Archive for mars 21, 2009

Le Jardin d’Epicure

photo-narcisse-mars-09-copieEh bien, c’est officiel, nous sommes au printemps !
Le premier des narcisses botaniques plantés à l’automne vient de fleurir.
A part le fait qu’il est multiflore, il n’a rien de bien remarquable, mais c’est le premier et c’est un cadeau de Sylvère alors je le montre.
Je suis en train de lire le livre « Les sagesses antiques » premier tome de la Contre-histoire de la Philosophie de Michel Onfray, et j’en suis justement au chapitre sur Epicure et son Jardin.
Je met une majuscule à « Jardin » parce qu’apparemment, c’était le nom de son école comme l’Académie de Platon ou le Lycée d’Aristote.
La façon dont Onfray présente l’opposition entre Matérialisme et Spiritualisme fait un peu « Théorie du Complot » ;
Les Spiritualistes ( Platoniciens, Chrétiens, Stoïciens et autres religieux ) se seraient liguées pour devenir la Philosophie dominante en tentant d’effacer toute référence au Matérialisme.
Je pense que la raison du triomphe (d’ailleurs tout relatif, sans quoi Onfray n’aurait pas eu de matériaux pour contruire sa Contre-histoire. ) du Spiritualisme est plus structurelle.
Nous appartenons à une culture (Indo-européenne ) jadis structurée en trois groupes : Les Roi-prêtres, les Guerriers et les Agriculteurs.
Evidemment, la classe dirigeante des Rois-prêtres avait la spiritualité comme « Fond de Commerce » et a donc réussi à imposer ses valeurs commes valeurs dominantes.
Ceux qui, dans les sociétés héritières, voulaient faire quelque chose de « Bien » d’un point de vue social, se retrouvaient donc « naturellement » spiritualistes.
A l’époque où Onfray commence son histoire, Les Matérialistes s’incrivaient déjà en rupture avec la société de leur temps, au point que les sagesses hédonistes, ou Cyniques semblent incapables de créer du lien social
Epicure (Le Secourable ) vivait à une époque où la société traditionnelle partait un peu à vau-l’eau et son Jardin apparait un peu comme un refuge contre la dureté des temps, sans parler de son état de santé personnel (hydropisie et coliques néphrétiques ) tout à fait pitoyable.
En tout cas un jardin me semble, en effet l’endroit idéal pour pratiquer sa philosophie du plaisir.
On y éprouve la joie délicate de vois pousser et s’épanouir les plantes ; Joie souvent précédée par de belles ampoules aux mains.
Accepter une souffrance provisoire en vue d’un plaisir futur est une chose que connaissent tous les jardiniers.

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