La magnificence et la galanterie…


la magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.

Cette phrase est la première du roman « La princesse de Clèves »
Je la note pour saluer la décision de l’Education Nationale de mettre, cette année, madame de La Fayette au programme du bac littéraire.
Vilipendée par Nicolas Sarkosy qui ne l’avait probablement pas lue, l’oeuvre évoque une sorte de printemps de la civilisation française.
L’histoire est simple : une jeune femme (la princesse de Clèves) tombe amoureuse d’un jeune homme (le duc de Nemours) qui est lui-même passionnément amoureux d’elle.
Elle repousse cependant son amour par fidélité à son époux.
A l’intrigue principale s’entrelacent d’autres intrigues sentimentales.
Contrairement à ce que pensait Sarkosy c’est un sujet qui intéresse tout le monde
Mais ce qui m’a le plus frappé dans ce roman c’est que tous les personnages sont si incroyablement intelligents que cela finit par nuire à leur vraisemblance.
Bon, si je tiens tant à ce roman c’est qu’il a fini part représenter, pour moi, l’emblème de la lutte contre l’Inculture.
Et si je suis si heureux de la décision de l’EN c’est qu’elle va permettre aux élèves qui passeront le bac littéraire (au moins eux) de faire connaissance avec la magnificence et la galanterie de la littérature de leur pays.

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13 Réponses so far »

  1. 1

    C’est une langue etonnante, le Francais. Mais c’est pas la langue vraiment qui etonne. C’est la tradition litteraire et intellectuelle qui a besoin d’une telle langue.

    J’ai traduit – avec une difficulte enorme – La Forme d’une Ville de Julien Gracq. En pleurant, je vous assure. Mais avec plaisir, neanmoins. Tres beau!

    • 2

      clodoweg said,

      Wow ! Julien Gracq ! Tu n’as pas choisi la facilité en effet ; mais c’est l’un des plus grands écrivains français contemporains et j’espère que le plaisir que tu as éprouvé à réussie la traduction a été à la mesure des difficultés que tu as éprouvées.
      Mes félicitations.

  2. 3

    Ariane Beth said,

    Ah oui, Clodoweg, je partage totalement ton goût et ton admiration pour ce roman ! Pour moi son charme doit beaucoup à ce que je ne sais nommer autrement que sa « tenue ». Le style a de la tenue, les personnages (c’est vrai ce que tu dis, trop intelligents pour être vrais mais du coup tellement attachants car ils nous rendent intelligents). Une tenue qui rend d’autant plus sensible la passion qui est là, tout le temps. C’est un roman dans lequel il est bon de se replonger régulièrement. Sarkozy ne sait pas ce qu’il perd …

    • 4

      clodoweg said,

      Oui c’est vrai, c’est un roman qui peut se relire et qui procure toujours le même plaisir.
      Je me souviens encore de la surprise que j’ai éprouvé la première fois que je l’ai lu ( j’avais 16 ans) qu’un ouvrage venu d’une époque si différente de la mienne puisse être d’une lecture aussi agréable.

  3. 5

    tracedepat said,

    Je partage ton avis sur l’inculture, et j’ai adoré la princesse de clèves aussi.
    Mais je rencontre tellement de trentenaire voire plus ( ne parlons pas de l’immense majorité des plus jeunes qui n’ont parfois RIEN lu, pour cause de texte obligatoires en classe mal choisis ou mal présenté), qu’a part effectivement quelques littéraires qui ne sont parfois la qu’a cause des langues, je ne vois pas comment améliorer ça.
    Il existe une association qui permet aux bénévoles de plus de 50 ans d’aller dans des écoles proposer des ateliers de lecture aux enfants intéressés. J’irai sûrement un jour.

    • 6

      clodoweg said,

      Si cela peut te remonter le moral, je viens d’apprendre que les français lisaient de plus en plus : 20 livres en moyenne par tête de pipe en 2017 contre 16 en 2015.
      Après, bien sûr, ça dépend de ce qu’ils lisent mais si ça pouvait leur apprendre la différence entre l’infinitif et le participe passé des verbes du premier groupe ce serait déjà ça.
      Quant aux ateliers de lecture ou simplement au fait que des bénévoles viennent lire des livres dans les écoles, je connais quelqu’un qui le fait et qui m’a dit que cela avait beaucoup de succès.

  4. 7

    Tout à fait magnifique.

  5. 10

    Eh oui, c’était vraiment bien, La Princesse de Clèves.
    C’est « le premier roman » de la littérature française.
    Et il préfigure la fin de « L ‘âge des ténèbres » et l’avènement des Lumières..
    Du moins je le pense.

    • 11

      clodoweg said,

      Oui c’est l’entrée sinon dans les Lumières à proprement parler, du moins dans l’ère de la Civilisation.
      Les femmes réussissaient enfin à polir les soudards de l’époque précédente.

  6. 12

    André said,

    La Princesse était aussi le roman préféré de notre prof de littérature durant les deux années menant au bac. Alors nous les élèves la citions à tort ou à raison dans les dissertations et cela marchait. Je ne sais pas si le prof était dupe ou nous encourageait ainsi à prendre l’habitude de relire une oeuvre qui en valait la peine.


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