La Fin du jour

Comment se passera notre fin de vie ?
J’ai sous les yeux quelques exemples qu’il vaudrait mieux ne pas suivre. Les parents de Sylvère étaient riches…enfin, riches…disons qu’ils étaient à leur aise.
Ils avaient une belle maison dans un village à l’écart de Charleville-Mézières.
Une maison à laquelle la mère de Sylvère avait apporté tout les embellissements qu’elle avait voulu (sol en marbre italien piqueté de paillettes dorées, mosaïque décorative de tradition locale, meubles en chêne massif etc, etc…)
Une maison dans laquelle personne d’autre qu’eux ne rentrait.
Il n’avaient pas d’amis et ils n’en voulaient à aucun prix.
Mais, maintenant, le père de Sylvère est mort et son épouse se retrouve seule à quatre vingt ans passés, dans une maison somptueuse mais située dans un village bâti de résidences cossues où il n’existe plus aucun service, ni boulanger, ni épicier, ni médecin, ni poste.
Il faut prendre la voiture pour la moindre course et la mère de Sylvère voit arriver le moment où elle ne pourra plus conduire, d’autant moins que les conditions météo sont souvent difficiles : pluie, neige, et surtout verglas.
La situation confortable s’est transformée en piège.
Cela me rappelle la situation des banlieues aisées en Amérique où les services ne sont accessibles qu’en voiture et où ceux qui avaient voulu fuir la Racaille des centre-villes se retrouvent abandonnées dès qu’ils ne peuvent plus conduire.
Comment en sommes nous arrivés là ?

Alors, pour la mère de Sylvère, ce lis au parfum puissant mais mélancolique.

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L’Or des étoiles

Ce titre pourrait être celui d’un film ou d’un roman de science-fiction de qualité…disons…moyenne.
Mais non, il s’agit d’or véritable et de véritables étoiles.
Les astrophysiciens ont fait une découverte extraordinaire, il ont réussi à enregistrer des ondes gravitationnelles prévues par la théorie d’Einstein.
Quand de corps de masse importante comme deux trous noirs fusionnent, Le choc ébranle la structure de l’Espace qui se met à onduler comme l’eau d’un étang où l’on
jette une pierre.
Les astrophysiciens ont d’abord cru qu’ils avaient enregistré la collision de deux trous noirs mais il se sont rendu compte qu’il s’agissait en fait de la fusion de deux étoiles à neutrons.
Au vu des dimensions de l’Univers les étoiles à neutrons sont des objets relativement petits (des sphères d’un diamètre de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres) mais très massifs.
Les deux objets en cause sont estimés pour l’un à 1.1 masse solaire et l’autre à 1,6 masse solaire.
Essayons d’imaginer la masse du soleil dans un objet de quelques kilomètres de diamètre.
Mais ce qui est encore plus intéressant c’est que le phénomène a pu être observé dans le visible et quelques autres longueurs d’ondes par les télescopes en orbite.
Les petits monstres ont fusionné et émettant un sursaut gamma court et en éjectant une masse de débris.
Or, dans ces débris les observateurs ont repéré…de l’or (et du platine).
Ces étoiles ont permis de répondre à la question que posait l’abondance de l’or dans la galaxie car ce que l’on savait du fonctionnement de l’astrochimie ne permettait pas de comprendre comment des éléments lourds comme l’or ou le platine pouvaient bien se former.
Notre soleil, par exemple ne peut fabriquer rien de plus lourd que le fer.
Maintenant on sait : l’or de ma boucle d’oreille s’est formé dans la fusion de deux étoiles à neutrons il y a plus de cinq milliards d’années.
Du coup j’ai enlevé ma boucle d’oreille pour l’examiner plus attentivement.
Je n’ai rien vu de plus que d’habitude mais cela m’a permis de rêver un moment.

PS les fleurs qui illustrent cette note me sont totalement inconnues. j’en ai acheté un bouquet mais personne n’a pu me dire leur nom.
Je les ai choisies parce qu’elles ressemblent aux dessin qui tentent d’illustrer la fusion des deux étoiles à neutrons.

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Délire

Au seuil de l’automne ce dahlia arbore déjà les couleurs de la saison.
Celui-ci a particulièrement bien poussé, il faut dire que je l’ai copieusement arrosé pendant la canicule et gavé de compost.
Les autres sont dans des pots et n’ont pas encore fleuri, je les ai transférés trop tard.
Mais s’ils ne fleurissent pas cette année ce sera pour l’année prochaine, je les hivernerais hors gel.

J’ai eu un passage à vide ces derniers temps mais j’ai fini par trouver un sujet de note et je m’apprètais à l’écrire quand un autre sujet est venu me perturber.
Ce sujet perturbateur c’est l’annonce qu’une mère de djihadiste ( mort entretemps en Syrie) avait été condamnée à deux ans de prison ferme pour avoir envoyé de l’argent à son fils.
Le motif d’une condamnation aussi sévère est : « financement du djihadisme ».
A cette nouvelle j’ai senti comme un filet d’eau glacée me courir le long du dos.
Comment ne pas être terrifié quand on constate que la justice de son pays est en train de délirer.
Il doit être évident pour cette justice devenue folle que le djihadisme est soutenu financièrement par des mères envoyant de l’argent à leurs fils radicalisés.
L’Arabie Saoudite, le Quatar, la Turquie (qui laissait passer sur son territoire le pétrole du Djihad) ne sont là que pour faire l’appoint.
Même si c’est interdit comment condamner une mère pour avoir voulu aider son fils ?
Quelle sorte de mère aurait agi différemment ?
Au milieu de l’anomie sociale et du chaos économique où nous vivons les quelques faibles liens qui relient encore les individus entre eux sont les liens familiaux et, évidemment, ceux qui relient une mère à son fils.
Si les papillons noirs du délire viennent aveugler ceux qui sont chargés de faire respecter la loi qu’allons nous devenir ?
« L’hiver vient » comme dirait Eddard Stark.

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Nigger

Sarah Abraham sur son blog vin de vie vine of life a posté une note qui commence par une anecdote qui lui est arrivée.
Sur le coin proche de sa maison quelqu’un avait écrit le mot nigger (nègre).
Un autre inconnu a barbouillé le mot et écrit au dessus love.
Ne sachant qui remercier, Sarah a posté ses remerciements sur un site web de voisinage.
Sa note a été enlevée en quelques minutes parce qu’elle y avait écrit le mot nigger.
A ses questions les modérateurs ont répondu que ce mot était interdit sur le site et que la suppression de sa note n’avait rien à voir avec son contenu.
Sarah a posté une ligne mélancolique sur l’évolution du politiquement correct.
En bonne américaine, je suppose qu’elle a été choquée par la censure. en bon français, habitué de longue date à la censure, je suis plutôt choqué par la méthode.
Je constate que l’esprit bureaucratique s’insinue dans la gestion des sites web comme la merule dans un sous-sol mal ventilé.
Et ce, d’autant plus facilement qu’un logiciel seul peut faire le travail : mot interdit=suppression sans tenir aucun compte de l’esprit dans lequel a été écrit le mot ni des intentions de l’auteur de la note.
Il faudrait qu’un modérateur humain lise entièrement la note et décide ou non de la supprimer (sans garantie qu’il la comprenne, d’ailleurs.)
Mais, pour cela, il faudrait les payer et ça coute cher (c’est que ça mange trois fois par jour ces bestioles).
Sans parler du fait que la méthode est peu efficace et a tendance à éliminer les gens de bonne foi, comme Sarah et à laisser passer les salopards comme on peut le voir en lisant les tombereaux d’ordures qui paraissent dans les commentaires des infos de Yahoo, par exemple.
Il suffit de changer l’orthographe du mot ou de remplacer une lettre par un tiret et l’injure passe sous le nez de l’algorithme.
Il est à craindre que les salauds aient toujours un temps d’avance sur les braves gens.
Allons voici quelques belles fleurs noires pour tous les niggers du monde.
Cela ne compensera ni les injures ni la sottise bureaucratique mais c’est un « love » à ma façon.

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Fuschia de Richard

J’avais un pied de fuschia de Richard qui poussait mal sous le pin parasol planté devant la maison.
J’ai fait abattre le pin qui aurait, un jour, menacé les fondations de la maison, au grand dam de Sylvère qui voulait le garder car des tourterelles avaient l’habitude de s’y rassembler ainsi que quelques cigales rouges en été.
En abattant le pin, l’élagueur a copieusement piétiné le fuschia, cassant les deux branches qui avaient poussé l’année dernière.
Mais cette année, l’arbuste a vigoureusement repoussé, formant une sorte de petit dôme constellé de pendeloques roses et violettes.
J’ai certainement déjà raconté l’histoire de la découverte du fuschia, mais c’était sur un autre blog, dans une autre vie.
Je vais prendre le risque de me répéter cars j’adore cette histoire, bien que je ne sois pas sûr qu’elle soit vraie car je n’en ai trouvé aucune trace sue le net.
Tant pis.
Donc, l’histoire raconte que le botaniste James Lee découvrit le fuschia… dans un pot de fleurs sur le rebord d’une fenêtre à Londres.
L’époux de la dame qui habitait là était marin et avait trouvé cette plante en Amérique Latine. Il en avait rapporté une bouture à son épouse qui la cultivait sur sa fenêtre.
Le migrant végétal s’y était bien installé jusqu’à sa rencontre avec le botaniste.

Voyant que le fuschia était bien solide chez moi j’ai fait quelques projets concernant les fuschias : installer un autre fuschia de Richard rose pâle et aussi un fuschia grimpant sue l’arceau qui est devant la maison, l’ablation du pin ayant redonné de la lumière à cette partie du jardin.

PS au moins, dans mes recherches ais-je trouvé la réponse à une question que je me posais depuis longtemps : Les baies de fuschia sont bien comestibles, on en fait des confitures.

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Eucomis bicolor

l’Eucomis bicolor est une plante bulbeuse qui demande un terrain très filtrant.
Je l’ai mis dans la vasque pleine de terreau additionné de sable, je verrais si elle tient l’hiver.
On l’appelle plante ananas car sa grappe de fleur est surmontée d’une touffe de feuilles qui la font (vaguement) ressembler à un ananas.
De prés ses petites fleurs sont assez jolies mais, globalement, son intérêt décoratif est discutable ; C’est une plante pour collectionneur.
Quand j’étais étudiant, j’aimais boire des jus d’ananas, enfin, de temps en temps.
J’avais l’habitude de m’installer à une terrasse de café place du Capitole. A l’époque le café coûtait 50 centimes et le paquet de gauloises, le même prix.
J’étais certain qu’au bout d’un quart d’heure (grand maximum) un ami passerait et viendrait s’assoir pour discuter.
J’adorais ça et il m’en est resté une grande tendresse pour les terrasses de café.
Alors, en souvenir du bon vieux temps je retourne m’assoir à la terrasse devant un café.
Mais plus aucun ami ne passe ou très rarement.
Alors j’emporte un bouquin.
Dernièrement j’ai acheté d’un coup les deux tomes de Vernon Subbutex de Virginie Despentes.
Je ne les avait pas lus à leur parution j’attends que les livres paraissent en poche.
J’ai un peu hésité, j’avais de Despentes une image sulfureuse et les compliments des critiques convoqués en quatrième de couverture et l’avalanche de prix littéraires tombée sur les bouquins me paraissaient dissonants avec cette image.
Je m’attendais à un vomi de mots genre LF Céline, mais non, le texte est plus proche de San Antonio (l’influence de San Antonio sur la littérature française qui a suivi est regrettablement sous-estimée) avec aussi quelque chose de l’élégance (un peu sèche) de l’esprit français tout à fait classique.
Le décor est parisien (musique, cinéma, université etc…) les personnages sont des has been et les évènements racontés assez noirs.
Bizarrement l’effet produit est assez tonique.
Mieux vaut oublier les prix et les dithyrambes des critiques, le livre n’en a que faire mais c’est une excellente lecture pour la plage.

Avec une larme de rhum dans le jus d’ananas.

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les Corbeaux et les pigeons

Un jours, en passant j’ai vu des corbeaux sur le toit d’un immeuble.
Quand je suis repassé quelques jours plus tard ils n’avaient pas bougé.
C’est alors que j’ai compris qu’ils étaient faux.
Drôle d’idée que d’installer de faux corbeaux sur son toit !
En matière de décoration l’idée est discutable quoique, des goûts et des couleurs…
J’ai fini par penser que le propriétaire voulait, peut-être, éloigner les pigeons et éviter ainsi qu’ils ne couvrent de fientes blanches son joli toit de tuiles.
Si j’ai mis quelque temps à comprendre, c’est que le procédé est totalement inefficace et que je voyais souvent le toit couvert de pigeons.
Les pigeons sont les rois de la ville.
Tous les efforts des municipalités pour s’en débarrasser ont à peine abouti à en réguler le nombre alors, quelques corbeaux en plastique doivent les faire rigoler.
C’est un peu comme les migrants de Calais : dés qu’on pense les avoir chassés…
D’autant plus que de véritables migrants viennent s’y ajouter : j’ai vu, dans une espèce de grand parc à l’abandon, toute une troupe de pigeons ramiers reconnaissable au collier blanc qu’ils portent autour du cou, picorant en groupe comme ils ont l’habitude de le faire dans les champs fraichement moissonnés.
Personnellement, j’aime bien les pigeons et je ne vois pas qu’ils fassent tant de dégâts surtout que nous n’avons pas, dans nos banlieues, de ces statues de grands hommes de bronze que ces oiseaux adorent conchier.
Bien, comme fleur, j’ai mis une verveine.
Ces petites fleurs sont aussi nombreuses dans les jardinières municipales que les pigeons sur la place.

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