Archive for août, 2010

L’Ecole de la Patience

Aprés avoir amené Sylvère à son travail au bowling, je me suis arrêté au bord de la route pour couper dans une haie trois boutures ( que j’espère assez aôutées ) sur un joli buddeia bleu.
Rentré à la maison, je les ai mises dans un fond de bouteille en plastique rempli de sable et recouvert d’eau.
Elles devraient ainsi reprendre.
Je suis toujours dans mes histoires de papillons.
J’ai constaté que les plus beaux comme le machaon ou le flambé ne vont que sur les fleurs au calice petit et étroit, comme celles de la valériane du Pérou de la photo, et, justement, celles du buddeia.
Ils délaissent les roses et les lis.
L’ancien jardin comportait quelques pieds de buddeia, arrachés au bord d’une rivière et était beaucoup plus visité par les grands papillons.
J’ai donc trouvé un coin, prés de la haie de laurières pour en installer un.
Evidemment tout celà ne fonctionnera que l’année prochaine mais le jardinage est l’Ecole de la Patience.

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Le Fenouil

Le fenouil appartient à la famille qu’on nommait autrefois les ombellifères (« porteuses d’ombrelles » c’était joli ), mais les taxonomistes ont décidé de changer celà.
En effet, le familles de plantes étaient souvent nommées d’aprés le nom de l’une d’entre elles jugée représentative de la famille.
Par exemple, le liliacées sont les plantes de la famille du lis, les iridacées de celle des iris, etc etc…
Mais certain noms échappaient à la règle et l’on a décidé de systématiser tout ça.
Les composées (marguerites, tournesols) sont donc devenues des astéracées de la famille des asters, les légumineuses (pois, glycine) sont devenues des fabacées, de le famille de la fève (faba) et les ombellifères des apiacées.
Il m’a fallu un bout de temps avant de trouver quelle plante avait donné son nom à la famille, mais j’y suis arrivé, c’est le cerfeuil (apium).
Evidemment tout ceci est d’un intérêt mineur mais l’un de mes petits plaisirs dans la vie est de connaitre le nom des choses.
J’ai donc planté un pied de cette apiacée dans le jardin où il a pris une belle envergure, pour y attirer des papillons machaon.
L’année dernière j’ai eu quatre belles chenilles, mais cette année je n’ai encore rien vu.
Ou plutôt, j’ai repéré, sur les tiges, des petits oeufs blancs dont j’espère qu’ils donneront des papillons.
J’avoue que je ne m’y connais pas trop en oeufs d’insectes.
En attendant,aprés le passage des punaises rouges et noires, le fenouil est envahi de pucerons dont les larves de coccinelles font un carnage.
c’est surprenant la vitesse à laquelle elles peuvent les dévorer.
Si je n’arrive pas à voir, dans le jardin voletter le superbe machaon, je me consolerai en contemplant les coccinelles.

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Orages d’été

Le mois d’aôut arrive avec sa provision d’orages.
Il était temps, il n’était pas tombé une goutte en juillet.
Je me suis installé devant la porte, à l’abris du balcon pour regarder les premières gouttes tomber lourdement sur la terre chaude et pour humer l’odeur qui s’en exhale.
J’ai toujours aimé l’orage, j’aurais pu naitre au proche-Orient où le dieu principal, Baal était le mâitre de l’orage.
C’était à l’époque du paganisme, depuis, le bieu Baal a disparu, assassiné par les monothéistes mais la vénération pour l’orage porteur de vie n’a pas disparu.
Le Coran, lui même, quand il évoque l’orage en parle toujours comme d’une bénédiction divine.
Et, bien que je n’aie pas eu l’occasion d’en discuter avec des habitants du cru, je suppose qu’il en est toujours ainsi.
Chez nous, l’orage est vu comme une furie d’éléments déchainés et les Médias font la liste scrupuleuse des dégâts et des morts éventuels causés par la tempète.
Le sentiment que la nature puisse être belle malgré ses fureurs ne remonte pas à plus de deux cents ans.
La façon dont chaque culture percoit les choses même les plus banales, est profondément influencée par les conditions historiques et géographiques dans lesquelles elle s’est développée.
Climat tempéré et humide là, aride et chaud ailleurs.
Pour chaque humain, les conceptions de la banalité vont de soi, Il a du mal à concevoir qu’elles puissent être différentes ailleurs, ce qui est la cause d’innombrables malentendus qui, souvent ne sont même pas perçus comme tels.
Ces malentendus finissent par constituer le sang et les artères de la haine irrationnelle que se portent les communeautés.
Ici, l’orage n’a rien détruit, il a juste couché quelques tiges de graminées et laissé la trace de ses baiser sur les pétales des roses.

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