Archive for octobre 11, 2009

Des travaux pharaoniques (Egypte 03)

Photo AEgypt sept 09 10 - copieDe nos jours, on qualifie de l’adjectif « Pharaoniques » des travaux gigantesques, d’un coût exhorbitant et d’une utilité discutable.
Celà traduit bien l’incompréhension que nous, modernes, ressentons devant certaines oeuvres de l’Egypte.
Au cours du voyage, j’ai plusieurs fois entendu des interrogations du genre : « Comment ont-ils pu construire des choses aussi démesurées ? »
Le sens de la question n’est pas « Comment ont-ils fait pour…. » mais « Comment ont-ils eu l’audace, la folie voire le mauvais goût de construire…. »
La question n’est pas pertinente.
Ce que nous considérons comme le sens de la « Mesure », à savoir : faire des choses ni trop grandes ni trop petites, ne fut inventé par les grecs que prés de deux mille ans aprés les pyramides de Guizeh et sept cents ans aprés les colosses de Ramses II .Photo AEgypt sept 09 17 - copie
Les égyptiens ne connaissaient pas le concept.
Ceci étant, le roi Ramsès II avait un goût particulier pour les colosses,transposant en trois dimensions la façon qu’avaient les egyptiens de représenter le Pharaon sur les bas-reliefs : beaucoup plus grand que les hommes ordinaires.
Le temple d’Abou Simbel est un bon exemple de ce goût du colossal. Il fut creusé dans la montagne aux limites sud de la Nubie, petit pays qui se serait bien passé de l’intérêt que lui portait son puissant voisin, mais qui possédait trop de mines d’or pour que ce dernier lui fiche la paix.
Abou Simbel gardait donc la frontière de Nubie.
Le temple est, bien sûr, impressionnant, pour peu qu’on arrive à le voir avant que la sueur ne vous coule dans les yeux.Photo AEgypt sept 09 19 - copie
Et il est aussi impressionnant pour avoir donné lieu, à l’époque moderne à des travaux tout aussi pharaoniques que sa construction.
Menacé par la montée des eaux du Lac Nasser, créé par le barrage d’Assouan, le temple a été déménagé.
Et, puisqu’il est creusé dans une montagne, La montagne a été découpée en blocs, démontée et remontée 64 mètres plus haut.
J’avais suivi le feuilleton, à l’époque dans le journal de l’UNESCO.
Malgré tout,avec son habitude de s’appopier les oeuvres des autres, de faire marteler leurs cartouches pour mettre le sien à la place et son goût immodéré des colosses, je trouve le roi Ramsès II, comment dire…, un peu lourd.

Leave a comment »