Archive for mars, 2009

Philodeme de Gadara

photo-tulipe-bot-mars-0-copiephoto-narcisse-05-copieUn nouveau narcisse a fleuri ainsi qu’une petite tulipe botanique, tous deux plantés à l’automne.
Et moi j’ai fini un nouveau chapitre du livre de Michel Onfray
Toujours sur l’épicurisme, mais celui-ci sur Philodème de Gadara.
L’Histoire avait presque oublié le nom de ce philosophe épicurien mort en 40 avant JC, mais, vers le milieu du XVIII ème siècle des ouvriers travaillant dans le sous-sol d’une maison de Campanie, décrouvrirent, enfouie sous quelques vingt mètres de boue, la ville d’Herculanum.
Les fouilles dégagèrent une ville détruite en 79 de notre ère par la même éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi sous des nuages de cendres brûlante.
Et dans les ruines d’une somptueuse villa les archéologues découvrirent une bibliothèque de plus de mille huit cents rouleaux.
Les livres étaient presque carbonisés et il fallut longtemps avant qu’on trouve un procédé permettant de les dérouler et de les lire.
Pendant ce tempsles fantasmes allèrent bon train. On espérait retrouver les tragédies perdues d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide, les livres manquant d’Aristote et tout ce que l’Histoire avait perdu.
J’entends encore la voix de mon professeur d’histoire évoquer « l’immense déception » qui s’empara des savants quant on s’aperçut que la bibliothèque contenait surtout les oeuvres complètes d’un certain Philodeme de Gadara, philosophe épicurien de son état.
C’est dire dans quelle estime on tenait la philosophie épicurienne à cette époque.
Onfray, lui, y voit un trésor.
Et, de fait, vu qu’il ne nous reste que quelques lambeaux des oeuvres d’Epicure, lui même, les textes de Philodème nous aident bien à comprendre la pensée épicurienne du moins dans l’état où elle se trouvait à son époque.
Pour les détails, je renvoie à la lecture du livre d’Onfray, mais, pour faire court, disons que Philodème adapte la pensée de ce grec à ses interlocuteurs romains.
Dans mon ignorance de l’Histoire de la Philosophie, J’ai été surpris de constater que Philodème écrivait quelques trois cents ans aprés la mort d’Epicure ce qui suppose une permanence et une postérité de sa pensée que je ne soupçonnais pas.
Ainsi, d’ailleurs, qu’une propagation de ses idées dans les milieux dirigeants romains de l’époque puisque la magnifique villa où vivaient Philodème et sa communeauté appartenait à Lucius Calpurnius Pison, le beau-père de César.
On peut se demander ce qu’il serait advenu de cette philosophie si le Christianisme n’avait tout fait disparaitre.
La communeauté d’Herculanum fait penser à une ébauche de clergé.

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Le Jardin d’Epicure

photo-narcisse-mars-09-copieEh bien, c’est officiel, nous sommes au printemps !
Le premier des narcisses botaniques plantés à l’automne vient de fleurir.
A part le fait qu’il est multiflore, il n’a rien de bien remarquable, mais c’est le premier et c’est un cadeau de Sylvère alors je le montre.
Je suis en train de lire le livre « Les sagesses antiques » premier tome de la Contre-histoire de la Philosophie de Michel Onfray, et j’en suis justement au chapitre sur Epicure et son Jardin.
Je met une majuscule à « Jardin » parce qu’apparemment, c’était le nom de son école comme l’Académie de Platon ou le Lycée d’Aristote.
La façon dont Onfray présente l’opposition entre Matérialisme et Spiritualisme fait un peu « Théorie du Complot » ;
Les Spiritualistes ( Platoniciens, Chrétiens, Stoïciens et autres religieux ) se seraient liguées pour devenir la Philosophie dominante en tentant d’effacer toute référence au Matérialisme.
Je pense que la raison du triomphe (d’ailleurs tout relatif, sans quoi Onfray n’aurait pas eu de matériaux pour contruire sa Contre-histoire. ) du Spiritualisme est plus structurelle.
Nous appartenons à une culture (Indo-européenne ) jadis structurée en trois groupes : Les Roi-prêtres, les Guerriers et les Agriculteurs.
Evidemment, la classe dirigeante des Rois-prêtres avait la spiritualité comme « Fond de Commerce » et a donc réussi à imposer ses valeurs commes valeurs dominantes.
Ceux qui, dans les sociétés héritières, voulaient faire quelque chose de « Bien » d’un point de vue social, se retrouvaient donc « naturellement » spiritualistes.
A l’époque où Onfray commence son histoire, Les Matérialistes s’incrivaient déjà en rupture avec la société de leur temps, au point que les sagesses hédonistes, ou Cyniques semblent incapables de créer du lien social
Epicure (Le Secourable ) vivait à une époque où la société traditionnelle partait un peu à vau-l’eau et son Jardin apparait un peu comme un refuge contre la dureté des temps, sans parler de son état de santé personnel (hydropisie et coliques néphrétiques ) tout à fait pitoyable.
En tout cas un jardin me semble, en effet l’endroit idéal pour pratiquer sa philosophie du plaisir.
On y éprouve la joie délicate de vois pousser et s’épanouir les plantes ; Joie souvent précédée par de belles ampoules aux mains.
Accepter une souffrance provisoire en vue d’un plaisir futur est une chose que connaissent tous les jardiniers.

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Perce-neige en retard

photo-mars-09-perce-n-0-copie1Les perce-neige ne payent pas de mine quand on les regarde d’en haut,mais si l’on se met à leur niveau on perçoit la delicatesse de leur forme et l’élégance de la tache verte qui marque leurs pétales intérieurs.
Contrairement à celles du jardin de Saperli, les miennes ne fleurissent que maintenant, aprés les crocus.
C’est que je ne les ai plantées que l’automne dernier et encore avec du retard.
L’année prochaine elles seront à l’heure.
C’est la première fois que je plante des perce-neige.Je les trouvais dépourvues d’intérêt et c’est Sylvère qui a insisté pour que j’en mette dans le jardin.
Celà lui rappelait celles qu’il voyait, prés de son village, dans la forêt des Ardennes.
Aujourd’hui, j’ai fait la connaissance de ses parents.
Son frère fête son anniversaire et ils sont descendus des ardennes pour l’occasion.
Nous sommes allés les chercher à la gare cet aprés midi.
Je dois avouer que je n’en menais pas large; Je craignais qu’ils me trouvent bien vieux pour être l’amant de leur fils.
Si ça a été le cas, ils n’en ont rien laissé paraitre.
Quand même, j’aurais bien aimé être aussi petit qu’une perce-neige.

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Crocus violets

photo-crocus-2009-161-copieJ’ai planté ces petits crocus violets au milieu des pensées bleues.
J’espérais que le résultat serait joli, mais je l’ai surtout fait parceque la terre était déjà ameublie à cet endroit.
C’est que, pour planter les petits bulbes, je fais un trou dans la terre en y enfonçant le doigt.
Bien sûr, j’utilise des outils, comme tout le monde, mais c’est avec mes mains que je préfère jardiner.
J’aime émietter la terre entre mes doigts ressentir la texture des végétaux, même creuser, si le trou à faire n’est pas trop profond.
Et sans mettre de gants, si ce n’est pas absolument nécessaire, car sinon, je ne « sens » pas ce que je fait.
Le résultat est que je reviens du jardin avec de la terre sous les ongles, les doigts taillés par les herbes coupantes et des échardes dans les mains.
rien de grave, j’aime trop ce contact physique pour y renoncer.

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