Archive for juin 30, 2017

On est bien peu de chose

La fugacité des roses est un thème increvable de toute la poésie galante et même hédoniste.
Mais elles ne sont pas si fugaces que cela ; Elles tiennent bien deux ou trois jours, bien plus que l’espace d’un matin.
Plus que les hémérocalles, par exemple, les lys d’un jour, qui ne durent vraiment qu’un jour.
Mais je comprends les poètes, le mot « hémérocalle » est plus difficile à placer dans un poème. Mais, de nos jours, les roses sont moins fugaces qu’au temps de Ronsard.
Elles sont « remontantes », c’est à dire qu’après la splendide floraison du mois de Mai elles continuent à fleurir, certes avec moins d’abondance mais aussi plus de délicatesse si l’on veut bien se donner la peine de tailler les tiges qui ont déjà fleuri.
Mais, bien sûr, les roses étaient le symbole de la jeunesse et celle-ci ne « remonte » toujours pas même si l’on prend soin de se faire couper les cheveux.
Et, tout comme à l’époque, on prend conscience de sa jeunesse lorsqu’elle a disparu.Encore que je n’aie pas trop à me plaindre, la mienne a duré longtemps ( ce qui ne m’empeche pas de regretter de n’avoir, quand même, pas assez cueilli de roses.) et, d’ailleurs, n’était le corps qui me lâche, mon esprit me semble resté assez jeune pour avoir envie de faire les sottises que j’ai négligé de faire quand il était encore temps.
Les regrets sont superflus et je n’ai pas assez de remords.
Ah on est bien peu de chose.

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