Archive for avril, 2017

Fritillaire pâle ( et Sécurité)

Ma dernière note a laissé presque tous mes commentateurs habituels sans voix, à moins que leur courtoisie naturelle ne les ait empêchés de me dire ce qu’ils en pensaient.
Bon, passons à la suite.
Comme tous les ans les floraisons se bousculent et je n’arrive pas à trouver assez d’idées d’articles pour suivre le rythme.
Cette fois c’est une fleur que j’ai manquée l’an dernier : une fritillaire pâle (fritillaria pallida).
Ce n’est pas une plante très spectaculaire mais j’aime les fritillaires, peut être parce que ce sont parmi les premiers bulbes que j’aie plantés dans un jardin.
La pallida est un peu comme la fritillaire méléagre que l’on voit au premier plan : elle aime un terrain humide dans le fond.
Je l’ai donc mise dans un pot avec réserve d’eau.
Elle a fleuri un peu l’an dernier mais a bien refleuri cette année.
C’est un succès à noter car les fritillaires sont capricieuses et ne refleurissent pas souvent.
Les couronnes impériales sont dans ce cas, mais j’ai pensé à une autre ruse pour l’automne prochain, pour offrir à ces dernières un terrain qui leur plaise.
A part jardiner, je lis en ce moment un livre de Patrick Boucheron (celui qui a coordonné « L’Histoire Mondiale de la France » que Sylvère m’a offert pour mon anniversaire) intitulé : « Conjurer la peur / Essai sur la force politique des images ».
L’auteur y étudie une vaste peinture murale peinte en 1338 sur trois murs de la salle de réunion des autorités de la ville de Sienne et communément appelée : »Allégorie de bon gouvernement ».
L’époque était difficile pour ces petites républiques municipales menacées par les empereurs, les dignitaires de l’Eglise et les potentats locaux.
L’insignoramento ( la seigneurialisation, quel vilain mot) les menaçait toutes et finira par avoir leur peau.
L’étude est minutieuse (et réveille des échos dans notre propre situation politique en cet entre-deux électoral) et je ne peux la résumer ici mais l’une des allégories m’a frappé : celle de la sécuritas> (la sécurité, bien présente dans les discours de certain modernes candidats.), elle tient dans sa main une potence qui soutient un pendu.
On a compris : la sécurité n’existe que si l’on pend les délinquants ( surtout, à l’époque, les voleurs et bandits de grand chemin).
A notre époque, on ne pend plus mais, à défaut, les programmes de certains candidats ( tous ?) se proposent de bourrer les prisons.
Tss Tss…! nous avons fait quelques progrès depuis le quatorzième siècle, mais pas tant que ça.

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On tue des enfants (2)

Quand on s’intéresse aux mythes et légendes venus du Proche Orient, on tombe souvent sur des histoires de sacrifices d’enfants.
Diodore de Sicile raconte que les carthaginois sacrifiaient des enfants à leurs dieux. Isaac D’Antioche accuse les arabes de sacrifier leurs enfants.
La légende de Mahomet raconte qu’il a mis fin au meurtre des petites filles.
Le thème a même migré dans la mythologie grecque avec les histoires d’Iphigénie et d’Idoménée.
Les historiens en ont déduit, bien qu’il n’y ait pas de preuves historiques concrètes, qu’il fut un temps où se pratiquait effectivement le sacrifice des enfants, peut-être des premiers-nés.
Mais, très tôt dans l’histoire, ces pratiques furent abandonnées.
Le hébreux ont solennellement mythifié ce renoncement avec l’histoire du sacrifice d’Abraham (le thème fait cependant sournoisement retour avec la dixième plaie d’Egypte).
On pense que les enfants furent remplacé par des agneaux et l’on sait l’orchestration symphonique que l’Eglise Catholique a donnée au thème du sacrifice de l’Agneau.
Abandonnée, donc, la pratique mais son souvenir semble avoir été tenace au point d’inspirer de nombreux mythes dans toute la région.
Et je pense que c’est encore ce souvenir, fermement ancré dans la mémoire collective qui est à la source de l’instrumentalisation moderne de la mort des enfants dans la région.
Un peu comme si la mémoire des enfants sacrifiés montant de la nuit de l’Histoire venait rejoindre la mort des petites victimes des guerres modernes.

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On tue des enfants (1)

Hier matin j’ai vu, sur une chaine tv « d’infos » que le gouvernement syrien avait annoncé que le bombardement américain de la base de Shayrat avait fait neuf morts dont des enfants.
Quoi ? quoi…? des enfants sur une base aérienne en pleine guerre ? Mais que faisaient-ils là ?
Bon, les gens des services de propagande syriens étaient, peut-être, mal réveillés ce matin.
Mais cela m’a fait sursauter : encore des enfants !
Dans toutes les guerres du monde, on tue des civils, des vieillards, des femmes, des enfants (pour reprendre l’énumération habituelle) sans que la catégorie « enfants » semble poser problème, sauf au Proche Orient.
Je pense que l’on n’y massacre pas plus d’enfants qu’ailleurs mais il n’y a que dans cette partie du Monde que la mort des enfants soit instrumentalisée d’une façon aussi obsédante par les diverses propagandes.
Je ne vais pas faire la liste de toutes les affreuses images que nous avons vues, mais dans les discours aussi les enfants sont présents.
La propagande « anti-sioniste » laisse entendre que l’un des buts de guerre des israéliens serait de tuer de plus en plus d’enfants reprenant ainsi le topos antisémite des juifs tuant des enfants dans des « meurtres rituels ».
La propagande de l’état israélien, elle, s’est risqué à prétendre que les parents palestiniens envoyaient exprès leurs enfants jeter des pierres contre les soldats israéliens pour que ces derniers les tuent.
Là les israéliens reprennent (ou réinventent) les imprécations d’Isaac d’Antioche (V ème siècle aprés JC) accusant les arabes de tuer leurs enfants.
Mais d’où ça sort ces histoire d’enfants ?
Bon, j’ai mon idée (qui n’engage que moi) mais, là, il est une heure et demie du matin et je vais me coucher.
Je continuerai dans une prochaine note.

PS : Il peut sembler incongru de mettre des fleurs pour illustrer un sujet pareil mais on va dire que c’est un hommages aux enfants morts du Proche Orient.
On met bien des fleurs blanches pour les enfants ?

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Les livres vagabonds

Les tulipes pivoines sont les premières à fleurir, juste en même temps que les cerisiers;
Hélàs tout comme celles des cerisiers leur floraison est éphémère, une quinzaine de jours tout au plus.
c’est en ce moment que le jardin l’une de ses plus belles floraisons (l’autre est en Mai, le mois des roses).
J’aimerais que ce moment du jardin dure toujours mais la floraison est comme la jeunesse…

Pas très loin de chez moi quelqu’un a installé une boite en forme de petite maison marquée « refuge pour livres vagabonds ».
Le but est d’y déposer des livres que d’autres viendront prendre pour les lire.
Un moyen sympa de diffuser la Culture.
Du coup, j’ai décidé moi aussi d’y mettre des livres après les avoir lus.
J’y met surtout des polars parce que c’est facile à lire (Il ne faut pas rebuter les amateurs) mais attention : rien que de la qualité : Fred Vargas, James Lee Burke ou Georges Pelecanos, en ce moment.
Je constate, avec plaisir, chaque fois que j’y vais, que les livres que j’ai apporté ont été empruntés.
Je pense à celui (ou ceux) qui profitent de cette opportunité.
On ne saurait trop encourager la lecture dans ce monde un peu trop électronique.

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