Vieilles dentelles

Les fleurs d’hortensia en fanant, ne se recroquevillent pas, ne tombent pas mais perdent leur substance jusqu’à ce qu’il ne reste que la résille de leurs vaisseaux désséchés.
C’est joli quand on le regarde de prés.
J’ai travaillé pendant trente ans dans une enseigne qui vendait des livres, des disques, de la hi fi, des ordinateurs et surtout, fierté de la maison car c’est par celà qu’elle avait commencé : des appareils photo.
Trente ans…
Quand j’y suis arrivé, une semaine aprés son ouverture dans ma ville, l’enseigne était au fâite de sa gloire. Les salaires n’étaient pas extraordinaires mais on était fier de travailler pour cette boite. Son « éthique » commerciale était de respecter le client, de l’informer objectivement et de le conseiller au mieux de ses intérêts.Pour celà il y avait un laboratoire d’essais et des vendeurs compétents dans leur partie,(quoique, parfois, un peu snobs) du moins la majorité d’entre eux. Et si, en plus, c’étaient de bons vendeurs ce n’en était que mieux.
Mais, evidemment, l’enseigne s’avérait un peu moins rentable qu’un supermarché (3%).
Au fil des ans et au gré des différents propriétaires, j’ai vu cette image se dégrader.
L’enseigne a progressivement abandonné les seuls produits qu’elle pouvait aligner face à la concurrence : ses compétences et son objectivité.
Au point que, quand j’en suis parti, ce n’était plus qu’une vulgaire grande surface.
Mais, à force de presser le citron, ses gestionnaires avaient réussi à augmenter sa rentabilité : 3,6%
L’un de ses derniers directeurs avait promis au propriétaire de porter sa rentabilité à 5% avant de s’enfuir en vitesse pour aller diriger un journal de gauche.
J’arrète là parce que cette note serait trop longue mais il m’en reste gros sur le coeur.
Ansi, tout de même que quelques bons souvenirs.

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11 Réponses so far »

  1. 1

    patriarch said,

    Je dis toujours que le renom d’une maison, ne vient pas du patron mais des compagnons, c’est vrai quelque soit la branche de l’entreprise.

    J’ai vu une boite coulée, parce que le patron commençait à chipoter sur les heures de routes et les frais de voyage… Les bons compagnons, en l’espace d’un an sont partis, 5 ans après, la boite fermée et le patron est allé en prison, pour avoir taper dans la caisse de l’entreprise.. Je pense qu’il avait un bel arriéré à l’URSAF

    Belle journée à vous deux.Amicalemen

    • 2

      clodoweg said,

      heh oui patriarch, j’ai vu partir les « compagnons » remplacés par des gens plus « vendeurs ». Mais,ceux là, beaucoup sont capables d’en embaucher et mon enseigne n’a plus grand chose à agiter.

  2. 3

    heure-bleue said,

    Je boude cette enseigne qui a tué de nombreux libraires et certainement quelques éditeurs. C’est aussi grâce à elle qu’on ne trouve plus un seul disquaire…

    • 4

      clodoweg said,

      heure-bleue, tu as raison pour les disquaires, mais je suis plus réservé sur les libraires et les éditeurs car la loi Lang les a préservés de la concurrence des grandes enseignes.
      Je pense qu’il y a des causes plus profondes comme l’augmentation continue du prix des lives et la baisse de la lecture dans tout le pays.

  3. 5

    liliplume said,

    j’aime bien y aller quand m^me… flâner devant tous ces livres…

  4. 7

    Il faut bien que le coeur se décharge de son amertume… pour battre avec une énergie plus saine ! Bonne nuit Louis !

  5. 8

    Ariaga said,

    J’aime beaucoup cette photo d’une dentelle de la nature. C’est vrai que la société est décevante mais, si on sait le regarder, la nature nous donne beaucoup et gratuitement !

  6. 9

    clodoweg said,

    C’est vrai JJ, encore que je ne « décharge » pas trop sur ce blog, j’essaye d’être positif.
    Merci Ariaga, la contemplation apporte en effet, beaucoup de plaisir

  7. 10

    Vieilles Dentelles … il n’y aurait pas un peu d’arsenic dans votre message Monsieur Archibald Alexander Leach ?

    Petite histoire :

    Quand mon père a acheté sa dernière voiture….il y a dix ans en arrière, un assureur est venu à la maison pour lui faire le contrat d’assurance et avant de repartir, il lui donna sa carte.

    Il lui dit  » vous pouvez me contacter en cas de problème à ce numéro »

    Mon père était content …la carte avait du crédit …une personne qui s’occupe de vous.

    Après…. d’année en année l’assurance renouvelait le contrat en automatisme.

    Il y a trois ans, la voiture a eu des petits ennuis. Il téléphona à l’assurance … et non plus de M. Personne qui s’occupe de Vous, il était parti il y a très très longtemps !?

    Les employés change tellement souvent car productivité-profit-revenu.

    Et ça énerve mon père de ne pas savoir qui est son assureur !!

    Un jour, quand mon père sera plus vieux, je lui expliquerai l’histoire de la cybernétique et du virtuel.

    Mais je ne lui dirais pas …c’était quand même mieux avant parce que ces petites choses agréable du passé ont disparus 😦

  8. 11

    clodoweg said,

    Un peu d’arsenic,en effet, je le confesse, petit scarabée.
    A mon âge, ce doit être un trait biologique, on n’a que trop tendance à penser qu’au temps de notre jeunesse la vie était plus belle et le soleil plus brillant qu’aujourd’ui.
    En fait, l’évolution qu’a subi notre entreprise lui a peut-être sauvé la vie, au moins pour un temps mais je pense que la perte des valeurs qui l’ont fondée finira par lui jouer un mauvais tour.
    D’autant plus, si l’on parle du virtuel, qu’elle a mis du temps à s’installer sur le Net et que sa créativité sur ce « média » reste faible.


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