils n’étaient certainement pas dédiés à ma mère, les Témoins de Jéovah ne posent pas de fleurs sur les tombes, considérant cela comme une pratique païenne (ce qui est exact).
Bon, j’ai déposé mes deux pots de fleurs, un pot de chrysanthèmes pour ma mère et un de bruyère pour mon frère.
Je me surprends moi-même en célébrant ce rituel, le fait que je me sente obligé d’apporter des fleurs reste énigmatique pour moi.
Je sais parfaitement qu’il n’y a personne dans la tombe, rien que des os, et pourtant je viens déposer des offrandes.
Il me semble que le rituel a une force propre qui dépasse la croyance.
On l’accomplit et peu importe ce que l’on croit.
Un peu comme dans l’Antiquité où les croyances religieuses étaient très souples (il n’y existait pas de vérité révélée, mais des récits, que les gens cultivés considéraient généralement comme des fables) et où l’homme pieux était celui qui accomplissait scrupuleusement les rituels.
Cela m’amuse de me retrouver, un instant, dans la peau d’un homme pieux.
J’adresse un dernier adieu aux absents.

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Visiteurs

Une journée de pluie, une journée de soleil et hop ! voila des champignons qui sortent là où on ne les attendait pas.
Je suppose que ceux-ci doivent être des coprins mais je ne connais pas suffisamment les champignons pour m’avancer davantage.
Ce que j’aime chez les champignons c’est que leur survenue est toujours une surprise.
A propos de surprise, j’en ai toujours en consultant les statistiques de mon blog.
Je constate que, depuis quelques temps, la majorité des visiteurs qui passent sur mon blog viennent des Etat Unis, ce qui me parait surprenant pour un blog francophone.
Mais peut-être les visiteurs ne s’intéressent-ils pas au texte et viennent-ils simplement pour les photos.
Là aussi c’est surprenant car, ces derniers temps, je ne trouve pas mes photos particulièrement bonnes.
Il faut dire que, depuis le temps que je tiens ce blog, il ne m’est pas toujours facile de me renouveler.
Ce que j’aime bien, quand je consulte mes statistiques c’est de trouver des visiteurs venant de pays lointains et insolites comme l’Indonésie, l’Arabie Saoudite,, l’Inde.
Je sais que cela n’a pas de sens particulier, les gens arrivent au hasard d’un mot-clef, mais cela me fait rêver à des pays lointains.
C’est pourquoi je salue bien amicalement l’internaute ( ou les internautes) que je voir passer sur mon blog en provenance de la Région Autonome Spéciale de Honk Hong.

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Inférence

L’autre jour deux témoins de Jéovah sont venus sonner à ma porte.
Ils avaient un argumentaire tout préparé concernant le système qui permettait à des oiseaux vivant dans des zones de grands froids de n’avoir pas les pattes gelées.
Un système vasculaire particulier permettant au sang de venir réchauffer les pattes et évitant ainsi aux oiseaux le risque du gel.
L’argument final étant qu’un système aussi ingénieux (effectivement) ne pouvait pas être le fruit du hasard mais le résultat d’une intention intelligente supérieure.
Dieu, vu comme un ingénieur génial, se penchant sur le problème de voir comment empêcher ces oiseaux d’avoir les pattes gelées par grand froid.
Ce raisonnement est un raisonnement par inférence.
L’inférence est une sorte de déduction automatique et inconsciente qui permet d’aller au delà d’une information donnée.
Par exemple : si vous n’avez jamais vu de poule, qu’on vous en montre une et qu’on vous dit qu’elle a pondu un oeuf, vous allez en inférer automatiquement que toutes les poules pondent des oeufs.
Mais le système n’est pas fiable à tous les coups.
Si l’on vous montre un juif riche et que vous en inférez que tous les juifs sont riches (certains le font) vous allez vous planter.
Dans le cas présent, comme les hommes construisent des machines ou des objets au fonctionnement parfois très astucieux, quand ils voient un processus naturel qui leur parait particulièrement ingénieux ils ont tendance à en inférer qu’il pourrait s’agir du résultat d’un processus intelligent.
C’est une inférence particulièrement difficile à éradiquer.
Un psychiatre me disait un jour que les grands neurologues américains finissaient tous par croire en…Quelque Chose, tellement ce qu’ils découvraient en étudiant le fonctionnement du cerveau était ébouriffant !
Mais, ici, l’inférence est fausse, ou, du moins non prouvée.
Si je raconte tout ça sur mon blog, c’est parce que les deux martyrs de Jéovah se sont enfuis avant que j’ai eu le temps de terminer mes explications.

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Le Liseron inconnu


A côté du troquet du village se trouve le champ d’un agriculteur qui élève des poulets des chapons et des pigeons.
Il a aussi un champ où il plante du maïs pour nourrir ses volailles et une partie du champ est utilisée comme potager avec des rangées de poireaux, de tomates de toutes sortes, de choux, de fenouil, d’aubergines et d’autres légumes encore.
Et dans un coin du champ, il a planté un « truc » que je n’avais jamais vu.
Une sorte de liseron qui s’étalait sur le sol et faisait des fleurs violettes et blanches comme le montre la photo.
Cette plante inconnue me plongeait dans la perplexité : Quelle sorte de légume était-elle produite par une plante de la famille des liserons ?
Aujourd’hui j’ai eu la chance de croiser l’épouse de l’agriculteur à qui j’ai posé la question qui me trottait dans la tête depuis plusieurs semaines.
Eh bien le liseron inconnu est un pied de patate douce ( ipomea batatas) une plante de la familles des convolvulacées (donc bien un liseron).
L’agricultrice m’a aussi appris que le moment de la récolte était proche et que cette plante tropicale s’adaptait particulièrement bien à notre climat et était particulièrement productive.
Un pied planté l’année dernière dans leur jardin leur a donné 11 Kilos de tubercules.
J’étais ravi d’avoir enfin la réponse sur l’identité de mon liseron inconnu.
Voilà encore une immigrée qui s’est bien intégrée à notre pays.

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IlI

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La Mouche travestie

L’insecte s’est posé sur le livre que je lisais.
J’ai cru qu’il s’agissait d’une guèpe mais comme elle se tenait bien tranquille malgré l’agitation autour d’elle (j’étais assis à la terrasse d’un café) j’ai pu l’examiner et la photographier.
la bestiole n’avait qu’une seule paire d’ailes.
Ah la maline ! c’était une mouche.
Une mouche déguisée en guèpe.
J’ai connu un type comme ça. Il semblait porter une crinière de lion mais quand on avait l’occasion de l’examiner de prés on s’apercevait que c’était juste un rat.
(Pardon pour les rats.)
Je parie que tout le monde en connait au moins un.
En tout cas, comme je n’avais encore jamais vu de mouche tigrée ( Un insecte inconnu est toujours une rencontre intéressante) je suis allé faire des recherches sur le Net.
Ma mouche (je vous passe son nom latin) était un syrphe.
Une jolie bestiole inoffensive qui s’avère un allié précieux du jardinier car ses larves dévorent les pucerons.
Si j’avais su ça, j’aurais tenté de l’attraper pour la ramener à la maison.

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Mino

Les tulbagias sont bonnes filles elles fleurissent de fin juillet à fin septembre, juste pour faire la liaison avec le lis des cafres qui vient aussi d’Afrique du sud.

Pour essayer d’aider Sylvère à faire son difficile deuil, j’ai pensé à lui acheter un autre chihuahua.
J’en ai trouvé un d’occasion, si je puis dire, moitié moins cher que les autres à condition, exigeait l’éleveuse, de le faire stériliser.
Oui, pour éviter que nous fassions de la reproduction clandestine.
Les choses ont très mal tourné, l’animal étant déjà adulte était un peu perdu et ne manifestait aucun signe d’affection.
Sylvère l’a pris en grippe dés le début, lui reprochant sans doute d’être vivant alors que son amour de chien était mort.
Alors nous avons pris prétexte que le chien montait sur le lit quand Sylvère allait se coucher et montrait les dent quand je voulais entrer dans le lit, pour demander à l’éleveuse si elle voulait bien le reprendre.
Elle a accepté et nous a proposé de choisir un autre chien dans une portée qui venait de naitre.
Nous en avons choisi un (pas en solde celui-là !) et accepté d’attendre deux mois qu’il soit apte à quitter sa mère.
Sylvère n’a montré que peu d’intérêt au début.
Puis, petit à petit il a demandé à voir les photos que nous envoyait l’éleveuse, signe d’une évolution favorable de ses sentiments.
Et, aujourd’hui, il lui a trouvé un nom.
Le chien s’appellera Mino.

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Quotas


J’ai entendu, l’autre soir dans une émission populaire, à la télévision, un chroniqueur reprocher à l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Philipetti, ce qu’il considérait comme un effet pervers de la loi sur la parité.
En effet, pensait-il, une femme pourrait se voir reprocher de n’avoir obtenu un poste qu’à la nécessité, pour une institution de remplir un quota de femmes et non à ses compétences personnelles.
Il faisait d’ailleurs, à ce sujet référence aux lois de discrimination positive imposant, aux Etat Unis, un quota d’étudiants noirs dans les universités.
L’ancienne ministre a répondu en défendant la nécessité de faire des lois de discrimination positive ( A sa place, je me serais contenté de dire que si on ne faisait pas des lois pour imposer la discrimination positive il ne resterait que de la discrimination négative.) mais sans s’appesantir sur le raisonnement concernant les bénéficiaires des quotas.
Voyons donc :
Ceux qui raisonnent ainsi imaginent la situation où une institution ne trouverait pas suffisamment de femmes compétentes ( ou d’étudiants noirs ayant le niveau requis ) pour remplir complètement le quota et seraient obligée d’embaucher n’importe qui (ou d’accueillir n’importe quel noir) pour obéir à la loi.
Mais il ne vient à l’idée de personne que l’institution pourrait se trouver dans la situation où elle ne trouverait pas assez d’hommes compétents ( ou d’étudiants blancs ) pour remplir le reste du quota.
Non : le doute sur les compétences ne porte que sur les femmes (et les noirs).
Ce n’est donc pas un effet pervers de la loi car, si c’était le cas, le doute porterait sur les deux sexes (ou les deux « races » ).
Ce raisonnement est donc juste une manifestation plus sournoise que d’habitude des préjugés contre les femmes ( ou du racisme envers les noirs )
On pourrait donc se contenter de hausser les épaules mais il y a quelque chose de plus grave dans ces insinuations c’est qu’elles peuvent amener les femmes ( et les noirs ) à douter d’eux mêmes et de leurs capacités.
Ce qui était, peut-être, le but de la manœuvre.

Une fleur de scabieuse sauvage pour illustrer ce post.

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