… avec des mots.

Un jour j’ai été pris dans une discussion avec un médecin, très remonté contre la psychanalyse, qui affirmait qu’on ne pouvait pas « guérir avec des mots » (il prononçait le terme « mots » avec un mépris palpable).
Bien que n’étant pas médecin, je me suis permis de le contredire formellement en lui disant que c’était possible puisque ça m’était arrivé à moi.
Un jour, dans le stock de mon magasin j’essayais de déplacer un téléviseur Sony en faisant glisser le carton d’emballage sur le sol.
C’était avant les téléviseurs a écran plat et les téléviseurs cathodiques de cette marque pesaient un âne mort.
J’ai réussi à faire glisser le carton sur le sol (j’étais costaud) mais je me suis froissé un muscle ou un autre tissus à l’aine, du côté gauche.
la douleur à l’aine a persisté quelques jours puis s’est déplacé sur le côté interne de mon genou.
Cela a duré plus d’une semaine, la douleur était vive et me faisait boiter.
Or, un dimanche, alors que je participais à un vide-grenier ( je crois me souvenir que c’était à Saint Felix du Lauragais) avec le Yef qui vendait des pâtisseries arabes, ce dernier, me voyant boitiller tristement a dit :
« Mon kiné m’a dit que le genou c’était entre le « je » et le « nous ».
Ça a fait « dzingg !! » dans ma tête.
Au cours de la journée la douleur s’est atténuée et le soir elle avait disparu pour ne plus jamais revenir.
Et voilà comment le Yef m’a guéri.
Au récit de cette histoire le médecin a haussé les épaules (il est vrai que je n’étais pas médecin).
Et pourtant on peut bien guérir quelqu’un en prononçant une parole.
La difficulté est de la trouver vu qu’elle est différente pour chacun, dépendant de sa propre organisation mentale.
C’est pourquoi, quand la rencontre se produit, elle est presque toujours due au hasard.

PS la photo montre les graines d’une épervière, une fleur qui ressemble à un pissenlit mais plus élégante et d’un jaune plus acide.

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5 Réponses so far »

  1. 1

    Thaddée said,

    Étonnant … Le tout est de prendre le contrôle sur la douleur en la mystification. Un très chouette exemple de ce que peuvent faire les mots car je suis convaincue, moi aussi, que les mots guérissent. J’ai quand même réussi à crever « un abcès » qui me pourrissait la vie depuis mon enfance et comment j’ai fait ? En m’auto-psychanalysant. Réussite sur toute la ligne, je ne souffre plus de ce traumatisme. Bonne journée Clodoweg, mes salutations au mini-chien.

  2. 3

    Thaddée said,

    Erratum : en la démystifiant …

  3. 4

    Patrice said,

    Pour les douleurs, personnellement, je préfère la méditation. Bien plus jeune, j’ai fais 9 ans de psychanalyse chez un Lacanien. Dire si j’étais confiant (ou con) à l’époque. Ça l’a enrichi, ça n’a rien donné pour moi (heureusement que j’étais pris en charge…)

    • 5

      clodoweg said,

      S’il y avait une sorte de Trip Advisor pour les psychanalystes je pense que les Lacaniens en auraient les oreilles qui sifflent.
      Après tout, ça viendra peut être.


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