Faut-il guérir de nos folies ?

Faut-il guérir de nos folies ? me demande le Chant du pain en commentaire à mon billet précédent.

Ca c’est une bonne question.
Il y a un aspect romantique dans la question, la folie étant prise comme la source de la fantaisie (et éventiellement de la créativité) qui permettrait de supporter une vie que l’usage exclusif de la raison rendrait invivable et un aspect plus terre à terre, la folie étant vue comme une maladie ou un dysfonctionnement de l’esprit.
Pour ce qui est du côté romantique, je renvoie à la lecture des poètes, pour ce qui est de la maladie, j’ai longtemps vécu avec une épouse travaillant dans un hôpital psychiatrique et je me suis intéressé à la question.

Pour savoir si on peut « guérir » de la folie, disons plutôt de la psychose qui est le mot technique, il faut d’abord savoir s’il s’agit bien d’un fonctionnement pathologique provoqué par des causes extérieures à l’individu ou à un accident dans sa constitution biologique ou bien s’il s’agit d’un mode, certes particulier et marginal mais entrant dans les possibiliés normales de la construction d’une personnalité humaine.
Personnellement,je pencherais pour la deuxième possibilité mais la question n’est pas scientifiquement tranchée.

Quant à la question posée de savoir s’il est souhaitable de « Guérir » de la psychose, j’ai deux anecdotes à ce sujet.
L’une que j’ai lue sur le net, racontée incidemment par quelqu’un qui parlait d’autre chose et l’autre qui est censé s’être passée à l’hôpital où mon épouse travaillait.
Les deux sont identiques : On sait qu’il est trés rare que l’on arrive à débarasser un patient de ses symptômes psychotiques, et dans les deux cas, les équipes soignantes y seraient parvenu.
Les patients ne déliraient plus et sont rentrés chez eux.
Quelques mois plus tard les deux ont été emportés par un cancer foudroyant.

A mon sens les deux choses sont liées,le cancer est venu « remplacer » la psychose.

Donc, tenter de soulager ceux que leur psychose fait soufrir, ça va, mais il faut être prudent si l’on tente d’éradiquer la psychose.

En dernier lieu, je dirais qu’il me semble que la « folie » est une conséquence inévitable de la souplesse de fonctionnement de notre esprit qui est la cause de notre intelligence.

Cette note est bien trop longue, mais elle me trottait dans la tête depuis longtemps.

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