Ovide à la télévision

Photo pyracantha 0 copiePour mon anniversaire mon fils ainé m’a offert l’intégrale des saisons de la série télé « Spartacus ».
Excellent choix, j’adore cette série, la première série « pornographique » de la télé, qui brode sur l’histoire de la révolte des esclaves romains dirigée par Spartacus.
Il y a donc de la pornographie sexuelle (soft, mais à la différence de celle qu’on peut voir le soir sur la TNT, les acteurs masculins sont de beaux mecs.) mais le plus important est la pornographie du sang.
Les combats de gladiateurs dans l’arène sont traités sur le mode d’un voyeurisme fantasmatique avec des ralentis et des giclées de sang disproportionnées à la moindre blessure, elles-mêmes traitées au ralenti. De plus, au fur et à mesure des épisodes, les adversaires des héros sont de plus en plus monstrueux jusqu’à verser carrément dans le fantastique. On peut ajouter à cela une réalisation particulièrement soignée et une attention particulière portée au scénario.
Bref tout ce qu’il faut pour combler le voyeur que je suis.Photo boul viol 05
Parallèlement, je lis « Les Métamorphoses » d’Ovide. Un truc que je me suis décidé à lire après avoir appris qu’il était d’une grande importance pour la transmission littéraire de l’antiquité pendant le Moyen Âge.
A ma très grande surprise, je suis tombé sur des descriptions de combats tout à fait dans le même esprit que celui de la série Anglo-Américaine : Une insistance à décrire les longs jets de sang, à s’attarder sur la description des blessures horribles, à nommer tous les morts par leur nom et, bien sûr, un penchant marqué pour le fantastique qui est le sujet de l’oeuvre entière.
C’est étonnant cette concordance de goût à prés de deux millénaires des distance dans des cultures aussi différentes.
Ovide écrivit son poème à l’apogée de la civilisation Romaine alors que la nôtre semble près de sa fin, son poème était destiné à une petite élite cultivée alors que la série télé est destinée au plus grand nombre (peut-être est-elle l’équivalent de nos jeux du cirque) il faut croire que les deux touchent à quelque chose de fondamental.
Le goût du sang ?Photo baies cton 01 copie

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4 Réponses so far »

  1. 1

    Le « Morisset-Thévenot » n’avait pas ce côté « western » dans Ovide…

    • 2

      clodoweg said,

      S’il fallait choisir un western, ce serait « la Horde sauvage » mais les textes présentés aux lycéens ne montraient pas ce côté des œuvres.
      Mais pour dire vrai nous n’avons jamais abordé ovide en classe, nous nous sommes limités à : »Tytire tu patulae recubans sub tegmine fagi…etc, etc… »

      • 3

        Eh ! Ça ce sont les Bucoliques, et c’est Virgile.
        Des années de latin, Clodoweg. Des années…
        (bon, soyons honnête, j’ai repiqué au truc avec l’Ours plus de 33 ans plus tard, d’où la relative fraîcheur des souvenirs.)

        • 4

          clodoweg said,

          Oui, je savais que c’était Virgile mais j’avais oublié que c’était les bucoliques.
          Hélas mes fils n’ont pas fait de latin.
          Dommage, j’aurais pu les clouer sur place en leur récitant de mémoire le début de la 1° bucolique (au moins jusqu’à « … Namque ille mihi semper deus »)
          La vie m’aura refusé cette petite satisfaction..


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