Blasphème.

Photo auriac mai 10 007 copieJ’ai écouté le discours de Manuel Valls devant l’Assemblée Nationale : Du Bossuet !!
Nan, j’déconne.
J’hésite pour qualifier la rhétorique du premier ministre entre plusieurs qualificatifs ; Est-ce : « affligeant », ou bien « lamentable », ou alors « pitoyable » ?
Peut-être les trois à la fois.
Ô Mânes de Jaurès, Esprit de Gambetta, ce lieu qui fut, jadis, temple de l’Eloquence en est, à ce moment, devenu le tombeau.

Bon, je commence a être un peu gavé de discours patriotiques mais il semble qu’il soit devenu impossible de leur échapper.
Aujourd’hui, il semble que la Patrie s’affole que quelques élèves aient regimbé devant la minute de silence imposée d’En Haut et du fait que les prof n’aient plus le monopole de la Parole d’Autorité.
Ouais, c’est bien dommage.
Et aussi que Dieudonné va passer en correctionnelle pour son tweet : « Je suis Charlie Coulibaly ».
sous l’inculpation d’Apologie du Terrorisme.
Dieudonné est obsédé par le « Sionisme » et la condition des noirs en France. Du coup, un noir qui tue des juifs « ça » lui parle et il se sent, peut-être, des affinités avec Coulibaly en raison de la vie que ce dernier a dû mener jusqu’à en arriver au terrorisme. D’où son tweet provocant ( tiens, ça me rappelle quelqu’un !)
Evidemment, ce n’est pas bien, mais, dans ce cas particulier, l’Apologie du Terrorisme me parait pour le moins allusive et le délit s’apparente beaucoup (mais vraiment beaucoup) à un délit de Blasphème.
Il ne faudrait quand même pas que la Laïcité, telle qu’elle est pratiquée de nos jours, devienne une nouvelle sorte d’Obscurantisme.

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12 Réponses so far »

  1. 1

    « Ô Mânes de Jaurès, Esprit de Gambetta, ce lieu qui fut, jadis, temple de l’Eloquence en est, à ce moment, devenu le tombeau. »

    C’est bien l’exigence démesurée de quelqu’un qui n’a jamais entendu Nadine Morano à l’assemblée…
    C’est là qu’on se dit que Lamartine et Hugo ont dû discourir ailleurs…

  2. 3

    heure-bleue said,

    Je ne sais pas dans quel trou perdu tu habites pour ne pas t’apercevoir que dans certains coins la laïcité n’existe plus, tu vas du côté d’Argenteuil, une banlieue aimée par les Impressionnistes, tu n’es plus en France et là, je ne suis pas sûre que les profs osent demander une minute de silence. Je dois dire, au risque de te choquer que je n’aime pas me promener dans n’importe quel quartier de Paris et ne de plus me sentir chez moi, on m’a appris un truc, qui ne doit plus avoir cours aujourd’hui : « A Rome fait comme les Romains » et non pas, à Paris ou ailleurs montre ta religion comme un trophée.

    • 4

      clodoweg said,

      C’est vrai, heure-bleue, c’est un trou perdu, mais j’ai la télé !
      A Toulouse, je n’ai jamais eu l’ impression que tu décris.
      Je me sens toujours chez moi et pourtant il y a pas mal de musulmans et même des femmes voilées.
      Mais bon, je n’ai jamais fait une attaque de voir un curé en soutane ou une sœur de St Vincent de Paul, alors c’est pareil pour une femme voilée.
      Mais la religion ne me semble pas être le fond du problème, le fait de la montrer « comme un trophée » me semble un acte plus identitaire que religieux.
      D’autre part, c’est aux institutions d’être laïques ( Etat, Education nationale, justice etc…) mais pas aux gens, chacun a ses opinions religieuses et il n’y a aucun mal à les montrer.

      • 5

        heure-bleue said,

        Tu sais les kippotes dans le 17ème arrondissement, y en a plus qu’à Tel Aviv, me fichent les boules aussi. Tu es plus vieux que moi, tu as donc connu, la religion c’est chacun dans son coin, et la même bouffe dégueu.. à la cantine.. La laïcité a perdu la partie lorsqu’on a autorisé des menus différents dans les cantines.
        Je me souviens, je n’ai pas fait ma communion, on était quelques unes comme ça, personne ne nous a posé de question.
        On vend l’Europe au Qatar ou à la Chine et après on s’étonne que les acheteurs donnent leurs conditions…

        • 6

          clodoweg said,

          Oui, je me souviens…
          Le catéchisme avait lieu dans l’enceinte même du lycée et, au réfectoire, nous avions du poisson le vendredi, bonjour la laïcité !

      • 7

        Moi aussi quand je suis allé au lycée, il y avait une aumônerie et il y avait du poisson à la cantine le vendredi.
        Je n’ai pas souvenir que ça ait soulevé les problèmes soulevés aujourd’hui.
        OK, il y avait peu de rebeu mais dans mon lycée, c’est le quartier qui veut ça, il y avait une majorité de juifs.
        Jusqu’à la rentrée 1963, il ne manquait personne, que ce soit pour les « retraites » de communion solennelle ou pour kippour.
        A partir de cette rentrée, quand dans les premiers de l’appel il y a eu un Azoulay après mon pote Amram et que le dernier, un Zylberstein a été précédé d’un Zagury, ça a changé.
        Mais finalement, à part ces absence qui ne les dispensaient pas des devoirs, rien de spécial.
        Il n’y avait pas de juifs, de chrétiens, de musulmans, d’Arabes de blancs ou de Noirs, il n’y avait que des copains.
        Les rares fois où on a parlé de « macaroni » ou d' »espingouins », ça s’est mal passé.
        Voilà la laïcité que j’ai connue.
        Il m’a fallu attendre le milieu des années 90 pour voir des femmes voilées du sol au plafond, des hommes en djellaba, des juifs avec la kippa et des juives couvertes de la tête aux chevilles et en perruque.
        Ce raidissement religieux a commencé avec, à mon avis, deux éléments.
        – Une hausse terrible du chômage qui a conduit au rejet du monde du travail de gens qui n’avaient pas le « bon faciès », des abandonnés de la République dont on n’a parlé que pour des faits de délinquance.
        Il y avait « le jeune délinquant » qui s’est fait arrêter, est arrivé « le jeune délinquant de type maghrébin » auteur d’un larcin..
        Il sera bientôt sauvé par « le jeune délinquant Rom », fais moi confiance…
        Les coutumes instaurées depuis l’an 400, qui ont conduit au poisson le vendredi à la cantine, comme le 15 août et son jour férié et Noël ou Pâques, me semblent nettement moins remettre en cause la laïcité que passer brutalement d’un quartier « français », un quartier où on croise des jeunes gens, de moins jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, de toutes couleurs et de toutes religions le tout formant une population homogène malgré tout, à un quartier, puis un autre, tous deux fondamentalement différents l’un de l’autre et les deux du premier, eh bien tu passes de « chez toi », à « l’étranger ».
        La France, est censément un état homogène et varié, où toutes les cultures sont acceptées à partir du moment où elles respectent la loi.
        La France n’a pas à être un territoire partagé entre cinquante ou cent cultures.
        Nous avons à accueillir des Chinois, des Maliens ou des Algériens, des Marocains etc…
        Nous n’avons pas à accepter que chacune des ethnies accueillies revendiquent quasiment un territoire et une modification des lois à leur seul profit.
        Je n’ai pas envie de voir ma petite fille cachée aux yeux de tous et cloîtrée dans un bled où le viol rend la victime coupable et non le violeur et soumis à la charia.
        Et je n’aborderai même pas le problème de la liberté de choix ou des préférences en matière amoureuse de ces ennemis de la démocratie.
        Je suis même scandalisé qu’un dieu qui n’existe pas nous emmerde autant à travers ses porte-paroles…

        • 8

          clodoweg said,

          Oui c’est l’école que moi aussi j’ai connue, où le problème de la Religion et celui des identités « ethniques » n’existait pas ou peu.
          Les espagnols réfugiés de la guerre d’Espagne étaient nombreux dans mon coin, mais nullement discriminés.
          J’ai quitté le Lycée en 62 et je n’ai donc pas vu le changement dont tu parles. mais la date me fait tiquer : elle correspond à l’arrivée des Pieds noirs et je suppose que c’est à cela que font allusion les noms que tu cites.
          J’ai souvent eu l’impression que l’antagonisme juifs/musulmans en France remontait à de vieux comptes à régler de la guerre d’Algérie (après tout Israël est ce qui ressemble le plus à ce qu’aurait pu être l’Algérie Française.) qui n’avaient plus guère de sens à notre époque.
          D’accord pour les territoires fermés qui ne sont pas tolérables (il n’y en a pas à Toulouse), mais les regroupements sont inévitables (Marseille avait un quartier « Arabe » longtemps avant le déclenchement de la grande immigration), nous vivons sous domination économique du Libéralisme qui a besoin pour garder la main sur son propre développement d’une société atomisée où chacun est en concurrence avec tout les autres, mais ce n’est pas comme cela que ça se passe, le hommes se regroupent pour se protéger selon des affinités soit nationales soit religieuses soit d’autres encore.
          C’est ce qu’aujourd’hui on appelle le Communautarisme.
          Il n’y a rien de mal à ça tant que tout le monde à suffisamment à manger, l’espoir d’améliorer sont sort et jouit d’un respect suffisant de la part des membres des autres groupes ou de ceux qui ne font partie d’aucun groupe.
          Mais quand arrive la hausse du chômage dont tu parles, tout se détraque, les communautés se durcissent et se dressent les unes contre les autres. surtout lorsque l’une d’entre elles est plus particulièrement discriminée.
          Nous en sommes là.
          Evidemment, il n’y aura pas de lois particulières pour chaque communauté, quoi qu’on en dise à l’extrême droite, les musulmans ne sont pas assez nombreux et les fondamentalistes encore moins.
          Mais je ne sais de quelle façon les choses pourraient s’améliorer : il faudra plus qu’une marche, si impressionnante soit elle pour que ceux qui, jusqu’à présent se sont conduits de manière stupide changent de comportements, pour que le chômage baisse (Et si la croissance ne revenait jamais ?) et pour que les tensions arrivent à s’apaiser.

      • 9

        Je n’avais pas fini.
        En fait, le problème de l’islam et pas que radical est lié à deux éléments.
        Quand les salafiste et les wahabistes ont évincés les soufis, ils ont fait d’une religion pas plus mauvaise qu’une autre une religion invivable, intolérante et interdisant l’essentiel de que qui rend la vie agréable.
        Le deuxième, c’est que comme toutes les religions prosélytes tant qu’il n’y a pas de coup d’arrêt, elles deviennent exigeantes et envahissantes.
        Et comme toutes les religions monothéistes, elle ne supportent pas la démocratie.
        Il n’est pas bon pour l’Homme de remettre en question le bien-fondé de l’ordre social voulu censément pas dieu.

        • 10

          clodoweg said,

          Je ne connais pas en détails l’histoire du proche et du moyen orient. Tu soulèves une question qui me parait intéressante : Pourquoi le wahabisme et le salafisme ont-ils remplacé le soufisme ?
          D’accord avec toi sur le prosélytisme mais les trois monothéismes font profil bas tant qu’ils n’ont pas conquis le pouvoir politique.

  3. 11

    heure-bleue said,

    Israël ne ressemble pas du tout à l’Algérie Française, le Père du Goût était un pied noir d’Algérie, qui a trouvé normal de restituer l’Algérie, ça ne l’a pas empêche de trainer la nostalgie de son pays d’enfance. Israël a été installée au Moyen Orient puisque depuis toujours on retrouve la trace des juifs et des arabes dans ce coin, avec les Anglais, ça ne pouvait que tourner mal, regarde le bazar avec l’ex-Yougoslavie, les anglais arrivent, font n’importe quoi et se tirent, la chose est aussi valable avec le Pakistan et je pourrais en citer d’autres…

    • 12

      clodoweg said,

      Ma foi, heure-bleue, j’y trouve, moi, pas mal de similitudes cohabitation d’arabes et d’occidentaux, confiscation des terres, révolte des sous-citoyens, insécurité du territoire et j’en passe.
      Evidemment il y a aussi des différences, par exemple Israël est beaucoup plus riche en terres arables que l’Algérie.
      Je comprend bien la nostalgie du père du Goût pour son pays d’enfance mais je suppose qu’il était d’une famille de colons puisque tu dis qu’il a accepté de « restituer » l’Algérie. Il doivent être peu nombreux les pieds noirs qui ont accepté cela et encore moins nombreux les juifs de souche dont les ancêtres étaient là avant la conquête arabe.
      Pour ce qui est du choix de la Palestine comme siège de l’Etat Juif, ces raisons sont un peu plus compliquées que ce que tu dis et les Anglais y ont joué un rôle tordu, en effet.


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