Quotas


J’ai entendu, l’autre soir dans une émission populaire, à la télévision, un chroniqueur reprocher à l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Philipetti, ce qu’il considérait comme un effet pervers de la loi sur la parité.
En effet, pensait-il, une femme pourrait se voir reprocher de n’avoir obtenu un poste qu’à la nécessité, pour une institution de remplir un quota de femmes et non à ses compétences personnelles.
Il faisait d’ailleurs, à ce sujet référence aux lois de discrimination positive imposant, aux Etat Unis, un quota d’étudiants noirs dans les universités.
L’ancienne ministre a répondu en défendant la nécessité de faire des lois de discrimination positive ( A sa place, je me serais contenté de dire que si on ne faisait pas des lois pour imposer la discrimination positive il ne resterait que de la discrimination négative.) mais sans s’appesantir sur le raisonnement concernant les bénéficiaires des quotas.
Voyons donc :
Ceux qui raisonnent ainsi imaginent la situation où une institution ne trouverait pas suffisamment de femmes compétentes ( ou d’étudiants noirs ayant le niveau requis ) pour remplir complètement le quota et seraient obligée d’embaucher n’importe qui (ou d’accueillir n’importe quel noir) pour obéir à la loi.
Mais il ne vient à l’idée de personne que l’institution pourrait se trouver dans la situation où elle ne trouverait pas assez d’hommes compétents ( ou d’étudiants blancs ) pour remplir le reste du quota.
Non : le doute sur les compétences ne porte que sur les femmes (et les noirs).
Ce n’est donc pas un effet pervers de la loi car, si c’était le cas, le doute porterait sur les deux sexes (ou les deux « races » ).
Ce raisonnement est donc juste une manifestation plus sournoise que d’habitude des préjugés contre les femmes ( ou du racisme envers les noirs )
On pourrait donc se contenter de hausser les épaules mais il y a quelque chose de plus grave dans ces insinuations c’est qu’elles peuvent amener les femmes ( et les noirs ) à douter d’eux mêmes et de leurs capacités.
Ce qui était, peut-être, le but de la manœuvre.

Une fleur de scabieuse sauvage pour illustrer ce post.

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2 Réponses so far »

  1. 1

    Louis, Thank you for this note.

    The subject is complicated to put into action. I was hired under Affirmative Action and may not have had a job without it. But, in 29 years of observing, I noted that only one black American male, of several, had reached the top rank of the company for whom I worked. No black women reached it.

    Those who failed were continuously undermined year after year following the nefarious, hidden motive you note.

    At the same time, the universities, particularly Harvard under the leadership of a woman who comes from an extreme minority (Indian Zoroastrian) have laid out the mechanisms of ‘implicit bias’ which is all but built into the expression of some of Sapiens’ DNA and certainly his culture.

    We cannot help but discriminate for and against certain people. And it takes large intellectual and emotional (spiritual) effort to unravel the bias and act towards the common good.

    Affirmative action is dying in the US. In favour of what is known as ‘constitutional libertarianism’. Government out of almost all our affairs. Republicans in power everywhere and a Supreme Court more and more to the extreme right.

    Thank you, Louis, for your insight!


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