Archive for novembre 14, 2011

…pas d’un iota.

Quelque habileté que les gens de médias mettent à nous cuisiner la langue française, le résultat donne invariablement de la bouillie.
Avec, parfois, un grumeau surnageant à la surface.
J’en ai, justement, trouvé un, un titre qui disait : « Les Iraniens ne reculent pas d’un iota » (sur leur programme nucléaire).
Si le journal avait titré : »Les Iraniens ne reculent pas d’un pas » celà n’aurait sans doute pas traduit de façon assez intense la détermination des iraniens à ne pas reculer.
Un iota c’est forcément plus court qu’un pas si l’on en crois ces journalistes.
En fait, le iota c’est la lettre de l’alphabet cyrillique qui correspond au « i » de l’alphabet latin (mais sans point dessus).
C’est la lettre qui fait la différence entre le mot grec « homos » (identique) et le mot « homoïos » (semblable)
Il éclata une controverse au sein du concile de Nicée entre les « homoousiens » qui pensaient que le Fils était de substance « identique » au Père et les « homoïousiens qui pensaient que la substance du Fils était seulement « semblable  » à celle du Père.
Le iota faisait toute la différence.
D’ou l’expression « ne pas varier d’un iota » que ces journalistes ont dû entendre autrefois sans vraiement la comprendre.
Pour l’Histoire, ce sont les homoousiens qui l’ont emporté (mais pas sans mal et pas tout de suite) ce qui fait qu’aujourd’hui encore les Chrétiens sont censés croire que le Fils est identique au Père.
Aucun rapport, donc, avec une mesure de distance. La métaphore journalistique est incohérente.

Oui, je sais, cette note est pédante. Mais, tant pis, J’assume. J’en ai marre de la bouillie.
Ah… et, la fleur c’est un chrysanthème, à déposer sur la tombe d’Albert Londres ou d’Arthur Koestler.

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