Acanthes

La floraison des acanthes pousse d’élégantes colonnes de fleurs blanches et violettes adorées des grosses abeilles maçonnes noires qui peuvent confortablement s’y introduire pour en butiner le nectar.
Aux fleurs succèdent de grosses graines vertes.
C’est le moment d’en couper les épaisses tiges et de les mettre dans le sac utilisé pour le ramassage des déchet verts.
Si on les oublie et qu’on laisse les graines venir à maturité, les tiges sèchent et un petit mécanisme sournois se déclenche, balançant les graines un peu partout dans le jardin.
Une fois que les graines ont germé les déloger devient épuisant car elles font d’énormes racines charnues qu’il faut ôter à la fourche bêche jusqu’à la dernière radicelle sous peine de les voir ressurgir inlassablement.
Mais ce n’est pas leur bel aspect qui me fait aimer les acanthes, c’est un souvenir d’école, celui du premier tercet d’un sonnet tiré des « Trophées » de José Maria de Heredia, appris en récitation :

-La terre maternelle et douce aux anciens Dieux
-Fait, à chaque printemps, vainement éloquente
-Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe.

Il faut croire que, déja tout petit, j’avais une disposition à la mélancolie

Le poème fait allusion à la « feuille d’acanthe » un motif décoratif ornant les chapiteaux grecs de style corinthien.
José Maria de Heredia est un poète « parnassien », un genre passé de mode avec ses alexandrins, ses sonnets et ses rimes à la fin de chaque vers.
Pourtant ce style de poésie « de genre » me plait bien, c’est l’habitude des vieux de se retourner sur le passé; Les jeunes générations auront leurs propes nostalgies auxquelles je ne comprendrais rien.
C’est dans la Nature des choses.

7 Réponses so far »

  1. 1

    Sometimes, but rarely, I have the pleasure of reading a piece of writing almost diagonally – from the top left hand corner to the bottom right hand corner – so fluidly is the piece written and so coherent its internal logic.

    So with this piece: undoubtedly because you have long connections with this plant and its uses and are fond of it!

    Such a pleasure! Sarah

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  2. 2

    clodoweg said,

    C’est un beau compliment pour ces trois vers.
    Merci Sarah.
    J’ai le même sentiment lorsque je les lis.

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  3. 3

    Quelle jolie poésie.

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    • 4

      clodoweg said,

      Voilà le sonnet en entier

      L’OUBLI

      Le temple est en ruine au haut du promontoire.
      Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
      Les Déesses de marbre et les Héros d’airain
      Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire.

      Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
      De sa conque où soupire un antique refrain
      Emplissant le ciel calme et l’horizon marin,
      Sur l’azur infini dresse sa forme noire.

      La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux,
      Fait à chaque printemps, vainement éloquente.
      Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

      Mais l’Homme indifférent au rêve des aïeux
      Écoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
      La Mer qui se lamente en pleurant les Sirènes.

      Aimé par 1 personne

  4. 6

    anguillette said,

    j’aime beaucoup les acanthes

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