Grâce sauvage

photo clematite aout 2016 copieDonc, nous avons appris que Jacqueline Sauvage qui avait tué son mari violent et qui avait bénéficié d’une demie ou d’un quart de grâce du président de la République s’est finalement vu refuser sa libération par le juge d’application des peines.
L’histoire n’aurait pas eu lieu si le président avait accordé une grâce totale, mais…
On sait que le président n’aime pas ce genre de privilège régalien et on le comprend.
La Grâce c’est quelque chose de trop grand pour lui, c’est fait pour les rois, les empereurs, ou les présidents charismatiques et il n’est rien de tout cela.
Alors il a accordé une grâce à sa mesure, un fragment, un lambeau de grâce en laissant les juges décider en dernier ressort.
Résultat : on se retrouve dans une situation qui rappelle furieusement l’affaire Léonarda.

D’abord, on peut penser que, sans nier le crime, la sanction était un peu sévère (10 ans) et que sa situation aurait dû lui valoir de sérieuses circonstances atténuantes.
D’un autre côté on comprend un peu les juges, si une peine trop légère avait laissé penser à toutes les femmes battues qu’elles pouvaient, presque impunément, assassiner leur tortionnaire on aurait pu assister à un massacre.

Un autre point du jugement est intéressant, il prétend que Mme Sauvage (son nom as-t-il influencé le jugement ?) se complait dans une position de victime et qu’elle n’a pas bien pris la mesure de son geste, bref, qu’elle ne montre pas assez de contrition.
Et, de plus, que la « médiatisation » de son affaire la conforte dans cette attitude.
On voit bien que la « médiatisation » qui agace les juges c’est l’Opinion Publique (Plus de 430 000 signatures pour la première pétition demandant sa grâce) qui a forcé la main au président et qui s’est melèe d’une affaire où, selon eux, seuls les gens de justice devraient décider.
Bon, l’Opinion publique n’a pas dit son dernier mot, une nouvelle pétition est lancée.

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12 Réponses so far »

  1. 1

    Je pense que Mme Sauvage a été mal défendue par une avocate qui a choisi une position indéfendable, tant en droit qu’en raison.
    La légitime défense ne peut être invoquée quand on flanque un coup de fusil à quelqu’un endormi dans un fauteuil.
    Si bien disposé soit-il à l’égard de Mme Sauvage qui avait de bonne raisons d’envoyer son mec ad patres, n’importe quel jury aurait suivi l’avis des assesseurs et du président du tribunal qui ont dit « tirer sur une type endormi ne correspondant pas du tout à la définition de la légitime défense ».

    • 2

      clodoweg said,

      J’entend bien, mais qu’est-ce que l’avocate aurait pu plaider d’autre ?
      De plus, il semble qu’il y ait eu un malentendu entre le jury et le président sur la durée effective de la peine.

      • 3

        Larges circonstances atténuantes après une vie de mauvais traitements, sans préméditation, voire l’accident puisque le type était endormi mais comme il est mort, si elle avait prétendu qu’il la menaçait, il n’aurait pu la contredire..
        Elle aurait pris cinq ans dont trois avec sursis, histoire de dire « c’est pas bien ce que vous avez fait mais on comprend sans excuser, on sait bien que vous n’avez pas une âme de meurtrière »
        Elle avait quelques mois de préventive à son actif, elle ne serait peut-être même pas retournée en prison.
        Son avocate s’est débrouillée comme un pied.

  2. 5

    heure-bleue said,

    Je pense que tuer son mari, dans son sommeil, au bout de 47 ans de souffrance non vérifiée sauf par ses filles, n’incite pas à la clémence surtout avec une mauvaise avocate.

  3. 7

    liliplume said,

    et si toutes les victimes se permettaient de liquider leurs bourreaux ce serait le monde à l’envers ! Hélas…

  4. 9

    tracedepat said,

    Je pense. (Je pense aussi)
    Que le monde est une grossière erreur, aux yeux de ceux qui y cherchent du sens.

    • 10

      clodoweg said,

      Il n’est pas interdit de chercher du sens dans le monde mais il est utile de connaître le sens du mot « monde ».
      Cela vient du latin mundus qui désignait un grant trou, à Rome, dans lequel on jetait les ordures, le corps des condamnés à mort et celui des enfant non reconnus par le père, soit tout un tas de trucs impurs.
      En résumé « La Poubelle ».

      • 11

        Ariane Beth said,

        Eh bien je vois que le moral est au top ! En tous cas, je crois bien qu’accepter l’impureté du monde (c’est à dire le mélange, l’imperfection) fait beaucoup moins de dégâts que le désir suspect de pureté. Voir purifications ethniques, préservation de la « race aryenne », ou dans un autre et aussi ravageur registre les notions de pureté ou impureté religieuses. Surtout que comme par hasard ce sont essentiellement les femmes (et les plus faibles) qui en font les frais …

        • 12

          clodoweg said,

          Oui c’est vrai, mais je n’avais pas percuté sur le double sens de pur (pas sale/pas mélangé).
          Je vais voir si je peux en faire une note.
          Merci beaucoup.


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