suave mari magno…

EL CONFLICTO, DESDE PRIMERA FILA. Jóvenes israelíes observan los bombardeos aéreos sobre Gaza desde una colina de Sderot. / REUTERS / ATLAS

EL CONFLICTO, DESDE PRIMERA FILA. Jóvenes israelíes observan los bombardeos aéreos sobre Gaza desde una colina de Sderot. / REUTERS / ATLAS

J’ai trouvé la première photo sur le blog de Philalèthe, accompagné de la citation suivante :
 » Suave, quand les vents troublent la surface, sur la mer immense,
de contempler depuis la terre l’effort immense d’autrui ;
non que la souffrance de quiconque soit doux plaisir ;
mais apprécier la distance des maux, dont on est soi-même à l’écart, est suave.
Suave aussi de regarder les combats immenses de la guerre,
à travers les champs de bataille, sans qu’on ait part au danger. »

Lucrèce : « De natura rerum »
Le passage est célèbre et je m’en veux d’autant plus de l’avoir complètement oublié aprés mes cours de latin.
Dans le temps (oh, il y a si longtemps !) il suffisait à un écrivain de citer les trois premiers mots du texte (ceux qui donnent son titre à cette note) pour que le lecteur se souvienne, en gros du passage de Lucrèce.
Aujourd’hui on se dit que les Epicuriens n’étaient pas méchants mais que, pour l’empathie, ils faisaient le service minimum et qu’il n’aurait certainement pas fallu compter sur eux pour tenter d’ organiser des secours.photo capucine juil 2014  copie 1
En fait le passage est une métaphore, celle de l’épicurien en pleine ataraxie regardant autour de lui les gens se débattre dans les emmerdements qu’ils se sont eux-même créés.
Mais la métaphore a fait des petits.
Je me souviens d’avoir trouvé dans le Coran (ne me demandez pas la sourate !) une scène que j’avais trouvée assez antipathique montrant les Elus, en Paradis, se réjouissant de contempler les souffraces des damnés.
(Je les imaginais assez bien aux balcons du Paradis, sirotant un rafraichissement tout en observant l’Enfer, là bas en bas, avec de petites jumelles de théâtre.)photo capucine juin 2014  copie
Je croyais que c’était une invention de l’Islam avant de me rendre compte que la scène existait déjà dans des textes chrétiens bien antérieurs.
Et c’est en lisant cette note que j’ai fait le lien, c’était ce passage de Lucrèce qui avait donné naissance à cette image des élus, plus tordue vers le pharisaïsme et la schadenfreude que vers le manque d’empathie.
Mais ça, c’est une spécialité des monothéismes, en ce moment les églises de France disent des messes pour le salut des chrétiens d’Irak, mais pas pour celui des Yazidis.

4 Réponses so far »

  1. 1

    clodoweg said,

    Comme toujours les liens refusent de s’afficher dans la note.
    Voici le site de philalethe http://www.philalethe.net/

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  2. 2

    Ce cours extrait d’un article espagnol est biaisé.
    Il montre quelque chose de précis qui va dans le sens de ce qu’il veut montrer.
    Il a saisi l’essence de ce qu’est la vison des haredim.
    Sur la photo, dont le champ est trop étroit pour qu’on y voie autre chose que ce qu’en dit la légende, on n’en voit que de jeunes juifs très religieux (chemise blanche, pantalon bleu marine ou noir, kippa noire et et « tsistsit ».)
    Nous sommes amenés à croire ce que dit l’article sans discussion.
    Or, du côté de Sderot, il y a peu de « haredim » voire de gens très pieux…
    Et la « schadenfreude » est là une supputation du journaliste plus que la relation d’une réalité.
    Il y a des juifs sadiques, des arabes sadiques, des athées sadiques et des chrétiens sadiques.
    Comme il y a des gens tout à fait honorables dans les mêmes communautés.
    C’est pourquoi je déteste ce genre de photo que je trouve déshonorante de la part d’un organe qui se prétend d’information.
    Israël ne veut pas la fin du blocus car il n’a pas envie de voir arriver des armes plutôt que des vivres et des biens de consommation et de voir encore une fois ses bus remplis de chair à pâté.
    Tu as sans douté remarqué que les plus opposés à une accalmie ne sont pas les gens du Hamas de Gaza ou les Israéliens mais, comme toujours ceux qui sont à l’abri. Il semblerait bien qu’un Khaled Mechal risque moins dans son hôtel au Qatar que n’importe quel Palestinien qu’on a prié de reste là où il est alors qu’il est prévenu depuis des heures que ça va tomber sur son coin.

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    • 3

      clodoweg said,

      Mea culpa pour la photo, j’en avais trouvé d’autres, mais celle-là m’a paru la plus belle et je l’ai un peu recadrée à gauche pour qu’elle rentre dans le cadre du blog (il n’y avait qu’un espace vide.).Sur les autres photos, les gens étaient vétus n’importe comment (ils auraient aussi bien pu attendre le Tour de France) et j’ai trouvé les haredim plus pittoresques.
      Voilà pour les biais qui sont de mon fait.
      Ceci dit, j’ai trouvé qu’en regardant la photo on ne pouvait strictement rien inférer des sentiments des jeunes gens photographiés. ( sur les autres photos non plus d’ailleurs !)
      Elle m’a fait penser à ces tests psychologiques qui montrent un dessin comportant plusieurs personnages à partir desquels le testé doit imaginer une histoire.
      Chacun y projette ce qu’il est.
      Tu va peut-être me trouver naïf, mais la première motivation que j’ai trouvée à ces jeunes gens, c’est la curiosité.
      Quelque chose comme ce qui pouvait animer les français qui s’installaient aux balcons d’Hendaye pour observer la guerre d’Espagne qui faisait rage à Irun et Fontarabie de l’autre côté de la Bidassoa.
      Ce n’est qu’en lisant les articles en espagnol que j’ai appris que, selon le journaliste, les spectateurs israéliens poussaient des vivas à chaque explosion.
      Aprés tout, rien d’anormal à ça, les palestiniens, saignants, au milieu des ruines de leurs maisons, trouvent encore l’énergie d’appaudir à chaque départ de rockette vers Israël.
      Je n’en ai pas fait état dans ma note car ces faits sont susceptibles d’inciter à des jugements moraux trop rapides et il m’aurait fallu une autre note pour expliquer ce que j’en pensais.
      J’ai parlé de schadenfreude à propos de textes religieux où sa présence était pour le moins insolite.
      Ce qui me confirmait dans mon opinion que les religions monothéistes qui ont un avers d’Amour ont aussi un revers de haine.
      J’avais bien compris les motivations du blocus de Gaza et pour le reste, tu connais certainement cette définition de la guerre : « La Guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. »

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      • 4

        Un jour je te raconterai une scène que j’ai vue, près de Jérusalem, lors de l’enterrement d’un gamin palestinien, abattu connement par réflexe par un soldat mort de trouille à qui il avait lancé une pierre avec une fronde.
        C’est ta conclusion qui m’y fait penser.

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